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Le blog de Jean-Marie Allain

Macron / Le Pen : un combat de classe ?

27 Avril 2017 , Rédigé par Jean-Marie Allain

Dans la foulée de ce que j'écrivais hier soir sur ce blog, je ne résiste pas au désir de vous faire partager un extrait de l'interview de Christophe Guilly parue ce matin dans le journal numérique "L'Atlantico" et  dont je vous recommander la lecture.

Un ancien (et brillant) stagiaire de la mairie était revenu en 2015  me saluer et m'offrir son ouvrage " La France périphérique (Flammarion). A sa lecture, je ne pouvais m'empêcher de penser que mon néologisme de "métrospoliation" inventé dix ans plus tôt était un peu prémonitoire !

Guilly confirme l'acuité de son analyse, et c'est tout à l'honneur de la géographie universitaire française.

 En perdant une partie de leurs bases, la gauche avec les ouvriers, la droite avec les agriculteurs, les partis de gouvernement semblent s'être détournés des classes populaires. Quelles sont les conditions permettant une "normalisation" de la situation, dont l'objectif serait de récréer des partis de masse ?

Tout le bas ne peut pas être représenté que par le Front national. Il faut que les partis aillent sur ces thématiques. Il y a toujours eu un haut et un bas, et des inégalités, la question est qu'il faut que le haut soit exemplaire pour le bas, et qu'il puisse se connecter avec le bas. Il faut que le "haut" intègre les problématiques du "bas" de façon sincère. C'est exactement ce qui s'était passé avec le parti communiste, qui était composé d'une base ouvrière, mais aussi avec des intellectuels, des gens qui parlaient "au nom de". Aujourd'hui c'est la grande différence, il n'y a pas de haut qui est exemplaire pour le bas. La conséquence se lit dans le processus de désaffiliation et de défiance des milieux populaires dans la France périphérique mais aussi en banlieues.

Plus personne n'y croit et c'est cela l'immense problème de la classe politique, des journalistes etc. et plus généralement de la France d’en haut. Ces gens-là considèrent que le diagnostic des gens d'en bas n'est pas légitime. Ce qui est appelé "populisme". Et cela est hyper fort dans les milieux académiques, et cela pèse énormément. On ne prend pas au sérieux ce que disent les gens. Et là, toute la machinerie se met en place. Parce que l'aveuglement face aux revendications des classes populaires se double d’une volonté de se protéger en ostracisant ces mêmes classes populaires. La posture de supériorité morale de la France d’en haut permet en réalité de disqualifier tout diagnostic social. La nouvelle bourgeoisie protège ainsi efficacement son modèle grâce à la posture antifasciste et antiraciste. L'antifascisme est devenu une arme de classe, car elle permet de dire que ce racontent les gens n'est de toute façon pas légitime puisque fasciste, puisque raciste. La bien-pensance est vraiment devenue une arme de classe. Notons à ce titre que dans les milieux populaires, dans la vie réelle les gens, quels que soient leurs origines ne se parlent pas de fascisme ou d'antifascistes, ça, ce n'est qu'un truc de la bourgeoisie. Dans la vie, les gens savent que tout est compliqué, et les gens sont en réalité d'une hyper subtilité et cherchent depuis des décennies à préserver leur capital social et culturel sans recourir à la violence. Le niveau de violence raciste en France reste très bas par rapport à la situation aux États Unis ou au Royaume Uni.

Cette posture antifasciste, à la fin, c'est un assèchement complet de la pensée. Plus personne ne pense la question sociale, la question des flux migratoires, la question de l'insécurité culturelle, celle du modèle économique et territorial. Mais le haut ne pourra se régénérer et survivre que s'il parvient à parler et à se connecter avec le bas. Ce que j'espère, c'est que ce clivage Macron Le Pen, plutôt que de se régler par la violence, se règle par la politique. Cela implique que les partis intègrent toutes ces questions ; mondialisation, protectionnisme, identité, migrations etc… On ne peut pas traiter ces questions derrière le masque du fascisme ou de l'antifascisme.

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Solidarité de classe

26 Avril 2017 , Rédigé par Jean-Marie Allain

La question européenne est le principal enjeu de ce second tour, mais pas seulement sous l’angle économique.

Certes, il y a le fameux débat sur le libre-échange, sanctuarisé par l’Union européenne qui ne dit jamais qu’en matière de commerce international, le vainqueur est d’abord celui qui ne joue pas le jeu du libre-échange : on le voit aujourd’hui avec la Chine ou encore les Etats-Unis, lesquels, déjà dans la seconde moitié du XIXe siècle relevèrent leurs tarifs douaniers et connurent une expansion sans précédent.

L’Europe est libre-échangiste, le reste du monde est protectionniste.

Et ce libre-échangisme, parce qu’il fait des ravages dans les pays où le coût de la main-d’œuvre est plus élevé, génère chez nous le chômage et accroit les inégalités.

Alors qu’un proverbe japonais nous dit que « si dans un pays il n’y a qu’une pomme par habitant, celui qui en mange deux est un voleur », ici, l’opulence s’étale sans vergogne aux portes de la gêne.

Mais les causes de la révolte par le bulletin de vote sont plus larges.

Jean-Marie Domenach écrivait, en parlant d’Emmanuel Mounier, « les hommes se révoltent parce qu’on leur enlève leur langue, leur identité, leur religion. », appuyant ainsi la thèse selon laquelle il y a aussi des raisons immatérielles à la révolte populaire et que la campagne électorale a malheureusement insuffisamment abordées.

Car cette conscience populaire qui réapparait dans le vote dit « protestataire » de dimanche dernier (Mélenchon, Le Pen, Dupont-Aignan, Lassalle, Asselineau, NPA, LO) émane certes de ceux qui subissent l’exclusion économique mais aussi (et ce sont souvent les mêmes), des formes de relégation sociale, spatiale ou culturelle (l’émission « on n'est pas couché » de Ruquier a ainsi érigé en système le mépris et l’arrogance pour les gens du peuple ou ceux qui défendent leurs intérêts).

On peut d’ailleurs parler « d’une véritable « conscience de classe » dont sont dépositaires bon nombre d’électeurs de cette France d’en bas et qui l’ont montré avec leur bulletin de vote.

Et qui dit « conscience de classe » dit aussi « solidarité de classe ».

En ce sens, et même s’il faut reconnaître à Emmanuel Macron l’exploit d’avoir fait exploser ce qu’il restait des vieux appareils et de leurs apparatchiks et le désir de « secouer » une société bloquée sur ses corporatismes, j’éprouve un sentiment de « solidarité de classe » avec ce peuple qui gronde, un sentiment qui m’interdit de soutenir celui qui incarne le libre-échangisme, le mondialisme et le monde de ceux qui continueront à se goinfrer de pommes jusqu’à nous en donner la nausée.

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L'agglo lâche les centres de loisirs

26 Avril 2017 , Rédigé par Jean-Marie Allain

Nos responsables d’animation sont allés ce mardi 25 avril à la réunion organisée, comme chaque année, par l’Agglomération à la Gare numérique dans la perspective des centres de loisirs d’été.

Jusqu’à présent, l’agglomération proposait un déplacement extérieur (Musée des Sciences à Villeneuve d’Ascq par exemple) et deux ou trois animations sur place prises en charge par des artistes professionnels.

En ce qui nous concerne, nous avons toujours mentionné, dans le bulletin communal, que ces animations étaient offertes par l’Agglomération.

Contre toute attente, il s’avère que, contrairement aux années précédentes, ces animations proposées par la CAMVS dans le cadre des centres de loisirs d’été disparaissent pour laisser place à un « summer camp » à la gare numérique de Jeumont réservé (pour toute l’agglo) à 30 enfants de 14 h à 18 h !!

Cette « coupe radicale « dans les animations d’été intervient brutalement et a surpris tout le monde.

Si nous sommes conscients des efforts que l’agglomération entend faire en matière de dépenses de fonctionnement (et que je soutiens), vous conviendrez que la suppression de ces animations des vacances d’été aura pour premier effet de pénaliser les enfants de milieu modeste qui ne partent pas en vacances.

J’ai écrit au Président pour lui demander de faire appel à son sens de la justice sociale pour revenir sur cette décision incompréhensible et examiner avec une préoccupation plus équitable la réorganisation légitime des modalités d’intervention de l’agglomération dans les centres de loisirs.

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L'électoralisme n'est pas toujours là où croit

21 Avril 2017 , Rédigé par Jean-Marie Allain

Au lendemain de l’attaque des champs Elysées, et quelle que soit la nature de cet acte (terrorisme islamiste ou acte d’un déséquilibré, voire les deux à la fois), il est intéressant de se plonger dans les professions de foi des candidats si l’on considère que la lutte contre le terrorisme est l’un des principaux enjeux de cette présidentielle.

Cinq candidats seulement sur onze abordent le sujet : (par ordre alphabétique) : Dupont-Aignan, Fillon, Hamon, Le Pen, Macron

Macron en parle mais, comme sur d’autres sujets, ne formule aucune proposition précise.

Hamon veut renforcer le renseignement et la police de proximité. C’est un peu court, il faut bien l'admettre.

Les trois autre candidats tablent sur le renforcement des forces de sécurité (de manière quantifiée) et sur des mesures fortes de fermeture de certaines mosquées radicales ou d’expulsion des étrangers dangereux ou ayant commis des délits.

Conclusion : la gauche, en préférant ne rien dire ou si peu, continue à courtiser l’islamisme, sans aucun doute par peur de choquer les musulmans et froisser ce qu’elle pense être un potentiel électoral.

Ce n'est pas forcément faire honneur aux musulmans de penser qu'ils se seraient pas capables de faire la distinction l'islam et l'islamisme.

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Marpent entend développer le scoutisme laîque

16 Avril 2017 , Rédigé par Jean-Marie Allain

 

Le scoutisme est une excellente école dans plusieurs domaines : citoyenneté, écologie, solidarité, valeurs humanistes sans oublier la « débrouillardise ».

C’est la raison pour laquelle j'ai souhaité proposer cette activité aux jeunes marpentois.

Dans un premier temps, c’est un cercle de louveteaux pour les 8-11 ans qui va s’ouvrir, encadré par Loïc Marlot et des bénévoles des Eclaireuses et Eclaireurs de France.

Maxime Chavatte, animateur des projets à la Fédération des Hauts de France, après plusieurs visites sur la commune, est venu présenter aux parents et enfants intéressés les activités des Eclaireurs de France, adeptes d’un scoutisme laïque, reconnu par le Ministère de la Jeunesse des Sports et celui de l’Education Nationale.

Les louveteaux marpentois rencontreront leurs homologues nordistes lors de la Fête régionale du scoutisme les 13 et 14 mai à Morbecque.

Ouverture de l’activité marpentoise samedi 29 avril à 14 h à la médiathèque L’Oiseau-lyre.

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Eric Pastika nous a quittés

13 Avril 2017 , Rédigé par Jean-Marie Allain

C’est avec surprise et peine que j’ai appris le décès d’Eric Pastyka ce matin.

Avec son allure enjouée, il gardait le contact avec quelques anciens camarades et compagnons de route.

Je le voyais de temps en temps en mairie où nous confrontions nos points de vue, notamment sur les analyses de JP Chevènement (son mentor en politique) et sur l’actualité intercommunale pour laquelle il continuait à manifester un grand intérêt.

Issu tous les deux du mouvement de jeunesse « lambertiste », nos chemins s’étaient ensuite séparés (sans que nous perdions notre amitié réciproque) pour converger plus récemment autour de la problématique du souverainisme.

Et les deux vieux militants ne se quittaient jamais sans avoir partagé leur immense bonheur d’être grand-père.

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Faut-il instaurer la gratuité des cantines ?

7 Avril 2017 , Rédigé par Jean-Marie Allain

L’engagement de Jean-Luc Mélenchon à mettre en place la gratuité dans les cantines scolaires ne peut laisser les maires indifférents.

Nous savons que le prix de la cantine peut être dissuasif pour certaines familles et c’est la raison pour laquelle les municipalités ne répercutent pas intégralement le coût du service sur le prix du repas.

A tel point qu’un papa au chômage dont l’enfant hyperactif pose des problèmes le midi et à qui je proposais de reprendre l’enfant pour qu’il puisse passer un moment au calme avec lui me répondait d’ailleurs récemment : « non, je préfère le laisser, cela me coûte moins cher »

La règle, en effet, c’est souvent de ne pas intégrer le coût du personnel, ce qui ferait doubler le prix des repas, cette charge étant alors supportée par l’ensemble des contribuables.

C’est le principe d’un service public équitable.

Lorsque les communes font le choix de la gratuité totale, elles font payer les services par les contribuables mais cela n’est pas sans poser un problème : le contribuable de la commune doit-il payer pour les enfants domiciliés sur d’autres communes, sachant qu’assurer la gratuité pour la majorité et la refuser pour quelques-uns serait les stigmatiser…

Mais le problème essentiel que soulève à mon sens cette généreuse proposition, c’est qu’elle passe à côté de la question essentielle.

J’ai pour habitude depuis plusieurs années d’être deux fois par semaine à la cantine (une collègue prend deux autres jours) pour appuyer les agents, veiller à ce que tout se passe bien et surtout à nous assurer que les enfants mangent correctement.

Or, le constat, c’est que lorsque avez quarante enfants de maternelle à table, les deux ou trois agents qui doivent servir, couper la viande, déposer les assiettes, remplir les verres, stimuler les enfants sont vite débordés.

Impossible pour le personnel d’accompagner les enfants et de leur donner à manger…Et la commune, sauf à mettre un agent pour quatre enfants (ce n’est pas de trop) et donc à faire exploser les prix ou les impôts, se trouve désarmée.

Certaines écoles privées où se côtoient le premier degré et le collège peuvent inviter des collégiens à aider les petits pour manger en contrepartie de la gratuité du repas.

Mais cela est impossible lorsque le restaurant scolaire n’accueille que des maternelles et des primaires.

C’est pourquoi j’ai fait le choix d'être présent deux fois par semaine, tout simplement pour donner à manger aux quelques enfants qui, sans cela, ne mangent pas.

J’avoue que c’est d’ailleurs à chaque fois un grand moment de bonheur car les bambins sont heureux de voir « monsieur le maire » lui posant parfois des questions curieuses du style « c’est toi qui allume les lumières le soir ? « (dixit).

La gratuité ne réglerait en rien le problème. Ce n’est pas que le repas est gratuit ou payant que l’enfant mange. C’est d’abord parce qu’un adulte l’accompagne. Or, la gratuité ne donnera pas de personnel supplémentaire.

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Confrérie ou confrairie ?

3 Avril 2017 , Rédigé par Jean-Marie Allain

« Une nouvelle terrine pour la confrairie » de la terrine de foie de porc.

C’est en lisant l’article de ce lundi dans la Voix du Nord que je sursaute .Réflexe probablement lié à mon jeunesse durant laquelle j’ai écrit et publié mon premier ouvrage sur la confrérie des charitables de Saint-Eloi.

Pourquoi « confrairie » et pas « confrérie » ?

Le terme de « confrairie » au était en usage au XVIIe siècle mais ne l’est plus depuis belle lurette.

La langue a aussi sa logique. Une confrérie rassemble des membres qui se comportent comme des frères pour former une véritable communauté.

Préférer « confrairie » à « confrérie », c’est compliquer inutilement les choses et surtout propager une orthographe inexacte.

Le journaliste n’y est pour rien, il a repris l’intitulé exact de l’association des amis de la terrine de foie de porc.

Mais à une époque où on se lamente de la baisse du niveau en français, il  est inopportun d’écrire comme des cochons.

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Todd, Mélenchon et Dupont-Aignan

2 Avril 2017 , Rédigé par Jean-Marie Allain

Emmanuel Todd se livre sans détours et avec la franchise qu’on lui connait dans le JDD.

Un par un les candidats sont écartés par ses jugements féroces mais justes.

Au final, il en reste deux qui ont sa sympathie : Mélenchon et Dupont-Aignan.

Mais, il ne peut voter Mélenchon qui veut sortir de l’Otan alors que pour échapper à la toute-puissance de l’Allemagne, ce n’est pas le moment pour lui de dénigrer les américains dont le président n’aurait pas que des défauts.

Quant à Dupont-Aignan, Todd dit que « sa constance patriotique force l’admiration et il a une netteté comme personne qui manque à Mélenchon ».

Alors où est le problème ? « Il est de droite et je suis de gauche » confie Todd « mais j’adorerais que les électeurs de droite, touchés par la grâce patriotique et sociale, votent en masse pour Nicolas Dupont-Aignan ! ».

Or, il n’en manque pas des électeurs de gauche qui voteront Dupont-Aignan, non pas parce que la gauche et droite n’existent plus mais parce qu’il existe des moments où le choix des idées et des hommes doit prévaloir sur les affinités idéologiques.

J’ajoute, puisque Todd aime la clarté, que l’une des césures à mes yeux entre ces deux brillants candidats concerne la problématique des frontières et donc par conséquent la question de la gestion migratoire, trop imprégnée à mon sens d’angélisme révolutionnaire chez Mélenchon, héritier de l’internationalisme prolétarien dans sa volonté d’accueillir tous ceux qui le souhaitent, là où Nicolas Dupont-Aignan déroule des propositions réalistes fermes mais toujours humanistes et pas si éloignées qu’on le croit d’une pensée de gauche qui a toujours dénoncé dans la présence d’une surpopulation de main d’œuvre à bon marché (« l’homme par la femme, l’adulte par l’adolescent et l’enfant, un Yankee par trois chinois » dixit Marx « le Capital/ 7e section / livre XXV) une arme des industriels pour tirer les salaires à la baisse.

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