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Le blog de Jean-Marie Allain

De la République à la Nation

12 Janvier 2017 , Rédigé par Jean-Marie Allain

Cela aurait pu être l’itinéraire d’une manifestation parisienne. C’est en fait le cheminement « cérébral » intellectuel » que j’ai suivi en regardant V Peillon chez Ruquier samedi dernier.

On peut trouver que tel candidat propose une bonne mesure sur tel ou tel point et qu’un autre fasse de même sur d’autres points.

Là n’est pas l’essentiel. Les mesures techniques ne doivent pas cacher la philosophie du projet.

C’est sur les fondamentaux qu’il convient de les départager, au-delà de leur cohérence programmatique, première étape que ne parviendra pas à passer Manuel Valls, devenu le champion de la contradiction et probablement le moins cohérent de tous les candidats à la primaire de la gauche. Faut dire que Clémenceau lui-même, son maître à penser, après avoir combattu le principe du Sénat, finira par se rallier à l’idée de cette seconde Chambre.

Encore que Clémenceau, contrairement à Valls et son 49.3, pouvait-il s’appuyer sur l’argument du mûrissement, le temps pouvant justifier après tout le changement d’avis.

Peillon a marqué des points lors de son passage chez Ruquier : sérénité à face la chroniqueuse énervée Vanessa Burgraff, qui voulait, en vain, « se payer Peillon », discours structuré, pas démagogue, rhétorique brillante…Il pourrait rapidement séduire de nombreux votants de la primaire, celui qui a fait partie des rares socialistes à tendre la main (avec Valls) en son temps au Modem.

Pourtant, son discours sur l’accueil des réfugiés dans le style « ouvrons les frontières toutes ! » ne parvient pas à s’extraire d’une relative naïveté.

La France devait en accueillir, incontestablement plus qu’elle n’en a accueilli, mais pas sans fixer un minimum de règles.

Dommage aussi qu’il nous ait poussé dans la bouillasse avec la réforme de ses rythmes scolaires : l’école le mercredi reste une stupidité, perturbant les enfants au plus haut point et en favorisant l’école privée, exempte des nouveaux rythmes scolaires.

Dommage enfin qu’il ne remette pas en cause le modèle de coopération européenne, celui qui s’est construit sur la croyance selon laquelle il serait possible de créer une Fédération, par-delà les cultures et les langues, et s’est ensuite traduit par l’abandon de pans entiers de notre souveraineté nationale au profit d’une Commission non élue.

A ce propos, l’Union européenne, qui a promu l’anglais à outrance au détriment des autres langues nationales, se retrouvera bientôt sans les britanniques, ce qui est quand même ubuesque.

C’est le moment de développer l’espéranto comme langue de travail car cette langue a au moins le mérite, non seulement de diminuer les coûts de traduction mais aussi de mettre chaque langue sur un pied d’égalité, permettant d’avancer considérablement dans la construction d’une « maison commune ».

Car la co-existence de plusieurs langues sur un même territoire imposant souvent la nécessité, pour gouverner, de passer par l’Etat fédéral, il ne va pas de soi de choisir une langue parmi les langues existantes au point que la monarchie belge dispose de trois langues officielles !

L’histoire mouvementée de ce pays montre d’ailleurs que ce n’est guère facile… alors que l’Europe actuelle en compte plusieurs dizaines !

L’existence d’une langue commune est d’ailleurs, si l’on en croit l’histoire de la formation des Etats-Unis d’Amérique, une condition qui favoriserait la création d’un véritable espace européen (fédéral ou pas).

Or, la seule langue commune possible en Europe, respectueuse des langues nationales, c’est l’espéranto.

Malheureusement, les responsables européens n’ont jamais cru à l’espéranto, contrairement à d’autres personnalités parmi lesquelles Jules Verne, Jean Zay, Albert Jacquard, Michel Onfray, Gandhi, Jean Jaures, Léon Blum, Willy Brandt, Umberto Eco, Tolstoï, Maurice Genevoix, Albert Einstein, Louis Lumière, Jean-Paul II, Jean Rostand et bien d’autres…

Finalement, Vincent Peillon m’apparaît comme un très bon candidat si on l’aborde par le côté « République » mais très discutable si on l’aborde par le côté « Nation », prisonnier qu’il est de ce vieux fantasme à vouloir diluer dans l’Europe nos Etats-nations plutôt que de les faire collaborer sur des projets communs et par le biais d’une belle langue commune et neutre.

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