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Le blog de Jean-Marie Allain
Articles récents

L'Emeraude en mal de bain de foule

12 Juillet 2017 , Rédigé par Jean-Marie Allain

Le Directeur du Centre aquatique " l'Emeraude"  nous a sollicités pour une autorisation de pose de panneaux temporaires en vue de leurcampagne promotionnelle de septembre.

Cette demande a fait l’objet d’un examen par notre collège d’adjoints de ce mardi 11 juillet.

Une position négative a été adoptée.

En effet, nous constatons que depuis l’ouverture de cet équipement, l’agglomération a réduit notre créneau de plages horaires pour les piscines de Jeumont et Recquignies, pensant probablement que cette restriction nous orienterait vers l’Emeraude.

 

Or, la distance de cet équipement par rapport à notre commune engendre du temps et des coûts de transport incompatibles avec une utilisation de courte durée.

Par ailleurs, nous constatons que depuis cette ouverture, les piscines de Jeumont et Recquignies ferment également un mois complet, toujours probablement pour les mêmes raisons.

 

On peut comprendre, au vu de ces éléments, que nous pensons que l’Emeraude crée un réel préjudice à nos enfants et que nous ne sommes en conséquence pas en mesure d’autoriser une promotion pour un équipement qui nuit à l’intérêt des enfants de notre commune.

 

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La radicalité au centre des politiques publiques

22 Juin 2017 , Rédigé par Jean-Marie Allain

Prévenir la radicalisation des jeunes tombés dans le chaudron de l‘islamisme radical est devenu un sujet de formation, de colloques et de séminaires.

C’était le sujet d’une conférence très instructive organisée ce jeudi matin au Manège par un gendarme doctorant.

La prévention de la radicalisation vise à couper les jeunes extrémistes musulmans des influences idéologiques de l’islamisme dit « radical ».

D’où, de mon point de vue, l’intérêt de s’interroger sur l’opportunité d’utiliser ce terme, tant il est vrai qu’il ne traduit pas ou traduit mal, selon moi, l’enjeu de ce débat.

Au fil de la présentation, j’en suis venu en effet à me poser la question : Pourquoi cette appellation de lutte contre la « radicalisation » ?

Mon questionnement porta notamment sur le risque de délégitimer toute forme de radicalité à force de dresser les esprits contre toute « pensée radicale » et d’oublier que la radicalité de certains penseurs a pu accoucher de choses remarquables comme la philosophie des Lumières avec révolution française ou l’émergence du protestantisme par exemple, même s’il est vrai que ces choses remarquables sont nées au prix de combats sanglants et d’abominables terreurs et qu’elles nous interpellent encore aujourd’hui sur le lien entre pensée radicale et terreur.

En d’autres termes, peut-il y avoir des pensées radicales qui n’accouchent pas de la terreur ?

Une pensée radicale peut se définir comme une pensée radicalement différente de la pensée dominante.

Et, à ce titre, de nombreux penseurs ont gagné leur notoriété par une rupture « radicale » sur le plan des hypothèses ou de leur méthode de travail.

Razmig Keucheyan, Maître de conférences / Université de Paris-Sorbonne (Paris IV) dans la revue du MAUSS consacre un article éclairant sur ce sujet et explique notamment que la pensée radicale de Walter Benjamin a consisté à comprendre le réel à partir de ses manifestations extrêmes.

Et formuler une pensée radicale, outre que cela peut produire de l’innovation, n’implique pas forcément que l’auteur soit un dangereux subversif. Lévi-Strauss, en inventant le structuralisme, a radicalement changé la façon de comprendre les sociétés sans être un dangereux révolutionnaire.

Même chose pour Jacques Lacan et Roland Barthes dont les doctrines  peuvent à certains égards être considérées comme radicales sans que ces philosophes fussent pour autant des ennemis de la république.

C’est pourquoi on peut définir la pensée radicale comme une pensée en rupture de la conception dominante et parfois certes exclusive dans la mesure où, puisqu’elle remonte à la source, au fond des choses, à l’absolu,« à la racine », elle peut se révéler totalisante et ne tolérant pas d’exception (les années 70 ont ainsi été marquées par les querelles très profondes entre les structuralistes et les marxistes, deux philosophies totalisantes.. alors que sur le fond, elles peuvent être parfaitement complémentaires).

Par contre, la pensée radicale, lorsqu’elle se transforme en idéologie, devient cette fois une menace.

Toutes les idéologies radicales sans exception ont accouché si pas toujours de la terreur, en tout cas de l’absolutisme : le christianisme a eu son inquisition, le protestantisme est né avec la brutalité luthérienne, le marxisme n’a jamais su éviter les goulags.

Et si l’histoire nous enseigne qu’une pensée radicale, peut se révéler cognitive, c’est-à-dire fondatrice de nouveaux savoirs, de nouvelles connaissances, de nouvelles pratiques, il n’en demeure pas moins qu’elle pose problème dès lors qu’elle se mute en idéologie, en pensée instrumentalisée, dogmatique pour s’installer dans le réel et manipuler les consciences.

Les femmes musulmanes ont parfaitement le droit de porter chez elles le niquab , signe de l’islamisme radical, mais doivent l’enlever dans les lieux publics, même si l’on peut regretter que cela soit rarement le cas.

La radicalité vestimentaire, par le séparatisme identitaire qu’elle revendique (leit-motiv du salafisme), fait le jeu et donc accompagne la propagande djihadiste.

Notre démocratie ne doit donc pas s’abstraire de veiller à ce que le droit de penser librement et d’organiser sa vie chez soi comme on le veut, ne se traduise par des comportements qui contreviennent à la loi.

En ce sens, la notion d’islam radical pour désigner le fanatisme musulman pêche par euphémisme et fait planer sur la notion de « radicalité » un regard accusateur, pas toujours justifié.

Le degré de terreur du fanatisme islamique en fait un nazisme des temps modernes et comme il a fallu forger un terme pour désigner le « nazisme » d’Hitler (le mot « nazisme » est la traduction française de l'allemand Nazismus, qui est une abréviation de l'expression allemande « Nationalsozialismus » ), il serait opportun de dépasser le terme soporifique et ambivalent de « radicalisation » pour désigner une bonne fois pour toutes ce dont il s’agit : le djihadisme, ce terme exprimant bien le sens de « fanatisme violent » et présentant par ailleurs l’avantage de ne pas englober les musulmans respectueux des lois républicaines.

Ce djihadisme est un baril de poudre alimenté par les mèches enflammées du multiculturalisme envers lequel certaines personnalités politiques ont trop longtemps cultivé la complaisance.

Eteindre une mèche (la radicalité vestimentaire par exemple) ne suffira pas à éviter l’explosion. Il faut éteindre simultanément toutes les mèches (verbale, mentale, comportementale) et par tous les moyens (éducatif, social, culturel, pénal, militaire) pour éradiquer les germes de ce djihadisme haineux.

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Dans la roseraie socialiste, les sécateurs taillent dans les chevilles

30 Mai 2017 , Rédigé par Jean-Marie Allain

Les sécateurs sont aiguisés du côté de la roseraie socialiste.

Christophe Di Pompéo, candidat d’En marche qui a appris à marcher dans l’ombre du député socialiste sortant, Rémi Pauvros, tente de surfer sur la vague macroniste.

Après tout, on a bien le droit de changer d’opinion….il n’y a que les imbéciles qui ne changent pas d’avis. Jean-Luc Pérat, maire d'Anor, ancien candidat dans cette même circonscription en 2012, lui apporte son soutien.

J’avais soutenu Jean-Luc Pérat, principalement parce qu’il avait toujours eu des positions claires sur la laïcité, notamment en refusant courageusement de s’opposer à la loi Sarkosy d’interdiction du port de la burka, contrairement à la grande majorité des parlementaires socialistes.

Je suis étonné aujourd’hui de constater qu’il soutient le candidat représentant Emmanuel Macron, très flexible sur la question du voile et du communautarisme et qui a choisi un premier ministre (de droite certes mais là n’est pas le problème) dont plusieurs décisions récentes laissent penser qu’il est contre le principe de l’intégration républicaine.

Que Jean-Luc Pérat, qui avait été poussé dehors en 2012 par Rémi Pauvros, candidat contre le sortant d’alors, décide de soutenir Christophe Di Pompéo, n’a donc pas grande cohérence sur le plan idéologique mais peut s’expliquer par une volonté de régler ses comptes avec celui qui lui a pris la place à l’assemblée.

 

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La collecte du verre en apport volontaire : çà passe ou çà casse !

27 Mai 2017 , Rédigé par Jean-Marie Allain

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Lors de la Conférence des Maires qui s’est tenue le vendredi 12 mai à Maubeuge, les maires de l’agglomération ont pu avoir l’amorce d’un débat très intéressant sur la question de la collecte du verre.

Le Président a fort opportunément souhaité que cet aspect soit replacé dans la question plus large de la collecte des déchets ménagers.

Je constate en effet que le document remis par M.Bleuze, vice-président en charge des déchets,  est un document trop partiel, « à charge », très orienté sur les supposés bienfaits de l’apport volontaire mais basé sur des approximations discutables et parfois même sur des chiffres erronés.

Aussi ai-je souhaité, dans un esprit de dialogue, faire part au Président et aux collègues maires de ma réflexion sur le sujet.
Le vice-président Bleuze, partant du constat que notre collecte de verre laisse à désirer (nous sommes pourtant dans la moyenne nationale) et que l’extension des consignes de tri pour les recyclables (papier, emballages) va nécessiter d’ici 2022 plus de volume», propose la suppression du compartiment « verre » (pour gagner de la place ») et la mise en place de l’apport volontaire (AV), ce qui, du même coût, facilitera la mise en concurrence des prestataires, aujourd’hui majoritairement incapables de répondre en « triflux », c’est-à-dire en trois collectes simultanées, et par voie de conséquence la baisse du coût.

Examinons les séquences de ce raisonnement.

Séquence 1 : le document annonce une moyenne de récupération de verre pour le territoire de 29 kg / ht / an, contre 40 kg pour le niveau national.

Or, la moyenne nationale est en réalité de 29 kg / ht / an. (source :http://www.sinoe.org/thematiques/consult/ss-theme/6#)

Par ailleurs, la comparaison « local / national » n’a aucune pertinence. Nous sommes dans une agglomération où 23 % environ des ménages vivent en habitat vertical et donc sans possibilité de tri en PAP. C’est que ce les statisticiens appellent un « effet de structure » (c’est comme si on comparait la moyenne de la consommation de lait d’une ville à forte natalité avec celle de la moyenne des français, plus âgée par définition).

Le calcul, pour être objectif, nécessiterait d’extraire ces ménages et de diviser les tonnes de verre collectées par le nombre d’habitants vivant en logement individuel.

En l’état actuel des choses, toute comparaison chiffrée est dénuée de la moindre valeur.

Séquence 2 : le compartiment « verre » de notre poubelle est presque vide alors que nous avons besoin de ce contenant pour accueillir l’accroissement des recyclables qui fera suite à l’extension de consigne de tri (aujourd’hui, ces « faux recyclables » sont des « intrus « puisqu’ils ne disposent pas de débouchés sur le marché (pots de yaourts, emballages plastiques etc…).

Que le compartiment « verre » soit presque vide, c’est vrai. Mais outre que l’on peut envisager de diminuer le volume du compartiment si cela un jour était nécessaire, et que le coût du ramassage du verre, calculé dans le document de manière complètement fantaisiste, est symbolique (puisque réalisé dans le même temps que les autres –ordures et recyclables - et avec le même camion), il est erroné de penser que le volume des recyclables va augmenter (et farfelu d’affirmer que cette augmentation sera de 95 % !) pour deux raisons :

La première, c’est qu’aujourd’hui, faute d’être restés excellents pour le tri (car l’agglo s’est trop vite assoupie sur ses premiers succès pédagogiques), nous retrouvons déjà dans le compartiment recyclable pratiquement 50 % de ces «intrus ».

La seconde raison, c’est que, pour des raisons de culture environnementale (choix d’acheter en vrac par les consommateurs), de marketing environnemental des enseignes, ou tout simplement réglementaires (exemple des sacs plastiques), la tendance nationale est à la diminution légère mais régulière des emballages inutiles qui n’amènera pas une progression brutale de ces futurs recyclables dont beaucoup d’ailleurs, je le répète, se trouvent déjà, par erreur le plus souvent, dans le compartiment qui leur est destiné, qui pourra les accueillir demain sans problème (il est facile de faire l’’expérience chez soi) mais qui n’est pas le leur aujourd’hui.

L’apport volontaire du verre n’amènera donc aucune économie par rapport au PAP puisque ce dernier, pour le verre, ne coûte pratiquement rien actuellement mais pourrait même très probablement faire perdre de l’argent à l’agglomération dans la mesure où le volume récupéré sera, à n’en pas douter, moindre qu’aujourd’hui pour la simple raison que le geste de tri sera plus volontariste et plus sélectif sur le plan socio-culturel ou encore de l’âge, sans parler des inconvénients annexes : risques de retrouver du verre en dépôt sauvage ou dans la poubelle « ordures ménagères » pour lequel il faudra payer l’incinération, esthétique des containers, verre éparpillé alentours, points de dépôts d’autres détritus, bruit….

Dire que le ramassage du verre en porte à porte coûte cher, c’est vrai lorsqu’il nécessite le déplacement d’un camion mais complètement faux dans le cadre du ramassage simultané où le coût est proche de zéro.

N’oublions pas d’autre part le volet environnemental : en apport volontaire, le camion réalise toujours autant de déplacements que pour le PAP pour moins de verre collecté et des déplacements supplémentaires pour aller chercher les containers à verre… sans parler des allers et retours des usagers qui accablent ce scénario en termes de bilan carbone.

D’ailleurs, l’intercommunalité strasbourgeoise reconnait que le volume de verre récupéré n’a augmenté qu’à la marge (+0,69 kg/ht/ entre 2015 et 2016) et l’entité fourmisienne a même vu son volume baisser en AV de 38,78 kg/ht/an en 2010 à 38,44 kg/ht.an en 2013 avant d’abandonner purement et simplement cette formule.

Séquence 3 : la concurrence insuffisante sur les bacs et la collecte

Une seule entreprise, nous dit-on, fabrique les bacs cloisonnés, ce qui tend à augmenter le coût de ces bacs et le fait pour l’agglo d’avoir mis en place des bacs compartimentés oblige le prestataire à réaliser une collecte prenant en compte cette spécificité (le triflux, c’est—dire un camion pour trois collectes) empêcherait la concurrence.

 

Et bien, tant mieux pour la société innovante qui fabrique des bacs cloisonnés mais rien n’interdit aux autres de produire en option ces mêmes bacs cloisonnés. C’est aux prestataires à s’adapter aux cahiers des charges du territoire, pas l’inverse.

 

Quant au prestataire, local, pourquoi ne pas le dire, est-ce de sa faute s’il a été plus innovant que les autres et avant tout le monde en France (une quarantaine de brevets déposés) pour nous offrir une solution intelligente, exemplaire sur le plan environnemental et moins coûteuse pour la collectivité ?

Là encore, c’est aux autres prestataires à s’adapter aux cahiers des charges du territoire, pas l’inverse.

L’abandon du « triflux » dans nos exigences serait un choix du passé car ce choix fait aujourd’hui de l’agglomération un territoire d’innovation et d’excellence en matière de collecte des déchets ménagers.

 

C’est d’ailleurs parce que nous sommes les plus innovants que 86 % de la collecte verre en France se fait par apport volontaire, ce denier étant le signe que la collecte des déchets se fait en bi-flux, souvent d’ailleurs avec deux camions…

Nous appartenons aux 14 % des territoires qui ont trouvé des solutions tellement innovantes (comme la métropole lilloise) et qui peuvent se passer du coûteux système d’apport volontaire.

En conclusion et en termes de développement durable, on peut considérer que l’Apport Volontaire du verre n’est pas avantageux économiquement (acquisition de bennes et de grues, moins de verre collecté et davantage de déplacements), s’avère négative sur le plan environnemental (bilan carbone), et pénalise socialement les personnes âgées ou sans véhicule.

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Légistatives : vote tri-dimensionnel

25 Mai 2017 , Rédigé par Jean-Marie Allain

La refondation politique en cours peut sembler confuse mais n’en garde pas moins sur le fond, au-delà des paradoxes et des contradictions des « ralliés ».

Globalement, la grille de lecture qui permet de comprendre les positionnements des uns et des autres s’appuie sur une dualité de trois critères : libéralisme social hexagonal contre conservatisme corporatiste, libéralisme contre traditionalisme sur le plan sociétal, libéralisme européiste contre souverainisme.

Le social-libéralisme hexagonal d’Emmanuel Macron aura le mérite de faire sauter les blocages qui empêchent à la société française, prisonnière de ses statuts ou secteurs protégés (loi sur la moralisation, régimes spéciaux notamment) d’avancer et de réduire les inégalités et les déficits publics.

Sur ce plan, j’attends, comme beaucoup de mes compatriotes, de réels changements et j'applaudis.

La seconde dualité oppose le libéralisme sociétal du Président (laïcité flexible, timidité de la politique sécuritaire, angélisme multiculturel et communautariste – son premier ministre a inauguré une mosquée intégriste, a signé un accord avec le maire islamiste de Tanger, a prêté une salle municipale au rappeur intégriste Médine sans parler des 8500 mousses au chocolat de sa cantine qu’il a ordonné de jeter aux poubelles parce qu’elles contenaient de la gélatine de porc - et posture équivoque sur la commercialisation du corps) au traditionalisme sociétal et à ses valeurs (notamment familiales) souvent décrié comme réactionnaire par les « libertaires » mais que des français de toute tendance, de droite comme de gauche, peuvent assumer.

Enfin, le libéralisme européiste, voire le libéral-mondialisme, aussi bien incarné par E.Macron que par F.Bayrou, signifie concrètement une acceptation de la perte du pouvoir de décision des Etats et la concurrence déloyale qui appauvrit une grande partie de nos concitoyens et à laquelle on ne peut se résoudre à apporter de simples mesures réparatrices de compensations sociales.

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Le "Che " et la langue de bois

17 Mai 2017 , Rédigé par Jean-Marie Allain

On pensait que la langue de bois avait pris un coup de vieux avec cette campagne un tantinet rafraîchissante mais Jean-Pierre Chevènement n’ pas pris une ride le camarade.

Il tient des propos dithyrambiques sur le tandem Macron-Philippe mais pas sur leurs ministres, accusés d’être « « la quintessence des élites formées à la Doxa maastrichtienne au moment où, justement, le système que symbolisait Maastricht est arrivé à son épuisement » et appelle ces « héritiers de dogmes européistes ou atlantistes obsolètes à devoir s’en dégager, car tel est le prix de la réussite ».

Le moins qu’on puisse dire, c’est que le « che », en vieux militant  de l’ancien Ceres (ex-courant du PS) sait manier la chèvre et le chou, « en même temps » comme dirait le Président.

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Une souveraineté malléable ?

15 Mai 2017 , Rédigé par Jean-Marie Allain

La députée européenne Sylvie Goulard écrit dans le Figaro de vendredi que, face au terrorisme et au changement climatique, « la souveraineté se transforme ».

Cette expression me rappelle celle de la « laïcité ouverte » avancée depuis quelques années par les partisans du multiculturalisme.

Or, la souveraineté se garde ou s’abandonne de la même manière que la laïcité n’a pas à ouverte ou fermée mais doit s’appliquer au regard du droit qui l’instaure.

Il y a des principes intouchables avec lesquels il est dangereux de s’accommoder : la laïcité et la souveraineté font partie de ceux-là.

La députée enchaîne son raisonnement en affirmant que pour préserver l’Europe unie, « dans la nation de nos grands-parents, agrandie au fil des ans, des travaux de rénovation sont désormais à prévoir. Le chantier prendra du temps mais rien ne justifie de la démolir ».

D’abord, qui a parlé démolir l’Europe ? personne sauf ceux qui caricaturent sans cesse.

Qui est en train de la démolir si ne n’est le libéralisme et la concurrence libre et faussée ?

Quant aux travaux de rénovation, Mme Goulard oublie qu’ils exigent un architecte (pour les penser) et un maître d’oeuvre pour coordonner la mise en œuvre, sans oublier un éventail d’artisans qui travaillent avec les mêmes bases (ne serait-ce que la langue) et les mêmes fondamentaux professionnels, bref, tout le contraire d’une Europe à vingt-huit.

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Le souverainisme est-il soluble dans la mondialisation ?

14 Mai 2017 , Rédigé par Jean-Marie Allain

Intéressante cette émission sur LCP ce samedi soir, relatant l’histoire d’Air-France et de ses turpitudes face à la montée en puissance d’une concurrence à bas coût.

C’est un très bel exemple de la réalité mais aussi de la complexité à conjuguer au concret les idéaux.

Voilà une entreprise, qui était majoritairement publique, qui a longtemps proposé des conditions de travail et de salaire honorables à ses salariés et qui n’a pas vu venir la montée en puissance des concurrents nés avec la vague de la dérégulation.

Air France, malgré sa fusion avec le hollandais KLM, se retrouve dans le rouge, et espère sauver sa peau en se positionnant sur le marché des avions haut de gamme.

Mais le hic, c’est que la France a vendu des airbus très haut de gamme aux Emirats arabes et que ceux-ci demandent contrepartie des créneaux horaires sur nos aéroports que la France leur avait promis, créneaux généreusement accordés par l’ancien ministre des Transports, le communiste Claude Gayssot et qui aura pour conséquence de renforcer cette fois la concurrence par le haut.

On peut s’étonner de la légèreté avec laquelle C.Gayssot explique sa décision : « ils m’ont dit qu’on leur avait promis, j’ai répondu tout suite : s’ils vous l’avaient promis, je vous les accorde ! ».

L’Etat se trouve ainsi être dans la situation schizophrénique de vendeur, opérateur et régulateur sur les aéroports…

Comment être pragmatique sans trahir ses idéaux ? Fallait s’opposer à la demande des Emirats au risque de perdre des marchés ? N’ était-il pas plutôt opportun, avant de répondre, de négocier sereinement avec nos concurrents de manière à ce que les créneaux concédés (à ceux-ci comme aux autres d’ailleurs) le soient dans des conditions qui ne créent pas une distorsion manifeste de concurrence défavorable aux intérêts d’Air France et donc aux intérêts de la France ?

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Taxe d'habitation " sauce Macron"

5 Mai 2017 , Rédigé par Jean-Marie Allain

 

Le candidat Emmanuel Macron promet d’exonérer de la taxe d’habitation 80% des Français.

Les personnes dont le revenu fiscal de référence ne dépassent pas 20 000 euros par an et par part (40 000 € pour un couple, 60 000 € pour un couple avec deux enfants) bénéficieront de cette exonération.

Concrètement, un couple avec deux enfants serait ainsi exonéré de la taxe d’habitation tant que son revenu est inférieur à 5 000 € par mois (60 000 € annuel). Pour un même couple marié avec un enfant, la limite de revenus mensuels serait de 4 166 €.

Le manque à gagner – estimé à une dizaine de milliards d’euros pour les collectivités locales – serait intégralement compensé par l’Etat.

Certes, les modalités de calcul de la taxe d’habitation, basées sur la méthode de 1970, se révèlent complexes et injustes.

Complexes parce qu’elles font intervenir une batterie de critères multiples mais dont le souci d’objectivité initial a accouché d’une extraordinaire usine à gaz que découvrent souvent avec stupeur ou humour les membres des Commissions Communales des Impôts Directs.

Mais injustes également dans la mesure où une commune dont le parc immobilier présente plutôt des bases locatives faibles devra fixer des taux relativement élevés pour arriver à dégager les mêmes recettes que sa commune voisine qui dispose d’un parc immobilier où les bases locatives sont plus fortes. Ce sont donc les plus modestes qui trinquent.

Mais les défauts bien connus de la taxe d’habitation méritaient une refonte totale du système dont aucun responsable politique n’a jamais eu l’audace.

Cette fois, Macron tranche dans le vif : il la supprime. Ce n’est plus de l’audace, c’est de la brutalité fiscale (on pourrait dire de l'extrémisme) et un  pas de plus vers l’affaiblissement de l’échelon communal.

Certes, en privant de manière autoritaire les collectivités d’un tel montant de ressources propres, l’Etat promet de compenser mais rien ne garantit que cette exonération sera maintenue dans le temps.

Plus gravement, si la commune n’a plus la mainmise sur le montant de la taxe et se voit coupée de la possibilité de l’augmenter ou de la baisser, cela remettrait en cause l’autonomie financière de la commune donc la souveraineté communale.

Enfin, au concret, on se retrouvera avec deux sortes d’administrés, ceux qui paient et ceux qui sont exonérés. J’imagine que les premiers considèreront que leur contribution exige de la commune un juste retour des choses. Et cela sera compliqué à gérer au niveau local, à moins que cette taxe d’habitation « sauce macron » soit abandonnée devant le soulèvement des élus locaux à prévoir.

En d’autres termes, soit il ne s’agit que d’un vaste et éphémère enfumage de campagne électorale, soit la souveraineté communale s’en trouvera encore affaiblie et alors il faudra se battre.

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Macron / Le Pen : un combat de classe ?

27 Avril 2017 , Rédigé par Jean-Marie Allain

Dans la foulée de ce que j'écrivais hier soir sur ce blog, je ne résiste pas au désir de vous faire partager un extrait de l'interview de Christophe Guilly parue ce matin dans le journal numérique "L'Atlantico" et  dont je vous recommander la lecture.

Un ancien (et brillant) stagiaire de la mairie était revenu en 2015  me saluer et m'offrir son ouvrage " La France périphérique (Flammarion). A sa lecture, je ne pouvais m'empêcher de penser que mon néologisme de "métrospoliation" inventé dix ans plus tôt était un peu prémonitoire !

Guilly confirme l'acuité de son analyse, et c'est tout à l'honneur de la géographie universitaire française.

 En perdant une partie de leurs bases, la gauche avec les ouvriers, la droite avec les agriculteurs, les partis de gouvernement semblent s'être détournés des classes populaires. Quelles sont les conditions permettant une "normalisation" de la situation, dont l'objectif serait de récréer des partis de masse ?

Tout le bas ne peut pas être représenté que par le Front national. Il faut que les partis aillent sur ces thématiques. Il y a toujours eu un haut et un bas, et des inégalités, la question est qu'il faut que le haut soit exemplaire pour le bas, et qu'il puisse se connecter avec le bas. Il faut que le "haut" intègre les problématiques du "bas" de façon sincère. C'est exactement ce qui s'était passé avec le parti communiste, qui était composé d'une base ouvrière, mais aussi avec des intellectuels, des gens qui parlaient "au nom de". Aujourd'hui c'est la grande différence, il n'y a pas de haut qui est exemplaire pour le bas. La conséquence se lit dans le processus de désaffiliation et de défiance des milieux populaires dans la France périphérique mais aussi en banlieues.

Plus personne n'y croit et c'est cela l'immense problème de la classe politique, des journalistes etc. et plus généralement de la France d’en haut. Ces gens-là considèrent que le diagnostic des gens d'en bas n'est pas légitime. Ce qui est appelé "populisme". Et cela est hyper fort dans les milieux académiques, et cela pèse énormément. On ne prend pas au sérieux ce que disent les gens. Et là, toute la machinerie se met en place. Parce que l'aveuglement face aux revendications des classes populaires se double d’une volonté de se protéger en ostracisant ces mêmes classes populaires. La posture de supériorité morale de la France d’en haut permet en réalité de disqualifier tout diagnostic social. La nouvelle bourgeoisie protège ainsi efficacement son modèle grâce à la posture antifasciste et antiraciste. L'antifascisme est devenu une arme de classe, car elle permet de dire que ce racontent les gens n'est de toute façon pas légitime puisque fasciste, puisque raciste. La bien-pensance est vraiment devenue une arme de classe. Notons à ce titre que dans les milieux populaires, dans la vie réelle les gens, quels que soient leurs origines ne se parlent pas de fascisme ou d'antifascistes, ça, ce n'est qu'un truc de la bourgeoisie. Dans la vie, les gens savent que tout est compliqué, et les gens sont en réalité d'une hyper subtilité et cherchent depuis des décennies à préserver leur capital social et culturel sans recourir à la violence. Le niveau de violence raciste en France reste très bas par rapport à la situation aux États Unis ou au Royaume Uni.

Cette posture antifasciste, à la fin, c'est un assèchement complet de la pensée. Plus personne ne pense la question sociale, la question des flux migratoires, la question de l'insécurité culturelle, celle du modèle économique et territorial. Mais le haut ne pourra se régénérer et survivre que s'il parvient à parler et à se connecter avec le bas. Ce que j'espère, c'est que ce clivage Macron Le Pen, plutôt que de se régler par la violence, se règle par la politique. Cela implique que les partis intègrent toutes ces questions ; mondialisation, protectionnisme, identité, migrations etc… On ne peut pas traiter ces questions derrière le masque du fascisme ou de l'antifascisme.

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