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Le blog de Jean-Marie Allain

Dénoncer la logique mercantile du système de santé

25 Octobre 2017 , Rédigé par Jean-Marie Allain

Macron veut taper dans les dépenses de Sécu et il a mille fois raison.

Le macronisme n’est pas ma tasse de thé dans la mesure où il fait l’impasse sur les enjeux de laïcité et de souveraineté nationale mais je considère que nous n’avions pas eu depuis très longtemps une politique aussi courageuse.

Lorsqu’une femme enceinte se voit prescrire un bilan sanguin par  son médecin traitant, puis deux semaines plus part par son gynécologue, la CPAM dépense le double de ce qu’elle aurait dû dépenser. 

Lorsqu’un patient fait un bilan sanguin avant la date de prescription fixée pour examiner les effets d’un traitement, cela coûte deux fois plus cher à la Sécurité Sociale puisqu’il faudra refaire un bilan ensuite.

Et ce sont des milliers d’exemples de ce type qui enfoncent chaque jour un peu plus la Sécu dans le rouge.

Oui, il existe des actes médicaux inutiles mais de surcroît, qui peuvent être dangereux.

Plus l’hôpital nous fait des examens, plus il remplit ses caisses.

Le système médical, devenu un véritable commerce, fonctionne selon cette logique.

Pour un élu, c’est certainement plus facile (parce que plus consensuel) de clamer son opposition à la désertification médicale que d’inviter la  patientèle à entrer en résistance.

Mon admiration va en ce moment à ces médecins qui ont le courage de dénoncer cette médecine mercantile.

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Contrats aidés : je suis malade mais je me soigne

14 Octobre 2017 , Rédigé par Jean-Marie Allain

Ceux qui poussent des cris d’orfraie depuis l’annonce de la baisse du nombre de contrats aidés ont la mémoire courte.

A gauche, ils disaient : le contrat aidé, c’est la précarité institutionnalisée », une forme «  d’armée de réserve » équivalente à l’armée de réserve industrielle dont parle Marx à plusieurs reprises dans le Capital, prolétariat laborieux toujours exploitable.

A droite, ils disaient : « c’est facile de créer l’emploi et de masquer le chômage avec l’argent public en creusant le trou de la dette abyssale de la France ».

En laissant les collectivités et les associations puiser sans limite dans ce dispositif, l’Etat a créé une véritable addiction aux contrats aidés et détruit leur raisonnement économique, souvent même en créant la fameuse concurrence déloyale et faussée au nom de laquelle nous rejetons la forme actuelle de l’Union Européenne.

Même l’économie sociale et solidaire n’a pas échappé à ce travers, oubliant que faire du social ou tisser de la solidarité ne doit pas être un prétexte pour contourner les contraintes des règles du marché.

J’ai créé et animé durant vingt ans une entreprise d’économie sociale et solidaire (Habitat Pour Tous) qui a employé jusqu’à 22 personnes sans recourir aux contrats aidés.

Certes, nous avions des dotations publiques mais correspondant  au prix du service rendu.

Cette nuance est importante et j’insiste régulièrement au conseil communautaire pour que l’on sépare, parmi les dotations aux associations, celles qui correspondent à des subventions (associations sportives) et celles qui correspondent à une prestation de service (SPA par exemple).

Or, très souvent, le contrat aidé permet souvent de concurrencer des entreprises de manière déloyale (à travail égal, le salaire est inégal dans les travaux de bâtiment ou services de nettoyage par exemple et les charges incomparablement plus faibles) , en faisant de ces travailleurs la version hexagonale des travailleurs détachés.

Sans oublier que tout cela s’accompagne d’un mécanisme de sélection des plus machiavéliques : « vous n’êtes pas à la Cotorep ?  car nous avons une prise en charge de l’Etat plus substantielle » avant d’introduire dans l’entreprise une catégorie d’agents qui, qu’on le veuille ou non, gardera toujours sa spécificité aux yeux des autres agents.

La revendication qui émane d’une partie des élus vise moins à défendre les contrats aidés qu’à se garder sous la main ce prolétariat laborieux pour remplir un certain nombre de tâches dont sont privées du même coup les agents titulaires des concours administratifs (je pense aux Atsem qui ont eu le concours et ne trouvent pas de poste) ou les entreprises (et donc les salariés) présentes sur ces marchés.

A Marpent aussi, après avoir titularisé tous les contrats aidés en 2001, nous sommes tombés dans cette habitude paresseuse du recours aux contrats aidés.

C’est la raison pour laquelle je considère que le choix du Président de la République (pour lequel je n’ai pas voté) de nous désintoxiquer en instaurant un sevrage (les contrats aidés ne sont pas supprimés mais réduits) a le mérite de nous obliger à repenser l’organisation globale de nos services tout en contribuant au désendettement de la France et en réinstallant les conditions d’une concurrence saine avec les entreprises de service.

Comme on l’explique aux malades, le sevrage n’est pas une punition, c’est une phase indispensable pour sortir de l’addiction.

 

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La Taxe d'Habitation, décriée hier et adulée aujourd'hui.. par les mêmes !

9 Octobre 2017 , Rédigé par Jean-Marie Allain

J’ai exprimé, à l’occasion de la campagne de l’élection présidentielle mes interrogations sur la réforme de la taxe d’habitation, notamment mes doute quant à la capacité de l’Etat à compenser intégralement cette perte financière.

Tout le monde reconnait que cette taxe est injuste, frappant plus durement les plus modestes à tel point que chaque année 500 000 demandes de remises gracieuses sont adressées à la direction des impôts.

La TH en effet ne prend en compte les revenus que de manière marginale et son montant fluctue selon la richesse des communes.

L’ambition du Président Macron de la supprimer à terme totalement ne peut donc que satisfaire tous ceux (et ils sont nombreux) qui voyaient dans cette taxe un impôt injuste.

Il convient d’ailleurs de rappeler que cette réforme, qui questionne bon nombre d’élus, quand elle ne suscite pas leur crainte sur la pérennité de l’intégralité de la compensation reversée aux collectivités, voire leur colère, avait été promise depuis belle lurette par les gouvernements de droite comme de gauche sans qu’aucun d’entre n’ait le courage de s’attaquer à la révision des valeurs cadastrales qui sert de base au calcul du montant de cette taxe.

Manque d’audace plutôt fainéantise, le résultat est pourtant le même : rien n’a bougé depuis des décennies.

Et ceux qui n’ont rien fait viennent maintenant s’offusquer d’une réforme qu’ils n’ont pas eu le courage d’entreprendre.

Alors oui, c’est vrai, les communes vont perdre une partie de leur autonomie financière mais à qui la faute ?

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Merci Monsieur le Président

5 Octobre 2017 , Rédigé par Jean-Marie Allain

 « Foutre le bordel », c’est peut être un écart de langage.

Il n’empêche que les écarts de langage sont souvent lourds de sens.

Mais celui-ci n’est pas plus cruel que le précédent.

Lorsque Emmanuel Macron affirme qu’il y a ceux qui réussissent et ceux qui ne sont rien, il blesse ceux qui, pour diverse raisons, n’ont pas réussi dans leur vie professionnelle, oubliant au passage que la notion de réussite ne se mesure pas seulement à l’aune de la fiche de paie : certains font le choix de renoncer aux hauts salaires au profit d’autres satisfactions et, à leur manière, réussissent leur vie professionnelle. 

Je ne dis pas qu’il blesse volontairement. Je pense que le Président est de bonne foi mais que, dans son milieu un peu hors sol, il ne mesure pas l’impact de de ses dires.

Sa gaffe m’a d’ailleurs servi.
J’avais punaisé dans notre médiathèque une belle citation d’Oscar Wilde qui disait «  Un homme qui ne lit pas ne vaut pas mieux qu’une homme qui ne sait pas lire », invitant dans la foulée les visiteurs à prendre gratuitement un des ouvrages exposés sur le présentoir.

Suite au trouble provoqué par l’écart de langage de notre Président, j’ai trouvé cette citation déplacée : il suffit pour cela de se mettre à la place d’une personne qui ne sait pas lire ou qui éprouve des difficultés à lire.

Je pense que l’association « Mots et Merveilles » partagera mon avis.

J’ai donc enlevé cette citation pour la remplacer par une phrase de Cécile Guilbert qui dit «ne pas lire, c’est pour moi ne pas respirer ». 

Merci Monsieur le Président !

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