Overblog
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
Le blog de Jean-Marie Allain

Articles récents

Marpent augmente sa population

15 Janvier 2017 , Rédigé par Jean-Marie Allain

Population INSEE au 1er janvier 2017 : 2750 habitants.

Nous étions 2649 en 2001, année de mon élection et qui faisait suite à une baisse démographique continue depuis plusieurs décennies.

Si on compte la population totale (résidents Samara entre autres), nous comptons 2786 habitants .

C’est plutôt honorable au vu des baisses dans les communes qui nous entourent (hormis le rural).

Nous avions pourtant toujours fixé des objectifs réalistes, bien-en deçà des objectifs affichés par un Programme de Local de l’Habitat plutôt surréaliste.

 

Nous aurons du mal à aller au-delà puisqu’il n’y a pratiquement plus de terrain constructible, suite à la mise en place de notre politique de " zéro artificialisation" des sols, seule commune de l'arrondissement d'Avesnes à s'être fixé cette règle.

Le défi, c’est de ne pas baisser dans les années à venir.

Challenge difficile car les divorces augmentent les besoins en logement sans augmenter la population.

L’enjeu prioritaire reste donc la réinsertion des logements vacants sur le marché au moyen de quelques outils que nous utilisons comme la taxe sur les logements vacants, la procédure d’abandon manifeste et le recyclage foncier.

Lire la suite

La gauche et son fétichisme de la Sécurité Sociale

13 Janvier 2017 , Rédigé par Jean-Marie Allain

Ayant enseigné trentaine d’années en Institut de soins infirmiers, j’attendais hier soir avec impatience ce qui allait être dit sur la thématique de la santé.

L’argument selon lequel il ne faudrait pas toucher à la Sécurité Sociale sous prétexte que celle-ci a été créée par le Conseil National de la Résistance et qu’elle fait partie du patrimoine national a ses limites, si tant est qu’on considère cet argument  comme rationnellement recevable.

Loin d’enlever à cet acquis national certains avantages, force est de constater que le ver s’est mis dans le fruit depuis sa naissance en voulant faire financer des recettes principalement privées (celle des soignants) par des recettes obligatoires (les cotisations des salariés et des entreprises), faisant du système de santé une machine infernale à faire du fric, parfois au risque de la santé des citoyens et dans lequel celui qui ouvre le porte-monnaie n’est pas celui qui le remplit, contradiction majeure qui explique tout le reste.

Ce qui était concevable à une époque et dans un contexte donné peut ne plus l’être soixante-dix plus tard.

C’est en refusant de mettre ce débat sur la table, que les politiques ont laissé filer les déficits de la Sécu qui ont mené celle-ci droit dans le mur.

Quand on observe les dépenses de la sécu au quotidien, je pense qu’on ne doit pas être loin des 50 % de dépenses de confort : visites de routines, analyses abusives (pour voir si tout va bien), sur-médication, cures thermales dont le professeur L éon Schwartzenbreg, qui fut ministre de la santé durant une semaine en juillet 1988, me confiait un jour, alors que j’étais allé le chercher à Bruxelles pour une conférence à Maubeuge, que si cela n’avait tenu qu’à lui, elles ne seraient plus remboursées mais qu’on le faisait uniquement parce qu’elles généraient de l’emploi.

Mais Léon Schwartzenberg était un homme honnête, bien vite éjecté pour cette raison du « système », fut-ce par un premier ministre qui s’appelait Michel Rocard.

Le premier qui ose s’interroger se voit de suite assailli d’accusations malsaines parce qu’il est suspecté de vouloir toucher à ce « système fou » qu’est devenu la sécurité Sociale et qu’illustre l’anecdote suivante (qui n’est pas inventée).

Lors d’un contrôle chez un malade du bras, le médecin de la Sécu constate que le malade n’est pas chez mais qu’il est parti travaillé chez un voisin.

Pour lui éviter la sanction, le médecin traitant signera une ordonnance attestant que ce « travail » lui permettait une rééducation du bras.

Les candidats à la primaire sont restés sur ce vieux logiciel du siècle dernier, sur cette vision fétichiste à l’égard d’un système complètement détraqué et pervers, ce qui quelque part me fait douter de douter de leur volonté de moraliser et de rationaliser nos institutions.

Lire la suite

De la République à la Nation

12 Janvier 2017 , Rédigé par Jean-Marie Allain

Cela aurait pu être l’itinéraire d’une manifestation parisienne. C’est en fait le cheminement « cérébral » intellectuel » que j’ai suivi en regardant V Peillon chez Ruquier samedi dernier.

On peut trouver que tel candidat propose une bonne mesure sur tel ou tel point et qu’un autre fasse de même sur d’autres points.

Là n’est pas l’essentiel. Les mesures techniques ne doivent pas cacher la philosophie du projet.

C’est sur les fondamentaux qu’il convient de les départager, au-delà de leur cohérence programmatique, première étape que ne parviendra pas à passer Manuel Valls, devenu le champion de la contradiction et probablement le moins cohérent de tous les candidats à la primaire de la gauche. Faut dire que Clémenceau lui-même, son maître à penser, après avoir combattu le principe du Sénat, finira par se rallier à l’idée de cette seconde Chambre.

Encore que Clémenceau, contrairement à Valls et son 49.3, pouvait-il s’appuyer sur l’argument du mûrissement, le temps pouvant justifier après tout le changement d’avis.

Peillon a marqué des points lors de son passage chez Ruquier : sérénité à face la chroniqueuse énervée Vanessa Burgraff, qui voulait, en vain, « se payer Peillon », discours structuré, pas démagogue, rhétorique brillante…Il pourrait rapidement séduire de nombreux votants de la primaire, celui qui a fait partie des rares socialistes à tendre la main (avec Valls) en son temps au Modem.

Pourtant, son discours sur l’accueil des réfugiés dans le style « ouvrons les frontières toutes ! » ne parvient pas à s’extraire d’une relative naïveté.

La France devait en accueillir, incontestablement plus qu’elle n’en a accueilli, mais pas sans fixer un minimum de règles.

Dommage aussi qu’il nous ait poussé dans la bouillasse avec la réforme de ses rythmes scolaires : l’école le mercredi reste une stupidité, perturbant les enfants au plus haut point et en favorisant l’école privée, exempte des nouveaux rythmes scolaires.

Dommage enfin qu’il ne remette pas en cause le modèle de coopération européenne, celui qui s’est construit sur la croyance selon laquelle il serait possible de créer une Fédération, par-delà les cultures et les langues, et s’est ensuite traduit par l’abandon de pans entiers de notre souveraineté nationale au profit d’une Commission non élue.

A ce propos, l’Union européenne, qui a promu l’anglais à outrance au détriment des autres langues nationales, se retrouvera bientôt sans les britanniques, ce qui est quand même ubuesque.

C’est le moment de développer l’espéranto comme langue de travail car cette langue a au moins le mérite, non seulement de diminuer les coûts de traduction mais aussi de mettre chaque langue sur un pied d’égalité, permettant d’avancer considérablement dans la construction d’une « maison commune ».

Car la co-existence de plusieurs langues sur un même territoire imposant souvent la nécessité, pour gouverner, de passer par l’Etat fédéral, il ne va pas de soi de choisir une langue parmi les langues existantes au point que la monarchie belge dispose de trois langues officielles !

L’histoire mouvementée de ce pays montre d’ailleurs que ce n’est guère facile… alors que l’Europe actuelle en compte plusieurs dizaines !

L’existence d’une langue commune est d’ailleurs, si l’on en croit l’histoire de la formation des Etats-Unis d’Amérique, une condition qui favoriserait la création d’un véritable espace européen (fédéral ou pas).

Or, la seule langue commune possible en Europe, respectueuse des langues nationales, c’est l’espéranto.

Malheureusement, les responsables européens n’ont jamais cru à l’espéranto, contrairement à d’autres personnalités parmi lesquelles Jules Verne, Jean Zay, Albert Jacquard, Michel Onfray, Gandhi, Jean Jaures, Léon Blum, Willy Brandt, Umberto Eco, Tolstoï, Maurice Genevoix, Albert Einstein, Louis Lumière, Jean-Paul II, Jean Rostand et bien d’autres…

Finalement, Vincent Peillon m’apparaît comme un très bon candidat si on l’aborde par le côté « République » mais très discutable si on l’aborde par le côté « Nation », prisonnier qu’il est de ce vieux fantasme à vouloir diluer dans l’Europe nos Etats-nations plutôt que de les faire collaborer sur des projets communs et par le biais d’une belle langue commune et neutre.

Lire la suite

Mort sous surveillance

11 Janvier 2017 , Rédigé par Jean-Marie Allain

Faute de médecins de permanence, le week-end dernier, les policiers ont assuré la surveillance d’un cadavre durant 14 heures avant qu’on ne trouve un médecin pour délivrer le certificat de décès.

Derrière cette funèbre et peu banale histoire, se pose bien entendu la question de la désertification médicale.

Or, ce problème, je l’ai bien soulevé lors du dernier conseil communautaire en suggérant que l’aide de l’agglomération à l’installation des médecins soit accompagnée d’un engagement à s’inscrire dans le roulement des astreintes du week-end.

Ma question, qui n’avait pourtant pas de quoi réveiller un mort, n’a pas inoculé le moindre doute dans les têtes de l’assemblée.

Lire la suite

Marseille, après le pastis, le cannabis...

11 Janvier 2017 , Rédigé par Jean-Marie Allain

Les citoyens ne sont pas traités en France sur un pied d’égalité .

Le fumeur subit beaucoup plus de contraintes (économiques et réglementaires) que le consommateur d’alcool qui peut, en toute liberté, se détériorer la santé pourvu que cela n’ait pas d’incidence sur autrui (même si cela en a indirectement sur les dépenses de santé !), tout simplement parce que le second fait vivre une filière économique bénéficiant de puissants lobbies et pas le second.

L’alcool tue pourtant 40 000 personnes par an. Pas autant que le tabac certes mais quand même…

Certes, celui qui achète une bouteille d’alcool ne devient pas forcément un alcoolique mais, ce qui est vrai du consommateur d’alcool, l’est aussi du fumeur, au même titre d’ailleurs que celui qui s’offrirait un paquet de cigarettes au cannabis ne deviendrait pas forcément un toxico dépendant.
Si la question de la légalisation du cannabis se pose avec autant d’acuité à Marseille, c’est parce que la prohibition du cannabis a démontré qu’elle générait trafics, mafias et meurtres, empêchant les services de police et l’appareil judiciaire de s’investir sur des missions socialement plus urgentes, notamment la sécurité des citoyens.

C’est parce que l’alcool et le tabac sont en vente libres qu’on en contrôle le prix, les taxes, la qualité de fabrication et qu’on peut mettre en place des campagnes d’information et de sensibilisation.

Je me sens solidaire de l’appel lancé par 150 marseillais, conscients du désastre que cause le trafic dans leur ville et qui demandent la légalisation contrôlée de la production, de la vente et de la consommation, accompagnée d’une vraie politique de prévention.

C’est la seule solution pour tuer les réseaux mafieux et en finir avec la spirale meurtrière des règlements de compte. La prohibition se solde de toute façon par un échec total.

Il est temps d’agir et Marseille n’est que la partie émergée de l’iceberg.
Notre territoire sambrien souffre aussi des dommages causés par cette prohibition.

C’est la raison pour laquelle l’appel de Marseille doit être relayé (y compris par les élus) dans toutes les régions de France afin que, dans la période électorale qui s’ouvre, le débat sur la légalisation du cannabis soit enfin ouvert.

Lire la suite

Au gré des rues, au gré des lieux

9 Janvier 2017 , Rédigé par Jean-Marie Allain

 

En écrivant ce guide des rues et lieux de notre commune, je n’avais pas l’intention d’écrire un livre de géographie, encore mois un livre d’histoire.

J’ai souhaité mettre à la disposition des marpentois, mais aussi des visiteurs, un document illustrant la diversité des richesses de notre village, parfois insolites, parfois mystérieuses mais jamais banales.

Ce petit guide a vocation à évoluer dans le temps car le territoire, aussi petit soit-il, évolue, mute et change avec le temps.

Il est donc appelé, je l’espère, à être actualisé de temps à autre, soit par moi-même, soit par celui (ou celle) qui éprouvera le même besoin d’écrire ce qu’il y a voir ou à raconter au gré des rues et plus généralement des lieux que nous côtoyons quotidiennement, sans toujours bien les connaître.

L’être humain, sous peine de périr, ne peut rester indifférent aux lieux, pas plus qu’à ses semblables. Les rues, les murs, les monuments, mêmes les terrains vagues nous parlent, pour peu qu’on sache les regarder et écouter ce qu’en dit l’histoire, ce qu’en disent les anciens ou tout simplement ceux qui y vivent.

Et je vous livre ici la déclaration d’amour qui fait office de conclusion de cet opuscule, vendu 10 € en mairie au profit du CCAS.

Passionnément nous l’aimons

Celui qui fut village du marbre d’abord

Avant d’être celui du feu, celui du fer,

Qui vit passer les travailleurs de chez Marmor

Et défiler les salariés d’HK Porter.

Passionnément nous l’aimons

Notre belle place aux marronniers centenaires

Où se dresse pointu un vieux kiosque charmeur

Pendant qu’en contrebas la Sambre débonnaire

Fait la joie des pêcheurs et celle des promeneurs.

Passionnément nous l’aimons

Notre moulin, longtemps décoiffé et sans bras

Qui domine la colline torse au vent

Comme pour mieux rappeler qu’on l’oublie surtout pas

Qu’il a retrouvé depuis peu ses ailes de géant.

Passionnément nous l’aimons

Notre charmant village de Marpent

Avec sa vie locale

Et toutes ses sociétés

Son ambiance familiale

Son goût de la Solidarité

Passionnément nous l’aimons

Notre charmant village de Marpent

Qui pourrait incarner

De janvier à décembre

Le coin des abonnés

Du Bien vivre en Val de Sambre

Lire la suite

Il fait moins froid chez nous !

9 Janvier 2017 , Rédigé par Jean-Marie Allain

« Il fait moins froid chez nous ! »

C’est la réflexion d’un jeune croisé samedi matin à Maubeuge.

Où ça chez vous ?

En Algérie…

Ah bon, vous n’êtes pas français ?

Si, je suis né en France, de parents algériens.

 

Cette courte conversation pourrait être mise à débat pour un oral du baccalauréat tant elle soulève de questions à propos de l’intégration à la française et du débat sur la nationalité (droit du sol/ droit du sang).

Elle montre en tout cas le chemin qu’il reste à faire pour que ces jeunes puissent véritablement se sentir français sans pour autant renier leur histoire familiale.

Après tout, mes ascendants « les Alains », des barbares venus d’Asie centrale, sont devenus nomades et, pour certains, se sont sédentarisés du côté de la Loire et du Morbihan (il suffit de lire sur les monuments aux morts).

Et bien, figurez-vous qu’il m’arrive encore d’éprouver un lien affectif ave ces territoires d’Asie centrale et de me sentir parfois un peu « breton » ; c’était d’ailleurs le surnom que m’avaient donné mes camarades du lycée P Forest.

Lire la suite

Un giratoire qui tourne pas rond

6 Janvier 2017 , Rédigé par Jean-Marie Allain

Qui peut s’imaginer que le dossier du giratoire, réalisé en 2013, n’est toujours pas réglé financièrement ?

L’Agglomération, par délibération du 1er octobre 2015, a demandé à la commune de payer sa part à charge de 152 194 euros.

La commune a payé cette part à sa charge de 152 194 euros.

Sauf qu’entre-temps, la subvention pour l’enfouissement du réseau électrique octroyée par le Syndicat d’Electricité, estimée initialement à 37 739 euros, passe à 41 618, 60 euros.

La part à charge communale s’en trouve donc diminuée à 150 642 euros, l’agglomération devant rembourser à la commune 1552 euros.

Pour compliquer le tout, le Syndicat d’Electrification a versé la subvention de 41 618, 60 euros à la commune de Marpent alors que cette subvention devait aller à l’Agglomération, désormais compétente.

Pour sortir de cet imbroglio, le Syndicat d’Electricité devra abroger sa délibération nous octroyant cette subvention.

La commune devra de son côté annuler sa délibération concernant le versement de sa part à charge de 152 194 euros et voter le remboursement des 41 618, 60 euros au Syndicat, lequel devra revoter le même montant au profit de l’Agglomération, laquelle pourra enfin abroger sa  délibération nous demandant une participation de 152 194 euros et en voter une autre pour nous demander de verser 150 642 euros, ce qui nécessitera de notre part une nouvelle délibération, l'Agglo pouvant alors nous rembourser les 1552 euros de trop perçu.

Avec un giratoire, c’est bien connu, ça tourne pas rond !

Lire la suite

Bonne année, bonne santé !

2 Janvier 2017 , Rédigé par Jean-Marie Allain

Tous mes voeux aux lecteurs de ce blog, fidèles ou occasionnels.

La formule « Bonne année , bonne santé » paraît tellement évidente qu’on oublie que cette formule ne fut pas toujours la plus appropriée.

A une époque pas si éloignée, aussi paradoxale que cela puisse paraître aujourd’hui, il était au contraire souhaitable de ne pas avoir l’air en bonne santé.

Si les représentations de certaines maladies renvoient à l’horreur comme la peste, assimilée en son temps au désordre social, à la corruption morale au point d’être perçue comme un châtiment et de justifier des processions expiatoires, d’autres ont prêté à la maladie des vertus romantiques dignes de susciter l’envie.

C’est le cas de la tuberculose du XVIIIe jusqu’au début du XXe siècle, véritable maladie de la passion qui s’empare des héros de la littérature comme Mme de Mortsauf dans « le Lys dans la vallée » (Balzac) Marceline dans « l’Immoraliste » d’André Gide ou encore Hans Castorp, le personnage central de « la Montagne magique » de Thomas Mann.

Plusieurs raisons peuvent expliquer ce choix par les écrivains de la tuberculose comme la maladie du « mal d’amour ».

D’une part, le traitement de la tuberculose impose la cure, l’exil, le voyage, support déterminant du romantisme.

D’autre part, l’image du corps tuberculeux est celle d’un individu souffreteux, le propre du modèle de la figure aristocratique de l’époque pour laquelle les sentiments ont plus d’importance que la force physique et l’âme plus que le corps au point que les attributs de l’idéal esthétique, encore présents dans les défilés de mode, sont la minceur, la délicatesse, la légèreté, la sensibilité, la mélancolie.

Le héros de Chateaubriand, poursuivant de l'impossible, est malade, et sa maladie est contagieuse.

 

«Vienne, le Romantisme, et les salons et les cénacles seront remplis de pâles élégiaques, de poitrinaires rubiconds, jeunes désabusés qui n'avaient encore usé de rien: Ils n'en mouraient pas tous, mais tous étaient frappés » (« Mémoires d'Outre-Tombe, Tome I ».

 

Théophile Gautier écrivait de son côté : « Quand j’étais jeune, je n’aurais laissé prétendre au titre de poète lyrique quiconque eut pesé plus de quarante-cinq kilos » et, quelques années plus tard, Camille Saint-Saëns considérait que « Chopin était tuberculeux à une époque où il n’était pas chic d’être en bonne santé ».

Ces considérations font de la tuberculose une maladie au service d’une conception raffinée et romantique du monde, ce qui ne sera plus le cas par la suite lorsqu’elle deviendra la maladie des pauvres, à charge pour le romantisme de trouver dans une autre pathologie, la folie dépressive (elle aussi synonyme de mise à l’écart), de quoi incarner cette sensibilité supérieure qu’il revendique.

 

Lire la suite

Y avait-il une crèche à Noël ?

30 Décembre 2016 , Rédigé par Jean-Marie Allain

Le débat sur les crèches dans les mairies à Noël ne peut laisser les élus indifférents, et pas seulement en Provence.

Dans le Nord, ceux-ci accompagnent des manifestations, parfois sans trop se poser la question, en l’honneur de personnages religieux. Je pense à Sainte - Cécile et à Saint -Eloi.

Chrétienne sensible aux chansons célestes, Ste Cécile fut condamnée à être décapitée par les bourreaux de l’empereur Marc Aurèle et elle est devenue, depuis lors, la patronne des musiciens.

Ste Cécile est fréquemment célébrée dans le Nord, en raison de la forte implantation des harmonies, elles-mêmes issues, comme nos kiosques à musique, d’une riche histoire militaire liée au caractère frontalier de notre région et des nombreuses garnisons qui y séjournaient.

Croyants ou pas, les élus sont conviés à assister à l’église au concert de Sainte-Cécile.

A côté de Ste Cécile, un autre saint patron est familier des gens du Nord : c’est Saint -Eloi (évêque de Noyon, orfèvre du roi Dagobert), le patron pour cette raison des forgerons, des maréchaux-ferrants et des métallurgistes.

Dans notre salle d’honneur trône la superbe statue de St Eloi (offerte par le collectionneur louvroilien Daniel Despeghel), coulée par les ouvriers de Baume-Marpent sous l’œil vigilant du contremaître et ancien maire communiste de Boussois (René Vronhove) et dont le moule, qui se trouve à l’église, est la création du sculpteur Jacques Pouillon, né à Cousolre.

Ste Cécile, St Eloi…. Tout cela n’est pas très républicain me direz-vous et je l’entends bien…mais j’avoue, avant ce fameux débat sur les crèches dans les mairies, ne jamais m’être posé la question tellement ces personnages sont ancrés dans notre culture.

Il n’y avait donc ni prosélytisme, ni volonté ostentatoire de notre part.

Personne n’échappe à son histoire, ni au poids de ses symboles.
La culture d’une nation, d’un peuple, d’une région, est le résultat d’une lente et longue sédimentation.

Déjà au Moyen-Age, il existait dans ce qui deviendra le Nord-Pas-de-Calais des confréries de charitables, composées soit de musiciens (Arras), soit de forgerons (Béthune), chargées de procéder aux inhumations, y compris des pestiférés (c’est d’ailleurs pour cette raison qu’elles avaient été créées).

Les membres de ces confréries étaient en effet –disait-on – protégés de ce fléau.

Il est vrai que ces deux corporations partagent un point commun.

Tant la maîtrise de la musique que celle du feu par le forgeron ont toujours été considérées comme ayant le pouvoir d’assurer le lien entre le terrestre et le céleste.

Ce n’est pas un hasard si les cérémonies funéraires, depuis des millénaires et sur toute la planète, ont toujours utilisé ces symboles.... comme chez nous, les cloches (parfois l’harmonium) pour la musique et les bougies pour le feu.

Le code génétique en quelque sorte de ces deux composantes, c’est le sacré.

La musique a bien entendu d’autres attributs, en particulier sa capacité à fédérer, à rassembler, à tonifier le sentiment d’appartenance à une communauté. Le plus beau symbole est celui de notre marseillaise.

Pour autant, je ne suis pas favorable à l’installation d’une crèche dans le hall de notre mairie, d’abord parce que ce n’est pas une tradition locale, ensuite pour mieux laisser à l’église et aux croyants l’exclusivité de cette prérogative, qu’il s’agisse des lieux de culte ou de l’espace privé.

C’est enfin une forme de respect pour la religion que de ne pas l’instrumentaliser comme un vulgaire produit qu’on installe en tête de gondole.

Lire la suite