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Le blog de Jean-Marie Allain

La gauche et son fétichisme de la Sécurité Sociale

13 Janvier 2017 , Rédigé par Jean-Marie Allain

Ayant enseigné trentaine d’années en Institut de soins infirmiers, j’attendais hier soir avec impatience ce qui allait être dit sur la thématique de la santé.

L’argument selon lequel il ne faudrait pas toucher à la Sécurité Sociale sous prétexte que celle-ci a été créée par le Conseil National de la Résistance et qu’elle fait partie du patrimoine national a ses limites, si tant est qu’on considère cet argument  comme rationnellement recevable.

Loin d’enlever à cet acquis national certains avantages, force est de constater que le ver s’est mis dans le fruit depuis sa naissance en voulant faire financer des recettes principalement privées (celle des soignants) par des recettes obligatoires (les cotisations des salariés et des entreprises), faisant du système de santé une machine infernale à faire du fric, parfois au risque de la santé des citoyens et dans lequel celui qui ouvre le porte-monnaie n’est pas celui qui le remplit, contradiction majeure qui explique tout le reste.

Ce qui était concevable à une époque et dans un contexte donné peut ne plus l’être soixante-dix plus tard.

C’est en refusant de mettre ce débat sur la table, que les politiques ont laissé filer les déficits de la Sécu qui ont mené celle-ci droit dans le mur.

Quand on observe les dépenses de la sécu au quotidien, je pense qu’on ne doit pas être loin des 50 % de dépenses de confort : visites de routines, analyses abusives (pour voir si tout va bien), sur-médication, cures thermales dont le professeur L éon Schwartzenbreg, qui fut ministre de la santé durant une semaine en juillet 1988, me confiait un jour, alors que j’étais allé le chercher à Bruxelles pour une conférence à Maubeuge, que si cela n’avait tenu qu’à lui, elles ne seraient plus remboursées mais qu’on le faisait uniquement parce qu’elles généraient de l’emploi.

Mais Léon Schwartzenberg était un homme honnête, bien vite éjecté pour cette raison du « système », fut-ce par un premier ministre qui s’appelait Michel Rocard.

Le premier qui ose s’interroger se voit de suite assailli d’accusations malsaines parce qu’il est suspecté de vouloir toucher à ce « système fou » qu’est devenu la sécurité Sociale et qu’illustre l’anecdote suivante (qui n’est pas inventée).

Lors d’un contrôle chez un malade du bras, le médecin de la Sécu constate que le malade n’est pas chez mais qu’il est parti travaillé chez un voisin.

Pour lui éviter la sanction, le médecin traitant signera une ordonnance attestant que ce « travail » lui permettait une rééducation du bras.

Les candidats à la primaire sont restés sur ce vieux logiciel du siècle dernier, sur cette vision fétichiste à l’égard d’un système complètement détraqué et pervers, ce qui quelque part me fait douter de douter de leur volonté de moraliser et de rationaliser nos institutions.

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