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Le blog de Jean-Marie Allain
Articles récents

Les chevaliers de l'espoir

20 Mars 2010 , Rédigé par Jean-Marie Allain Publié dans #EVENEMENTS

J’étais Invité ce samedi après-midi, à l’occasion des Assises du territoire organisées par le Centre d’Etudes et d’Action Sociale de l’Avesnois (Apostolat des Laïcs) à faire part de mon regard sur l’évolution et le devenir de notre arrondissement, à partir de mon itinéraire (à la fois militant, professionnel, associatif et politique)

Cette manifestation a été un véritable succès : du monde, un accueil chaleureux, des exposants du terroir, un public attentionné..

J’ai souhaité rappeler la spirale du déclin que nous connaissions dans les années 70.

Dans un territoire peu prédisposé à susciter l’initiative endogène (à force de toute recevoir de l’extérieur, on attend tout de l’extérieur), la Sambre-Avesnois comptait une poignée de chevaliers de l’espoir qui allaient s’arracher au sommeil de la démission et expérimenter ce que l’on appellera plus tard la résilience, cette capacité du métal rétracté à reprendre forme et vie.

Ces chevaliers de l’espoir venaient exclusivement de la société civile et partageaient la même passion charnelle au territoire, une conviction prémonitoire sur les nécessaires changements de mentalités et une mystique dans l’efficacité de leurs actions.

Ils s’appelaient Maurice Cauchies, fondateur d’Accueil et Promotion, Marc Goujard, créateur de l’Ecomusée de Fourmies, Francine Auger, directrice de Radio-Canal Sambre et Didier Fusillier, animateur du Théâtre Six, puis du Manège.

Le premier souhaitait mettre en place une offre d’hébergement pour les victimes de la crise,

Le second fit tout pour sauver les machines textiles de la Fagne avesnoise, non pas par nostalgie mais pour entretenir la culture du travail et des savoir faire auprès des jeunes générations,

La troisième a compris que les populations locales, y compris celles issues de l’immigration, avaient besoin de s’exprimer, d’échanger sur leur drame, leur histoire et leurs attentes,

Le quatrième a saisi la mutation culturelle qui allait balayer la vieille Kermesse de la bière, usée par le temps et l’alcool, au profit d’un lien plus fort (et inattendu) entre l’urbain et la culture.

Leur lucidité fut à maints égards prophétique :

-          Accueil et Promotion s’est développé et remplit toujours une mission sociale d’urgence, complétée par Habitat Pour Tous.

-          L’Ecomusée a essaimé avec ses antennes autour de la pierre, du verre, du bocage et du patrimoine. D’autres petits musées de Pays sont nés dans la foulée.

-          Radio-Canal Sambre, devenue Canal FM, est un outil culturel reconnu et apprécié.

-          Maubeuge est devenue scène nationale et a troqué les Inattendus pour les Folies, qui assurent à Maubeuge une partie de sa notoriété, alors que d’autres manifestations festives et urbaines comme Les Nuits Secrètes y ont puisé une part de leur imagination.

 

Cette échange était pour moi l’opportunité de rappeler que la société civile a toute sa place dans le développement local et qu’elle a souvent été le fer de lance des initiatives les plus originales.

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ZFU : près de 85 emplois par an

18 Mars 2010 , Rédigé par Jean-Marie Allain Publié dans #EMPLOI ET DVLPT ECONOMIQUE

Depuis 2004, il s’est créé sur la zone Franche 851 emplois.
Il s'agit bien de créations et non de transferts.
 

Sur ces 851 emplois, 422 emplois (CDI et CDD de plus de 12 mois) ont été créés par des entreprises éligibles aux avantages de la ZFU.

 

La ZFU a donc permis la création de 422 emplois, soit près de 85 emplois par an depuis 2004.

 

On pourra dire que c’est mieux que rien d’autant plus que la moitié sont occupés par des habitants des quartiers sensibles.

 

On pourra aussi dire que les entreprises auraient peut-être de toute façon créé une partie de ces emplois ou encore que, au regard du nombre d’emplois créés, le coût pour l’Etat est extrêmement lourd puisque les aides fiscales ne sont pas conditionnées par de la création d’emplois.

 

En tout état de cause, le système de la ZFU mériterait d’être corrigé pour que seules les véritables créations d’emplois donnent droit aux aides fiscales.

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Le bonapartisme, nouvelle pensée unique ?

17 Mars 2010 , Rédigé par Jean-Marie Allain Publié dans #REFORME DES INSTITUTIONS

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Le projet de réforme des collectivités territoriales suscite une opposition des associations d’élus telle, qu’on se demande si une pensée unique n’est pas train de s’installer sur le sujet.

Si l’Etat avait réuni le Congrès pour modifier la Constitution et supprimer les départements, nous aurions eu droit aux mêmes cris d’orfraie.

Pourtant, force est bien d’admettre que le découpage départemental est l’héritage de la période révolutionnaire, puis bonapartiste et que, s’il avait un sens à cette époque, il s’agissait alors de quadriller le territoire sur la base de la circulation hippomobile, des réseaux de communication d’alors, en tenant compte des frontières.

Ce qui explique au passage l’étendue et la forme rectiligne de notre département du Nord, bande de sécurité militaire mais ne reposant sur aucune culture commune, malgré le mythe d’une culture "chti", issue de la mine et irriguant dans l’imaginaire social, l’ensemble des nordistes.

Il est frappant de constater que la tradition républicaine de la gauche traditionnelle n’a jamais été en mesure d’appréhender ce problème de l’inadaptation des structures administratives et d’en faire un axe de combat politique.

Certes, JP Chevènement a bien tenté de réorganiser le paysage des intercommunalités mais en laissant se créer des regroupements circonstanciels, pas toujours cohérents sur le plan géographique, sans aucun projet et uniquement motivés par la majoration de la dotation de fonctionnement.

Curieusement, en créant le découpage régional, le pouvoir gaulliste, que par certains côtés on pourrait voir comme un conservateur, tentait d’inventer une échelle à la taille de la civilisation automobile, une échelle censée supplanter ultérieurement celle des départements.

Le gaullisme avait donc senti cette évolution.

La "deuxième gauche" autour de Rocard et du PSU (et d’une partie du PS)  l’avait parfaitement intégré.

La gauche traditionnelle, probablement parce qu’elle comptait un grand nombre de conseillers généraux (alors que le PSU n’en comptait guère !) est restée campée sur l’archaïsme d’un découpage administratif bi- centenaire, prenant même le risque de donner du grain à moudre à nos régionalistes et à les pousser dans les bras d’autres courants idéologiques.

Peut-être faute d’avoir eu le courage d’affronter les conservateurs pour supprimer un niveau supplémentaire ou peut-être parce que la Région, de par son mode dé désignation de ses élus, reste éloignée de nos concitoyens, il a fallu faire un exercice d’équilibriste pour inventer ce nouveau et curieux personnage qui s’appellera «  le conseiller territorial », appelé à représenter à l’échelle départementale un canton élargi et à siéger en même temps au Conseil Régional.

Malgré ce compromis (plus complexe il faut le dire que la suppression pure et simple des départements…), c’est la levée de boucliers de toutes les associations des élus.

Je suis par nature méfiant sur les engouements de masse.

Un peu comme les phénomènes de foule, il existe dans les meetings, congrès et colloques des effets d’entraînement et de mimétisme réels qui font passer l'émotionnel au détriment du rationnel.

Qu’entend  t- on à propos de ces futurs conseillers territoriaux ?


Le travail du conseiller général représente déjà une belle somme de travail auquel on veut rajouter le travail d’élu régional

Cet argument ne tient pas lorsqu’on voit les cumulards qui siègent dans les conseils généraux.

Le fait de diminuer le nombre d’élus et de leur donner une double mission sera surtout un excellent moyen de limiter le cumul des mandats.

Les territoires urbains vont être sur- représentés alors que leur superficie est moindre

Certes, mais jusqu’à nouvel ordre, dans  la démocratie, on compte les voix humaines, pas les surfaces cultivées ou le nombre de têtes de bétail.

Reconnaissons la réalité : le découpage communal et cantonal est resté identique alors que la proportion entre population rurale et population  urbaine s’est inversée.

On peut être un défenseur de la ruralité en ayant l’honnêteté de reconnaître que les populations urbaines étaient sous- représentées dans les conseils généraux.

La proportionnalité démographique n’est pas la solution idéale mais reste, comme la délégation parlementaire, le moins mauvais système que l’on ait trouvé jusqu’alors.

Ma commune est minuscule en superficie mais je ne vois en quoi la commune voisine, dix fois plus vaste mais deux fois moins peuplée que la mienne, pourrait se prévaloir de peser autant dans les instances intercommunales.

Si l’on estime que les conseillers territoriaux ne prennent pas suffisamment en compte les intérêts des petites communes, il reviendra à celles-ci de se regrouper (l’AMRF est là pour çà !), de travailler en réseau et de peser sur le choix des élus.

Le rôle des maires ruraux se trouverait affaibli

Arrêtons les fantasmes !

On ne voit pas en quoi la création d’un conseiller territorial va affaiblir le rôle du maire.

Le conseiller territorial aura simplement plus de maires comme interlocuteurs mais cet élargissement géographique coïncide mieux avec l’échelle des problématiques et des enjeux réels de la gestion de l’espace.

Que le conseiller général ne vienne plus remettre la coupe au vainqueur du tournoi de football ,c’est pas grave si en contrepartie il passe par exemple plus de temps à aborder avec les élus les questions de la desserte routière départementale.

La ruralité ne doit pas être synonyme de conservatisme.

Tout concourt à éloigner les lieux de décision des habitants

Ceux qui parlent ainsi s’accrochent au canton.

Qu’on ne compte pas sur moi pour défendre un découpage arbitraire qui n’a aucune cohérence géographique.

La question n’est pas de savoir si tel ou tel type d’élu va voir son rôle ou son pouvoir amoindri.

La question est de savoir quelle est l’échelle territoriale pertinente pour traiter d’un domaine de compétence et de gestion publique.

De ce point de vue, c'est sur le découpage des futurs "nouveaux cantons" que les élus devraient consacrer leur énergie plutôt que de défendre le maintien     d'un découpage obsolète.
 Notre destin d’élu est secondaire par apport à l’intérêt des citoyens.

Certes, le département s’éloigne un peu, mais la Région se rapproche.

Qui connaît les conseillers régionaux de son secteur?  Qui sont ces conseillers régionaux, sinon souvent des militants placés par les partis et pas toujours ancrés sur leur territoire ?

L’abstention record aux élections régionales démontre de manière éclatante la nécessité de rapprocher la Région des citoyens.

Les départements perdent leur liberté fiscale et deviennent des agences de l’Etat

J’ai toujours considéré anormal de me voir prélever sur ma feuille de contribution locale un impôt sachant que pour  les administrés, ce sont « les impôts du maire ».

Pourquoi les départements n’ont-ils jamais demandé un prélèvement séparé et lisible ?

L’élection à un seul tour renforcerait le bi- partisme et donc la politisation du scrutin.

De toute façon, aujourd’hui, l’élection cantonale à deux tours ne laisse passer qu’une part infime de candidats « sans étiquette ».

Dans un département comme le Nord, les candidats sans étiquette (ou qui ne veulent pas l’afficher) se comptaient sur les doigts d’une main et finissaient souvent par rejoindre un groupe.

Cela étant, il est vrai par contre que l’élargissement du découpage cantonal rendra plus coûteux l’élection et éliminera souvent  les candidats sans étiquette.

Une élection à deux tours serait donc plus juste.

On le voit, il n’y a donc pas le noir d’un côté et le blanc de l’autre.

Je souhaite que l’on puisse, dans un débat dépassionné et objectif, admettre les limites du système actuel  et reconnaître qu’il a besoin d’être modernisé dans l’intérêt général des citoyens.

Mais qu’en pensent après tout ces derniers ?

Rien car tout cela semble bien compliqué.

La redéfinition du cadre territorial de l’action publique les concerne pourtant au premier chef.

Mais qu’en penseraient-ils si on leur expliquait et s’ils pouvaient s’exprimer ?

Et si ensuite, ils étaient consultés par référendum, ne serait-ce pas plus démocratique ?

Le débat politique est parasité par le campanilisme de ceux qui sont juge et partie.

Il serait temps de donner la parole à ceux qui ne l’ont pas encore prise.

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La claque annoncée du Modem

14 Mars 2010 , Rédigé par Jean-Marie Allain

Difficile, avec une liste fortement marquée UDF, donc à droite, de se réclamer du centre.
Difficile, avec une tête de liste imposée par Bayrou, de se réclamer d'une autre manière de faire de la politique
Difficile, avec une liste qui ignore une partie des territoires de sa région, de faire autre chose qu'une liste de copains
Difficile, quand on igtnore la base et mêle ses rares élus, d'espérer exister politiquement,

Difficile avec des mots d'ordre du style "nous sommes sympathiques" de prendre les électeurs pour des imbéciles
Difficile, en faisant la confusion entre congrés et spectacle, de faire croire qu'on est autre chose qu'une écurie présidentielle,

Corinne Lepage a raison sur toute la ligne.

J'avais gardé le silence pendant la campagne par respect pour les candidats.
Aujourd'hui, je peux le clamer :
Le MODEM paie une stratégie suicidaire et, dans le Nord, prend une claque annoncée et je dirais même plus méritée.


 

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Un rêve modeste et fou

14 Mars 2010 , Rédigé par Jean-Marie Allain Publié dans #culture

C’était encore du temps de l’ORTF.

J’ai découvert  à une heure tardive la chanteuse Hélène Martin, une voix superbe sur des textes d’Aragon.

Et Aragon m’a amené ensuite à Ferrat qui lui aussi chantait «  les poètes »,  « j’entends, j’entends », « que serais-se sans toi ?», « Robert le diable »  ou encore « heureux celui qui meurt d’aimer »…

Je frappais tous les textes de ses chanson sur ma vieille machine à écrire, histoire de mieux les retenir.

Ferrat m’a donné aussi le goût de la poésie, d’écrire des poèmes.

Mes  amis m’offraient  l’album des 10 ans de Ferrat  à mon mariage.

Ferrat ne m’a plus quitté.

Ses chansons ont rythmé mon parcours universitaire mais aussi militant.

Jean Ferrat restera  celui qui m’a lu plus marqué, de par ses textes, sa voix et ses mélodies.

Celui qui a si bien chanté « ma France » va nous manquer, va manquer à la France, même s’il était discret.

C’était le dernier grand chanteur engagé des années soixante, probablement le plus grand.

 Avec mon cousin Gérard qui m’a laissé un message hier dans la soirée, nous souhaitions lui rendre cet hommage.

Oui, Jean Ferrat aura été utile.

Malgré son pessimisme parfois («  vivre est un village où j’ai mal rêvé »), il a su nous redonner confiance et espérance (« et pourtant je vous dis que le bonheur existe ») dans nos engagements et nos valeurs.

Il aura rempli son « rêve modeste et fou », celui d’éveiller nos consciences et notre sensibilité.

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La TLE en baisse.. au détriment des communes

13 Mars 2010 , Rédigé par Jean-Marie Allain Publié dans #Fiscalité

L’indice annuel  de référence pour le calcul de la Taxe Locale d’Equipement baisse cette année de plus de 4 %.

Cette baisse est exceptionnelle et aura des incidences sur les recettes communales en 2010, là où existe la TLE (comunes de plus de 10 000 habitants ,ne l'ayant pas supprimé et communes de moins de 10 000 l'ayant instauré).

Pour un même volume de constructions, la recette fiscale va baisser.
Pourtant la TLE est faite pour aider les communes à faire face aux frais entraînés par les nouvelles constructions, des frais qui ne baissent pas.
Après le syndrome de la TP, les élus n’avaient vraiment pas besoin de çà.

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Urbanisme et Développement Local

8 Mars 2010 , Rédigé par Jean-Marie Allain Publié dans #EVENEMENTS

Si cela vous dit...
je serai le lundi 15 mars à 18 h 30
l'invité du Master 2 Management Public Territorial

de l'Institut d'Administration des Entreprises de Lille
(104, avenue du Peuple belge)
pour une conférence débat
sur l'urbanisme et le développement local
avec
Emmanuel CHERRIER,
docteur en sciences politiques,
directeur de l'IPAG de Valenciennes


 

www.rdv-avec-un-elu.sitew.com

iae.conferences.territoriales@gmail.com

 

 

 

 

 

 

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Vous connaissez le steak vert "blanc-bleu" ?

7 Mars 2010 , Rédigé par Jean-Marie Allain Publié dans #SOCIETE

Le salon de l’Agriculture a relancé le débat sur la consommation de viande.

Faut- il remettre en cause l’élevage ou une certaine conception de l’agriculture ?

Lorsque je lis ici ou là que la filière que l’élevage exige trop d’eau pour le maïs, trop de déplacement (donc de pétrole) pour le soja, j’ai le sentiment que la grande culture céréalière s’en tire avec les honneurs alors qu’elle a uniformisé les paysages, arraché les haies, fait disparaître la bio- diversité et truffé notre terre (et son eau) de pesticides.

Ce qu’il convient de condamner, c’est effectivement la filière élevage qui a oublié que le bœuf à l’herbe, çà existe (notamment en avesnois), que c’est même la meilleure garantie de voir protéger ce qu’il reste de notre bocage et qu’elle n’a pas à rougir devant la filière céréalière.

Le député Vert Yves Cochet prône le lundi sans viande.

Cela peut s’entendre si l’on veut expliquer aux enfants que la surconsommation de viande n’est pas recommandée pour la santé.

On peut aussi invoquer et comprendre les valeurs éthiques (être contre l’abattage des animaux parce que ce sont des êtres vivants… mais attention, les légumes vivent aussi !)

Mais le risque est grand dans ce débat d’oublier de séparer le bon grain de l’ivraie

Que le Ministre, lors de sa visite au salon de l’Agriculture,  déclare aux producteurs « je suis un grand amateur de viande » cela ne mange pas de pain ! Et l’on se dit qu’il aurait certainement adapté  sa remarque devant un stand de fromagers (« je suis un grand amateur de fromage» ) ou de viticulteurs (« je suis un grand amateur de vin », encore que là la bienséance aurait plutôt transformé la phrase en «  je suis un amateur de grands vins », c’est plus policé pour l’image du ministre et plus flatteur pour les viticulteurs).

On aurait aimé qu’il dise que ce n’est pas le produit qui est au centre de ce débat, mais bien la façon de le produire.

Le Ministre aurait dit «  je suis un amateur de viande élevée à l’herbe », cela aurait eu un sens politique.

Car il y a, dans la viande comme dans les vins, celle des bœufs gavés de céréales, elles-mêmes gavées d’engrais (y compris en avesnois, on el constate tous les jours) et la grande viande, celle des bêtes élevées à l’herbe.

Le débat ne doit pas déraper et aboutir à mettre mener toutes les viandes vers l’abattoir de l’accusation environnementale.

Entre un bon steak de boeuf  élevé à l’herbe (et de surcroît en avesnois) et une salade de maïs, le bilan environnemental (bilan carbone, protection de la bio-diversité, etc…) n'est pas forcément en défaveur du premier.
Si de surcroît le boeuf est de la race locale " blanc-bleu", le " bilan vert " est encore plus positif.

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Inondations :quid des digues réglementaires ?

3 Mars 2010 , Rédigé par Jean-Marie Allain Publié dans #ECOLOGIE - DVLPT DURABLE

La France redécouvre les zones inondables après chaque catastrophe.
On nous explique que les Plans d'Exposition aux Risques (PERI/ 1982) ont été remplacés par les Plans de Prévention des Risques (PPR de la loi Barnier), soit naturels, soit technlogiques.
Marpent est ainsi couvert d'un PPRN depuis 1994.
Il s'agit du fameux zonage avec les zones rouges (interdites de construction) et les zones bleues (constructibles sous condition).
Au vu de ce qui s'est passé sur le littoral vendéen, on peut s'interoger sur les raisons du retard pris dans l'élaboration de ces documents de prévention.
Notre région n'a pas plus de fonctionnaires, ce serait plutôt l'inverse.
Les pressions touristiques mercantiles expliquent probablement cette ignorance des exigences de prévention sur le littoral atlantique.
Et je ne parle pas des Atlas de zones inondables du Ministère de l'Environnement aujourd'hui en vigueur dans nos documents d'urbanisme, dont les régles sont nettement plus contraignantes que tous les PPRN puisque les zones bleues deviennent elles aussi, pour l'essentiel,inconstructibles.
Les digues de protection contre les eaux ne peuvent remplacer les digues réglementaires.
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Philippe LAMOUR, un landrecien hors du commun

3 Mars 2010 , Rédigé par Jean-Marie Allain Publié dans #Histoire locale

Rares hélas sont les sambriens qui ont entendu parler de Philippe LAMOUR, un grand bonhomme de chez nous, à l’itinéraire particulièrement intéressant et dont plusieurs établissements scolaires portent le nom dans le sud de la France.

 

Philippe LAMOUR est né à Landrecies où il passe son enfance avant de recevoir une formation chez les religieux en Belgique.

Après la première guerre mondiale, sa famille s’installe à Paris où il mène des études de droit.

Etudiant brillant, il est inscrit au barreau à vingt ans et s’occupe des dossiers de dommages de guerre où, déjà, il se fait remarquer pour la qualité de sa plume.

 

Le pouvoir aux producteurs !

 

Le jeune étudiant en droit écrit dans de nombreuses revues, de toute tendance, et s’engage en 1926 dans le Réseau de Georges Valois, mouvement à la fois nationaliste et socialiste qui dénonce l’incapacité des dirigeants et réclame le pouvoir pour ceux qui travaillent.

 

Concilier jacobinisme et girondisme

 
Philippe LAMOUR va révéler ses talents d’orateur et d’organisateur au sein de cette organisation dont il dirige le secteur Ile de France et qui, même si elle disparaît dès 1928, va marquer durablement ses conceptions en matière d’aménagement du territoire.

Philippe LAMOUR rêve d’un Etat fort (Proudhon se retourne dans sa tombe !) dont le pouvoir serait confié à ceux qui produisent comme il s’en explique dans son ouvrage « la République des producteurs ».

Méfiant à l’égard des partis politiques (comme je le comprends), refusant l’affrontement stérile droite/gauche (tiens, un précurseur !), il s’affiche antiparlementaire et décentralisateur (Proudhon est apaisé !) tout en gardant une grande confiance dans l’Etat dont il croit en la capacité, grâce à l’aménagement du territoire, à impulser des dynamiques de développement.

 

On dirait aujourd’hui qu’il n’était pas pour «  plus d’Etat » mais pour « mieux d’Etat ».

 

Mélange subtil de jacobinisme (par sa foi au pouvoir central) et de girondisme (par son souci de la décentralisation), Philippe LAMOUR prône un devoir d’intervention financière de l’Etat dans l’aménagement mais également un droit des acteurs territoriaux à concevoir et à mettre en œuvre des projets.

 

L’éloge du progrès et de la modernité planifiée

 

Fort de cette conception interventionniste de l’Etat, Lamour considère la société allemande comme un modèle, en particulier pour la politique des autoroutes.

Ce qui n’en fait pas pour autant, on le verra, un ennemi des écolos, encore moins un sympathisant du nazisme.

D’ailleurs, il participe à la traduction de « Mein Kampf » dans le but d’informer les français sur la menace que constitue le nazisme.

 

Devenu avocat, il fonde en 1931 la revue « Plans », revue financée par l’épouse de l’architecte Walter et qui prône la modernité et, pour y parvenir, la planification.

La revue traite de nombreux sujets et peut se targuer de prestigieuses signatures comme celle de Le Corbusier.

Philippe Lamour épouse Ginette, la fille des Walter.

 

Un agriculteur productiviste qui a « les tripes à gauche »

 

En dépit se son engagement aux côtés de Georges Valois et de sa considération moqueuse pour la résistance, Philippe Lamour garde « les tripes à gauche ».

Socialiste partisan d’une économie de marché, il est candidat malheureux de la coalition du Front Populaire aux élections de 1936 à Sens (Yonne) et dénonce la responsabilité du régime de Vichy.

Après la guerre, il décide de se retirer dans le Massif Central pour devenir agriculteur.

Conformément à ses idées, il s’intéresse à la modernisation de la production, ce qui l’amènera à s’engager dans le syndicalisme agricole où il deviendra le responsable national de la Confédération Générale Agricole, ancêtre de la FNSEA, et apôtre du productivisme agricole et de la mécanisation.

Son ascension fulgurante reste un mystère pour les historiens dont certains n’excluent pas un rôle dans la franc-maçonnerie.

Il rencontre même le Général de Gaulle pour le convaincre de produire du blé en masse… mais sans succès.

Sa piètre estime de Pétain, proche voisin, l’incite à quitter le massif Central pour le Gard où il va cultiver le blé, la vigne et pratiquer l’élevage.

Il sera le premier agriculteur du département à bénéficier d’un tracteur dans le cadre du Plan Marchall.

Il participe à la riziculture en Camargue où, là encore, il devient Président… du syndicat des riziculteurs.

 

L’aménageur du Languedoc

 

Dès 1946, il rencontre Jean Monet avec qui il travaille à l’élaboration du premier Plan d’aménagement du Languedoc.

C’est à cette période qu’il découvre aux Etats-Unis l’aménagement de la vallée de la Tennessee qui révèle qu’une politique publique de l’eau fluviale peut permettre à une région de se développer.

Ce voyage le conforte dans sa philosophie planificatrice et, devenu conseiller du Préfet de Nîmes (décidément, il sait se placer ce Lamour !), s’en inspire pour concevoir le grand rêve des romains de captation de l’eau du Rhône pour irriguer et électrifier le Languedoc et, secondairement, développer un tourisme sur le littoral.

Pierre Mendes-France, Président du Conseil, signe le décret le jour de sa démission, sur le capot de sa voiture !

Devenu Président de la Compagnie du Bas-Rhône Languedoc (dont le siège est un immeuble de 20 étages, encore un signe de modernité !), Philippe Lamour se lance dans son projet dont il admettra plus tard qu’il n’était pas un modèle du genre (ouf !).

Les agriculteurs locaux boudent le projet et se méfient de l’eau qui reste chère et dont ils ne veulent pas se retrouver tributaires.

Les rapatriés d’Algérie et les investisseurs touristiques saisissent l’opportunité.
Les premiers pour développer le maraîchage et l’arboriculture, les seconds pour créer les stations balnéaires de la Grande Motte et du Cap d’Adge.

Jusque-là, notre aménageur n’a rien de très sympathique.
On pourrait même dire, qu’enivré par ses rêves d’aménageur technocratique, il endosse la responsabilité du bétonnage d’une partie du littoral français.

Heureusement, Philippe Lamour va évoluer et la dernière partie de sa vie est sans conteste celle qui fait émerger de la sympathie.

 

Lamour de la nature : La révolution de la qualité

 

Le succès mitigé de l’aventure languedocienne l’amène reconsidérer ses schémas de pensée au profit d’un environnement conçu non plus au service du rendement mais au service de l’homme.
Le champion du productivisme va ainsi engager un autre combat, celui de la qualité, par exemple en créant l’appellation «  vin délimité de qualité supérieure » (VDQS… vous comprendrez pourquoi je ne peux oublier Philippe Lamour), intermédiaire entre le vin ordinaire et l’appellation contrôlée AOC.

Puis, il lance le premier li’dée de baliser les sentiers de Grande Randonnée.
C’est encore lui qui est à l’origine des Parcs Naturels Régionaux.

C’est lui encore qui invente le concept de « station-village de montage », en réaction contre les stations intégrées comme les Arcs ou Tignes, où l’on fait la queue comme dans les supermarchés et aux mains de quelques requins de la promotion immobilière.

 

La création de la DATAR

 

Philippe Lamour accède aux plus hautes fonctions lorsqu’il est nommé Président du Conseil Supérieur de la Construction, organisme créé par Pierre Sudreau.
Au travers de ce poste, il met en œuvre le Plan d’Aménagement du Territoire de 1962 et participe en 1963 à la création de la Délégation à l’Aménagement du Territoire et à l’Action Régionale (DATAR) – devenu depuis la DIACT, compétitivité des territoires, libéralisme oblige) – où il restera jusqu’en 1974.

 

 

Elu maire de Ceillac, il consacre la fin de sa vie à la défense du remembrement et sera Président (eh oui, un accroc du pouvoir !) de l’Association Nationale de l’Aménagement Foncier Agricole et Rural.

Auteur de nombreux ouvrages, esprit inclassable (comme je les aime) non-conformiste (c’est son côté sympa) et d’apparente contradiction (c’est cela aussi le non dogmatisme), Philippe Lamour a raconté sa vie dans son livre « le cadran solaire », récompensé par le Prix des Maisons de la Presse.

 

Considéré comme le père de l’aménagement du territoire en France, il décède en 1992.

 

Un landrecien dont la vallée sambrienne a peut-être oublié le nom mais dont l’existence mérite qu’il soit davantage connu localement.

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