Overblog
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
Le blog de Jean-Marie Allain
Articles récents

Riches, au péril de leur vie

11 Janvier 2011 , Rédigé par Jean-Marie Allain Publié dans #SOCIETE

Je liais hier dans Libé cet article d’un avocat aux barreaux de New York et de Paris (Luc Saucier) proposant de légiférer sur lesrevenus à partir d’un élargissement du concept d’obscénité.

En d’autres termes, une loi qui interdirait les rémunérations obscènes, c’est-à-dire immorales.

 

Et de conclure son article en expliquant que le péril des inégalités (développement  du gangtérisme et de la violence sur les personnes) guette autant les riches que les pauvres.

 

Lorsque les riches s’aperçoivent que leur opulence devient une cible, il ont en effet tout intérêt, soit à se cacher, dans un lieu lointain par exemple (mais ces lieux de riches peuvent aussi devenir des cibles idéales pour le terrorisme), soit à se barricader (murailles et milices, mais ce type d’existence très policière ne convient pas à tout le monde et n’élimine pas tous les risques comme ces rapts quotidiens d’enfants dans plusieurs pays d’ Amérique Latine), soit à mieux répartir les richesses.

 

C’est ainsi qu’au XIXe siècle, on a commencé à mettre l’assainissement dans les villes.

Les riches savaient pris conscience que les microbes n’avaient pas de frontière et que l’insalubrité finirait par les emporter eux aussi.

Il ne faut donc pas désespérer.

Lire la suite

DSP Transport : le consensus dérape

11 Janvier 2011 , Rédigé par Jean-Marie Allain Publié dans #TRANSPORTS

 

 

Depuis des mois, Michel LO GIACO, avec des représentants de toutes les sensibilités du SMVS (PS, droite et PC), préparait cette réunion et, après avoir reçu les offres de Transdev-Semétib (filiale de la Caisse des dépôts) et de Kéolis (majoritairement détenu par la SNCF et la Caisse des dépôts du Québec) proposait à l’assemblée de choisir l’offre de Transdev-Sémitib, satisfaisante et moins chère.

Pour la petite histoire, signalons que l'Autorité de la concurrence a donné le jeudi 30 décemebre son feu vert à la fusion entre les opérateurs de transports publics Transdev et Veolia Transport.

  Ce feu vert était la dernière autorisation encore nécessaire pour permettre cette fusion entre la branche transport de Veolia Environnement et Transdev.

  

J’avais de mon côté bien lu les documents préparatoires en me plaçant dans une perspective temporelle par rapport aux projets d’urbanisme, aux nouveaux habitants…et du potentiel que cela représente sur la fréquentation du réseau.

 

Pour les projets d’urbanisme, Transdev-Semitib affiche  une conception plus évolutive du réseau que Keolis en prenant en compte plusieurs projets.

On peut juste regretter que les projets cités restent hypothétiques ou à moyen terme alors qu’ils oublient le projet de la Fâche de l’église sur Jeumont- Marpent, opérationnel l’an prochain et qui accueillera 250 nouveaux habitants.

 

Pour les nouveaux habitants :

 

Pour les séduire, les deux opérateurs proposent des actions originales comme celle d’offrir un kit d’essai chez Transdev - Semitib.

 

Mais curieusement, aucun n’évoque l’évolution inéluctable du Périmètre de Transport Urbain qui, avec la refonte de l’intercommunalité, englobera sans nul doute les communes du canton de Maubeuge- Nord et pourrait modifier le rapport dépenses- recettes dans un sens défavorable aux recettes dans la mesure où les habitudes de mobilité en TCU y sont beaucoup plus faibles.

 

Pour les hypothèses sur l’augmentation de la fréquentation, celles de Transdev-Semitiv sont ambitieuses mais très optimistes.

Dans une agglomération qui perd de la population depuis 40 ans, qui voit baisser le nombre de ses scolaires de manière importante depuis plusieurs et qui voit chuter dans le même temps les recettes commerciales de la Semitib, il peut paraître audacieux de parier sur une augmentation de la fréquentation de plus de 20 % sur la durée de la délégation.

 

Globalement, on trouve dans la proposition de  Transdev-Semitib une vision dynamique du réseau plus affirmée que chez son  concurrent Keolis, lequel, en considérant une fréquentation stable, fait peut-être preuve, sur ce point en tout cas, d’un plus grand réalisme.

 

Enfin, sur le critère DEVELOPPEMENT DURABLE, les réponses sont modestes certes mais, à la décharge des opérateurs, deux remarques

 

1/ C’est d’abord au niveau du choix du matériel roulant que se joue la lutte contre la pollution… compétence SMVS

2/  Le bus, tel qui est aujourd’hui, est le mode de transport le plus écologique, même devant le TGV.

 

J’arrivais donc à cette réunion avec l’intention de voter Transdev-Sémitib mais avec quelques réserves.

 

En arrivant, nous apprenons que le Parti Socialiste s’abstiendra.

Etonnant puisque c’est leur représentant qui propose de sélectionner Transdev-Sémitib.

 

Notre groupe demande donc une suspension de séance pour savoir quelle attitude adopter : chaise vide ou solidarité avec le Président ? J’en profite pour exprimer mes réserves citées plus haut mais nous sommes tous au final sur la même position : solidarité avec le Président.                                                           

 

De retour dans la salle, Didier POL, pour notre groupe «  La Sambre en mouvement » demande le vote à bulletin secret et annonce que nous suivrons la proposition du Président… socialiste.

Le maire de Jeumont, qui a longuement préparé les négociations avec le Président Lo Giaco,  demande la parole au nom du groupe socialiste et expose les raisons qui amènent le PS…. à s’abstenir !

Principal argument : les hypothèses trop optimistes contenues dans la proposition Trandev-Semétib avec la crainte que les écarts entre les recettes commerciales attendues et les recettes réelles « n’obligent le SMVS à payer 50 % de cet écart ».

En réalité, la convention prévoit que jusqu’à 20 % d’écart à la baisse, celui-ci est pris en charge par le transporteur et qu’au-delà de 20 %, il est partagé entre le transporteur et le SMVS.

 

Le maire de Jeumont évoque ensuite la possibilité à terme de créer une Société Publique locale de Transport.

 

Une « société publique locale » est une société de droit privé dont le SMVS serait propriétaire à 100 %.

Les ultra-libéraux y voient le moyen de détricoter un peu plus le statut de la fonction publique locale et de s’exempter des contrôles réguliers des chambres régionales des comptes, des règles de passation des marchés de la séparation des ordonnateurs et des comptables etc.

Les partisans du « socialisme municipal » y voient le moyen de mettre en place de grosses entités publiques, protégées de la concurrence.

Pour les élus locaux, cette formule juridique additionne les facilités du secteur public et celles du secteur privé.

Exonérées des règles strictes et des contrôles de la gestion publique, mais aussi de la pression de la concurrence, elle permettra à des élus de s’attribuer des postes d’administrateurs  et de recruter leurs amis politiques dans le personnel.

La population devra payer le coût des services, sous la forme d’impôts ou de redevances, mais l’autonomie de gestion et l’absence de concurrence des sociétés publiques locales permettra une certaine opacité.

Au final, la proposition du Président l’emporte bien entendu avec 19 voix (celles de notre groupe) mais soulève plein de questions.

Qu’est-ce qui a amené le PS a préparé avec les autres  une proposition pour la saborder au dernier moment ?

-          Prendre une assurance tous risques en se donnant la possibilité dans plusieurs années, si la Sémitib fait naufrage, de s’exonérer de toute responsabilité ?

-          Exprimer une défiance à l’égard d’une structure créée par le communiste Jean-Claude Fontenelle et toujours contrôlée par l’appareil ?

-          Faire payer à Bernard Baudoux son silence lors du dernier conseil communautaire alors que sa camarade Annick Matthigello déversait un flot de critiques sur le Président de l’agglomération ?

-        Riposter aux attaques de la CGT (omniprésente à Stibus) qui défend becs et ongles le projet Terres et Eaux de la zone commerciale de Louvroil et s'en prend violemment aux socialistes qui ont voté contre ? 

-     Renvoyer dans les cordes Arnaud Beauquel, le conseiller municipal communiste de Jeumont, en bisbille avec son maire et administrateur de la Semitib ?

Ce fut je pense un peu de tout cela à la fois.
Le SMVS fut hier soir une théâtre pré- électoral de combinaisons politiciennes où ceux qui tiraient les ficelles n’étaient pas là.

 La CGT transport a ensuite pris la parole pour annoncer qu’aucune  des deux offres ne lui convenait et que seule la régie était le meilleur moyen pour assurer le service public.

Là, c'est un autre débat dont nous aurons l'occasion de reparler.

Lire la suite

Ils sont fous ces romains ?

8 Janvier 2011 , Rédigé par Jean-Marie Allain Publié dans #ECOLOGIE - DVLPT DURABLE

epicea_bleu_fruits-1-.jpgL’idée de la Légion romaine de Bavay d’organiser un grand feu de joie pour brûler les sapins de Noël part d’une bonne intention mais néanmoins me chiffonne.

Pour limiter les rejets de CO2, le brûlage à l’air libre des déchets ménagers est interdit par le Règlement Sanitaire Départemental, en son article 84.

C’est le Code de l’environnement (annexe II de l’article R541-8) qui assimile clairement les déchets verts, quels qu’ils soient, à des déchets ménagers.

Lorsqu'on brûle du bois, une centaine de composés chimiques sont émis dans l'atmosphère.

Les principaux polluants sont le bioxyde de carbone, principale cause de l'effet de serre, le monoxyde de carbone, des hydrocarbures, des composés organiques volatils (COV) et des hydrocarbures aromatiques polycyliques (HAP), des oxydes d'azote (NOx), des particules et de nombreux produits irritants.

Parmi les composés chimiques émis à l'atmosphère lors de la combustion du bois, on compte 17 contaminants : 14 qui sont reconnus comme potentiellement cancérigènes ou mutagènes, 4 sont co-cancérigènes et 6 peuvent avoir des effets négatifs sur le système respiratoire.

La sanction est assez dissuasive : une amende de 450 € est encourue (contravention de la 3ème catégorie) en vertu des dispositions de l’article 7 du décret n°2003-462 relatif à la partie réglementaire du Code de la Santé Publique.

Seul le Préfet, pas le maire, a pas le pouvoir de déroger à cette règle nationale,

Il est paradoxal qu’une action au profit des enfants hospitalisés se fasse en piétinant le Code de la Santé.

C’est banaliser le brûlage des déchets verts.

Ils sont fous ces romains ?

Pourquoi ne pas assurer, en échange des deux euros, le ramassage des sapins jusqu’à la déchèterie  la plus proche ?

Et pour fêter l’évènement, se réunir autour d’un vin chaud sur la place de Bavay ?

 

Jean-Marie ALLAIN

Maire de Marpent  (ancien village celte)

Lire la suite

Grain de sel

6 Janvier 2011 , Rédigé par Jean-Marie Allain Publié dans #SOCIETE

Il a fallu faire revenir du sel d’Espagne, à prix d’or, pour déneiger nos routes.

Le sel a un impact considérable sur l'environnement comme l’a rappelé France Nature Environnement (FNE, 3.000 associations environ).

Le sel peut brûler le feuillage des végétaux, provoquer un dessèchement au niveau des racines ou modifier les propriétés des sols, comme leur perméabilité.

Par réaction chimique, il peut aussi "libérer" les métaux lourds présents sur les routes (plomb, zinc, aluminium), provenant notamment des carrosseries ou des pneumatiques, et entraîner leur dispersion dans la nature.

Aussi, plusieurs pays ont choisi d'encadrer leur utilisation de sel.

En Autriche, il est interdit sur de nombreuses routes.

En Finlande, il est contingenté.

Au Canada, son utilisation est conditionnée à la non proximité de cours d’eau.

Au japon, le déneigement se fait par réchauffement de  la route par géothermie (grâce à la chaleur du sol) ou avec de l'électricité d'origine éolienne.

Il existe d'autres alternatives au salage comme la limitation des déplacements par temps de neige ou le développement de l'utilisation des pneus neige ou des chaînes.

J’ai roulé avec des chaînes pendant quatre jours sur des chemins enneigés ou encombrés de congères, et je suis passé partout.

Pourquoi ne pas les rendre obligatoires comme le gilet fluo ?

Lire la suite

L'avesnois a t-il besoin de parc éolien ?

5 Janvier 2011 , Rédigé par Jean-Marie Allain Publié dans #ECOLOGIE - DVLPT DURABLE

Le débat impulsé par les associations Houdain Environnement et Nord Maubeuge Environnement a au moins le mérite de sortir du consensus mou sur les énergies renouvelables et de nous forcer à réfléchir sur un sujet moins évident qu’il n’y paraît.

 

J’ai reçu les animateurs de ces deux associations dans le cadre d’une rencontre très cordiale et très intéressante.

J’ai lu sereinement le rapport qu’ils ont rédigé.

Un travail sérieux, documenté, une forte répulsion  à l’éolien industriel mais pas d’hostilité à l’égard de l’éolien domestique.

 

Le point fort de leur démarche consiste à replacer la question de l’éolien industriel dans celle du bouquet énergétique (comme il est logique, lorsqu’on choisit un véhicule, de se poser la question de ses modes de déplacements et de l’offre globale de transport).

 

Mais avant d’aborder les aspects techniques sur lesquels ils construisent leur opposition,

Revenons d’abord aux raisons qui amènent à envisager, ici ou là, des parcs éoliens.

 

LA GENESE DES PROJETS EOLIENS

 

Dans le cadre du Protocole de Kyoto (en 1997), l’Union Européenne s’est engagée à réduire d’ici 2012 ses émissions de GES de 8 % par rapport à 1990.

Le protocole souffrait d’une tare initiale, celle de ne pas concerner le transport aérien sous prétexte qu’il était de nature internationale (alors qu’ un semi-remorque qui traverse l’Europe ne le serait pas ?).

Cet effort  de 8% est réparti entre les Pays de l’Union en fonction de leur contribution au réchauffement.

La France, qui contribue peu au réchauffement en raison de la part dominante du nucléaire, devait veiller d’ici 2012 (date d’expiration du protocole de Kyoto) à stabiliser ses émissions alors que l’Allemagne devait les diminuer de 21 %.

Mais stabiliser les émissions dans un contexte où la consommation d’énergie augmente impose de rechercher des économies.

C’est en ce sens qu’une directive Européenne du 27 septembre 2001 fixe à la France une croissance de 6 % (par rapport à 1997) de sa production d’électricité produite à partir de sources d’énergie renouvelable, lui permettant ainsi de porter de 15 à 21 % la part d’énergie renouvelable dans la production totale.

Il y a un décalage énorme entre cette augmentation de 6 % imposé par l’Europe et l’ampleur  programmée des projets éoliens dans les schémas régionaux.

Pour quelle raison ?

 

Dans l’optique du long terme, les experts insistaient sur la nécessité pour les pays européens de diviser par quatre  leurs émissions de GES d’ici 2050, objectif dit «  facteur 4 » proposé par Nicolas Sarkozy le 15 février 2005.

Dans l’euphorie du Grenelle, Jean-Louis Borloo a entériné par la loi du 3 août 2009 cet objectif ambitieux – étape transitoire - qui suppose, d’ici 2020, d’accroître de  20 % nos économies d’énergie et de 20 % la production d’énergies renouvelable pour réduire au final de 20 % nos GES.

C’est cet objectif ambitieux qui est aujourd’hui décliné dans les schémas régionaux éoliens.

Au regard de la puissance aujourd’hui installée dans la Région Nord Pas de Calais (505 MGW accordées dont 270 déjà effectifs), celle-ci devra se doter de 1000 MGW éoliens supplémentaires d’ici 2020.

Or, le schéma régional éolien, issu du Grenelle rappelons-le, ne retient dans l’Avesnois que la partie Nord Maubeuge (la méthode utilisée a exclu le périmètre du PNR).

Soulignons au passage que cette méthode est surprenante puisque le quercitain compte 5 éoliennes, qu’il existe des projets à Ohain, sur le Solrésis et le pôle aulnésien.

 

Le cadre qui a donc permis de voir émerger le projet d’un Parc éolien sur Maubeuge Nord, c’est d’abord le choix de Nicolas Sarkozy et de Jean-Louis Borloo d’aller au-delà des objectifs fixés par l’Europe.

On peut s’en réjouir comme on peut se demander s’il ne s’agissait pas d’une opération de communication destinée en 2005 à se rallier les suffrages des écologistes.

La loi ayant été votée, il est normal qu’elle s’applique.

 

C’est ensuite le schéma régional qui cible Maubeuge Nord et pas le SCOT qui doit prendre en compte ce schéma Régional.

J’ai donc recommandé à mes interlocuteurs d’interpeller la Préfecture et la Région car il est vrai que ce document de cadrage régional a été élaboré de manière très technocratique.

Le sénateur Paul Raoult ne s’est d’ailleurs pas privé d’en faire part au Préfet.

 

LES ARGUMENTS DES OPPOSANTS (mes réponses sont en italique)

 

- Les limites technologiques de l’éolien dont les gains évités de CO2 présentent un caractère infiniment petit (selon les sources,de 0,09 % à 5 % des émissions en France) au regard de la faible production de CO2 dans la  France nucléarisée (comparativement à l’Espagne, l’Allemagne et le Danemark).

Si ces gains sont faibles, c’est aussi à cause de l’intermittence de la production, tributaire du vent, expliquant que l’énergie éolienne produite ne dépasse jamais 25 % de la puissance théorique installée.

* Rappelons que l’éolien est une énergie d’appoint, destinée à se substituer à la production thermique, grosse émettrice de CO2, qui vient en confort du nucléaire pour répondre aux points de la consommation.

(Pour cette raison, l’image insérée dans le rapport d’une France quadrillée de 100 000 éoliennes est caricaturale).

 

- Certes, mais une éolienne qui tourne à 80 % du temps produira sur l’année l’équivalent de deux mois d’électricité, parce que le vent est tantôt trop faible, tantôt trop fort, ou encore parce que la plage de production (été par exemple) ne coïncide pas avec la plage de production attendue (l'éolien arrive quand on a pas besoin et n'est pas là quand on en a besoin) et pour cette raison quelques centrales thermiques (à gaz ou charbon) doivent rester en charge partielle prêtes à intervenir.

* C’est vrai mais reconnaissons qu’il n’existe pas de « panne de vent » et qu’il vaut mieux les avoir en veille ces centrales qu’en pleine activité.

 

- Les nuisances sonores et visuelles exigent de ne pas implanter une éolienne à moins de 3000 mètres d’une habitation (recommandation de l’OMS) au lieu des 500 m appliqués en France.

* Les recommandations de l’OMS restent introuvables.
Par contre, l’Académie de Médecine préconise, dans un rapport contesté, 1500 mètres. Pourquoi pas ?

- Nuisances auxquelles il convient d’ajouter la dévalorisation potentielle de l’immobilier.

* Cela reste à démontrer, mais admettons, c’est le principe de l’intérêt général (comme pour les antennes relais) sur l’intérêt collectif, à charge pour les personnes s’estimant lésées de demander une révision du coefficient de localisation dans la valeur locative (mais cela ne jouera que sur quelques centimes d’euros).

 

- A cela s’ajoute la perturbation des couloirs migratoires et la mortalité des chiroptères.

Tout aménagement d’infrastructure entraîne des ajustements des trajets migratoires.
Avec cet argument, on aurait pas fait les routes, les lignes haute tension, ni le TGV.

La question des chiroptères est par contre essentielle car la mortalité n’est pas liée au heurt des pales mais au barotraumatisme, choc provoqué par la baisse de la pression de l’air et bien connu des plongeurs.

L’avis du Conservatoire Naturel des Site, du Groupement Ornithologique Nord (GON) et de l’Association mammologique du Nord me paraissent incontournables et, en cas d’avis négatif,devrait impliquer l’abandon des projets.
On ne badine pas avec les chauve-souris.

 

- Ajoutons en amont un process qui mobilise des matières ou matériaux non renouvelables, parfois toxiques et importées de très loin.

* Certes, mais c’est le cas aussi des automobiles dans lesquelles nous roulons ou des ordinateurs que nous utilisons quotidiennement.

Et puis, personne n’a obligé Areva, dont l’Etat est actionnaire, à déserté ce marché pour s’orienter sur l’éolien Offshore.

 

- Ajoutons que rien n’oblige le promoteur à démonter les éoliennes en fin de vie (15/20ans).

* Si, l’article L553-3 du Code de l’Environnement prévoit que

l'exploitant  est responsable de son démantèlement et de la remise en état du site, dès qu'il est mis fin à l'exploitation, et que dès le début de la production, puis au titre des exercices comptables suivants, il constitue les garanties financières nécessaires à ce démantèlement.
Le coût du déméantèlement est donc intégré dans le prix du kilowatt éolien alors que pour le nucléaire, le coût du démantèlement n’est pas imputé dans le prix du kilowatt, ce qui fausse le coût de production.

L’éolien est de loin, avec le photovoltaïque,  l’énergie présentant le moins de coûts externes.

 

- La privatisation des bénéfices et la socialisation des pertes.

L’obligation pour EDF de racheter l’électricité trois fois plus cher que son prix de revient génère pour les promoteurs privés une rentabilité énorme et sans risque, tout cela payé par le consommateur sur sa facture via la taxe CSPE.

* Le prix du kWh nucléaire vendu au citoyen n’inclut pas davantage les énormes subventions et aides publiques que cette filière peut recevoir.

La rentabilité alléchante dont se gavent les promoteurs privés de l’éolien me gène bien évidemment, c’est la raison pour laquelle je reste un fervent défenseur de la nationalisation du secteur de la production énergétique.

Faute de celle-ci, il convient d’assurer une rentabilité suffisamment correcte pour dynamiser la filière sans tomber dans la spéculation.

La Contribution au Service Public de l’Electricité payée par l’usager ne finance pas que le surcoût accordé au soutien des énergies renouvelables mais également le médiateur de l’énergie, le coût de la péréquation en faveur de zones non reliées, le coût du tarif de première nécessité (ce qui fait de la CSPE un instrument de solidarité) et dans certaines limites le coût du TARTAM, tarif permettant aux professionnels ayant changé de fournisseur de bénéficier de tarifs semi- réglementés.

Selon l’estimation faite par la commission de régulation de l’énergie, l’effort demandé, pour un consommateur moyen est de 3,2 € par an pour l’éolien terrestre et 2,6 € pour l’éolien maritime.

 

- Et comme les opérateurs revendent ensuite à des filiales dont les parts sont détenues par des contribuables aisés qui cherchent un moyen de défiscalisation (même système que pour une SCPI), c’est non seulement une perte de recettes pour l’Etat (1 500 000 € par éolienne) mais une niche fiscale qui accroît les inégalités.

* On pourrait dire aussi que cela permet une participation des citoyens.

90 % des éoliennes danoises appartiennent à des particuliers.

Ma préférence va bien sûr aux projets qui mobilisent l’épargne locale.

Pourquoi ne pas y penser ?

 

- Le miroir aux alouettes pour des élus qui pensaient se faire une cagnotte en récupérant de la TP mais devront se contenter de la taxe sur les réseaux, soit 15 % de la part locale pour la commune et 35 % pour l’intercommunalité.

* Ils percevront également du foncier bâti pour le socle de chaque éolienne ainsi que la cotisation foncière des entreprises (CFE), part foncière de la Contribution Economique Territoriale et calculée à partir des surfaces de socle

Mais il est vrai que l’effet d’aubaine de l’ancienne TP va se dissiper et que c’est plus souvent l’appât de recettes que les convictions écologiques qui motivaient l’acceptation d’es projets.

D’ailleurs, la refonte de la carte intercommunale ne va tarder à clarifier les choses.

 

Globalement, la question essentielle qui est posée selon moi n’est pas locale mais nationale.

Jusqu’où doit-on aller dans l’éolien ?

Rester sur une logique d’énergie d’appoint à la filière nucléaire (pour diminuer les émissions de CO2 en substitution du charbon ou du gaz) comme le sous-tend la directive européenne ou grignoter sur la part du nucléaire comme l’affiche le Grenelle de l’environnement ?

Car nous ne devons pas oublier que le nucléaire, qui coûte cher et qui laisse aux générations futures des déchets radio- actifs dont nous ne savons que faire, fait de nous aussi les prédateurs des minerais d’uranium du Niger et les prisonniers des gisements d’Arabie ou de Sibérie.

Dans le premier cas, les projets sur les zones les plus exposées suffisent (et on peut se passer d’un nouveau parc éolien dans l’avesnois), dans le second cas, il faut utiliser tout le potentiel existant, y compris chez nous.

 

Terminons par le point faible de la démarche de ces deux associations.

Elles n’existaient pas avant que l’on ne parle de ces projets éoliens alors que les enjeux environnementaux ne datent pas d’hier.

Les membres de ces associations vivant dans des secteurs concernés par des projets éoliens, il est difficile de faire la part des choses entre la conviction profonde et la défense d’un intérêt personnel.

 

 

eolienne_couche_soleil-1-.gif

Lire la suite

L'écologie, la plus vieille philosophie du monde

4 Janvier 2011 , Rédigé par Jean-Marie Allain Publié dans #ECOLOGIE - DVLPT DURABLE



Dans le supplément du journal Le Monde de ce 1er janvier 2011, on trouve un remarquable dossier de Frédéric Joignot constitué d’ extraits du livre de Claude Lorius et Laurent Carpentier intitulé «  Voyage dans l’anthropocène » (Actes Sud), terme désignant l’ère nouvelle dans laquelle nous sommes entrés, suivis (pure coïncidence ?) de la présentation de Satish Kumar, philosophe indien, jaïniste et disciple de Gandhi.

 

L’histoire, il y a 6000 ans,  du peuple mésopotamien nomade des Sumer  (sud de l’Irak), première grande civilisation urbaine (première langue écrite), dresse le décor et donne le fil conducteur du raisonnement.

Les sumériens se sédentarisèrent pour transformer, grâce à un système sophistiqué d’irrigation, les marais insalubres en terres cultivables sur lesquelles abondait l’épeautre.

La victoire de l’homme sur la nature, du savoir sur la sauvagerie…

Jusqu’au jour où, quelques siècles plus tard, les eaux irriguées, en infiltrant la terre, firent remonter à la surface les sels minéraux contenus dans la nappe phréatique, salinisant les champs et les rendant incultes, entraînant le déclin, puis la disparition de cette flamboyante civilisation.

 

Toute l’histoire de l’humanité se trouve résumée dans cette tragédie du peuple sumer.

 

La raison ne gagne jamais contre la nature et l’erreur de l’homme a été de l’oublier.

Toutes les sociétés  qui ont adopté un modèle de développement exclusivement dominé par le rationalisme, oubliant que l’homme n’était qu’un élément parmi d’autres et non le centre ou le sommet de l’univers, ont connu ou connaîtront le même sort.

 

Les sociétés occidentales ont un enseignement qui accorde la primauté aux sciences exactes sur les sciences humaines.

L’élite de nos grands corps d’Etat (Polytechnique, Ponts et Chaussée, Centrale…) est d’abord une élite formée aux sciences de l’ingénieur : maths, physique, chimie, mécanique.

Ces intelligences admirables sont capables de concevoir des routes, des ponts, des gratte-ciel et même des fusées mais n’ont pas toujours une connaissance parfaite du milieu dans lequel vont être déployées ces inventions, si ce n’est sous l’angle là encore de la domination de la technique sur la nature et sur les hommes qui peuvent y vivre et en vivre.

 

Ici même, dans notre vallée, n’avons-nous pas connu ce règne de la mécanique industrielle, mise au service d’une industrie uniquement motivée par l’accumulation de bénéfices et complètement insouciante de ses incidences sur la qualité de notre air, de notre eau et de nos sols ?

Je me souviens alors que, fils de cheminot, je prenais régulièrement le train entre Maubeuge et Jeumont, la Sambre, certains jours était rouge comme le sang tellement elle charriait de déchets industriels.

La vallée connaissait l’ivresse de la puissance industrielle au prix d’une destruction brutale et inconsciente de notre environnement.

Cette frénésie de puissance s’est sophistiquée dans ses modes d’agression de la nature et des hommes mais elle est toujours là et toujours aussi folle.

L’arme atomique reste une obsession de la volonté de puissance, le summum du rationalisme devenu fou.

Quelques humanistes ont dès le départ protesté comme le mathématicien Bertrand Russell, arrêté à Londres pour s’être opposé aux essais nucléaires.

L’idéologie de la vitesse est un autre exemple que le triste symbole du Concorde n’a pas épuisé.

Le TGV peut rouler à 300 km / heure mais on réfléchit pour aller encore plus vite…toujours plus vite…

Les marxistes diront que c’est le rationalisme perverti par le profit qui est devenu fou, comme si les pays du collectivisme étatique n’avaient pas commis les mêmes brutalités au nom du progrès.

 

Face à cela, les religions orientales (hindouisme, bouddhisme jaïnisme, shintoïsme…) nous enseignent que l’homme occidental s’est trop longtemps cru supérieur aux autres peuples (lui donnant le droit de les coloniser) mais aussi aux espèces animales et végétales, dont les agressions répétées ont abouti au désastre écologique actuel.

Ces religions, qui sont aussi des philosophies, apparaissent finalement comme une matrice de l’écologie, vieille de plusieurs milliers d’années.

On considère souvent que l’écologie est un courant de pensée moderne.

En réalité, c’est l’entrée de l’écologie dans le champ politique qui est récente.

Mais la philosophie qui en est le fondement est certainement la plus ancienne du monde.

Lire la suite

Meilleurs Voeux !

1 Janvier 2011 , Rédigé par Jean-Marie Allain

 

arbre-neige.JPG

Meilleurs Voeux de bonne santé aux visiteurs de ce blog

2011 sera l'Année internationale des Forêts !

Je vous souhaite beaucoup de promenades en forêt, même en ce début d'année glacial, avec ce beau vers d'Eluard sur les lèvres :

"Aux arbres dépouillés, chaque aiguille de glace allume une lumière matinale ".

Lire la suite

Allocution voeux du maire

30 Décembre 2010 , Rédigé par Jean-Marie Allain Publié dans #EVENEMENTS

Chers collègues élus des communes voisines, Mesdames et Messieurs, chers amis, chers collègues du conseil,

 

Merci d’avoir bravé le froid et la neige pour partager cette rencontre annuelle qui se veut avant conviviale.

En commençant cette intervention, nous aurons tous une pensée émue pour le drame qui a emporté lundi dernier, sur la commune voisine de Recquignies, trois jeunes gens dont l’un, Julien Dewooz, habitait Marpent depuis quelque temps.

 

Devant la tragique absurdité de ce qu’il est aussi convenu d’appeler le destin, nous ne pouvons hélas qu’exprimer notre émotion, notre tristesse et assurer les familles plongées dans la douleur de notre compassion.

 

Vous me permettrez aussi de vous exprimer la peine que nous avons ressentie à la disparition le lendemain, mardi, de M.Jean- Pierre Depret, dont le café de la mairie est familier à de nombreux marpentois.

 

Et comme les proverbes parfois hélas se vérifient, nous apprenions mercredi matin le décès brutal de Mme Marie-Claire Collet, la fille de Noella, agent communal.

Cette disparition d’une maman de trois enfants, elle-même ayant déjà travaillé dans nos services, a affecté les agents et les élus qui connaissent bien sa maman Noella que j’assure, ainsi que ses proches, de notre soutien très affectueux.

 

Mais la semaine noire n’était pas terminée puisque vendredi 24 décembre nous quittait Madame Fernande Samin, née Brévière, une figure emblématique de la commune dont le nom fut longtemps attaché à celui des transports collectifs urbains avec la société des transports Brévière, un des quatre exploitants d’autocar de la Sambre (avec les familles De Witte, De Winter et Debuck) avant la création de la Stibus.

 

La rétrospective d’une année civile, est malheureusement souvent ponctuée du départ de visages que l’on côtoie ou de personnes que l’on apprécie.

 

C’est donc sous le signe de la tristesse que se déroulera cette année notre cérémonie de vœux qui, au regard de ces évènements douloureux, prend une dimension bien dérisoire… n’était-ce cette opportunité qu’il m’est donnée de dire que le sentiment d’absurdité de l’existence que l’on peut éprouver en de telles circonstances ne doit pas entamer notre modeste et légitime volonté de vivre ensemble et de construire des projets ensemble.

 

C’est l’un de nos devoirs d’élus que de s’atteler à cette tâche qui consiste à soustraire nos concitoyens à la tentation compréhensible du repli sur soi, du dépit, de la désespérance et parfois de la démission.
Ce serait même une faute pour nous que ne pas croire à cette noble ambition.

La vie communale, comme la vie associative ou la vie de famille, peut nous aider à l’accomplir.

 

J’en veux pour preuve l’existence de notre brigade vermeille auprès des personnes seules et âgées, animée par Monique Nicol, l’action dont je suis le plus fier depuis que je suis maire et qui, soit dit en passant, ne coûte pas un euro aux contribuables.

 

J’en veux pour preuve également ,et je les remercie une nouvelle fois, ces quelques marpentois qui sont venus nous aider à déblayer les restes de la catastrophe après la tempête du 14 juillet ou ces habitants de la cité Léo Lagrange qui ont ouvert ce jour-là leurs maisons aux visiteurs en détresse.

 

Vous avez remarqué que le petit cadeau remis cette année par Jacquy Vandekherkove, c’est un pancho …

C’est probablement la Fête du MOULIN qui nous a traumatisés.

Vous pourrez toujours le prendre dans votre poche l’année prochaine.

 

Mais la tempête du moulin, ce n’est rien comparé à ce que nous inflige l’Etat, au fil de ses circulaires, décrets ou lois qui, derrière leur apparente diversité, cache une seule et unique motivation : imposer des contraintes supplémentaires aux communes en les étranglant toujours davantage sur le plan financier.

 

- Rendre accessible aux PMR tous les bâtiments municipaux d’ici 2015, voilà une obligation belle et généreuse de l’Etat qui, pendant ce temps, rejette les demandes de subvention pour travaux de mise en sécurité, après avoir supprimé les postes d’auxiliaires spécialisés détachés auprès des enfants handicapés.

- Construire des logements sociaux pour loger les familles modestes, voilà encore une idée belle et généreuse alors que pendant ce temps, l’Etat fait passer les dépenses logement dans le budget de l’Etat de 716 millions d’euros en 2009 à 500 millions d’€ en 2011 et annonce une taxe sur le logement social qui va ponctionner les locataires de 340 millions d’euros par an !

 

Nous comprenons la lutte contre les déficits publics, nous n’acceptons pas que les économies se fassent au détriment des plus fragiles.

 

Je pourrais aussi parler des inégalités insupportables entre les niveaux de richesse qui séparent les communes et de cette lâcheté des responsables politiques qui depuis plus de trente ans n’ont pas osé s’attaquer à ce summum de l’injustice.

Comment voulez-vous éduquer des enfants au respect des valeurs de la république lorsque vous avez du mal à les envoyer une semaine au Val Joly alors que certains de leurs petits camarades du même âge partent avec l’école en vacances de neige ou à la mer, et parfois les deux ?

 

Nous vivons dans un pays où les bases mêmes de l’édifice républicain se fissurent chaque jour un peu plus.

Et les communes le vivent au quotidien…

 

La loi de réforme des collectivités  territoriales votée le 16 décembre ne changera pas hélas le sort des petites communes pauvres puisqu’elle fait l’impasse totale sur les questions de fiscalité locale et permet même de fusionner des communes avec le seul accord des conseils municipaux, c’est-à-dire sans avoir consulté les habitants.

 

D’autres aspects de la loi sont heureusement plus intéressants  comme cette possibilité de créer un pôle métropolitain regroupant des intercommunalités formant un ensemble de plus de 300 000 habitants pour développer l’aménagement du territoire, la culture ,les infrastructures ou encore l’enseignement supérieur.

Nul doute qu’avec Valenciennes Métropole, Maubeuge Val de Sambre, la Porte du Hainaut, et pourquoi pas l’agglomération de Cambrai, un pôle métropolitain du Hainaut serait une façon de consolider la coopération territoriale à cette échelle et de tirer vers le haut les intercommunalités et les communes qui les composent.

 

De son côté, l’intercommunalité sera-t-elle à même d’atténuer les inégalités entre les communes ?

C’est en tout cas l’une de ses deux missions essentielles avec le développement des services sur le territoire.

 

Prenons l’exemple de la voirie communale et de l’éclairage public, transférés cette année par les communes à l’agglomération.

Lorsqu’une commune transfère une charge sur l’intercommunalité, celle - ci déduit tout ou partie du montant de cette charge  de l’allocation qu’elle verse annuellement à la commune.

 

Alors, dans ce cas, qu’est-ce que cela change pour les communes ?

 

C’est la question légitime que les administrés nous posent….

 
Et bien, çà change plusieurs choses.

 

-     D’abord, cela permet de faire en principe ce qu’on appelle des économies d’échelle : acheter 5 nacelles là où 22 communes en auraient besoin de 22 !

     Et d’affecter ces économies sur des projets communs

-     Ensuite, il faut savoir que chaque nouvelle compétence de l’agglomération implique une augmentation de la dotation de l’Etat à l’intercommunalité, là aussi pour développer les projets communautaires

-     Enfin, le transfert à l’intercommunalité implique une mise à niveau identique de service pour toutes les communes membres, y compris celles qui n’avaient pas toujours les moyens de reboucher leurs nids de poule rapidement..

-     Cela s’appelle la solidarité intercommunale.

 

Bien sûr, il arrive que cette solidarité soit quelque peu bousculée, et je ne suis généralement pas le dernier à l’exprimer au conseil communautaire comme cela s’est passé avec le transfert de la compétence piscine.

Parmi les communes qui ont transféré leur piscine, certaines défendent mordicus leur droit à maintenir des tarifs qui opèrent une distinction entre les scolaires de la commune et les scolaires extérieurs à la commune, contraints de plus cher sans compter le prix du transport.

Elles ont en quelque sorte transféré leurs dépenses à l’agglomération (50 % si on veut être précis) mais veulent continuer à maîtriser les recettes, quitte à faire des autres habitants de l’agglomération, là où n’y a pas de piscine, des habitants de seconde zone.

Cette tarification à deux vitesses, provoque, vous en doutez bien, un un sentiment d’injustice.

 

Depuis le 26 novembre 2009, date du transfert des piscines à l’agglomération, la commission a eu un an pour régler un problème qui peut se régler en une heure car, je les répète, les piscines étant devenues communautaires, il n’appartient plus aux communes de décider mais à l’agglomération.

 

Est-ce à dire que les élus communaux voient s’amoindrir leurs prérogatives, au point de remettre en cause leur utilité ?

 

A vrai dire, l’élu municipal reste et restera l’interlocuteur de proximité auquel sont attachés nos administrés (lorsqu’une poubelle n’est pas ramassée, c’est la mairie qu’on appelle, lorsqu’un ampoule n’est pas remplacée sur un candélabre, c’est encore la mairie qu’on appelle, lorsqu’une plaque d’égout est défaillante, c’est toujours la mairie qu’on appelle …).

Ce qui est sûr, c’est que ces transferts devront être l’occasion pour réorienter et repositionner les responsabilités de chacun.

Demain, dans une commune comme la nôtre, il n’y aura probablement plus d’adjoint à la voirie et à l’éclairage public mais nous aurons besoin, j’en suis convaincu, d’élus prêts à prendre des responsabilités en faveur du développement durable, des économies d’énergie, de la citoyenneté, de la sécurité routière, du lien social ou encore de la bio - diversité.

 

Et puisqu’on évoque l’intercommunalité et la bio – diversité (car quand l’agglo fait des choses bien, il convient de le dire aussi),

signalons que l’AMVS engagera à l’été 2011 sur le site de La Porte des Marpiniaux (aux confins des communes de Boussois et Marpent) des aménagements en faveur des milieux naturels.

Nous avons là un milieu remarquable, fréquenté par des espèces sympathiques comme la grenouille verte, le triton crêté ou encore la libellule déprimée (Libellula depressa), un insecte qui, rassurez-vous, n’est pas spécifique à la sambre- avesnois mais présent dans toutes les mares d’Europe.

Nos mares vont faire l’objet de curage et d’agrandissement. Il y aura également la création d’une frayère à brochets, la réalisation d’une aire d’étalement des eaux en cas d’inondation, l’aménagement pour le public d’une chemin d’accès et d’une plate-forme d’observation.

Ces aménagements de l’Agglo seront complétés, outre la sécurisation du bâtiment des archers (en cours), par une réorganisation de la circulation de manière à canaliser le trafic routier par le nord de la zone (entrée par Boussois), la rue de l’aciérie côté Marpent devenant une voie de desserte réservée aux riverains, aux vélos et aux piétons.

 

En complément, puisque c’est l’Année Internationale de la Forêt, je proposerai à mes collègues de réaliser sur ce secteur, dans le cadre de l’opération «  plantons le décor (avec l’agglo) un programme de plantations sur un terrain communal de 70 ares.

 

Certes, c’est une opération avant tout symbolique mais n’oublions jamais que la déforestation contribue à près de 20 % des émissions de GES, soit autant que le transport et nous nous ne serons jamais assez nombreux pour faire face à ceux dont le réflexe est de convertir des arbres en valeur boursière.

 

Les projets de voirie concerneront aussi le centre-bourg.

Ainsi en va-t-il du projet de rond-point et d’aménagement d’une zone 30 pour réguler un trafic très important de 9233 véhicules par jour dont 460 Poids lourds.

Ce projet est programmé en 2011 par le Conseil Général, avec la participation de l’Agglo et de la commune.

 

2011 verra l’ACHEVEMENT des travaux du PARC BARBUSSE, subventionné à 80 % par le Département et la Région, cette dernière ayant considéré le projet de la paysagiste Christine Delvaux comme exemplaire.

   

Un mot bien sûr pour notre cher MOULIN qui retrouvera ses ailes avant la fin de l’année 2011 grâce à l’aide du Conseil Régional et, peut-être aussi, du Conseil Général.

 

Quant à la BIBLIOTHEQUE, financée à plus de 60 % par le Département, le permis de construire est accordé, la Consultation des entreprises est en cours et le démarrage du chantier (juste derrière cette salle) prévu en juin.

Ce sera un bâtiment remarquable par son esthétique, sa fonctionnalité et ses performances énergétiques.

 

Dans le domaine du CADRE DE VIE, une étude sur le centre-bourg  est engagée avec le Cabinet Binon.

 

En matière d’accessibilité au handicap, une étude sur les établissements recevant du public va démarrer avec le Cabinet Philippe Valéri.

 

Sur le plan DU LOGEMENT ET DE L’HABITAT, nous devons continuer notre effort pour maintenir notre  niveau de population malgré la petitesse de notre territoire.

Aujourd’hui nous comptabilisons 2669 habitants contre 2649 en 1999.

C’est bien mais on peut faire mieux.

L’ OPERATION HABITAT DU NORD, en cours rue Delbreil, conçue par l’Architecte Philippe Faucret, offrira 17 logements HQE dans le cadre d’un bail à construction et avec des particularités architecturales et énergétiques remarquables sur lesquelles l’Etat apporte sa quote-part et surtout l’AMVS qui  prend en charge l’assainissement collectif et une partie une des coûts liés aux exigences environnementales.

 

L’autre opération que j’ai le grand plaisir de vous annoncer ce soir, c’est le PROJET AU LIEU-DIT LA FACHE DE L’EGLISE, sur le terrain de l’ancienne Fonderie Fontaine, derrière le terrain de sports du Bel Air, projet porté par les communes de Jeumont et de Marpent,  qui devrait nous permettre de franchir un nouveau seuil démographique.

 

Il accueillera sur l’ancienne friche de la fonderie Fontaine un Etablissement d’Hébergement pour Personnes âgées Dépendantes de 84 places (avec une quarantaine d’emplois)

et 68 logements Partenord, dont plusieurs regroupés sous la forme d’un béguinage.

La partie Marpent accueillera l’EHPAD, (construit par Bouygues et géré par Médica France), 27 logements locatifs et 4 location accession.

Le permis de construire est en cours d’instruction.

Le démarrage des travaux est prévu au printemps

Après  plusieurs décennies d’absence de promoteur privé dans l’agglomération, en dehors des opérations de défiscalisation, ce projet porté par  un investisseur privé (et non des moindres) a une portée symbolique et exemplaire : reconversion d’une friche, proximité de la gare, partenariat exemplaire entre les deux communes, partenariat entre le privé, les communes et l’agglomération, logements à très haute performance énergétique (moins 50 kwh / m2 / an).

C’est un beau rayon de lumière qui montre son nez et qui va booster nos deux communes qui, je n’en doute pas Benjamin, continueront à s’entendre intelligemment pour faire vivre ce quartier.

 

Enfin, nos efforts quotidiens CONTRE LES LOGEMENTS INDECENTS ET INSALUBRES sous la vigilance de mon adjointe Patricia Verplaetse continuent, avec une bonne collaboration des services de l’Etat, qui n’ont pas hésité récemment à se substituer à un propriétaire pour réaliser les travaux et à prescrire la démolition d’un autre logement.

 

Je voudrais enfin saluer le travail de nos agents, titulaires ou non titulaires, pour leur disponibilité et leur motivation : agents de service, agents en charge de la petite enfance et de l’animation, agents des services administratifs où nous aurons en juillet 2011 le départ de JP Guerlus (entré en juin 1972), qui sera remplacée à l’urbanisme par Sylvie Hornain

 

Pour terminer, je vous annonce que je serai totalement dégagé de mes obligations professionnelles fin mars.

En 2001, ne pouvant prétendre à une disponibilité puisque je ne suis pas fonctionnaire, j’avais fait le choix d’abandonner un poste  de directeur et de passer à temps partiel pour me réserver le temps nécessaire à la gestion  de la mairie.

Mon engagement depuis 2008 au sein de l’Agglomération est devenu conséquent, me mobilisant un temps équivalent à celui de la commune.

 

J’ai donc négocié avec mon employeur un départ qui me permettra de répartir mon temps entre la mairie et l’agglomération.

Je remercie pour leur travail les collègues du conseil municipal dont plusieurs (Bruno Legros, Michel Casset et Jacquy Vandekerkove) se joignent au collège d’adjoints hebdomadaire.

Je n’oublie pas l’investissement des bénévoles associatifs dont l’implication participe à la cohésion sociale et à l’animation du village.

 

Je ne dirai jamais assez combien la collaboration de tous les membres de l’équipe (qu’ils soient agents municipaux, élus ou conjoints d’élus) m’est précieuse, tout au long de l’année de même que, depuis plusieurs mois, celle d’un jeune stagiaire bénévole, Bernard Lemiègre, diplômé de l’université de Valenciennes et qui nous apporte ses compétences sur des dossiers pointus.

Un merci tout particulier à Hervé Nicol, adjoints aux travaux, que vous pouvez croiser chaque matin à 8 heures aux ateliers municipaux et qui assure le lien permanent entre le maire et les services techniques.

Une pensée enfin pour cellles et ceux qui n’ont pu se joindre à nous.

Jeannine Bocquet, épouse d’élu et souffrante actuellement qui prépare habituellement avec nous cette cérémonie ; ainsi que mes deux anciens adjoints, Claudine Derue et Michel Voltolini, gravement malades.

 

Je vous retrouverai tout - à - l’heure pour déguster les savoureuses galettes de la nouvelle année préparées par Jaqueline Loire, Monique Nicol, Sandrine Bernard, Annick et Michel Casset que je remercie infiniment car ils étaient là hier pour préparer la pâte et de bonne heure ce matin pour la délicate cuisson. Il me reste à vous souhaiter une bonne et heureuse fin d’année et, avec mes collègues du conseil municipal, nos souhaits de

« bonne santé » et de réussite dans vos projets pour l’année 2011.

 

Vive le Val de Sambre, Vive Marpent !

 

Lire la suite

Philosophie de Noël

30 Décembre 2010 , Rédigé par Jean-Marie Allain Publié dans #SOCIETE

 

Le succès des grandes philosophies « annonciatrices » (religion,marxisme) s’est nourri de la misère du peuple et du despotisme.

Ces grandes philosophies ne se sont jamais si bien portées que dans les régimes où règne la misère et la tyrannie.


Le capitalisme industriel, la croissance et l’ère de la consommation de masse ont asséché cette source à laquelle s’abreuvaient les grandes idéologies.

Faut-il s’en réjouir ?

L’addiction au mythe libérateur s’est transformée en addiction à la marchandise.

Les centres commerciaux se sont remplis au fur et à mesure que se vidaient les églises, celles du Vatican comme celles du Parti communiste.

Le monde y a gagné une liberté apparente et perdu en spiritualité, c’est indéniable.

 

C’est la matérialité qui est devenue omniprésente dans ce monde où la fête de Noël (à haute valeur symbolique) s’est paradoxalement transformée en fête de la marchandise et du consumérisme.

 

Je ne suis pas croyant mais il y a des moments où j’ai envie de me réfugier dans une église pour méditer un peu ou partir en forêt avec en tête cette phrase du poète Arthur Cravan qui écrivait à sa femme : « si tu entendais le vent comme moi en ce moment, tu verrais que tout n’est pas corrompu ».

Lire la suite

Commune nouvelle et pôle métropolitain

30 Décembre 2010 , Rédigé par Jean-Marie Allain Publié dans #REFORME DES INSTITUTIONS

Le Parlement a voté le 16 décembre la loi de réforme de collectivité s territoriales.

Beaucoup d’aspects de ce texte prêtent à débat, voire à polémique.

 

Cette loi crée trois nouveaux échelons administratifs : la métropole (plus de 500 000 habitants), la commune nouvelle et le pôle métropolitain.

 

La commune nouvelle est un sujet sensible car le texte prévoit que cette fusion de communes contigües peut être demandée au Préfet, soit par les conseils municipaux concernés (sans qu’ils aient au préalable consulté leurs administrés), soit par les 2/ 3 de l’intercommunalité représentant les 2/3 de la population totale (ce qui est encore plus hallucinant), soit par le Préfet lui-même (on nous parlera encore de souveraineté communale !).

 

La demande étant formulée, la décision est prise par le Préfet :

 

-         soit après accord unanime des conseils municipaux (la population n’ayant pas davantage son mot à dire !)

-         soit après accord des 2/ 3 de l’intercommunalité représentant les 2/3 de la population totale. Mais dans ce dernier cas, la question de la fusion fait obligatoirement l’objet d’un référendum dans les communes concernées et doit recueillir, dans chaque commune, une majorité de suffrages.

 

Le pôle métropolitain est plus intéressant puisqu’il permet de regrouper des intercommunalités (pas forcément contiguës) formant un ensemble de plus de 300 000 habitants (dont un de plus de 150 000) pour développer l’aménagement du territoire, son attractivité, la culture ,les infrastructures ou encore l’enseignement supérieur.
Nul doute qu’avec Valenciennes Métropole (164 000 habitants), Maubeuge Val de Sambre (100 000) et la Porte du Hainaut (97 000), un pôle métropolitain serait une façon de consolider la coopération territoriale à l’échelle du Hainaut.

Lire la suite