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Le blog de Jean-Marie Allain

Articles récents

Méthanisation, où en est-on ?

10 Décembre 2011 , Rédigé par Jean-Marie Allain Publié dans #ECOLOGIE - DVLPT DURABLE

Une réflexion est  en cours au niveau de l’agglomération pour examiner la faisabilité d’une unité de méthanisation.

Le principe d’une telle unité, c’est d’amener des  déchets fermentescibles dans une unité où la fermentation va dégager  du bio-gaz, principalement utilisé dans des installations de combustion aux fins de production d’électricité, ou transformé en bio-méthane pouvant être injecté dans le réseau de gaz naturel, le digestat étant réutilisé ensuite comme produit d’épandage agricole.

Le gisement potentiel de déchets fermentescibles dans un périmètre de 30 kilomètres de Maubeuge n’est pas négligeable : 150 000 tonnes.

Par contre, l’origine de ces déchets est majoritairement agricole (120 000 tonnes), l’agglomération n’amenant que 12 000 tonnes (déchets verts des collectivités et boues de la station principalement) auxquelles pourraient s’ajouter 3500 tonnes provenant des poubelles des particuliers, sous réserve d’une réorganisation totale et coûteuse de la collecte sélective.

L’empreinte carbone d’un tel scénario n’apparaît a priori pas bonne.

L’essentiel  des déchets (du fumier en réalité) transiterait sur les routes dans des norias de camions avant d’arriver sur le territoire de l’AMVS.

Tout cela demande réflexion.

La méthanisation collective est envisageable sur un périmètre étroit à forte densité de population, ce n’est pas notre cas.

L’élimination des déchets agricoles n’est , de surcroît, pas de notre compétence.

La réflexion, à ce stade, m'incite à penser que la méthanisation en avesnois pourrait s’organiser à partir d’un modèle conçu autour d’un maillage d’unités de méthanisation regroupant  un groupe d’exploitations (un peu sur le modèle des coopératives viticoles) permettant d’éviter que le bilan carbone des déplacements n’annule l ‘intérêt de ce choix d’élimination des déchets.

L’échelle de la future carte intercommunale pourrait faciliter cette mise en place.

Mais c’est au monde agricole ou à ses représentants de  s’organiser.

Pour l’agglomération, on peut imaginer qu’une petite unité (20 000 tonnes) soit installée près du centre de tri, quitte à réorganiser la collecte auprès des ménages  (un bac supplémentaire).

Cela va demander une plus grande exigence de tri et va coûter de l’argent : nouvelles poubelles notamment sans oublier que parallèlement, en diminuant l'apport à l'incinérateur, on fera monter le prix du tonnage incinéré...

Mais, de toute façon, la réglementation européenne va nous l’imposer.

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Dioxine, le doute subsiste

10 Décembre 2011 , Rédigé par Jean-Marie Allain Publié dans #SANTE

Le_coq_en_compagnie_de_ses_poules_qui_picoren-1-.pngOn se souvient de cette exploitation de volailles en plein air de Aibes, contrainte de mettre la clef sous la porte pour cause de dioxine dans les œufs et la viande.

Les exploitants étant venus me voir, j’avais alerté les médias.

Le sous-préfet avait programmé une réunion de travail et la sénatrice Mme Blandin avait bien relayé le dossier.

Des prélèvements ont été réalisés par l’INERIS le 18 juillet.

Malheureusement, ces prélèvements ont été circonscrits à la parcelle, contrairement à ce que j'avais souhaité.

J’ai récemment demandé quelles étaient les conclusions de ces analyses.

Nous venons d’apprendre que les traces de dioxine, PCB et furanes proviendraient de l’existence d’un ancien hangar qui se trouvait sur la parcelle autrefois.

J’emploie le conditionnel car nous ne sommes pas en possession des analyses mais d’une réponse de la sous-préfecture.

Difficile dans ces conditions, on le comprendra, d’effacer tous les doutes que l’on pouvait avoir sur les risques de pollution dans les prairies alentours.

Les agriculteurs, s'ils veulent reprendre leur exploitation, n'ont pas d'autre choix que de confiner leurs volailles ou de décapter le sol de la prairie.

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L'avesnois, démuni en matière de surveillance radioactive

1 Décembre 2011 , Rédigé par Jean-Marie Allain

symbole-radioactivite-1-.png-     

Les services de la protection civile ont récemment présenté à Avesnes, devant tous les élus de l’arrondissement, le nouveau protocole de distribution des pastilles d’iode en cas d’accident nucléaire, tributaire d’une décision préfectorale.

La question qui n’a pas été abordée, c’est celui des informations dont disposerait le Préfet en cas d’accident.

Pour distribuer des pastilles, il convient en effet de connaître le niveau de radio-activité qui sévit sur le territoire.

Or, là où les choses se compliquent, c’est que l’avesnois ne dispose aujourd’hui d’aucune balise de mesure de cette radioactivité.

Le matériel actuellement disponible et propriété de l’association ATMO  :

     4 moniteurs aérosols (réglementation de septembre 2009)

-          3 moniteurs iode (Directive Euratom)

-          4 radiamètres gama (décret du 4 avril 2002)

est localisé sur Gravelines, Calais, Dunkerque et la métropole lilloise.

Outre que ce matériel arrive en fin de vie et ne dispose pas de la sensibilité des nouvelles techniques,

Il ne couvre pas notre arrondissement.

Or, si une balise peut avoir un intérêt pour l’agglomération lilloise, proche de Gravelines, nous ne pouvons pas oublier que l’avesnois est tout aussi proche de la centrale de Chooz et que l’arrondissement est régulièrement traversé, sur la ligne Aulnoye-Fourmies, de convois de déchets radioactifs.

Si l’on sait que le Nord a récemment été survolé d’un nuage radioactif provenant de Hongrie, c’est grâce aux balises citées plus haut.
Autrement dit, personne n’est en mesure aujourd’hui de dire si notre arrondissement a subi ou non de la radioactivité.

Il y a donc là manifestement un manque en termes de mesures de contrôles au regard d’autres arrondissements.

C’est donc  un sujet supplémentaire où l’avesnois apparaît une fois de plus comme une zone blanche.

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Bavaisis et Sambre : le décalage horaire

27 Novembre 2011 , Rédigé par Jean-Marie Allain Publié dans #AGGLO INTERCOMMUNALITE

 La Commission Départementale de Coopération Intercommunale a examiné vendredi dernier  le projet de Schéma présenté par le Préfet pour sa partie avesnoise.

Pas de surprise pour la Communauté de Communes Sambre Avesnois puisque l’amendement déposé par son président, Joël Wilmotte, a été rejeté.

Plus surprenante fut la question bavaisienne.

L’ordre du jour annonçait trois amendements sur ce point :

-          Celui de Paul Raoult, proposant la fusion de la Communauté de Communes du Quercitain, avec celle du Bavaisis et du Pays de Mormal-Maroilles au 1er janvier 2014 avec l’hypothèse d’un report courant 2013.Amendement en phase avec la proposition préfectorale.

-          Celui Rémi Pauvros acceptant le rattachement des communes de La Longueville, Hon-Hergies, Hargnies et Taisnière sur Hon à l’AMVS

-          Celui de Bernard Baudoux, calqué sur le précédent mais en seul amendement.

 Ces deux derniers amendements, contradictoires avec le premier, traduisaient une volonté conjointement exprimée par les communes bavaisiennes « sortantes » et les élus du conseil communautaire de l’AMVS.

Le Président de l’AMVS déclare finalement à l'assemblée partager  la position de Paul Raoult selon lequel la précipitation empêcherait de bien étudier les incidences de la réorganisation intercommunale et annonce qu’il retire son amendement, les communes pouvant, comme dit le Préfet, nous rejoindre ultérieurement.

Bernard Baudoux retire le sien à son tour.

Essayons de décrypter.

Le maire du Quesnoy ne cache pas que l’élu sambrien qui aurait maintenu son amendement aurait été perçu par les habitants de ces communes (majoritairement hostiles à l’AMVS)  comme l’artisan du charcutage de leur entité et du rattachement des dissidents.

A quelques semaines des législatives, « çà la fout mal »

En réalité, si l’on excepte La Longueville, intéressante pour l’agglo en raison de son offre foncière le long du CD 649, l’entrée des trois autres petites communes ne représente pas de recettes substantielles nouvelles et peut changer les équilibres politiques au sein de l’agglo.

Les communes du bavaisis candidates au rattachement voient donc s’éloigner leur chance d’être intégrées à l’AMVS dans le projet de schéma et ne pourront ultérieurement compter que sur la procédure de droit commun pour le faire ou sur la procédure dérogatoire.

La première option suppose le double accord de l'organe délibérant de l'intercommunalité (future interco de l'Ouest avesnois) et de celui des conseils municipaux des commmunes membres (article L5211-19 du CGCT).

La seconde option suppose le double accord de l'organe délibérant de l'intercommunalité (future interco de l'Ouest avesnois) et de celui du Préfet, après avais de la commission restreinte de la CDCI.

Autant dire que ce sera compliqué, sauf à imaginer, dans quelques mois, un compromis à la Yalta qui maintiendrait d’un côté les trois petites communes bavaisiennes dans la nouvelle entité quercitaine et le départ de La Longueville vers l’agglomération sambrienne.

La politique a des raisons que la raison ne peut ignorer, quitte parfois à retarder les montres.

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Marx s'invite à l'agglo

27 Novembre 2011 , Rédigé par Jean-Marie Allain Publié dans #LE PLURALISME POLITIQUE

Lors du dernier conseil d’agglo, mon collègue Bernard Baudoux, dans sa présentation du débat d’orientation budgétaire, faisait référence à une procédure d’expropriation et invoquait le fait que les terrains étaient passés en zone naturelle protégée pour justifier le prix que contestent les propriétaires.

Autrement dit, un terrain constructible vaut plus qu’une zone naturelle.

Certes, lui ai-je fait remarquer amicalement , mais parce que nous sommes dans une économie (celle décriée par les communistes) dans laquelle la valeur du foncier est liée sa constructibilité, c’est-à-dire  aux loyers ou à la rente que le propriétaire peut en tirer.

Mais devons-nous accepter ce mode de raisonnement dont on sait qu’il mène à la destruction de la biodiversité et, par exemple, de la forêt amazonienne ?

Certains vont se demander si je ne suis pas devenu plus communiste que mon camarade Bernard Baudoux.

Non, je ne suis pas communiste mais j’en profite, lorsque les circonstances me le permettent, de porter la contradiction comme avec cet exemple sur le foncier, et de mettre mes idées en ordre sans jamais « jeter le bébé avec l’eau du bain ».

De Marx, je retiens de positif  que :

-           Juif né à Trèves dans une famille aisée, il ait su prendre ses distances à l’égard d’un milieu où l’on parlait souvent finances et gros sous,

-          Qu’il avait consenti, malgré son athéisme, à se marier à l’église luthérienne (preuve de tolérance d’une certaine manière)

-          Psychologiquement verrouillé, il confie pourtant dans ses lettres qu’il reste ébranlé par la mort de son fils, Edgar, âgé de huit ans.

-          Sa conviction que l’homme doit se dresser contre le destin et qu’il a la capacité de modifier le cours de l’histoire.

-          L’économiste qui a mis en exergue le fait que la «  force de travail » était traitée comme une marchandise sur un marché (si elle est abondante, elle tend à comprimer les salaires et inversement) et non payée à sa juste valeur pour permettre de constituer la fameuse plus-value, base de l’opposition entre la capital et le travail.

-          Son hostilité au culte de la personnalité (il a refusé le titre de Président du Conseil Général de L’Internationale et fera en sorte qu’il n’y ait pas de présidence, préférant garder le titre de secrétaire).

Mais, je retiens aussi, a contrario :

-          Que sa vision annonciatrice de l’émancipation ouvrière et du socialisme relève des certitudes des religions millénaristes…

-          La primauté qu’il accorde à la contradiction capital travail va servir de soubassement au productivisme et occulter l’autre contradiction, celle de l’industrie et de la consommation grande prédatrice de la nature, même si Marx avait pressenti dans quelques écrits cet effet pervers.

-          Sa  sous-estimation naïve de la capacité du capitalisme à rebondir sur ses échecs.

-          Une théorie de la lutte des classes qui s’inspire du darwinisme et qui, pour cette raison, justifie la supériorité de la loi de la force sur la morale

-          L’obsession de Marx (et surtout de son ami Engels) à vouloir faire du marxisme une science, et de surcroît la science sociale par excellence ( l’équivalent du darwinisme dans les sciences naturelles), dénigrant tout ce qui pouvait s’en écarter même s’il se trompe («  le communiste croit qu’il sait, le chrétien sait qu’il croit »–disait Alain Besançon, historien et ancien membre du PCF).

-          Anticapitaliste mais détenteur d’actions (comme celles que l’on peut voir dans sa maison de Londres, devenue Musée)

-          Défenseur des humbles et critique de la cellule familiale bourgeoise mais obsédé à ce que ses filles épousent des hommes argentés,

-          Il s’est par ailleurs trompé lorsqu’il pensait que le communisme ne pouvait émerger que dans les pays développés alors que c’est l’inverse qui s’est produit ;

-          Inventeur de « la dictature du prolétariat »  (Critique du programme de Gotha /1875), expression maladroite s’inspirant des expériences françaises de 1848 et 1871, pour désigner une forme temporaire d’exercice du pouvoir et à propos de laquelle son homologue italien Gramsci préféra celle, plus subtile, d’hégémonie ouvrière.

-          Matérialiste certes mais au point qu’au moment du décès de ses proches, pour discuter héritage, il finit par quitter se fâcher avec sa famille et n’ira pas à l’enterrement de son père, ni à celui de sa mère.

-          En bourgeois imbu de ses valeurs, il est incapable d’établir des rapports aux autres sans logique d’arrogance et de domination et traite souvent les ouvriers d’imbéciles dans sa correspondance avec Engels.

 

Maillon essentiel dans la longue histoire du communisme (née plusieurs siècles avant lui), Marx aura été, au final, un philosophe brillant mais compliqué, dont les contradictions valent largement celles qu’il discerne dans le capitalisme. Bref, un prédicateur qui fait l’éloge de l’eau mais boirait lui-même du vin.                                                                                                          

 Le marxisme donne pourtant des outils conceptuels indéniables pour comprendre le monde.

Ceux qui  s’entêtent à l’ignorer sont aussi stupides et sectaires que ceux qui pensent qu’il n’y a pas d’autres cadres d’analyse en dehors de lui.

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Santé et Territoire

26 Novembre 2011 , Rédigé par Jean-Marie Allain Publié dans #SANTE

 

Dans la rubrique " équité territoriale", voici la répartition dans l'espace régional des espaces ressources cancers.

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L'urbanisme de projet

15 Novembre 2011 , Rédigé par Jean-Marie Allain Publié dans #aménagement territoire

Dans son interview parue dans Intercommunalités d’octobre 2011 (revue de l’ADCF), le Secrétaire d’Etat au logement, Benoist Apparu, ressort la vieille antienne de l’urbanisme de projet.

Il oublie de mentionner d’une part qu’une démarche de projet ne fait pas, par automatisme, un projet de qualité et d’autre part qu’un projet renvoie à un contenu, à des valeurs.

Trop souvent, la fameuse démarche de projet mise en avant sert d’alibi pour faire avaliser celui-ci.

On a connu par exemple dans l’histoire de l’urbanisme, des démarches de projet qui, au-delà de leur cohérence intellectuelle, visaient à organiser la vie de manière harmonieuse.

Les quartiers des années 60/70  font partie intégrante de cet urbanisme de projet qu’on peut juger discutable mais néanmoins de projet.

Le totalitarisme soviétique avait un urbanisme de projet intellectuellement structuré.Même les nazis avaient missionné des architectes pour concevoir un urbanisme de projet !

Il convient donc de préciser la nature du projet (humaniste, écologiste…) pour juger de la pertinence des résultats au regard des objectifs.

Benoist Apparu cite notamment les éco-quartiers dont l’intitulé, là encore, ne doit pas faire illusion. Je trouve même que la dénomination d’éco-quartier frôle l’imposture intellectuelle car elle écarte tout ce qui est en dehors de ce quartier.

Tout ce qui brille n’est pas or .

Quel sens cela a t-il de construire un éco-quartier si c’est pour se désintéresser du parc ancien, de ses populations précaires et de degré de perte énergétique ?

Or, l’urbanisme dit durable n’a de sens que s’il est décliné sur la commune entière et par seulement sur une partie de celle-ci.

Que les documents d’urbanisme doivent gagner en souplesse, c’est incontestable et certains élus n’ont pas attendu pour travailler en ce sens, quitte parfois à s’opposer aux agents de l’Etat que la culture bureaucratique prédispose plus à l’obstruction de l’inventivité et de la souplesse que de l’ingénierie d’accompagnement.

Avec les zones « AU » , les élus peuvent déjà cerner des secteurs de projets et fixer des cadres très précis de l’aménagement futur.

Quant à évoquer le PLU communautaire comme le point de passage obligé de l’urbanisme de projet, là encore, on nous ressort le vieux refrain de la mutualisation intercommunale.

Or, outre qu’un bon PLU ne garantit pas à lui seul les bons aménagements, ce n’est pas en éloignant le niveau de réflexion et de décision qu’on gagnera en qualité de projet.

C’est l’inverse.

Trop souvent, les concepteurs manquent d’accroche au territoire, de lien, de connaissance sensible avec l’espace sur lequel ils vont travailler.

Et s’il est dans un premier temps intéressant d’avoir un regard intercommunal pour cibler les secteurs de projet, il est indispensable  ensuite de connaître le terrain et de le sentir. Trop d’architectes et d’urbanistes élaborent des projets de quartier en le circonscrivant au parcellaire et sans se préoccuper des connexions avec le tissu urbain alentour.

Le PLU ne remplacera jamais le cahier des charges, seul document prescriptif qui peut modeler tant la forme que le contenu d’une opération.

Que les Plu intercommunaux bénéficient d’une aide majorée de l’Etat, pourquoi pas mais le PLU reste un code et comme tout code, il balise les interdits plus qu’il ne crée d’intelligence, si indispensable à la construction intellectuelle de cette fameuse démarche de projet de qualité.

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Congrès des maires ruraux

29 Octobre 2011 , Rédigé par Jean-Marie Allain Publié dans #AGGLO INTERCOMMUNALITE

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L’AMRF fêtait ses quarante ans dans le Poitou, plus exactement dans la jolie commune de Monts - sur - Guesnes, dans le Loudunais, le pays de JP. Raffarin qui, se remémorant son sobriquet de « provincial » lorsqu’il était premier ministre,  fit une vigoureuse  intervention en faveur de la ruralité suivie d’une longue intervention de JP Bel, le nouveau Président du Sénat expliquant que la gauche, si elle élue,  reviendra sur la création du conseiller territorial.

Après l’exposé de plusieurs universitaires sur les grandes évolutions de la ruralité, les élus ont pu  se sentir démunis face aux processus décrits, certains allant jusqu’à  regretter l’absence d’une politique d’aménagement du territoire pour garder la maîtrise de l’ensemble, comme s’ils avaient oublié que les lois de décentralisation et la loi Voynet avaient confié aux régions et aux intercommunalités le soin d’élaborer les cadres des politiques de développement territorial.

Il n’empêche qu’on se demande parfois si l’émergence de nouveaux enjeux, parfois planétaires (je pense à la problématique de l’eau et au réchauffement climatique) ne crée pas une attente forte vis-à-vis d’un Etat qui n’a plus aujourd’hui la même légitimité, ni les moyens pour assurer la déconcentration nécessaire.

On voit ainsi les régions s’atteler à la lutte contre le réchauffement climatique mais avec des velléités et des rythmes contrastés selon les priorités affichées.

On voit ainsi des territoires où les politiques de production et de distribution de l’eau, compétence désormais exclusive du bloc local, se traduisent pour les concitoyens par une tarification hétérogène là l’Etat aurait pu mettre en place une solidarité entre les territoires.

Pour saisir les mutations en œuvre, les experts  ont beaucoup parlé des  déplacements, des migrations, de  la mobilité… Ce type d’approche, caractéristique de l’approche géographique, est indéniablement enrichissant mais ne doit pas occulter la question des populations captives, souvent les plus démunies matériellement et culturellement.

Un consensus s’est dégagé pour dire que la recherche sempiternelle de la maille idéale pour le regroupement intercommunal, véritable obsession technocratique, est vouée à l’échec tant il est vrai que chaque type de compétence appelle une maille différente et que le pragmatisme, plutôt qu’une loi, aurait justifié  des intercommunalités à la carte, dans le cadre de conventions librement négociées.

Un chercheur est courageusement revenu sur la nécessité d’élire les présidents d’EPCI au suffrage universel direct pour asseoir la légitimité de l’intercommunalité, s’attirant bien entendu la remarque de notre vice-président Pierre Yves Colombat pour qui  cette option signifierait la mort des communes.

Pourtant, je me demande parfois si l’interdiction radicale du cumul des mandats (interdiction pour un maire d’être président d’EPCI) ne permettrait pas d’aborder cette traditionnelle opposition de manière plus sereine et sans que l’on ait besoin de rappeler  que l’intercommunalité, ce n’est pas une préfiguration de la commune future, encore moins un  outil au service de la commune centre mais, comme le rappelait J Pélissard, le Président de l’AMF lui aussi présent, un outil au service exclusif des communes.

 

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Le moulin de la Parapette

26 Octobre 2011 , Rédigé par Jean-Marie Allain Publié dans #Histoire locale

Les démarches pour obtenir des subventions ne sont jamais des longs fleuves tranquilles.

Pour remettre les ailes de notre bon vieux moulin de la Parapette, la Région nous a accordé une subvention au titre des crédits Pays Sambre Avesnois.

Pour le Conseil Général, c’est plus compliqué.

Toute subvention sur le patrimoine doit préalablement recevoir l’avis favorable de l’architecte des Bâtiments de France.

Dans le cas présent, l’avis n’a pas été obtenu pour la raison suivante : ne respecte pas le patrimoine !

En fait, l’ABF ne disposant d’aucun élément historique sur  l’histoire de ce moulin très ancien (bien avant 1789), il doute qu’il puisse avoir eu des ailes … alors que les vieux marpentois se souviennent qu’elles ont été démontées et entreposées durant des décennies dans la ferme de la Parapette.

Mais la mémoire orale ne compte pas….

Il est donc pour l’architecte non conseillé de remettre des ailes  au moulin par souci du respect du patrimoine.

Le seul élément que nous possédions, c’est cette carte postale que m’avait envoyée un passionné des moulins de la région de Lens, achetée sur une brocante.

Mais cette pièce à conviction n’a pas suffi.

Il est vrai que notre historiographe marpentois, sur la base de l’analyse du tampon de la poste, affirme que cette carte est un montage  et il a sans aucun doute raison.

Qu’à cela ne tienne, le moulin retrouvera bien ses ailles, n’en déplaise aux Bâtiments de France.

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Faire de la nationalisation de l'eau un enjeu du débat présidentiel

25 Octobre 2011 , Rédigé par Jean-Marie Allain Publié dans #SOCIETE

L’agglomération avait organisé un débat sur l’eau.

La Loi sur l’eau du 30/12/2006 donne  compétence exclusive aux communes tant pour la production que pour la distribution.

L’enjeu de la PRODUCTION , c’est la protection de la nappe pour qualité de l’eau.

Or, curieusement, depuis un quart de  siècle, on constate une meilleure qualité des eaux de surface mais une moins bonne qualité des eaux souterraines : plusieurs communes sambriennes ont une  eau robinet certes potable mais non conforme en termes de pesticides  (> 1 microgramme / litre)…..

Le diagnostic multi-pression lancé par l’agglomération sera suivi de mesures de protection des captages (boisement, agri bio…) si on veut éviter à terme de puiser l’eau potable dans des eaux de surface qu’il conviendrait alors de traiter au préalable.

L’enjeu de la DISTRIBUTION , c’est le prix de l’eau

On est  passé de la pompette au robinet, de l’abondance gratuite à la rareté relative et à la disparité des prix.

On peut concevoir une différence dans le prix entre les territoires qui ne partagent pas les mêmes caractéristiques géographiques (profondeur le nappe), techniques (traitement), urbaines (densité de l’habitat),  

Mais la disparité des prix n’est pas acceptable sur un même territoire puisque les eaux proviennent du même champ captant.
Il serait juste d’avoir :

-           un prix homogène sur toutes les communes de la même intercommunalité : ce n’est pas le cas aujourd’hui et ce le sera encore moins demain.

-          et une tarification  progressive comme le suggère le Collectif contre la Misère : supprimer la part fixe et tarifs progressifs par strate de consommation… c’est l’inverse aujourd’hui avec la formule dégressive par strate.

(En revanche, l’idée d’installer des points d’accès gratuits un peu partout n’est pas recevable tant il est vrai que la gratuité sera synonyme de gaspillage et que l’éducation citoyenne, si elle est encore possible, prendra des décennies).

Faut-il homogénéiser les prix  en laissant en place les opérateurs actuels ou viser une régie intercommunale ?

Considérant que l’eau est un enjeu national,…  on peut poser autrement les termes du débat.

et considérer qu’il devrait y avoir encore plus de solidarité territoriale et donc un prix unique de l’eau en France (comme le timbre).

Ceci passe par la nationalisation de l’eau.

Il n’y a là aucune posture idéologique.

Souvenons-nous que Pierre Mendes-France préconisait la nationalisation du bâtiment au moment de la reconstruction parce qu’elle était devenue un enjeu de premier plan.

L’eau, aux yeux de l’Union Européenne, est certes un Service Economique d’Intérêt Général (SIEG) mais elle échappe à ce jour, pour des raisons liées aux disparités des régimes entre les Etats, à l’obligation de l’ouverture du marché à la concurrence.

Rien ne s’oppose par conséquent à la nationalisation de l’Eau, d’autant plus aisé que les opérateurs privés sont peu nombreux et que les opérateurs publics (syndicats d’eau potable) pullulent au détriment de la transparence et de la cohérence.

On peut donc concevoir une grande régie Nationale de l’Eau qui fonctionnerait de manière déconcentrée à l’échelle des bassins hydrographiques, par exemple celle des comités de bassins qui pourraient devenir des comités de bassins citoyens.

Un bon sujet pour nos futurs candidats à la présidentielle.

DSCN0533.JPGDans l’attente, l’agglomération pourrait créer une aide incitative pour faciliter l’achat de récupérateurs d’eau de pluie, sur le modèle de ce qui se pratique pour les composteurs.

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