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Le blog de Jean-Marie Allain

Mise à l'eau réussie pour M2S

10 Avril 2019 , Rédigé par Jean-Marie Allain

 

Monsieur le Sous- Préfet d’arrondissement, Monsieur Le Président du Département, c’est avec beaucoup d’honneur et une profonde gratitude que nous vous recevons aujourd’hui dans notre petite commune.

Monsieur le Sous- Préfet était venu à Marpent  il y a quelques mois et nous avions tenu la réunion à la médiathèque, tant il est vrai que le chantier ne permettait pas de nous voir en mairie.

Votre présence ce jour-là  atteste, s’il en était besoin, que vous portiez à ce dossier le même intérêt que votre prédécesseur, Madame Virginie Kles, qui avait bien voulu également nous rencontrer sur place.

Cette continuité dans le soutien de l’Etat  sur ce dossier lourd et complexe, nous l’avons appréciée à la fois pour son aspect financier, via la DETR, mais aussi dans sa dimension humaine.

Je n’oublie pas, Monsieur le sous-préfet votre remarquable réactivité lorsque nous avons lancé un signal d’alarme pour percevoir sans trop de retard la subvention de l’Etat. Ce jour-là, vous m’avez appelé et fait le nécessaire auprès des services financiers de la Préfecture, comme je n’oublie pas, sur d’autres dossiers, votre entière  disponibilité.

Soyez-en sincèrement remercié.

Monsieur Le Président du Conseil Départemental, c’est avec un égal plaisir que je vous accueille aujourd’hui.

Nous avions eu l’occasion d’échanger à plusieurs reprises, à Lille ou par courriels  sur des sujets pour lesquels nous partagions un intérêt commun. Je pense notamment à la réglementation funéraire à propos de laquelle je vous avais questionné en tant que sénateur.

Vous aviez eu alors la gentillesse d’échanger sur le sujet avec Jean Pierre Sueur, président de la commission du Sénat, et prit le temps de me répondre avec précision.

Comme vous aviez eu l’amabilité de m’envoyer en 2011, lorsque j’ai créé l’Association Départementale des Maires Ruraux du Nord, votre ouvrage « Confidences d’un sénateur du Nord » avec un sympathique dédicace, soulignant que nous partagions des points des communs évoqués, notamment sur la question de la ruralité, un sujet qui sera au coeur du Congrès National des Maires Ruraux de France qui se tiendra au Val Joly au mois de septembre, et où votre présence, ainsi que celle de Monsieur le Sous-Préfet est très attendue.

Venons-en à l’objet de notre petite cérémonie.

On dit souvent qu’en France beaucoup de lois restent parfois lettre morte, faute de décret d’application.

Ce n’est pas le cas de la loi du 11 février 2005 pour l'égalité des droits et des chances, la participation et la citoyenneté des personnes handicapées dont la déclinaison en décret et autres circulaires a certes quelque peu tardé mais s’est  ensuite réalisée à un rythme très soutenu à partir de l’ordonnance du 26 septembre 2014,  imposant notamment aux communes, comme au secteur privé d’’ailleurs, de réaliser un agenda d’accessibilité programmée pour chaque équipement recevant du public.

Celui que nous inaugurons aujourd’hui est le plus important de la commune et son ancienneté, explique qu’il n’ait aucunement intégré la problématique du handicap.

En effet, la mairie a été construite en 1962, sur l’emplacement de la précédente, et comporte quatre niveaux.

Elle est venue s’adjoindre à un équipement culturel construit en 1954 et composé au rez-de-chaussée de la salle des Fêtes et à l’étage d’un théâtre de 650 places qui servira en réalité de cinéma durant une décennie avant de s’installer à Jeumont.

 Marpent vivait alors dans une relative opulence, compte-tenu de la présence sur son sol de l’entreprise belge Baume-Marpent, qui allait devenir HK Porter en 1960 après son rachat par la firme américaine basée à Pittsburg.

Et comme l’opulence rime souvent avec insouciance, on a plutôt construit dans le grandiose, un véritable paquebot, mais sans se projeter dans le futur, avec, parmi quelques exemples,  une salle de mariage au 2e étage, une salle de réunion et un logement de concierge au 3e étage pour la vigie, dans la soute, une  cuisine et des escaliers monumentaux  pour accéder au bastingage.

Par malchance, les deux bâtiments étant construits côte à côte, il forment, au regard de la réglementation sur la sécurité, un seul établissement, classé de ce fait en catégorie 2, c’est-à-dire pouvant accueillir simultanément plu de 700 personnes.

La crise sidérurgique à la fin des années soixante-dix allait frapper de plein fouet la commune avec la fermeture d’HK Porter, laissant  Marpent à genoux durant plusieurs décennies, marquée par une  baisse inexorable de ses recettes et de sa population.

La nécessité de régler le problème de l’accessibilité mairie, conjuguée avec la problématique de la sécurité et de la transition énergétique, nous amènera à positionner cet équipement comme projet prioritaire dans notre Agenda d’Accessibilité.

Restait posée la question du centre culturel : pas de fauteuils anti-feu, pas d’ascenseur…soit il était condamné, soit il était intégré dans le projet, option qui fut retenue avec le choix d’un ascenseur dans l’ancien escalier de secours du cinéma afin de desservir les deux bâtiments.

Le projet M2S, pour faire court, était né.

M comme Mairie, S comme salle polyvalente et S comme salle de spectacle.

En prélude au gros chantier M2S, nous avions remplacé sur nos fonds propres la vieille chaudière qui chauffait simultanément la salle des Fêtes et la salle de spectacle par deux centrales distinctes, la première installée par la société DERTES et la seconde par la société Missenard.

Pour le chantier proprement dit, le cabinet Gilliard se voyait confier la maîtrise d’œuvre, avec M Vianney Vigliecca pour le suivi de chantier, en duo avec le 1er adjoint aux travaux, Hervé Nicol.

Pour la partie ingénierie, le cabinet Gilliard a travaillé en amont avec Jean-Marc Thedrez, économiste de la construction pour les estimations financières et avec Cécile Houillon et M.Maillard , du cabinet Hexa Ingénierie, pour les études relatives à l’énergie.

Le cabinet SOCOTEC, avec Mme Bénazech, Mme Christelle Béra et M. Tomasini,  avait la double mission du contrôle technique et de la coordination en matière de sécurité et de protection de la santé (SPS).

A l’issue de l’appel d’offres, les entreprises suivantes ont été retenues :

-Pour le Gros œuvre : TOMASINI Construction 

- Electricité : entreprise JOUANNOT 

- Plomberie – Sanitaire : entreprise CALORESCO, 

-Ascenseur et plate-forme élévatrice : société SCHINDLER 

-Cuisine : Entreprise DEHONDT 

-Peinture, revêtement, finitions : l’entreprise SAE 

 

Les travaux ont concerné les trois entités :

-Création dans une cage d’escalier désaffectée d’un ascenseur à double entrée, desservant, par niveau décalé, chacune des trois entités.

-Création des bureaux au niveau zéro (alors qu’ils étaient auparavant à l’étage), avec un meilleur éclairage, plus d’espace  et de confidentialité.

-Transformation des anciens bureaux en salle pour les réunions du conseil et les petites assemblées générales

-Réaménagement de la salle d’honneur avec abaissement du plafond et double vitrage.

-Création des toilettes PMR dans les deux bâtiments

-Nouvel emmarchement à la salle polyvalente avec une entrée latérale pour les PMR, en remplacement de la rampe initialement prévue mais abandonnée et acceptée par la commission d’acccesibilité en raison des nombreux réseaux concessionnaires passant sous le trottoir.

-Création d’une cuisine au même niveau que la salle polyvalente

-Mise à niveau de la piste de danse

-Remise à neuf de tout le circuit électrique et du dispositif d’éclairage

-Accessibilité des archives au niveau 5  par l’ascenseur

-Changement des armoires électriques.

-Au niveau 4, sécurisation du balcon, installation de fauteuils anti-feux et de places PMR dans la salle de spectacle devenue auditorium , extension de la scène avec plate-forme élévatrice, création d’un sas de sécurité pour les PMR.

-A tous les niveaux, menuiseries double vitrage et portes coupe-feu.

Le montant total des travaux HT tel que présenté aux financeurs s’est élevé à 1 million, vingt-mille quatre cent soixante quatre euros et vingt neuf centimes.

Nous avons bénéficié d’une subvention de l’Etat (DETR) de 273 158,40 €  et d’une subvention de 250 000 € du Conseil Départemental dans le cadre de l’appel à projet « Villages et Bourgs », sans oublier les 48 636 € du Fonds pour l’Insertion des Personnes Handicapées dans la Fonction Publique, soit un taux de subvention total  de 56 %.

La traversée ne s’est pas faite sans tangage.

 A cela, il convient en effet d’ajouter ce que l’on nomme pudiquement les aléas de chantier ou les mauvaises surprises qui, comme vous le savez, volent toujours en escadrilles.. allant des déviations non prévues de descentes de gouttières d’eau pluviales, à la découverte d’un réseau d’évacuation des eaux usées archaïque et contrarié avec les changements de bureaux, aux  armoires électriques  inadaptées aux nouveau système de chauffage…

 bref, pas mal de clapotis mais pas de vagues de submersion… entrainant au final quelques dépenses supplémentaires, atténuées  par quelques moins-values comme la suppression de la rampe d’escalier de la salle polyvalente et par la récupération de certificats d’économies d’énergie.

Les vagues ont tout de même quelque peu perturbé le sommeil du capitaine et de l’officier chargé du quart mais le bateau est arrivé à bon port.

Les subventions n’étant versées qu’une fois les travaux réalisés, nous avons procédé à un emprunt de 400 000 euros que la commune remboursera en toute sérénité compte-tenu du faible encours de la dette.

Il n’est d’ailleurs pas choquant que le remboursement d’un investissement aussi lourd soit étalé dans la durée et pas seulement financé par les contribuables actuels.

Le service public a été assuré durant tout le chantier, nécessitant la délocalisation des bureaux au rez-de-chaussée, dans le bruit, la poussière et le froid, le personnel ayant fait preuve durant plus d’un an  d’une belle patience et maintenu la qualité de l’accueil tant appréciée des administrés.

Le maire et le premier adjoint ont dû, pendant ce temps, abandonné la timonerie pour trouver refuge tantôt à la médiathèque, tantôt à la bouquinerie, et le soir dans les bureaux laissés libres du rez-de-chaussée.

Aujourd’hui, et après les finitions réparties, chrono en mains, entre nos agents techniques et l’entreprise de peinture E.P.H d’Hautmont, nous voici avec un paquebot remis à neuf et prêt pour de nouvelles aventures.

Il est d’usage, lors de la première sortie des grands bateaux, de casser une bouteille pleine sur l’étrave.

A Marpent, nous sommes plutôt attachés à la tradition des petits pêcheurs du Nord, comme ceux de Boulogne que vous connaissez bien Cher Président ou de Saint Valéry sur Somme décrits par Anatole France et qui expliquent qu’il vaut mieux boire le vin que de le perdre.

Alors, on ne cassera pas de bouteille ce soir mais on boira un verre pour fêter l’évènement !

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Logements indignes : il suffisait d'y penser

8 Avril 2019 , Rédigé par Jean-Marie Allain

L’immersion dans le sujet, ajoutée à une pincée d’intelligence et saupoudrée d’un peu d’audace, donne des résultats lumineux.

Bruno Gilles, un sénateur de la ville de Marseille, ville récemment confrontée à l’effondrement d’immeubles en péril, a déposé une proposition de loi visant à améliorer la lutte contre l’habitat insalubre.

 

M Gilles fait tout d’abord remarquer que l’article L635-8 du Code de la Construction précise que l’autorisaton préalable de mise en location délivrée à titre tacite (lorsque la commune ou l’intercommunalité a instauré le « permis de louer » mais n’a pas les moyens de faire tous les contrôles) est sans incidence sur la qualification du logement au regard du caractère indigne de l’habitat.

En d’autres termes, il admet (ce que des techniciens de Soliha et de la CAF avaient déjà pu me dire) que le permis de louer peut être tacitement délivré alors que le logement est indigne !

Et le sénateur de proposer que l’acceptation tacite après le délai d’un mois soit remplacée par une décision implicite de refus de louer après deux mois de silence.

Autre proposition intéressante dont je vois immédiatement l’utilité pour ma commune : lorsqu’un immeuble a été frappé d’une interdiction d’habiter en raison d’une insalubrité remédiable mais à laquelle le propriétaire, malgré une mise  en demeure, ne remédie pas, son expropriation ferait  directement l’objet d’une déclaration d’utilité publique... bref, de quoi gagner temps et de l’argent (car les publications légales dans la presse coûtent de l’argent à la commune)..  pour peu que le législateur ne s’offusque pas de l’atteinte aux droits de l’homme (en réalité au propriétaire dont le laxisme porte atteinte à l’intérêt général).

 

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