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Le blog de Jean-Marie Allain
Articles récents

Le silence assourdissant sur le pôle métropolitain

28 Janvier 2011 , Rédigé par Jean-Marie Allain Publié dans #developpement territorial

La ronde des voeux s’achève dans le silence assourdissant du pôle métropolitain.

L’appel de Valérie Létard aura été  entendu mais les ricochets n’ont pas été aussi nombreux qu’on pouvait s’y attendre.

 

J’ai de mon côté fait part de mon enthousiasme à l’idée de ce pôle, alors que je n’avais pas connaissance de l’appel de Valérie Létard, découvert dans la presse le lendemain de mes voeux.

Pure coïncidence, je tiens à le préciser.

 

Bernard Baudoux a ensuite exprimé son accord avec l’idée sans citer pour autant le terme de pôle métropolitain, par crainte probablement de froisser  le député communiste Alain Bocquet, résolument contre.
Mais ses propos ont été clairs.Il est Pour.

 

Christine Marin, députée, a déclaré explicitement y être également favorable, pas en se mettant derrière Valenciennes mais avec Valenciennes.

 

Et c’est tout….

 

Les socialistes savent que c’est une belle idée mais semblent tétanisés  de devoir de répondre à un appel du pied d’une élue du centre droit… à moins qu’ils ne soient irrités d’avoir été pris de court sur le sujet ou de s'attirer un froncement de sourcils des responsables de la métropole lilloise (qui n'aurait rien à gagner on s'en doute à l'émergence d'un tel pôle).

 

On peut certes reprocher à Valérie Létard d’être montée la première et en solitaire sous les feux de la rampe.

Sa réactivité a probablement irrité ici ou là.

Mais faut-il s’arrêter à si peu de choses ?

 

Le Pôle Métropolitain du Hainaut semble pourtant une évidence pour établir des rapports équitables avec la métropole lilloise.

Pourquoi attendre et perdre du temps ?

Quelle est la position des différents élus de l’agglomération : maires, conseillers régionaux et généraux ?

 

On ne peut pas penser qu’un tel projet les laisse indifférents.
Ils ont certainement eux aussi, pour reprendre une expression à la mode «  leur mot à dire »…

Sinon, c’est à désespérer…

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Média…Médiator…Médiatort

24 Janvier 2011 , Rédigé par Jean-Marie Allain Publié dans #SANTE

Le scandale du Médiator n’a pas suffi.

La publicité télévisée pour les médicaments continue et en devient  hallucinante.

Sous prétexte de soigner des maux de gorge ou des maux de tête, cette publicité banalise la prise de médicaments qui n’est pourtant jamais anodine.

Même si ces achats ne sont pas remboursés par la Sécurité Sociale,

Même si cela crée de l’emploi dans les labos et dans la publicité,

Même si cela introduit de la censure,

Il n’est pas responsable et en tout cas il est profondément immoral que de promouvoir de la sorte un produit que les grecs désignaient par le terme de  "pharmakon" qui voulait dire à la fois remède et.... poison.

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Un carnet au goût de friandise

20 Janvier 2011 , Rédigé par Jean-Marie Allain Publié dans #Histoire locale

Ecrire sur son carnet une histoire sur les gens de peu, avec les gens de peu, c’est  un travail qu’a superbement réalisé Jean-François Pocentek, écrivain qui a côtoyé et dialogué avec les habitants du quartier du Huit mai à Aulnoye-Aymeries.

 

«  Gens du huit mai » (édite aux Editions La Contre Allée)  est un beau recueil de paroles, nous plongeant dans ce temps où  « l’usine sifflait son besoin de main-d’œuvre », qu’elle soit autochtone ou immigrée car après tout « ce qui les faisait frères, c’était le fait de bosser, d’une façon ou d’autre autre, avec une musette sur le dos, d’être des ouvriers ».

 

Rentrés chez eux, dans les baraques, ils étaient les uns près des autres mais pas les uns sur les autres.

 

Les gens parlent aussi de leur temps libre, des promenades sur le chemin de halage qui mouillait les sandalettes et de tas d’autres endroits où les mots simples, gardent « un goût de friandise ».

 

Le monde a bien changé, hélas.

« Des SDF crèvent dans les bois et on paie un gâteau d’anniversaire au chien (…)

« Trois euros d’augmentation et huit mille cadeaux à Miss France.C’est à se taper le cul par terre ».

 

Cette expérience d’ « écrivain en résidence » accouche d’un texte plein de poésie et d ’humilité, émouvant et profondément humain.

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La voie d'eau pour nos poubelles

19 Janvier 2011 , Rédigé par Jean-Marie Allain

Suite à la dernière réunion du SMIAA, j'ai demandé par courrier à son Président d'engager une étude pour examiner la faisabilité d'un transport des déchets de Charleroi par voie fluviale.

Mais à voir la noria de camions poubelles toute la semaine sur les communes de l'agglomération, je me demande s'il ne serait pas également judicieux d'orienter ces véhicules sur des quais de Sambre où les attendrait une péniche prête à naviguer vers le Centre de valorisation Energétique.

Nous ferions l'économie de plusieurs milliers de litres de gasoil, d'heures de travail pour les camionneurs, de gaz à effet de serre sans compter l'économie sur la TGAP (Taxe sur les activités polluantes).

En effet, suite a Grenelle, les déchets incinérés acheminés vers leur centre de traitement par voie fluviale bénéficient d'une réduction de la TGAP de 0,80 euro la tonne et de un euro à partir de 2013, soit pour l'agglomération une économie annuelle de 90 000 euros.

De plus, les quelques péniches qui circuleraient permettraient de remuer le fond de la rivière, oxygénation profitable au désenvasement et à la vie aquatique.

 

 

 

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Après avoir fait la manche, Areva fait la pub

12 Janvier 2011 , Rédigé par Jean-Marie Allain Publié dans #EMPLOI ET DVLPT ECONOMIQUE

Après avoir fait la manche auprès des collectivités publiques (voir subvention demandée et obtenue auprès de la Région et de l’AMVS), Areva fait la pub pour le nucléaire.

Qu’elle fasse de la pub pour le nucléaire, on ne va pas lui reprocher, c’est ce qu’elle vend.

Mais débourser 16 millions d’euros pour une campagne publicitaire organisée autour d’un dessin animé d’une minute alors que la même société demande des fonds publics pour investir, c’est lamentable.

La cigale ayant mendié tout l’été fait une pub bien dispendieuse maintenant que l’hiver est arrivé.

Vous allez me dire, «  oui, mais les agglos et les communes font aussi leur publicité ».

Certes, mais celles qui le font l’assument ensuite leur discutbale choix auprès de leurs administrés, qui sont libres de ne pas les reconduire dans leurs fonctions.

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Riches, au péril de leur vie

11 Janvier 2011 , Rédigé par Jean-Marie Allain Publié dans #SOCIETE

Je liais hier dans Libé cet article d’un avocat aux barreaux de New York et de Paris (Luc Saucier) proposant de légiférer sur lesrevenus à partir d’un élargissement du concept d’obscénité.

En d’autres termes, une loi qui interdirait les rémunérations obscènes, c’est-à-dire immorales.

 

Et de conclure son article en expliquant que le péril des inégalités (développement  du gangtérisme et de la violence sur les personnes) guette autant les riches que les pauvres.

 

Lorsque les riches s’aperçoivent que leur opulence devient une cible, il ont en effet tout intérêt, soit à se cacher, dans un lieu lointain par exemple (mais ces lieux de riches peuvent aussi devenir des cibles idéales pour le terrorisme), soit à se barricader (murailles et milices, mais ce type d’existence très policière ne convient pas à tout le monde et n’élimine pas tous les risques comme ces rapts quotidiens d’enfants dans plusieurs pays d’ Amérique Latine), soit à mieux répartir les richesses.

 

C’est ainsi qu’au XIXe siècle, on a commencé à mettre l’assainissement dans les villes.

Les riches savaient pris conscience que les microbes n’avaient pas de frontière et que l’insalubrité finirait par les emporter eux aussi.

Il ne faut donc pas désespérer.

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DSP Transport : le consensus dérape

11 Janvier 2011 , Rédigé par Jean-Marie Allain Publié dans #TRANSPORTS

 

 

Depuis des mois, Michel LO GIACO, avec des représentants de toutes les sensibilités du SMVS (PS, droite et PC), préparait cette réunion et, après avoir reçu les offres de Transdev-Semétib (filiale de la Caisse des dépôts) et de Kéolis (majoritairement détenu par la SNCF et la Caisse des dépôts du Québec) proposait à l’assemblée de choisir l’offre de Transdev-Sémitib, satisfaisante et moins chère.

Pour la petite histoire, signalons que l'Autorité de la concurrence a donné le jeudi 30 décemebre son feu vert à la fusion entre les opérateurs de transports publics Transdev et Veolia Transport.

  Ce feu vert était la dernière autorisation encore nécessaire pour permettre cette fusion entre la branche transport de Veolia Environnement et Transdev.

  

J’avais de mon côté bien lu les documents préparatoires en me plaçant dans une perspective temporelle par rapport aux projets d’urbanisme, aux nouveaux habitants…et du potentiel que cela représente sur la fréquentation du réseau.

 

Pour les projets d’urbanisme, Transdev-Semitib affiche  une conception plus évolutive du réseau que Keolis en prenant en compte plusieurs projets.

On peut juste regretter que les projets cités restent hypothétiques ou à moyen terme alors qu’ils oublient le projet de la Fâche de l’église sur Jeumont- Marpent, opérationnel l’an prochain et qui accueillera 250 nouveaux habitants.

 

Pour les nouveaux habitants :

 

Pour les séduire, les deux opérateurs proposent des actions originales comme celle d’offrir un kit d’essai chez Transdev - Semitib.

 

Mais curieusement, aucun n’évoque l’évolution inéluctable du Périmètre de Transport Urbain qui, avec la refonte de l’intercommunalité, englobera sans nul doute les communes du canton de Maubeuge- Nord et pourrait modifier le rapport dépenses- recettes dans un sens défavorable aux recettes dans la mesure où les habitudes de mobilité en TCU y sont beaucoup plus faibles.

 

Pour les hypothèses sur l’augmentation de la fréquentation, celles de Transdev-Semitiv sont ambitieuses mais très optimistes.

Dans une agglomération qui perd de la population depuis 40 ans, qui voit baisser le nombre de ses scolaires de manière importante depuis plusieurs et qui voit chuter dans le même temps les recettes commerciales de la Semitib, il peut paraître audacieux de parier sur une augmentation de la fréquentation de plus de 20 % sur la durée de la délégation.

 

Globalement, on trouve dans la proposition de  Transdev-Semitib une vision dynamique du réseau plus affirmée que chez son  concurrent Keolis, lequel, en considérant une fréquentation stable, fait peut-être preuve, sur ce point en tout cas, d’un plus grand réalisme.

 

Enfin, sur le critère DEVELOPPEMENT DURABLE, les réponses sont modestes certes mais, à la décharge des opérateurs, deux remarques

 

1/ C’est d’abord au niveau du choix du matériel roulant que se joue la lutte contre la pollution… compétence SMVS

2/  Le bus, tel qui est aujourd’hui, est le mode de transport le plus écologique, même devant le TGV.

 

J’arrivais donc à cette réunion avec l’intention de voter Transdev-Sémitib mais avec quelques réserves.

 

En arrivant, nous apprenons que le Parti Socialiste s’abstiendra.

Etonnant puisque c’est leur représentant qui propose de sélectionner Transdev-Sémitib.

 

Notre groupe demande donc une suspension de séance pour savoir quelle attitude adopter : chaise vide ou solidarité avec le Président ? J’en profite pour exprimer mes réserves citées plus haut mais nous sommes tous au final sur la même position : solidarité avec le Président.                                                           

 

De retour dans la salle, Didier POL, pour notre groupe «  La Sambre en mouvement » demande le vote à bulletin secret et annonce que nous suivrons la proposition du Président… socialiste.

Le maire de Jeumont, qui a longuement préparé les négociations avec le Président Lo Giaco,  demande la parole au nom du groupe socialiste et expose les raisons qui amènent le PS…. à s’abstenir !

Principal argument : les hypothèses trop optimistes contenues dans la proposition Trandev-Semétib avec la crainte que les écarts entre les recettes commerciales attendues et les recettes réelles « n’obligent le SMVS à payer 50 % de cet écart ».

En réalité, la convention prévoit que jusqu’à 20 % d’écart à la baisse, celui-ci est pris en charge par le transporteur et qu’au-delà de 20 %, il est partagé entre le transporteur et le SMVS.

 

Le maire de Jeumont évoque ensuite la possibilité à terme de créer une Société Publique locale de Transport.

 

Une « société publique locale » est une société de droit privé dont le SMVS serait propriétaire à 100 %.

Les ultra-libéraux y voient le moyen de détricoter un peu plus le statut de la fonction publique locale et de s’exempter des contrôles réguliers des chambres régionales des comptes, des règles de passation des marchés de la séparation des ordonnateurs et des comptables etc.

Les partisans du « socialisme municipal » y voient le moyen de mettre en place de grosses entités publiques, protégées de la concurrence.

Pour les élus locaux, cette formule juridique additionne les facilités du secteur public et celles du secteur privé.

Exonérées des règles strictes et des contrôles de la gestion publique, mais aussi de la pression de la concurrence, elle permettra à des élus de s’attribuer des postes d’administrateurs  et de recruter leurs amis politiques dans le personnel.

La population devra payer le coût des services, sous la forme d’impôts ou de redevances, mais l’autonomie de gestion et l’absence de concurrence des sociétés publiques locales permettra une certaine opacité.

Au final, la proposition du Président l’emporte bien entendu avec 19 voix (celles de notre groupe) mais soulève plein de questions.

Qu’est-ce qui a amené le PS a préparé avec les autres  une proposition pour la saborder au dernier moment ?

-          Prendre une assurance tous risques en se donnant la possibilité dans plusieurs années, si la Sémitib fait naufrage, de s’exonérer de toute responsabilité ?

-          Exprimer une défiance à l’égard d’une structure créée par le communiste Jean-Claude Fontenelle et toujours contrôlée par l’appareil ?

-          Faire payer à Bernard Baudoux son silence lors du dernier conseil communautaire alors que sa camarade Annick Matthigello déversait un flot de critiques sur le Président de l’agglomération ?

-        Riposter aux attaques de la CGT (omniprésente à Stibus) qui défend becs et ongles le projet Terres et Eaux de la zone commerciale de Louvroil et s'en prend violemment aux socialistes qui ont voté contre ? 

-     Renvoyer dans les cordes Arnaud Beauquel, le conseiller municipal communiste de Jeumont, en bisbille avec son maire et administrateur de la Semitib ?

Ce fut je pense un peu de tout cela à la fois.
Le SMVS fut hier soir une théâtre pré- électoral de combinaisons politiciennes où ceux qui tiraient les ficelles n’étaient pas là.

 La CGT transport a ensuite pris la parole pour annoncer qu’aucune  des deux offres ne lui convenait et que seule la régie était le meilleur moyen pour assurer le service public.

Là, c'est un autre débat dont nous aurons l'occasion de reparler.

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Ils sont fous ces romains ?

8 Janvier 2011 , Rédigé par Jean-Marie Allain Publié dans #ECOLOGIE - DVLPT DURABLE

epicea_bleu_fruits-1-.jpgL’idée de la Légion romaine de Bavay d’organiser un grand feu de joie pour brûler les sapins de Noël part d’une bonne intention mais néanmoins me chiffonne.

Pour limiter les rejets de CO2, le brûlage à l’air libre des déchets ménagers est interdit par le Règlement Sanitaire Départemental, en son article 84.

C’est le Code de l’environnement (annexe II de l’article R541-8) qui assimile clairement les déchets verts, quels qu’ils soient, à des déchets ménagers.

Lorsqu'on brûle du bois, une centaine de composés chimiques sont émis dans l'atmosphère.

Les principaux polluants sont le bioxyde de carbone, principale cause de l'effet de serre, le monoxyde de carbone, des hydrocarbures, des composés organiques volatils (COV) et des hydrocarbures aromatiques polycyliques (HAP), des oxydes d'azote (NOx), des particules et de nombreux produits irritants.

Parmi les composés chimiques émis à l'atmosphère lors de la combustion du bois, on compte 17 contaminants : 14 qui sont reconnus comme potentiellement cancérigènes ou mutagènes, 4 sont co-cancérigènes et 6 peuvent avoir des effets négatifs sur le système respiratoire.

La sanction est assez dissuasive : une amende de 450 € est encourue (contravention de la 3ème catégorie) en vertu des dispositions de l’article 7 du décret n°2003-462 relatif à la partie réglementaire du Code de la Santé Publique.

Seul le Préfet, pas le maire, a pas le pouvoir de déroger à cette règle nationale,

Il est paradoxal qu’une action au profit des enfants hospitalisés se fasse en piétinant le Code de la Santé.

C’est banaliser le brûlage des déchets verts.

Ils sont fous ces romains ?

Pourquoi ne pas assurer, en échange des deux euros, le ramassage des sapins jusqu’à la déchèterie  la plus proche ?

Et pour fêter l’évènement, se réunir autour d’un vin chaud sur la place de Bavay ?

 

Jean-Marie ALLAIN

Maire de Marpent  (ancien village celte)

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Grain de sel

6 Janvier 2011 , Rédigé par Jean-Marie Allain Publié dans #SOCIETE

Il a fallu faire revenir du sel d’Espagne, à prix d’or, pour déneiger nos routes.

Le sel a un impact considérable sur l'environnement comme l’a rappelé France Nature Environnement (FNE, 3.000 associations environ).

Le sel peut brûler le feuillage des végétaux, provoquer un dessèchement au niveau des racines ou modifier les propriétés des sols, comme leur perméabilité.

Par réaction chimique, il peut aussi "libérer" les métaux lourds présents sur les routes (plomb, zinc, aluminium), provenant notamment des carrosseries ou des pneumatiques, et entraîner leur dispersion dans la nature.

Aussi, plusieurs pays ont choisi d'encadrer leur utilisation de sel.

En Autriche, il est interdit sur de nombreuses routes.

En Finlande, il est contingenté.

Au Canada, son utilisation est conditionnée à la non proximité de cours d’eau.

Au japon, le déneigement se fait par réchauffement de  la route par géothermie (grâce à la chaleur du sol) ou avec de l'électricité d'origine éolienne.

Il existe d'autres alternatives au salage comme la limitation des déplacements par temps de neige ou le développement de l'utilisation des pneus neige ou des chaînes.

J’ai roulé avec des chaînes pendant quatre jours sur des chemins enneigés ou encombrés de congères, et je suis passé partout.

Pourquoi ne pas les rendre obligatoires comme le gilet fluo ?

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L'avesnois a t-il besoin de parc éolien ?

5 Janvier 2011 , Rédigé par Jean-Marie Allain Publié dans #ECOLOGIE - DVLPT DURABLE

Le débat impulsé par les associations Houdain Environnement et Nord Maubeuge Environnement a au moins le mérite de sortir du consensus mou sur les énergies renouvelables et de nous forcer à réfléchir sur un sujet moins évident qu’il n’y paraît.

 

J’ai reçu les animateurs de ces deux associations dans le cadre d’une rencontre très cordiale et très intéressante.

J’ai lu sereinement le rapport qu’ils ont rédigé.

Un travail sérieux, documenté, une forte répulsion  à l’éolien industriel mais pas d’hostilité à l’égard de l’éolien domestique.

 

Le point fort de leur démarche consiste à replacer la question de l’éolien industriel dans celle du bouquet énergétique (comme il est logique, lorsqu’on choisit un véhicule, de se poser la question de ses modes de déplacements et de l’offre globale de transport).

 

Mais avant d’aborder les aspects techniques sur lesquels ils construisent leur opposition,

Revenons d’abord aux raisons qui amènent à envisager, ici ou là, des parcs éoliens.

 

LA GENESE DES PROJETS EOLIENS

 

Dans le cadre du Protocole de Kyoto (en 1997), l’Union Européenne s’est engagée à réduire d’ici 2012 ses émissions de GES de 8 % par rapport à 1990.

Le protocole souffrait d’une tare initiale, celle de ne pas concerner le transport aérien sous prétexte qu’il était de nature internationale (alors qu’ un semi-remorque qui traverse l’Europe ne le serait pas ?).

Cet effort  de 8% est réparti entre les Pays de l’Union en fonction de leur contribution au réchauffement.

La France, qui contribue peu au réchauffement en raison de la part dominante du nucléaire, devait veiller d’ici 2012 (date d’expiration du protocole de Kyoto) à stabiliser ses émissions alors que l’Allemagne devait les diminuer de 21 %.

Mais stabiliser les émissions dans un contexte où la consommation d’énergie augmente impose de rechercher des économies.

C’est en ce sens qu’une directive Européenne du 27 septembre 2001 fixe à la France une croissance de 6 % (par rapport à 1997) de sa production d’électricité produite à partir de sources d’énergie renouvelable, lui permettant ainsi de porter de 15 à 21 % la part d’énergie renouvelable dans la production totale.

Il y a un décalage énorme entre cette augmentation de 6 % imposé par l’Europe et l’ampleur  programmée des projets éoliens dans les schémas régionaux.

Pour quelle raison ?

 

Dans l’optique du long terme, les experts insistaient sur la nécessité pour les pays européens de diviser par quatre  leurs émissions de GES d’ici 2050, objectif dit «  facteur 4 » proposé par Nicolas Sarkozy le 15 février 2005.

Dans l’euphorie du Grenelle, Jean-Louis Borloo a entériné par la loi du 3 août 2009 cet objectif ambitieux – étape transitoire - qui suppose, d’ici 2020, d’accroître de  20 % nos économies d’énergie et de 20 % la production d’énergies renouvelable pour réduire au final de 20 % nos GES.

C’est cet objectif ambitieux qui est aujourd’hui décliné dans les schémas régionaux éoliens.

Au regard de la puissance aujourd’hui installée dans la Région Nord Pas de Calais (505 MGW accordées dont 270 déjà effectifs), celle-ci devra se doter de 1000 MGW éoliens supplémentaires d’ici 2020.

Or, le schéma régional éolien, issu du Grenelle rappelons-le, ne retient dans l’Avesnois que la partie Nord Maubeuge (la méthode utilisée a exclu le périmètre du PNR).

Soulignons au passage que cette méthode est surprenante puisque le quercitain compte 5 éoliennes, qu’il existe des projets à Ohain, sur le Solrésis et le pôle aulnésien.

 

Le cadre qui a donc permis de voir émerger le projet d’un Parc éolien sur Maubeuge Nord, c’est d’abord le choix de Nicolas Sarkozy et de Jean-Louis Borloo d’aller au-delà des objectifs fixés par l’Europe.

On peut s’en réjouir comme on peut se demander s’il ne s’agissait pas d’une opération de communication destinée en 2005 à se rallier les suffrages des écologistes.

La loi ayant été votée, il est normal qu’elle s’applique.

 

C’est ensuite le schéma régional qui cible Maubeuge Nord et pas le SCOT qui doit prendre en compte ce schéma Régional.

J’ai donc recommandé à mes interlocuteurs d’interpeller la Préfecture et la Région car il est vrai que ce document de cadrage régional a été élaboré de manière très technocratique.

Le sénateur Paul Raoult ne s’est d’ailleurs pas privé d’en faire part au Préfet.

 

LES ARGUMENTS DES OPPOSANTS (mes réponses sont en italique)

 

- Les limites technologiques de l’éolien dont les gains évités de CO2 présentent un caractère infiniment petit (selon les sources,de 0,09 % à 5 % des émissions en France) au regard de la faible production de CO2 dans la  France nucléarisée (comparativement à l’Espagne, l’Allemagne et le Danemark).

Si ces gains sont faibles, c’est aussi à cause de l’intermittence de la production, tributaire du vent, expliquant que l’énergie éolienne produite ne dépasse jamais 25 % de la puissance théorique installée.

* Rappelons que l’éolien est une énergie d’appoint, destinée à se substituer à la production thermique, grosse émettrice de CO2, qui vient en confort du nucléaire pour répondre aux points de la consommation.

(Pour cette raison, l’image insérée dans le rapport d’une France quadrillée de 100 000 éoliennes est caricaturale).

 

- Certes, mais une éolienne qui tourne à 80 % du temps produira sur l’année l’équivalent de deux mois d’électricité, parce que le vent est tantôt trop faible, tantôt trop fort, ou encore parce que la plage de production (été par exemple) ne coïncide pas avec la plage de production attendue (l'éolien arrive quand on a pas besoin et n'est pas là quand on en a besoin) et pour cette raison quelques centrales thermiques (à gaz ou charbon) doivent rester en charge partielle prêtes à intervenir.

* C’est vrai mais reconnaissons qu’il n’existe pas de « panne de vent » et qu’il vaut mieux les avoir en veille ces centrales qu’en pleine activité.

 

- Les nuisances sonores et visuelles exigent de ne pas implanter une éolienne à moins de 3000 mètres d’une habitation (recommandation de l’OMS) au lieu des 500 m appliqués en France.

* Les recommandations de l’OMS restent introuvables.
Par contre, l’Académie de Médecine préconise, dans un rapport contesté, 1500 mètres. Pourquoi pas ?

- Nuisances auxquelles il convient d’ajouter la dévalorisation potentielle de l’immobilier.

* Cela reste à démontrer, mais admettons, c’est le principe de l’intérêt général (comme pour les antennes relais) sur l’intérêt collectif, à charge pour les personnes s’estimant lésées de demander une révision du coefficient de localisation dans la valeur locative (mais cela ne jouera que sur quelques centimes d’euros).

 

- A cela s’ajoute la perturbation des couloirs migratoires et la mortalité des chiroptères.

Tout aménagement d’infrastructure entraîne des ajustements des trajets migratoires.
Avec cet argument, on aurait pas fait les routes, les lignes haute tension, ni le TGV.

La question des chiroptères est par contre essentielle car la mortalité n’est pas liée au heurt des pales mais au barotraumatisme, choc provoqué par la baisse de la pression de l’air et bien connu des plongeurs.

L’avis du Conservatoire Naturel des Site, du Groupement Ornithologique Nord (GON) et de l’Association mammologique du Nord me paraissent incontournables et, en cas d’avis négatif,devrait impliquer l’abandon des projets.
On ne badine pas avec les chauve-souris.

 

- Ajoutons en amont un process qui mobilise des matières ou matériaux non renouvelables, parfois toxiques et importées de très loin.

* Certes, mais c’est le cas aussi des automobiles dans lesquelles nous roulons ou des ordinateurs que nous utilisons quotidiennement.

Et puis, personne n’a obligé Areva, dont l’Etat est actionnaire, à déserté ce marché pour s’orienter sur l’éolien Offshore.

 

- Ajoutons que rien n’oblige le promoteur à démonter les éoliennes en fin de vie (15/20ans).

* Si, l’article L553-3 du Code de l’Environnement prévoit que

l'exploitant  est responsable de son démantèlement et de la remise en état du site, dès qu'il est mis fin à l'exploitation, et que dès le début de la production, puis au titre des exercices comptables suivants, il constitue les garanties financières nécessaires à ce démantèlement.
Le coût du déméantèlement est donc intégré dans le prix du kilowatt éolien alors que pour le nucléaire, le coût du démantèlement n’est pas imputé dans le prix du kilowatt, ce qui fausse le coût de production.

L’éolien est de loin, avec le photovoltaïque,  l’énergie présentant le moins de coûts externes.

 

- La privatisation des bénéfices et la socialisation des pertes.

L’obligation pour EDF de racheter l’électricité trois fois plus cher que son prix de revient génère pour les promoteurs privés une rentabilité énorme et sans risque, tout cela payé par le consommateur sur sa facture via la taxe CSPE.

* Le prix du kWh nucléaire vendu au citoyen n’inclut pas davantage les énormes subventions et aides publiques que cette filière peut recevoir.

La rentabilité alléchante dont se gavent les promoteurs privés de l’éolien me gène bien évidemment, c’est la raison pour laquelle je reste un fervent défenseur de la nationalisation du secteur de la production énergétique.

Faute de celle-ci, il convient d’assurer une rentabilité suffisamment correcte pour dynamiser la filière sans tomber dans la spéculation.

La Contribution au Service Public de l’Electricité payée par l’usager ne finance pas que le surcoût accordé au soutien des énergies renouvelables mais également le médiateur de l’énergie, le coût de la péréquation en faveur de zones non reliées, le coût du tarif de première nécessité (ce qui fait de la CSPE un instrument de solidarité) et dans certaines limites le coût du TARTAM, tarif permettant aux professionnels ayant changé de fournisseur de bénéficier de tarifs semi- réglementés.

Selon l’estimation faite par la commission de régulation de l’énergie, l’effort demandé, pour un consommateur moyen est de 3,2 € par an pour l’éolien terrestre et 2,6 € pour l’éolien maritime.

 

- Et comme les opérateurs revendent ensuite à des filiales dont les parts sont détenues par des contribuables aisés qui cherchent un moyen de défiscalisation (même système que pour une SCPI), c’est non seulement une perte de recettes pour l’Etat (1 500 000 € par éolienne) mais une niche fiscale qui accroît les inégalités.

* On pourrait dire aussi que cela permet une participation des citoyens.

90 % des éoliennes danoises appartiennent à des particuliers.

Ma préférence va bien sûr aux projets qui mobilisent l’épargne locale.

Pourquoi ne pas y penser ?

 

- Le miroir aux alouettes pour des élus qui pensaient se faire une cagnotte en récupérant de la TP mais devront se contenter de la taxe sur les réseaux, soit 15 % de la part locale pour la commune et 35 % pour l’intercommunalité.

* Ils percevront également du foncier bâti pour le socle de chaque éolienne ainsi que la cotisation foncière des entreprises (CFE), part foncière de la Contribution Economique Territoriale et calculée à partir des surfaces de socle

Mais il est vrai que l’effet d’aubaine de l’ancienne TP va se dissiper et que c’est plus souvent l’appât de recettes que les convictions écologiques qui motivaient l’acceptation d’es projets.

D’ailleurs, la refonte de la carte intercommunale ne va tarder à clarifier les choses.

 

Globalement, la question essentielle qui est posée selon moi n’est pas locale mais nationale.

Jusqu’où doit-on aller dans l’éolien ?

Rester sur une logique d’énergie d’appoint à la filière nucléaire (pour diminuer les émissions de CO2 en substitution du charbon ou du gaz) comme le sous-tend la directive européenne ou grignoter sur la part du nucléaire comme l’affiche le Grenelle de l’environnement ?

Car nous ne devons pas oublier que le nucléaire, qui coûte cher et qui laisse aux générations futures des déchets radio- actifs dont nous ne savons que faire, fait de nous aussi les prédateurs des minerais d’uranium du Niger et les prisonniers des gisements d’Arabie ou de Sibérie.

Dans le premier cas, les projets sur les zones les plus exposées suffisent (et on peut se passer d’un nouveau parc éolien dans l’avesnois), dans le second cas, il faut utiliser tout le potentiel existant, y compris chez nous.

 

Terminons par le point faible de la démarche de ces deux associations.

Elles n’existaient pas avant que l’on ne parle de ces projets éoliens alors que les enjeux environnementaux ne datent pas d’hier.

Les membres de ces associations vivant dans des secteurs concernés par des projets éoliens, il est difficile de faire la part des choses entre la conviction profonde et la défense d’un intérêt personnel.

 

 

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