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Le blog de Jean-Marie Allain
Articles récents

Pour un référentiel participatif

15 Novembre 2010 , Rédigé par Jean-Marie Allain Publié dans #REFORME DES INSTITUTIONS

Le conseil Régional envisage de faire de la démocratie participative Poser la démocratie un des critères d’attribution des aides qu'il accorde.

Dans ce cadre, il lance un appel à contributions auprès des acteurs citoyens.

On ne peut que se féliciter de cette initiative.

La difficulté sera, à n’en pas douter, d’apprécier l’existence de cette démarche qui se traduit souvent sur le terrain par un fourre-tout de pratiques qui peuvent aller du traditionnel (et superficiel) questionnaire d’enquête aux assemblées nébuleuses à la valeur ajoutée douteuse.

 

La question se posera donc très vite, comme cela se passe pour la question environnementale, par la mise en place d’un REFERENTIEL PARTICIPATIF, répondant aux exigences du Conseil Régional et régi par un protocole suffisamment précis pour écarter les concertations de circonstance mais suffisamment souple pour permettre les initiatives et les innovations.

 

Il ne s’agit pas, selon moi, de recueillir, au moyen de différentes techniques, la photographie des opinions à un moment précis mais plutôt d’apprécier comment évolue cette opinion au cours d’un processus de négociation de projet et ce qu’elle apporte finalement à ce dernier.

 

Une conception largement répandue veut que les préférences des individus seraient données a priori et une fois pour toutes, le rôle de l’animateur étant d’aider ces individus, notamment les plus défavorisés, à exprimer leurs demandes auprès des maître d’ouvrage.

 

Or, cette approche fait abstraction du fait que la demande sociale se construit progressivement au cours d’un processus d’élaboration et de négociation de projets.

 

Il s’avère en effet que les personnes se déterminent généralement par rapport à leurs intérêts immédiats et concrets, souvent individualistes et corporatistes, mais que la discussion et l’interaction permettent qu’ils élargissent leur propre horizon et leur attitude au point d’être capable, si la concertation réussit, de définir leur intérêt en tenant compte de ceux des autres.

 

On passe ainsi d’un mode d’élaboration des projets dans lesquels le maître d’ouvrage est supposé connaître ce qu’il veut et ce que veulent les habitants à un mode d’élaboration du projet qui s’enrichit d’une succession d’allers-retours entre le maître d’ouvrage et les habitants.

 

Dans une telle stratégie d’écoute du territoire, le projet partagé se construit progressivement, les intérêts particuliers se transformant au cours du processus de confrontation et de négociation.

 

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Douter de tout, même des experts

15 Novembre 2010 , Rédigé par Jean-Marie Allain Publié dans #developpement territorial

Pierre VELTZ a fait Polytechnique et l' Ecole des Ponts, c' est un spécialiste de l'organisation des entreprises et des dynamiques territoriales.

Il a travaillé à la DDE du Nord et fut directeur de l'Ecole nationale des Ponts et Chaussées.

Ses recherches couvrent notamment les dynamiques des territoires, à différentes échelles.

Dans « Mondialisation, villes et territoires : une économie d’archipel «  (1996), il rappelle que c’est la variable sociopolitique (c'est-à-dire le mode gouvernance) qui joue sur le développement territorial, plus que la distance aux axes de développement.

Appliquée à la Sambre-Avesnois, cette thèse consiste à dire aux élus : gouverner autrement, ce sera plus efficace que le doublement de la RN2.

 

Démonstration de l’expert : À l’époque de la “banane bleue” de Roger Brunet, les régions de l’Ouest, se sentant excentrées voyaient leur avenir sombre.

À présent, la moitié Ouest de la France se porte beaucoup mieux que la moitié Est, démographiquement et économiquement.

Les départements de l’Ouest et de la façade atlantique en particulier sont actuellement parmi les champions de la croissance.

Regardez l’Irlande, ajoute Pierre Veltz, emporté par l'erreur qui consiste à croire qu'un exemple suffit à démontrer une loi scientifique, l'Irlande qui est encore plus à l’ouest que la Bretagne, totalement exclue de la “banane bleue”, et qui a un taux de croissance extraordinaire.

"La société irlandaise a été capable de saisir un certain nombre d’opportunités lancées par l’Europe, mais elle a su aussi créer des liens avec les États-Unis, mettre en place une stratégie très ouverte vis-à-vis des multinationales, etc".

 

Cette stratégie ouverte s’est pourtant traduite par les dettes bancaires que l‘on connaît et la situation de faillite de l’Irlande.

 

 

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Eau : responsabiliser les consommateurs sans déresponsabiliser les élus

12 Novembre 2010 , Rédigé par Jean-Marie Allain Publié dans #ECOLOGIE - DVLPT DURABLE

Le Collectif du refus de la Misère de Sambre-Avesnois organisait ce vendredi un débat sur la gestion de l’eau avec l’objectif affiché que soit débattue par les élus et les personnes présentes la question du choix du mode de gestion au terme du contrat d’affermage.

Il faut dire que le débat était déjà, si pas engagé, du moins évoqué depuis plusieurs mois.
Cela dit, il n'y a pas le feu.

Le SMVS a en effet délégué la gestion de l’eau à la société Eau et Force (groupe La Lyonnaise) mais le contrat ne se termine qu’en 2017.

 

La position du Collectif, introduite par un film très partisan mais bien fait, part du postulat selon lequel le prix est trop cher pour les pauvres et qu’une gestion directement publique sous forme de régie serait plus appropriée.

Ce postulat s’appuie sur le constat que la gestion de l’eau déléguée au privé coûte généralement plus cher que lorsqu’elle est publique.

 

Rappelons qu’il existe en effet plusieurs modes de gestion possibles de l’eau.

 

1) La régie : c’est la collectivité qui gère en direct

2) La Gestion déléguée : (80 % des volumes d’eau consommés sont gérés de cette manière par les deux grands groupes que sont d’un côté La Lyonnaise  (groupe Suez) et auquel appartient Eau et Force et de l’autre Veolia (ex Vivendi Generale des eaux)

 

°  soit en Concession : le concessionnaire (Eau et Force) finance les installations et se rémunère sur l’exploitation.

°  soit en Affermage (souvent 10 à 12 ans) : la collectivité investit, l’exploitant reverse une partie de ses recettes. 

3) Le Marché de prestation de service : le titulaire gère les installations mais c’est la collectivité qui réceptionne les appels des usagers et notifie les interventions au titulaire.

 

Les critiques qui sont généralement faites à la gestion déléguée concernent :

-      les situations oligopolistiques (moins il y a de prestataires, plus c’est facile de s’entendre… même si cela n’est pas légal),

-      le manque de transparence financière

(des provisions pour renouvellement ou entretien non utilisées ne sont pas toujours reversées aux intercommunalités qui, à vrai dire, sont censées prendre le temps de contrôler leur délégataire)

            -   le prix généralement plus élevé de l’eau

 

 

 

 

 

Qu’ en est-il chez nous ?

 

Sur l'agglo (périmètre d'Eau et Force),  on est à 4,40 € TTC  dont  , 74 € pour la distribution d'eau potable, 1, 89 € pour l'assainissement et 0,77 € pour les taxes diverses.


Pour comparer, nous avons les chiffres 20009.

D'après les données de l'agence de l'eau Artois-Picardie, pour une consommation moyenne annuelle de 120m3, référence INSEE et agences de l'eau)

Délégation Suez Eau et Force:
Maubeuge:  4,49€ dont 1,82 € pour l'EP, Hautmont : 4,45 dont 1,82 pour l'EP
Fourmies: 4,07€ dont 1,48 pour l'EP, Valenciennes: 4,78 dont 1,68 pour l'EP

Noreade: 4,26€ dont 1,42 pour l'EP ; cambrai: ep 1,26€ ; se 3,44€ dont 1,26 pour l'EP;Lille :3,46 dont 1,39€ pour l'EP; Arras: 3,84€ dont 1,52 pour l'EP; Dunkerque:  3,96€ dont 1,11 pour l'EP, Boulogne:  4,87€ dont 1,34 pour l'EP.

 

 

 

Le prix est-il trop élevé localement ?

 

Toute comparaison de prix exige une analyse fine de la formation des coûts, comme l’a bien rappelé M.Bertrand Hartmann, directeur de l’Agence Locale d’Eau et Force, invité pour la circonstance.

 

Le prix de l’eau dépend notamment :

 

- du coût d’accès à la ressource (nappe de surface, nappe profonde, traitement des nitrates, traitement de l’eau des fleuves, protection ou non des captages…) , des taxes et de l’amortissement des investissements.

(on peut même baisser le prix de l’eau si on ne fait aucun investissement !)

- du rapport entre le coût de l’infrastructure inhérent à la géographie et le nombre de personnes desservies (si je tire 100 kms de tuyaux pour desservir 20 personnes, l’eau coûtera plus chère que si on dessert 1000 personnes).

Dans la Sambre, les habitants consomment moins d’eau qu’ailleurs .De ce fait, les frais fixes sont répercutés au prorata du volume consommé… qui devient donc plus cher !

Dans une agglomération qui perd de la population, cela signifie aussi que le prix de l’eau ne peut qu’augmenter… sauf à encourager les populations à en consommer davantage, ce qui serait contraire au souci de la préservation de la ressource.

 

Le représentant d’ATTAC a, sur cette base,  plaidé pour une péréquation du prix de l’eau sur le plan national (sur le modèle du prix du timbre) mais cette revendication intéressante risquerait, comme me le signalait Umberto Battist en fin de séance, de déresponsabiliser les territoires sur la gestion de leurs ressources en eau.

On ne peut pas demander aux usagers de se responsabiliser et d’exiger d’être associés et, dans le même temps, déresponsabiliser les élus !

 

Il n’est donc pas souhaitable par ailleurs que le débat public demeure exclusivement centré sur la tarification sans faire le lien avec le coût d’accès à la ressource et le niveau de prestation, c’est-à-dire la qualité de l’eau distribuée.

Car les pauvres ont aussi le droit de boire de l’eau saine.

Le bilan triennal sur la qualité de l’eau montre que 7 communes de l’Agglomération ont une eau du robinet certes qualifiée de potable mais non - conforme à la réglementation en matière de présence de pesticides (plus de 1 microgramme par litre : Jeumont, Feignies, Louvroil, Pont sur Sambre, Bachant et Marpent).

Depuis 10 ans, la situation ne s’est pas améliorée.

 

Il faut savoir qu’au-delà des pollutions mesurées régulièrement, ces pesticides peuvent, sous l’effet de réactions chimiques ou biologiques, donner naissance à de nouvelles molécules (les métabolites) peu étudiées et par conséquent à la toxicité souvent inconnue.

 

Il y a donc un gros travail à faire.

Sur le plan national, revoir le caractère inéquitable des redevances de lutte contre la pollution, assurées aujourd’hui à 85 % par les usagers contre 1 % pour l’agriculture.

Sans attendre l’approbation du SAGE, il faudrait engager rapidement une étude permettant de reconstituer le parcours des gouttes d’eau jusqu’au captage pour déterminer l’origine des différentes pollutions par aire d’alimentation de captage.

Améliorer la situation exigerait parallèlement de faire l’acquisition foncière des abords de captages pour les affecter au boisement ou à l’agriculture biologique.

 

Cela étant, la bonne conscience écologique, j’en conviens, ne règle pas la question de l’accès à l’eau pour les plus pauvres.

 

Personnellement, je me trouve tiraillé entre :

 

            - une posture (« de gauche » ?)  qui considère que l’eau est un bien de première nécessité et qu’elle doit être proposée pour le prix le plus bas possible,

             - et une posture écologique selon laquelle l’eau n’est pas assez chère lorsqu’on voit le gaspillage et qu’il n’est pas pertinent de dévaloriser une ressource qui est en train de devenir rare.

 

Mais je me méfie des postures idéologiques…

 

Sans rentrer dans le débat aujourd’hui sur le mode de gestion (débat qui n’est pas limité à l’eau mais qu’on pourrait élargir au transport collectif ou aux pompes funèbres…)

 

On pourrait imaginer :

-      que le prix de l’eau soit symbolique pour les mètres cubes nécessaires aux fondamentaux de la vie domestique (hygiène, cuisine et boisson)

-      et que le coût soit ensuite majoré de manière à incorporer en quelque sorte la perte encaissée par l’exploitant sur les premiers mètres cubes.

  

Je constate qu’aujourd’hui, en dehors des 30 premiers mètres cubes facturés à un tarif préférentiel (choix des élus que je partage) le mode de tarification suit l’inverse de ce raisonnement puisque les industriels gros consommateurs d’eau bénéficient d’une tarification dégressive.

 

Pour terminer, je pense qu’il faut bien séparer les trois niveaux  d’intervention :

 

-      1er niveau : en amont, celui de la stratégie politique (autorité politique locale)

En France, 40 % de l’eau potable est déjà puisée dans les cours d’eau avec les coûts de traitement que cela mais 60 % est encore puisée dans les nappes comme chez nous, mais  une mauvaise gestion de la ressource (gaspillage , pollutions) peut nous obliger à traiter de plus en plus l’eau provenant des captages, ou aller chercher l’eau plus profondément ou encore à chercher de nouveaux captages.. avec bien entendu une répercussion sur le prix de l’eau,quel que soit le mode de gestion.

-      2e niveau : celui de l’exploitation (qui peut être public ou privé)

-      3e niveau : celui du contrôle et de l‘évaluation par une ingénierie de haut niveau, capable d’élaborer des critères de performance et d’être en mesure de les contrôler (évaluation (autorité politique locale).

 

 On constate d’ailleurs que les usagers, présents aux niveaux 2 et 3 au travers de la commission consultative des services publics locaux (obligatoire), sont absents en amont et qu’il y a là un manque manifeste sur le plan démocratique.

 

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L'Europe, pavillon de complaisance de la mondialisation libérale

9 Novembre 2010 , Rédigé par Jean-Marie Allain Publié dans #LE PLURALISME POLITIQUE

Je viens de terminer un petit bouquin (« Pour repartir du pied gauche » / Flammarion/Libération) publié à l’initiative de Jacques Julliard et rassemblant des contributions extrêmement stimulantes de personnalités aussi diverses que Luc ferry (ancien ministre de Sarkosy), Jean Peyrelevade (proche de Bayrou), Jean-François Kahn (idem), Henri Weber (PS) ou Mélenchon (PG).

 

J’en retiens pour l’essentiel que la dissolution du communisme d’Etat et l’effritement des partis se réclamant du de cette idéologie a suscité une frénésie du capitalisme, libéré de toute critique et encouragé par une Europe elle-même née sur le socle du libéralisme et la concurrence libre et non faussée portée par  l’Union Européenne.

 

Mais ce capitalisme libéral alimente une double surenchère de la part des dirigeants qui font monter les enchères d’un côté pour gagner plus sous prétexte de pouvoir gagner plus ailleurs et de l’autre pour payer moins sous prétexte de pouvoir payer moins ailleurs.

 

Il débouche sur un système fonctionnant avec des inégalités extrêmes mais qui ne tient que parce que l’Etat,  comme le dit JF Kahn, expulsé en amont, revient en aval sous forme assistanale ou policière.

 

Les deux systèmes ont fait faillite.

L’Etat ne peut être au centre de tout, l’argent pas davantage.

C’est l’homme qui doit être replacé au centre de la politique et dans le cadre d’une économie sociale de marché, plus égalitaire et plus juste.

 

L’Europe devrait être la solution de nos problèmes, elle est devenue finalement le problème, dit Mélenchon.

(il a écrit cela avant que ladite Union ne signe un traité de libre –échange avec la Corée pour l’industrie automobile, au grand dam des constructeurs implantés en France).

 

Même si sa proposition de constituer un pôle bancaire public peut laisser songeur (au vu de l’état de nos finances, l’Etat ne peut hélas racheter des banques souligne fort justement Peyrelevade), un candidat de la République qui ne s’engagerait pas à revenir sur le Traité de Lisbonne ne pourrait opérer aucune rupture avec la folle spirale qui emporte les plus fragiles.

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Dette et inégalités, même combat !

8 Novembre 2010 , Rédigé par Jean-Marie Allain Publié dans #Fiscalité

Quand l’économiste Jean Peyrelevade explique que l’imposition à 30 % des 150 milliards d’euros de revenus du capital (au lieu de 17 % en moyenne actuellement)  ne représente en recettes publiques supplémentaires que 1 % du PIB alors que le déficit annuel est de 8 %, il montre que l’imposition du capital ne suffira pas à résoudre les déficits publics.

Cela veut dire aussi qu’il faudra donc un effort substantiel des ménages, que cela passe par la fiscalité ou par la politique salariale.

C'est là où le concept de Revenu Maximal d'Existence présente un grand intérêt.

Finalement, l’assainissement de nos finances publiques, au travers de cette politique d’écrêtement des revenus (via les impôts ou les salaires) permettra de faire d’une pierre deux coups : réduire la dette et réduire les inégalités.

 

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L'aveuglement européen

2 Novembre 2010 , Rédigé par Jean-Marie Allain Publié dans #EMPLOI ET DVLPT ECONOMIQUE

Dans un récent numéro de l’Expansion, l’économiste Jean-Luc Gréau reproche à l’Europe d’être aveuglée par deux certitudes.

La certitude du libre –échangisme alors que les Etats-Unis mettent en œuvre une politique protectionniste pour ne pas subir les effets désastreux d’importations provenant de pays à qui la faible monnaie donne un avantage disproportionné, la banque centrale européenne estimant pour sa part qu’elle n’a pas compétence à traiter de ces questions.

La certitude de la surveillance des dettes publiques alors les situations de faillite de l'Irlande et de l’Espagne résultent, non pas de leut endettement (ils figurent parmi les moins endettés) mais de dettes bancaires qui exigeraient de la part de l’Union européenne une surveillance des dettes privées.

 

Pour un économiste qui se réclame de la droite libérale, c’est plutôt surprenant comme raisonnement mais cela prouve que lui au moins n’est pas aveugle.

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1 Novembre 2010 , Rédigé par Jean-Marie Allain Publié dans #LE PLURALISME POLITIQUE

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N'attendons pas de pouvoir planter du riesling sur les coteaux sambriens

29 Octobre 2010 , Rédigé par Jean-Marie Allain Publié dans #ECOLOGIE - DVLPT DURABLE

alsace.JPGLe récent au Colloque organisé à la Cité de la Villette sur les Plans Climat par l’ADEME était opportun ( à un moment où les négociations internationales renvoient une image assez morne) et a manifestement requinqué les 490 participants qui étaient à 99, 9 %, il faut le dire, des convaincus….

Lorsque l’animateur a demandé à l’assistance s’il y avait des maires, jai compris que j’étais le seul maire (mais pas le seul élu néanmoins) , j’étais pas peu fier d’être là…représentant à vrai dire l’agglomération.

 

Mes impressions

 

1°) Niche écologique contre niche fiscale :

 

Les habitants, dans leur vie quotidienne, rejettent 50 % des gaz à effet de serre et doivent donc se sentir pleinement responsables dans la lutte contre le réchauffement climatique.

 

Il existe à ce titre des aides publiques pour les économies d’énergie ou les équipements de production d’énergie alternative.

 

La lutte contre les déficits publics pourrait bien, paradoxalement, mettre fin à ces aides incitatives.

 

La réduction des déficits publics ne doit pas devenir la bête noire de la lutte contre le réchauffement climatique et inversement.

Il serait juste que les aides pour les économies d’énergie soient maintenues, la question de la production d’énergie alternative étant moins urgente et plus discutable.

 

2°) La transversalité appelle une forme nouvelle de gouvernance :

 

Pour qu’un Plan Climat réussisse, il convient d’en finir avec l’organisation pyramidale de notre système d’organisation (celle qui permet à chaque chef de service d’asseoir ses prérogatives sur son pré - carré) au profit d’un fonctionnement transversal.

C’est ce dont il avait déjà été question avec les politiques de la ville, et qui s’étaient heurtées à ces cloisonnements bien français au point que l’Etat dû imposer en 2001 les GIP pour sortir la politique de la ville du giron des intercommunalités, alternative qui a manifestement échoué puisque, l’Etat ayant du mal à tenir ses engagements financiers,, la dissolution des derniers GIP est à l’ordre du jour, les intercommunalités souhaitant reprendre de manière légitime la maîtrise de la politique de la ville.

Les Plans Climat connaîtront –ils le même destin ?

Cela sera fonction de la volonté politique locale.

L’exemple de l’Alsace est à cet égard remarquable.

Faut dire que s'ils se bougent pas, c'est nous qui allons bientôt planter de la vigne et vendre le Riesling.

Plus sérieusement, nou devons admettre  que la réalité est aussi culturelle, que les Verts allemands ne sont pas loin et que la culture de cette région a toujours été propice à l’écologie.
L’exposé passionné et convaincant de Jo Spiegel, Président de la communauté d’Agglomération de Mulhouse Sud Alsace, en a décoiffé plus d’un.

Pour lui, le Plan Climat n’est pas un OVNI dans l’océan des dispositifs, c’est une autre façon de fonctionner sur le territoire (ce qu’il appelle l’alter-territorialisation).
Par exemple, pas de budget spécifique mais une approche transversale de toutes les décisions budgétaires  (chaque choix communal et intercommunal est décrypté à la lumière de l’impératif climatique).

Afficher des actions Plan Climat relève par conséquent du gadget si au quotidien le mode de prise des décisions ne change pas (c’est un peu comme ces communes qui font un écoquartier sans encourager les économies d’énergie sur le parc ancien).

 

Localement, nous avons entre 15 et 20 ans à rattraper.

Pas de quoi baisser les bras mais de quoi retrousser ses manches.

Planter du riesling sur les coteaux sambriens, cela aurait un côté sympathique mais nous aiderait surtout à noyer notre remords.

 

3°) Les temporalités sont un obstacle supplémentaire :

 

Les élus ont un raisonnement sur le court terme (leur mandat) alors que la question climatique s’inscrit dans la longue durée.

Pour sortir de cette antinomie, le Plan Climat doit proposer des mesures d’évaluation annuelles.

 

4°) Paradoxalement, c’est le niveau international (Kyoto) qui a alerté l’opinion mondiale.

Alors qu’aujourd’hui les Etats piétinent et tergiversent et c’est le local qui « se bouge »

 

5°) Sans la société civile, point de salut :

 

Puisque les habitants contribuent pour moitié au réchauffement, rien ne peut se faire sans eux et sans ceux qui les représentent.

Or, les élus ne sont pas les seuls.

Il y a les associations.

A Mulhouse, elles sont présentes dans le conseil participatif , de même que des habitants tirés au sort.

Et le Plan Climat a été signé par les communes, par des associations et par des organes de presse.

Ailleurs, mais toujours en Alsace, celles et ceux qui s’associent au Plan se voient remettre un badge.

C’est excellent pour la communication et en même temps une façon de les responsabiliser davantage.

 

 

 

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NUMERIQUE CLAUSUS ?

26 Octobre 2010 , Rédigé par Jean-Marie Allain Publié dans #EMPLOI ET DVLPT ECONOMIQUE

Il existe un paradoxe, pour ne pas dire une anomalie entre le fait que l'Etat consacre un volet au numérique dans un Plan consacré au développement des territoires ruraux alors que la Conférence numérique régionale, co-pilotée par l'Etat et la Région, ignore délibérément les territoires ruraux.

Même si comme Président des Maires Ruraux du Nord  j'ai été reçu récemment, à ma demande, par le Secrétaire Général de la Préfecture et les chargés de mission concernés.

 

Pour la téléphonie mobile, dans le Nord, quatre communes (Baives, Bousignies-sur-Roc, Floyon et Hestrud) sont en zone blanche, c'est-à-dire ne reçoivent aucun des trois opérateurs (Orange, Bouygues et SFR).

La topographie de l'avesnois et la faible densité dans ces villages doivent y être pour quelque chose.

Que propose la Conférence régionale ?

 

Pour la téléphonie mobile nouvelle génération (3G et 4G) l'objectif est de couvrir la quasi-totalité du territoire en 2011.

Les opérateurs sont d'ailleurs en train de prospecter pour installer les antennes nécessaires à la bonne connexion de ces téléphones

Certes, ces nouvelles implantations bénéficient d'une meilleure insertion paysagère mais la question des incidences sur la santé sera sans aucun doute posée avec davantage d'acuité.

Les maires sont écartelés entre leur souci d'appliquer le principe de précaution et la montée en puissance de la demande sociale des jeunes générations.

 

Pour le haut débit (ADSL), les zones d'ombre dans la région Nord-Pas-de-Calais sont en train de se résorber mais il reste dans le rural 350 000 lignes inéligibles à ce jour.

 

Il faut aussi parler du très haut débit.

Peut-on imaginer de laisser 20 % des foyers et 30 % des entreprises en dehors de ce déploiement ?

Le grand emprunt Etat-Région-Département prévu mi 2011 doit absolument et au nom de l'équité territoriale prendre en compte la couverture des secteurs ruraux.

L'association des Maires Ruraux du Nord demandera aux candidats des prochaines élections cantonales de mars de se positionner sur ce point.

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C'est quoi un revenu illégitime ?

26 Octobre 2010 , Rédigé par Jean-Marie Allain


Maurice Allais, Prix Nobel d’économie en 1988 et qui vient de disparaître, considérait que le résultat du marché doit être corrigé par la justice sociale et une redistribution automatique des revenus illégitimes.

Toute la question est de savoir ce que l’on entend par revenu illégitime.

Pour Allais, les revenus tirés des biens immobiliers sont illégitimes dans la mesure où leur valeur augmente sans lien avec le travail .

J’en conclue que louer un logement procure un revenu illégitime si le loyer ne se contente pas de couvrir les frais d’amortissement et d’entretien et vendre un logement plus cher qu’on ne l’a acheté peut être légitime si on intègre l’inflation et les travaux réalisés mais illégitime au-delà.

 

Allais raisonne en libéral honnête et humaniste.

 

Dans le débat sur le RME, la question est bien de savoir si tous les salaires sont légitimes, c’est-à-dire si tous les salaires reflètent la valeur travail qu’ils sont censés traduire…

Bien sûr que non.

Qu’il y ait débat sur le montant du seuil de légitimité dans le salaire perçu est normal.

Le travail réalisé par Baudelot-Establet est un travail scrupuleusement scientifique, construit à partir des données les plus officielles, celles du réel dont se nourrissent les services fiscaux et l’INSEE.

Or, Allais disait encore que «  le seul critère valable de la vérité, c’est l’accord avec les données de l’expérience ».

La sociologie n’étant pas plus que l’économie une science exacte (le raisonnement s’y fait en termes de probabilité), admettons que le seuil peut varier mais dans une certaine limite.

L’important est d’abord de reconnaître que la notion d’illégitimité s’applique aussi aux salaires.

Le salaire mirobolant de certains sportifs, animateurs télé, cadres supérieurs d’entreprises ou et même responsables politiques le prouve.

Pas de correspondance directe entre le montant perçu et le travail fourni.

Mais ces morceaux d’iceberg cachent une véritable banquise de la même manière que les mythiques « 200 familles » du PCF ne pouvaient à elles seules suffire à régler le problème des inégalités.

L’avènement d’une société de justice sociale supposera donc aussi la mise en place d’une politique salariale juste.

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