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Le blog de Jean-Marie Allain

Les évêques affichent leur foi dans le libéralisme sauvage

31 Janvier 2017 , Rédigé par Jean-Marie Allain

Le rapport du Conseil permanent de la conférence des évêques de France aborde la question de l’Europe qui aurait permis « un enrichissement mutuel par la libre circulation des personnes, des biens et des idées ».

Une telle « croyance » relève davantage du postulat que de la démonstration.

Si tel était d’ailleurs le cas, pourquoi vouloir, à la ligne suivante, «reprendre le projet européen, lui donner son souffle politique et démocratique » ?

1/La libre circulation des idées est une bonne chose mais des échanges tout aussi riches peuvent se faire avec des ressortissants de pays non membres de l’espace européen.

Et lorsque la Commission européenne fait le blocus sur les rapports scientifiques qui alertent les gouvernements à propos des effets des perturbateurs endocriniens, on voit que la libre circulation des idées se heurte à la libre circulation commerciale.

2/La libre circulation des personnes ne crée pas mécaniquement d’enrichissement mutuel. Tout dépend de l’ampleur de cette circulation (la quantité des flux nuit à la qualité des échanges qu’ils rendent possibles) et des conditions dans lesquelles cette libre circulation s’opère, notamment le milieu vers lequel elle se réalise. C’est au nom de la libre circulation des personnes que des entreprises étrangères « détachent » des travailleurs pour concurrencer de manière déloyale les travailleurs français.

En d’autres termes, l’ouverture des esprits n’est pas synonyme de l’ouverture des frontières. On peut même se demander si ce n’est pas l’inverse lorsqu’on voit la montée des replis identitaires, nationaux et régionaux, au fur et à mesure que les flux s’intensifient.

3/Quant à l’enrichissement mutuel engendré par la libre circulation des biens, autre volet de l’Acte Unique de 1986 (Mitterrand /Jospin), il ne s’agit ni plus, ni moins, que d’une adhésion, de la part de la Conférence des évêques de France, à l’idéologie de la concurrence déloyale et faussée qui, depuis, fait des ravages en France.

Le moins que l’on puisse dire, c’est que ces évêques semblent, comme nos hommes politiques, tellement loin du réel qu’ils restent sourds aux cris de ceux qui sont broyés par cette concurrence impitoyable et déloyale…On est loin de la féroce dénonciation du capitalisme et du libéralisme économique faite par le pape François dans son document « «exhortation apostolique».

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La république pousse au vice

28 Janvier 2017 , Rédigé par Jean-Marie Allain

Les élus ont reçu le petit ouvrage du Conseil Permanent de la Conférence de Evêques de France, « dans un monde qui change, retrouver le sens du politique ».

Une foule de questionnements pour les citoyens, croyant ou pas, en ce début d’année 2017.

On démarre dans le vif du sujet et de l’actualité : la réflexion citoyenne, c’est s’intéresser à la vie en société et à son devenir en portant un regard lucide sur le présent où s’étale la crise de confiance envers les représentants élus de la nation.

L’une des premières questions posées dans cet opuscule est de savoir si c’est l’attitude de quelques – uns qui jettent le discrédit sur l’ensemble (une poignée de profiteurs se transformerait en « tous pourris ») ou si les hommes politiques restant des hommes, ils chercherons toujours à satisfaire leurs propres intérêts matériels et leur obsession du pouvoir au détriment de la recherche du bien commun : l’être humain étant par nature plus attiré par sa satisfaction personnelle que par l’intérêt collectif, tous les élus seraient, dans ce second cas (en tout cas une majorité) de douteux républicains.

Les évêques ne répondent pas à cette question, trouvant dans l’engagement des jeunes en politique un signe d’espérance pour que tout cela soit remis un jour dans le droit chemin.

Pourtant, il n’est pas sûr que les élus qui se font prendre la main dans le sac à détourner des fonds publics ou plus simplement à profiter des privilèges que leur offre notre république monarchienne n’aient pas été dans leur jeunesse des militants sincères, animés d’un idéal et à la recherche du bien commun.

J’ai plutôt le sentiment que c’est le système dans lequel ils gouvernent qui les a fait décoller du réel, un système permissif dans lequel vont sombrer les plus faibles d’entre eux.

Quand un parlementaire fait reposer l’essentiel de son travail sur des « petites mains » pour mieux se consacrer à la représentation politique ou parce qu’il n’a pas le temps en raison des mandats qu’il cumule, il décroche vite du réel.

Quand des élus sont autorisés en toute légalité à recruter sur des fonds publics, à la fois un directeur général des services, une brochette de directeurs adjoints et, de surcroît, un directeur de cabinet sans compter les assistants, ils décrochent vite du réel pour se transformer en républicains féodaux.

La République pousse au vice.

Même les plus petites communes n’échappent pas à ce travers.

Quand je vois que des communes font travailler des entreprises familiales, c’est aussi légal (encore que …) que de payer grassement une assistante parlementaire, mais c’est aussi indigne

Les élus sont là pour servir, non pour se servir.

Quand je constate que des maires font, en toute légalité, baptiser des résidences à leur nom ou se font offrir par des associations des cadeaux à la cérémonie de vœux (tradition que j'ai interdite à Marpent dès 2001),  je me dis qu’on est dans une république bananière.

De Gaulle avait refusé ce genre d’honneur de son vivant me semble-t-il.

Je n’oublierai jamais que, lorsque je suis arrivé en mairie de Marpent, la moitié des conjoints d’élus avait été embauchée par la commune où le népotisme s’était installé avec le temps sans que je remette en doute pour autant la sincérité des engagements initiaux de mes prédécesseurs.

Et je dis souvent regretter que de n’avoir pas fait le dernier mandat avec celui qui devint mon rival et qui avait de l’estime pour moi puisqu’il m’envoya un émissaire en ce sens.

Je pense en effet que je me serai opposé à toute une série de décisions légales mais indignes sauf que lorsqu’ils vinrent me chercher, la ligne rouge avait déjà été franchie.

(illustration : Allégorie du Vice et de la Vertu / Lorenzo Lotto)

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Le silence assourdissant du débat Hamon / Valls

26 Janvier 2017 , Rédigé par Jean-Marie Allain

Deux heures de débat pour la finale de cette primaire de la gauche sans que soit abordée, à aucun moment, ni par les journalistes, ni par les candidats, la délocalisation de l’entreprise Whirlpool qui ferme son usine de fabrication de sèche-linge d'Amiens pour la délocaliser en Pologne, il fallait tout de même le faire !

A vrai dire, cela obligerait à reparler de l’absence de politique industrielle de la France, et donc de l’Europe, et par conséquent de l’impasse dans laquelle nous sommes, suite au transfert de souveraineté économique accepté par les gouvernements, de gauche et de droite.

La désindustrialisation de la France est un drame économique et humain, mais aussi un scandale politique tant nos dirigeants restent englués dans leurs fantasmes européistes.

Question séchage, ils n'auront pu qu'à sortir leurs mouchoirs "made in china" pour sécher leurs larmes de crocodile.

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Réseau Ferré de France perturbé par le transport... des eaux usées

19 Janvier 2017 , Rédigé par Jean-Marie Allain

Avant que n’existe et ne se généralise le réseau d’assainissement collectif, les habitations disposaient de systèmes rudimentaires d’évacuation tant pour les eaux usées (fosse à vidange, puits perdu) que pour les eaux pluviales (puits perdu).

Par contre, il était fréquent que les habitations construites le long d’une voie ferrée (c’est le cas de la rue de la mairie) renvoient leurs eaux usées et pluviales sur le réseau construit par le chemin de fer dans le but d’évacuer les eaux de pluie susceptibles de porter atteinte à la stabilité des voies.

Avec le temps, malgré la caducité des conventions créée par la loi sur l’assainissement collectif, ce système s’est pérennisé comme on le constate sur les communes sambriennes traversées par la voie ferrée.

Les propriétaires renvoyaient (et pour beaucoup renvoient encore) leurs eaux dans le réseau SNCF, avec ou sans convention de rejet et, s’il y avait convention, payaient et paient toujours une taxe de rejet à la SNCF (aujourd’hui à RFF).

Or, entre-temps, les collectivités ont installé le réseau d’assainissement collectif et la loi oblige ces mêmes propriétaires à se brancher sur ce réseau pour lequel ils paient d’ailleurs, raccordés ou pas, sur chaque facture d’eau, la taxe d’assainissement.

Certains propriétaires paient donc deux fois, d’un côté RFF et de l’autre côté la collectivité, tandis que d’autres, ceux n’ayant pas de convention, ne paient qu’à la Collectivité mais se trouvent en situation illégale vis-vis de RFF et s’exposent à de lourdes amendes, ce que les services de RFF n’ont pas manqué de nous rappeler de vive voix.

Au-delà de cette double anomalie, RFF se trouve également dans une situation illégale puisque renvoyant, via son réseau, ces eaux usées non traitées dans le milieu naturel, à savoir la rivière (puisque ces eux n’aboutissent pas à la station d’épuration).

Si l’on applique brutalement la réglementation, l’agglomération serait en droit d’imposer immédiatement le raccordement de ces eaux usées et la police de l’environnement d’interdire à RFF le rejet dans le milieu naturel, mais les choses ne sont si simples.

En effet, la plupart des habitations disposent de sanitaires situés à l’arrière des habitations et le raccordement impose des travaux très conséquents, nécessitant souvent de « casser » le carrelage sur toute la profondeur de l’habitation.

Dernière complication : parfois, il existe bien un réseau public (comme sur le haut de la rue de la mairie) mais de l’autre côté de la rue et à une profondeur qui rend aléatoire la traversée de chaussée de telle sorte que toute demande de branchement nécessitera alors une extension plus ou moins importante pour faire arriver le réseau au pied de l’immeuble.

C’est pour démêler cette situation complexe et la normaliser « en douceur » que les élus de Marpent, en coopération les services de l’agglomération, ont engagé un travail de concertation avec les riverains.

Certes, la commune n’a plus dans ce domaine de compétence spécifique, ni même de pouvoir de police, détenu dorénavant par l’agglomération.

Mais nous avons fait le choix d’assurer un rôle de coordination et de médiation, en accord avec les services communautaires qui ont réalisé un travail fastidieux et assureront le suivi technique de ce dossier qui n’en est qu’à son balbutiement.

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Le Val de Sambre, enfant du protectionnisme

17 Janvier 2017 , Rédigé par Jean-Marie Allain

Au moment où l’idée protectionniste tente de se frayer un chemin entre les autoroutes de la pensée unique, il n’est pas inutile de rappeler que notre bassin de la Sambre n’a existé et ne s’est développé que par le protectionnisme.

 

Tout la période du Consulat et de l'Empire de Napoléon Bonaparte, qui s'étale de novembre 1799 à avril 1814, est dominée par une législation très protectrice, motivée par la menace commerciale des anglais, précurseurs dans la révolution industrielle.


La loi du 28 février 1816 maintient un système protecteur pour l’industrie française, système qui perdurera jusqu’en 1860, date à partir de laquelle Napoléon III s’oriente vers le libre-échange et dont le traité signé entre le Royaume-Uni et la France la même année est le symbole.

 

Mais, deux décennies plus tard, la France revient au protectionnisme avec les "tarifs Méline" de 1892, qui protègent à nouveau l'économie française, mettant fin à la politique de libre-échange entamée sous le Second Empire de Napoléon III.

 

Ce contexte des barrières douanières durant une majeure partie du XIXe siècle explique en grande partie que les industriels belges du bassin de Charleroi soient venus de ce côté-ci de la frontière pour implanter leurs usines à tel point que notre bassin deviendra « le petit frère cadet » du bassin carolorégien, par ailleurs – et c’est un paradoxe du protectionnisme - pourvoyeur de coke que nous n’avons jamais fait venir de notre bassin minier en raison de l’absence de liaison fluviale.

 

Toutes les entreprises en effet qui feront entrer la Sambre dans l’épopée industrielle et ce que l’on a appelé les « cent glorieuses » sont belges.

 

Marpent n’échappe pas à la règle avec Baume-Marpent (Baume étant un hameau d’ Haine-Saint-Pierre, près de La Louvière) qui deviendra ultérieurement HK Porter, après le rachat par les américains- fantômes de Pittsburgh, lesquels tomberont le masque et liquideront l’entreprise dès l’ouverture du grand bal de la mondialisation libérale.

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La carte d'Identité, encore un coup d'épingle sur les petites communes

16 Janvier 2017 , Rédigé par Jean-Marie Allain

La réforme sur la Carte nationale d’identité entrera dans les faits au mois de mars.

 

Les demandes, en vertu du décret du 28 octobre 2016, ne seront plus faites , pour des raisons de sécurisation, dans la mairie du village mais dans une mairie comme Jeumont ou Maubeuge équipée d’un « dispositif de recueil », autrement dit du matériel permettant de recueillir les empreintes digitales et de les numériser,

Nous avons proposé de nous équiper, sur nos fonds propres, de ce dispositif de recueil de données. C’est interdit.

L’Etat alloue une dotation pour l’achat de matériel et une compensation financière pour la charge de travail de ces communes… en attendant sans aucun doute de demander aux autres communes de contribuer financièrement.

 

Mais, plus grave, cette réforme dessaisit les mairies d’un service de proximité qui va contraindre nos administrés à se déplacer. C’est encore un coup dépingle porté au service public et aux petites communes.

Certes, nous n’allons pas en mourir mais mille coups d’épingle tuent plus sûrement que trois coups de massue

Le quinquennat qui s’achève aura été, en effet, une succession d’attaques contre l’échelon communal, pour ne parler que de la plus importante qui est celle de la réforme de la carte intercommunale et de ses fusions imposées.

 

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Marpent augmente sa population

15 Janvier 2017 , Rédigé par Jean-Marie Allain

Population INSEE au 1er janvier 2017 : 2750 habitants.

Nous étions 2649 en 2001, année de mon élection et qui faisait suite à une baisse démographique continue depuis plusieurs décennies.

Si on compte la population totale (résidents Samara entre autres), nous comptons 2786 habitants .

C’est plutôt honorable au vu des baisses dans les communes qui nous entourent (hormis le rural).

Nous avions pourtant toujours fixé des objectifs réalistes, bien-en deçà des objectifs affichés par un Programme de Local de l’Habitat plutôt surréaliste.

 

Nous aurons du mal à aller au-delà puisqu’il n’y a pratiquement plus de terrain constructible, suite à la mise en place de notre politique de " zéro artificialisation" des sols, seule commune de l'arrondissement d'Avesnes à s'être fixé cette règle.

Le défi, c’est de ne pas baisser dans les années à venir.

Challenge difficile car les divorces augmentent les besoins en logement sans augmenter la population.

L’enjeu prioritaire reste donc la réinsertion des logements vacants sur le marché au moyen de quelques outils que nous utilisons comme la taxe sur les logements vacants, la procédure d’abandon manifeste et le recyclage foncier.

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La gauche et son fétichisme de la Sécurité Sociale

13 Janvier 2017 , Rédigé par Jean-Marie Allain

Ayant enseigné trentaine d’années en Institut de soins infirmiers, j’attendais hier soir avec impatience ce qui allait être dit sur la thématique de la santé.

L’argument selon lequel il ne faudrait pas toucher à la Sécurité Sociale sous prétexte que celle-ci a été créée par le Conseil National de la Résistance et qu’elle fait partie du patrimoine national a ses limites, si tant est qu’on considère cet argument  comme rationnellement recevable.

Loin d’enlever à cet acquis national certains avantages, force est de constater que le ver s’est mis dans le fruit depuis sa naissance en voulant faire financer des recettes principalement privées (celle des soignants) par des recettes obligatoires (les cotisations des salariés et des entreprises), faisant du système de santé une machine infernale à faire du fric, parfois au risque de la santé des citoyens et dans lequel celui qui ouvre le porte-monnaie n’est pas celui qui le remplit, contradiction majeure qui explique tout le reste.

Ce qui était concevable à une époque et dans un contexte donné peut ne plus l’être soixante-dix plus tard.

C’est en refusant de mettre ce débat sur la table, que les politiques ont laissé filer les déficits de la Sécu qui ont mené celle-ci droit dans le mur.

Quand on observe les dépenses de la sécu au quotidien, je pense qu’on ne doit pas être loin des 50 % de dépenses de confort : visites de routines, analyses abusives (pour voir si tout va bien), sur-médication, cures thermales dont le professeur L éon Schwartzenbreg, qui fut ministre de la santé durant une semaine en juillet 1988, me confiait un jour, alors que j’étais allé le chercher à Bruxelles pour une conférence à Maubeuge, que si cela n’avait tenu qu’à lui, elles ne seraient plus remboursées mais qu’on le faisait uniquement parce qu’elles généraient de l’emploi.

Mais Léon Schwartzenberg était un homme honnête, bien vite éjecté pour cette raison du « système », fut-ce par un premier ministre qui s’appelait Michel Rocard.

Le premier qui ose s’interroger se voit de suite assailli d’accusations malsaines parce qu’il est suspecté de vouloir toucher à ce « système fou » qu’est devenu la sécurité Sociale et qu’illustre l’anecdote suivante (qui n’est pas inventée).

Lors d’un contrôle chez un malade du bras, le médecin de la Sécu constate que le malade n’est pas chez mais qu’il est parti travaillé chez un voisin.

Pour lui éviter la sanction, le médecin traitant signera une ordonnance attestant que ce « travail » lui permettait une rééducation du bras.

Les candidats à la primaire sont restés sur ce vieux logiciel du siècle dernier, sur cette vision fétichiste à l’égard d’un système complètement détraqué et pervers, ce qui quelque part me fait douter de douter de leur volonté de moraliser et de rationaliser nos institutions.

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De la République à la Nation

12 Janvier 2017 , Rédigé par Jean-Marie Allain

Cela aurait pu être l’itinéraire d’une manifestation parisienne. C’est en fait le cheminement « cérébral » intellectuel » que j’ai suivi en regardant V Peillon chez Ruquier samedi dernier.

On peut trouver que tel candidat propose une bonne mesure sur tel ou tel point et qu’un autre fasse de même sur d’autres points.

Là n’est pas l’essentiel. Les mesures techniques ne doivent pas cacher la philosophie du projet.

C’est sur les fondamentaux qu’il convient de les départager, au-delà de leur cohérence programmatique, première étape que ne parviendra pas à passer Manuel Valls, devenu le champion de la contradiction et probablement le moins cohérent de tous les candidats à la primaire de la gauche. Faut dire que Clémenceau lui-même, son maître à penser, après avoir combattu le principe du Sénat, finira par se rallier à l’idée de cette seconde Chambre.

Encore que Clémenceau, contrairement à Valls et son 49.3, pouvait-il s’appuyer sur l’argument du mûrissement, le temps pouvant justifier après tout le changement d’avis.

Peillon a marqué des points lors de son passage chez Ruquier : sérénité à face la chroniqueuse énervée Vanessa Burgraff, qui voulait, en vain, « se payer Peillon », discours structuré, pas démagogue, rhétorique brillante…Il pourrait rapidement séduire de nombreux votants de la primaire, celui qui a fait partie des rares socialistes à tendre la main (avec Valls) en son temps au Modem.

Pourtant, son discours sur l’accueil des réfugiés dans le style « ouvrons les frontières toutes ! » ne parvient pas à s’extraire d’une relative naïveté.

La France devait en accueillir, incontestablement plus qu’elle n’en a accueilli, mais pas sans fixer un minimum de règles.

Dommage aussi qu’il nous ait poussé dans la bouillasse avec la réforme de ses rythmes scolaires : l’école le mercredi reste une stupidité, perturbant les enfants au plus haut point et en favorisant l’école privée, exempte des nouveaux rythmes scolaires.

Dommage enfin qu’il ne remette pas en cause le modèle de coopération européenne, celui qui s’est construit sur la croyance selon laquelle il serait possible de créer une Fédération, par-delà les cultures et les langues, et s’est ensuite traduit par l’abandon de pans entiers de notre souveraineté nationale au profit d’une Commission non élue.

A ce propos, l’Union européenne, qui a promu l’anglais à outrance au détriment des autres langues nationales, se retrouvera bientôt sans les britanniques, ce qui est quand même ubuesque.

C’est le moment de développer l’espéranto comme langue de travail car cette langue a au moins le mérite, non seulement de diminuer les coûts de traduction mais aussi de mettre chaque langue sur un pied d’égalité, permettant d’avancer considérablement dans la construction d’une « maison commune ».

Car la co-existence de plusieurs langues sur un même territoire imposant souvent la nécessité, pour gouverner, de passer par l’Etat fédéral, il ne va pas de soi de choisir une langue parmi les langues existantes au point que la monarchie belge dispose de trois langues officielles !

L’histoire mouvementée de ce pays montre d’ailleurs que ce n’est guère facile… alors que l’Europe actuelle en compte plusieurs dizaines !

L’existence d’une langue commune est d’ailleurs, si l’on en croit l’histoire de la formation des Etats-Unis d’Amérique, une condition qui favoriserait la création d’un véritable espace européen (fédéral ou pas).

Or, la seule langue commune possible en Europe, respectueuse des langues nationales, c’est l’espéranto.

Malheureusement, les responsables européens n’ont jamais cru à l’espéranto, contrairement à d’autres personnalités parmi lesquelles Jules Verne, Jean Zay, Albert Jacquard, Michel Onfray, Gandhi, Jean Jaures, Léon Blum, Willy Brandt, Umberto Eco, Tolstoï, Maurice Genevoix, Albert Einstein, Louis Lumière, Jean-Paul II, Jean Rostand et bien d’autres…

Finalement, Vincent Peillon m’apparaît comme un très bon candidat si on l’aborde par le côté « République » mais très discutable si on l’aborde par le côté « Nation », prisonnier qu’il est de ce vieux fantasme à vouloir diluer dans l’Europe nos Etats-nations plutôt que de les faire collaborer sur des projets communs et par le biais d’une belle langue commune et neutre.

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Mort sous surveillance

11 Janvier 2017 , Rédigé par Jean-Marie Allain

Faute de médecins de permanence, le week-end dernier, les policiers ont assuré la surveillance d’un cadavre durant 14 heures avant qu’on ne trouve un médecin pour délivrer le certificat de décès.

Derrière cette funèbre et peu banale histoire, se pose bien entendu la question de la désertification médicale.

Or, ce problème, je l’ai bien soulevé lors du dernier conseil communautaire en suggérant que l’aide de l’agglomération à l’installation des médecins soit accompagnée d’un engagement à s’inscrire dans le roulement des astreintes du week-end.

Ma question, qui n’avait pourtant pas de quoi réveiller un mort, n’a pas inoculé le moindre doute dans les têtes de l’assemblée.

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