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Le blog de Jean-Marie Allain

Articles récents

Greenpeace aujourd'hui, les chasseurs demain ?

5 Décembre 2009 , Rédigé par Jean-Marie Allain Publié dans #REFORME DES INSTITUTIONS

Je ne partage pas la position des députés Verts qui justifient l'intrusion de Greenpeace dans l'hémicycle.
Qu'auraient-ils dit si cette intrusion avait été le fait de commandos de chasseurs ?
Par ses positions , Noêl Mamère cautionne une future intrusion de pro-nucléaires ou d'anti-avortement.
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Du réalisme en politique

1 Décembre 2009 , Rédigé par Jean-Marie Allain Publié dans #SOCIETE

L’invocation du réalisme en politique est chose courante pour justifier certaines décisions discutables aux yeux de ceux que l’on tente de disqualifier  sous le nom d’idéalistes.

André Glucksmann, dont je ne suis pas un farouche admirateur, écrit dans le Monde que son ami Nicolas Sarkosy, qui avait annoncé la morale en politique extérieure, invoque le réalisme pour recevoir Vladimir Poutine en espérant vendre des armes … dont on sait qu’elle seront braquées sur les Tchétchènes.

Ce réalisme a courte vue des contrats juteux se retournera contre nos intérêts prévient le philosophe qui invoque le principe d’humanité pour refuser cela  en glissant cette phrase :

« De tels retournements relèvent d’un effet Galileo Galilei, du nom de la pièce de Brecht analysant la mutation d’un intellectuel éclairé en pape autoritaire, lequel finit par livrer le savant à l’inquisition ».

La comparaison est un peu brutale mais après tout réaliste.

Dommage que Glucksmann n’ait pas été aussi visionnaire en 2008, il n’aurait pas appelé à voter Sarkosy.

Et les autres au fait, que feraient –ils ?

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Camus, le pestiféré du dogmatisme

28 Novembre 2009 , Rédigé par Jean-Marie Allain Publié dans #LE PLURALISME POLITIQUE

Le Nouvel Obs de la semaine dernière consacre quelques pages à Albert Camus.

Jean Daniel nous rappelle que là où Sartre préconisait au colonisé d’assassiner le colon, Camus écrivait qu’à partir du moment où un opprimé prend les armes au nom de la justice, il pénètre dans l’ univers  de l’injustice.

Parce que pour Camus, il n’y pas d’un côté le vrai (le nôtre) et de l’autre le faux (le côté de l’adversaire).

Parce que la vérité n’est pas un absolu, qu’elle doit être recherchée dans les chemins tortueux cde nos contradictions, dans le tourment mais aussi dans le bonheur.

Camus éprouve le sens du sacré mais ne croit pas en dieu, ni aux hommes politiques (sauf Mendes-France) dont il estime qu’ils manquent d’idéal et de grandeur.

Allergique aux logiques d’appareil, Camus est l’homme qui politiquement ne s’est jamais trompé écrit Philippe Lançon dans Libé du 26 novembre.

En 1953, au moment de l’écrasement par les soviétiques de la révolte ouvrière de Berlin, il dé nonce ceux qui à gauche se taisent pour couvrir les crimes du «  socialisme des potences ».

La liberté, pour Camus, ce n’est pas faire la révolution sans se soucier du coût humain de celle-ci (surtout pour installer une nouvelle tyrannie), ce n’est davantage ni la résignation , lourde de pulsions suicidaires.

La liberté, c’est faire de sa propre expérience un acte de révolte contre la condition faite aux humiliés.

Un très bel hommage à Camus et un numéro superbement illustré.

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Le réchauffement climatique n'est pas un risque anodin

27 Novembre 2009 , Rédigé par Jean-Marie Allain Publié dans #SANTE

Ils sont des milliers à  attenfaire la queue sur les trottoirs parce qu’ils ne veulent pas prendre le risque de mourir de la grippe.
Nos sociétés immergées depuis un siècle dans la culture du progrès et du confort  sont devenues allergiques à la culture du risque (les administrés ne supportent plus qu’une route soit enneigée l’hiver, que la rivière déborde, qu’un logement social se construise non loin de chez eux, source de risque et d’insécurité dans l’imaginaire de certains …).

Nos sociétés sont ainsi écartelées entre une exigence sociale de risque zéro alors que le fondement de notre système social repose sur le libéralisme dont l’essence même est  la culture du risque.

Ils sont donc des milliers à  attendre leur tour sur les trottoirs balayés par le vent et  arrosés par la pluie … au risque d’attraper la grippe.

Au Moyen-Age, quand les gens mourraient de la grippe, de la peste ou du choléra,  c’est pas vers le médecin qu’ils se tournaient mais vers l’église pour chercher une possible rédemption afin d’échapper à ce qui était perçu comme une punition divine.

Le développement du raisonnement logique au Siècle des Lumières a progressivement fait émerger la notion de probabilité des aléas, c’est-à-dire la notion de risque.

Mais le paradoxe, c’est qu’à chaque fois qu’il a voulu se protéger des risques, l’homme en a créé d’autres.

Pour se protéger des prédateurs, des aléas climatiques et de ceux des prix, l’agriculture a poussé la productivité par les engrais avec les résultats que l’on connait.

Pour se protéger de l’insécurité énergétique, les hommes ont exploité les ressources  fossiles au point de s’exposer  parfois à des catastrophes (minières ou nucléaires) et même à leur disparition.

Pour se protéger des fluctuations de certains approvisionnements, les hommes ont créé un maillage sophistiqué de réseaux , eux-mêmes exposés aux risques d’engorgement, de détériorations, d’explosions.

« Le progrès peut être dangereux «  écrivait Hans Jonas, dans une vision prémonitoire.

CE QUI A CHANGE depuis plusieurs décennies, c’est la chaîne de causalité et l’échelle de gravité.

Chaîne de causalité parce qu’un simple incident, compte-tenu des interconnections entre les réseaux, peut aujourd’hui parfois paralyser une agglomération de plusieurs millions d’habitants.

Echelle de gravité parce que, pour certains risques (nucléaire, réchauffement climatique), ce n’est plus une ville ou Etat mais la planète qui est en jeu.

Et avec la grippe ?

Admettons tout d’abord que la terminologie prête à confusion et entretient l’imaginaire.

La gestion de la communication est fondamentale dans la gestion du risque.

Avec la grippe H5N1, exceptionnellement transmissible à l’homme, le synonyme de«  peste aviaire », dont la portée émotionnelle est évidente, a peut-être contribué inutilement   à inquiéter les populations alors que cette épizootie (la maladie de New-Castle est une maladie animale) n’a pas tué 100 personnes dans le monde en 2006.

La grippe H1N1, c’est beaucoup plus grave mais il y a là encore un paradoxe à parler à la fois de grippe (maladie banale même si parfois mortelle) et de pandémie (qui signifie plusieurs milliers, voire millions de morts comme les grippes espagnole en 1938, asiatique en 1957 et de Honk-Kong en 1968).

Les médias sont en émoi depuis quelques jours mais oublient de dire que la grippe saisonnière fait chaque année 3000 morts en France… sans qu’on parle de pandémie.

Alors je veux bien voir défiler toutes les cinq minutes sur l’écran de télé «  la grippe H1N1 n’est pas une maladie anodine » mais qu’on fasse défiler en permanence « le réchauffement climatique n’est un risque anodin » serait pas mal non plus.

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JSPM-AREVA : pourquoi j'ai voté NON à l'agglo

27 Novembre 2009 , Rédigé par Jean-Marie Allain Publié dans #EMPLOI ET DVLPT ECONOMIQUE

Voici le texte de mon intervention au conseil communautaire, expliquant pourquoi je n'ai pas voté la subvention  de 750 000 euros demandée par Aréva.

Le maire de Rousies, Pierre ROCHE, a également voté contre tandis que Mme Bernadette LEJUSTE, maire de Colleret, s'est abstenue.


Chers collègues,

 

La Commission permanent de la région a effectivement voté la subvention mais il y a eu des votes contre.

Le bénéfice d'AREVA en 2008 s’élèvant à 589 millions d'euros (soit environ 35 % du budget du Conseil Régional), on peut d’abord se demander si cette multinationale a raisonnablement besoin de l’argent des contribuables pour se développer.

On peut aussi s’interroger sur le comportement de cette entreprise qui, depuis 40 ans, puise abondamment dans les ressources du NIGER, pays qui est l’un des plus gros producteurs mondial d’uranium mais aussi l’un des plus pauvres de la planète et qui figure à la dernière place de l’indicateur de développement humain (éducation,santé, espérance de vie).

La Commission de recherche et d’information indépendantes sur la radioactivité (CRIIRAD) révèle que des boues radioactives et d’énormes masses de déchets radioactifs sont stockées à l’air libre et que les taux de contamination des eaux distribuées dans la ville minière où opère Areva, dépassent de 7 à 110 fois les recommandations de l’OMS.

Par ailleurs, les installations d’AREVA de traitement de l’uranium  au Niger ont besoin d’électricité, une électricité qui est produite par des centrales au charbon dont les consommations en eau depuis 38 ans ont déjà épuisé 70 % de la nappe, seule ressource en eau de la région…au point que l’économie pastorale et notamment l’élevage extensif des peuplades touaregs est en train de disparaître dans le Nord du Niger.

Comme Lévi-Strauss l’avait fait pour les indiens de la forêt amazonienne, les hydrogéologues alertent le monde sur une catastrophe sociale, environnementale et économique dans cette région  où l’état d’exception a été décrété depuis quelque temps.

Produire ici de l’électricité d’origine nucléaire a pour corollaire, là-bas, contaminations radioactives et désertification.

Enfin, le Schéma Régional de Développement Economique propose de placer l’homme au cœur de toutes les ambitions régionales et pose en préambule la question de la finalité de l’intervention publique dans l’économie. Ce Schéma s’appuie sur l’histoire industrielle de la région et en tire les leçons pour inscrire le Nord – Pas de Calais dans une logique de développement durable.

Je pense, comme d’autres élus l’ont exprimé à la Conférence Permanente de la Région, qu’il convient d’appliquer cette démarche et aider de préférence les entreprises de la filière bois ou des énergies renouvelables, plutôt que de soutenir l’industrie nucléaire.

Croyez bien, chers collègues, que voter contre cette proposition n’est pas pour moi chose facile, à la fois en tant que membre du Bureau mais aussi comme maire d’une commune où de nombreux administrés travaillent chez Areva.

Mais si l’élu doit prendre en compte l’intérêt local, il ne peut faire abstraction de ce qui lui apparaît comme un intérêt humain supra-local et doit voter, en dernière instance, en fonction de ce que lui dicte sa conscience.

Je vous remercie de votre compréhension.

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A LA RECHERCHE D’UN HUMANISME LAIQUE ET MODERNE

19 Novembre 2009 , Rédigé par Jean-Marie Allain Publié dans #SOCIETE

 

Derrière les projets politiques et les programmes qui en découlent se dessinent des modes de pensée qui plongent leurs racines dans l’antiquité.

 

L’humanisme comme théorie du juste milieu dans la pensée antique


L’opposition est récurrente entre les tenants de la rupture et ceux qui prônent des ajustements.

Du côté de la rupture, c’est maître Platon qui a le premier incarné
un principe de la vie éthique qui est à rechercher non pas dans l'expérience mais dans la théorie, ce qu’il appelle le " monde des idées ".
Le discours platonicien, construit sur l’axiome rationaliste, débouche sur des postures tranchées, quitte à plier la réalité sociale à ses exigences d’ordonnancement et à nourrir la rupture et le conflit.
La rupture, qu’elle soit prônée par N Sarkosy ou qu’elle se veuille anti-capitaliste sont , en ce sens, des postures idéologiques d’inspiration platonicienne et toujours susceptibles de déboucher sur une société totalitaire.
La république de Platon est d’ailleurs une république anti-démocratique, Platon considérant que la démocratie, c’est la porte ouverte à la démagogie et à la coalition d’intérêts catégoriels contre la justice (l’égalité hommes-femmes est imposée chez Platon).

Du côté de l’ajustement, c’est Aristote, l’élève de Platon, qui fait figure de référent pour tous les partisans d’une éthique fondée sur le juste milieu et qui défend l'idée selon laquelle, la vertu est toujours  à mi-chemin entre deux contraires, l'un par excès, l'autre par défaut.
Par exemple, le courage est le juste milieu entre la témérité  et la lâcheté.
De même la libéralité est un juste milieu entre la prodigalité  et l'avarice.

Ainsi l'homme juste est celui qui en toute chose sait discerner la voie moyenne et agir selon la mesure.
Il agira " comme il faut, quand il faut et où il le faut ", bref avec sagesse.
C’est dans le juste milieu que se trouve la vertu (in medio stat virtus), l’excès en tout est un mal.

Ethique fondée sur l’expérience (réaliste et empiriste) plutôt que sur les a priori dogmatiques, la théorie du juste milieu est élaborée par Aristote dans son Ethique à Nicomaque.

La théorie aristotélicienne du juste milieu (l'éthique de la médiété pour reprendre l’expression d'Aristote) fut remise au goût du jour par Saint-Thomas, qui a christianisé en quelque sorte la pensée d'Aristote une pensée dont on conviendra qu’elle recouvre bien la philosophie du Modem.

 

L’humanisme de la Renaissance

 

Sous l’impulsion du philosophe italien Pétrarque (XIVe siècle), on assiste, au XVe et XVIe siècle, à un retour aux valeurs de l’antiquité et à un renouvellement de la pensée avec Erasme, Rabelais et Montaigne.
Ces valeurs, quelles sont-elles ? Le pacifisme, le cosmopolitisme (voyage et ouverture à l’autre) – la suprématie des impératifs moraux sur les considérations politiques (clause de conscience) – l’importance de l’instruction qui doit viser des valeurs morales plus que l’érudition –

 

L’humanisme des Lumières

 

Les philosophes des Lumières intègrent les apports du raisonnement rationnel (Descartes / 17e) et de la pensée scientifique pour insister sur le respect de la dignité de l’être humain avec la dénonciation des préjugés dans la recherche de la vérité, le respect de la liberté de religion, la condamnation des violences faites à l’homme (torture, esclavage) et le rejet du fanatisme. 


Après la révolution française, la pensée républicaine voit s’opposer en son sein  les dogmatiques et les humanistes.

Vincent Peillon nous le rappelle dans son récent ouvrage.

Un  certain nombre de penseurs sont marqués par des aspirations spirituelles, parfois empreintes de religiosité.
Ils sont fortement attachés à la Déclaration des Droits de l’Homme, comme le député Edgar Quinet, comme Victor Hugo, ou encore Ferdinand Buisson l’un des fondateurs de la Ligue des Droits de l’Homme, le philosophe spiritualiste Charles Renouvier, le philosophe et ministre Jules Simon, le philosophe mais aussi diplomate à ses heures Henri Bergson, et bien entendu Jean Jaurès.

Quinet reprochait ainsi aux socialistes de son temps d’abandonner le terrain des superstructures et de laisser le champ libre à l’église, préoccupation que l’on retrouvera plus tard chez l’italien marxiste Gramsci.

Cette rivalité entre les conceptions de la République va imprégner la famille socialiste française, confrontée entre une tradition marxiste révolutionnaire, matérialiste et adepte des concepts de lutte de classes et de dictature du prolétariat et une tradition réformatrice, issue de la Deuxième République (1848-1851), fraternitaire,autogestionnaire, aux accents plus idéalistes et incarnée par Saint-Simon, Fourier, Proudhon,le fondateur des Ateliers Nationaux Louis Blanc, le ministre radical Ledru-Rollin….

Si la première conception a dominé la seconde, cela s'explique, aux yeux de l’auteur, par la violence de la critique de Marx qui attribue l'échec de la révolution de 1848 à son caractère utopiste, critique confortée par les libéraux de l'époque, Alexis de Tocqueville en tête.

Le rassemblement dans la SFIO en 1905 des partisans collectivistes de Guesde et des réformistes autour d’Aristide Briand et de Jean Jaures (qui avait été élu sous une étiquette modérée député du Tarn) illustre à cet égard ,au nom de l'unité, la soumission des réformistes à la phraséologie insurrectionnelle... pour le plus grand bonheur des libéraux.
Je précise que Jaures devra même consentir à accepter la censure à l’encontre des autres sensibilités socialistes, ce qui provoquera la colère de Charles Péguy qui décidera de créer son journal « la vérité ».

 

A la recherche d’un humanisme moderne

 

En juin 1936, l’Institut International de Coopération Intellectuelle, à la demande de la Société des Nations, a réuni à Budapest des savants, des philosophes et des écrivains parmi lesquels Paul Valéry et Thomas Mann pour réfléchir à ce que pourrait être l’humanisme moderne.

 

Au fil des entretiens, on discerne l’émergence de quelques idées fortes.

 

-    Sens de la responsabilité morale dans la recherche (le progrès technique n’étant pas synonyme de progrès moral)

-         Respect de la personne humaine et de son libre arbitre

-         Respect de la diversité humaine

-         Recherche d’une communauté spirituelle des êtres humains, voie de l’entente internationale

-         Retour à une conception modeste du bonheur, n’en déplaisent aux orgueilleux délires

-         Recherche de la justice et de l’équité

-         Objectivité et impartialité dans les jugements

-         Esprit de tolérance et d’équilibre

-         Apprendre à se dominer plutôt qu’à dominer les autres

-         Sens de l’engagement désintéressé

-     Sortir de sa sphère privée ou professionnelle pour se frotter aux autres et s’enfouir dans le quotidien des gens

-         Recherche d’une certaine sagesse, douceur et sérénité (contraire du fanatisme)

-         Respect du Passé, des traditions et des symboles

-         Privilégier le Beau et la vision poétique, porteuse de sagesse

-         Responsabilité éducative envers tous les citoyens, en particulier pour éviter la soumission au matérialisme

 

  Toutes ces idées s’appuyaient on s’en doute à la fois sur ce qui se préparait en Allemagne et sur ce qui se passait dans l’empire soviétique.

 

Reconnaissons de ce point de vue au trotskysme cette grande lucidité et ce grand courage d’avoir dès le début condamné les dérives d’un système qui, au nom de l’émancipation, allait accoucher de la dictature.

 

En France, Il faudra attendre au début des années cinquante Albert Camus pour initier la recherche d’un nouvel humanisme laïque et non marxiste.

 

A  André Jeanson, qui reprochait au grand écrivain d'avoir osé imaginer, dans son livre "l'Homme révolté ", qu'il puisse y avoir, une tradition révolutionnaire non marxiste, refusant les goulags, Albert Camus répondait :

" Je commence à être un peu fatigué de me voir, et de voir surtout de vieux militants qui n'ont jamais rien refusé des luttes de leur temps, recevoir sans trêves leurs leçons d'efficacité de la part de censeurs qui n'ont jamais placé que leur fauteuil dans le sens de l'histoire "

Puis, Edgar Morin, exclu du PCF en 1951 pour résistance au stalinisme,  publie en 1965 un ouvrage intitulé " Introduction à une politique de l'homme " dans lequel il explique qu’être humaniste, ce n'est pas croire à la bonté originelle de l'être humain mais considérer que la réflexion sur l'homme, sur ses bons et mauvais côtés, doit sinon prévaloir, du moins accompagner toute autre approche, fut-elle macro-économique.

Or, la limite de la pensée socialiste, c'est justement de considérer qu'il suffit de changer le mode de production pour créer un nouveau monde. Qu'il suffit en un mot de nationaliser les outils de production pour accoucher d'une société meilleure ... comme si la bonté naturelle des hommes faisait systématiquement progresser l'histoire du bon côté.

Mais le jaillissement de la barbarie au coeur de la société occidentale (avec le nazisme et le stalinisme) nous oblige à reconnaître que l'action des hommes (et donc leur part de folie et d'irrationnel) prévaut sur le déterminisme des systèmes.
Marx, enfermé dans une vision messianique du prolétariat, ne s'est jamais posé la question de savoir pourquoi la rareté des biens avait provoqué la guerre ou l'exploitation plutôt que la solidarité.

C'est cette conception partielle, atrophiée de l'homme qui a transformé la théorie socialiste en un dogme.

Sans jeter aux oubliettes les apports de la grille analytique qui permet de décrypter les mécanismes de l’exploitation et de la domination, il n'est jamais trop tard pour replacer l'homme à sa véritable place, c'est-à-dire à sa juste place, en harmonie avec la nature, et pas une nature asservie à l'homme.
Ce serait en effet une autre forme de dérive, bien connue dans nos sociétés occidentales productivistes.


La tradition humaniste, qu'elle s'inspire de la tradition judéo-chrétienne ou de la Renaissance, garde jusque-là cette particularité de mettre l'homme au centre de tout et surtout au-dessus de tout, ce qui l'a amené d'abord à tracer une frontière entre lui-même et les autres espèces vivantes, ensuite à reporter cette frontière au sein de l'espèce humaine où il  y aurait des fractions de l'humanité plus civilisées que d'autres (colonialisme) ou plus dignes de vivre que d'autres (fascisme).
C'est cet humanisme dévergondé qu'a très tôt dénoncé Claude Lévi-Strauss (qui se verra pour cette raison parfois reproché à tort son anti-humanisme) auquel il opposait le principe d'humilité : l'homme doit d'abord respecter toutes les formes de vie (animale, végétale) en dehors de la sienne et se mettre à l'abri du risque de ne pas respecter toutes les formes de vie au sein de l'humanité même.
 

Plus récemment, Vincent Peillon a choisi d’extirper ce refoulement des limbes de l’histoire et de renouer avec un débat étouffé plus que tranché. C’est ce qui lui faire dire que la Révolution n’est pas terminée et qu’il est plus que temps, à l’heure de l’évanescence du marxisme dogmatique dans le monde (mais pas tout - à - fait dissipé au PS si j’en crois la rhétorique redécouverte récemment chez certains de ses petits camarades) d’imaginer une République fraternelle, tournant le dos au sectarisme et aux oppositions stériles.

La république humaniste est une république fraternelle


Si Vincent Peillon se sent proche de la tradition spiritualiste et en particulier celle d’Edgar Quinet, c’est parce qu’il est convaincu que la République

« humanitaire » ou fraternelle doit aussi reposer sur une foi commune en l’humanité de chaque personne, par delà toutes les différences, en un mot reposer sur le principe de laïcité, cette dernière apparaissant de ce fait comme le coeur spirituel, la religion de la république démocratique et sociale (la laïcité , c’est le bien le respect des religions, pas le refus de celles-ci) et l'école comme l'outil assurant jusque là les fonctions dévolues à la religion.
Peillon souligne que c'est bien la vision de Jaures et que l'école, en ce sens, a le devoir d'une instruction morale plutôt que civique.

Les trois termes de la devise républicaine sont en ce sens indissociables. La liberté ne signifie rien si l'Etat n'offre pas, au travers d'une politique de justice fiscale et d'éducation (l'égalité des chances), à ceux qui sont le plus démunis par leurs origines sociales les moyens de sortir de leurs conditions. La liberté sans l'égalité est un mensonge, l'égalité sans la liberté est une caserne constate Vincent Peillon, reprenant en cela les propos du socialiste libertaire russe Bakounine qui disait déjà " la liberté sans l'égalité n'est que privilège, l'égalité sans liberté n'est que despotisme"

Quant à la fraternité, " l'impensé de la tradition politique française " selon Vincent Peillon, c'est pourtant la finalité même de la République, sa transcendance, celle du vivre ensemble, intérêt supérieur aux intérêts individuels et que l'école a pour tâche de préparer.

Si l’idéalisme est une vision intellectuelle, l’humanisme est une disposition, une posture éthique dans la vie de tous les jours.

Ce bref rappel n’est pas inutile dans un con texte où les constructions idéologiques qui ont longtemps dominé le monde (socialisme et libéralisme) se fissurent à vive allure.

« Si notre projet doit être humaniste, sans concessions, il devra s'imposer en dépit du capitalisme, et s'il le faut contre lui.
Le capitalisme est inégalitaire par essence et l'humanisme est égalitaire par vocation ».

François Bayrou (Entretien au journal Le Monde / 5 et 6 avril 2009)

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Mettre TF1 devant la justice

18 Novembre 2009 , Rédigé par Jean-Marie Allain Publié dans #EVENEMENTS

Le reportage de TF1 sur un quartier maubeugeois a légitimement indigné les habitants, les élus et plus largement les sambriens.

 

Le procédé qui a été utilisé par les journalistes est malhonnête.
La question est de savoir s’ils avaient le droit ou pas de procéder ainsi.

 

S’ils en avaient le droit, c’es qu’il y a un vide juridique et qu’il faudrait peut—être proposer un projet de loi pour respecter la dignité des personnes au travers des reportages.

 

Au nom de la liberté de la presse, a-t-on le droit de bafouer la dignité des personnes ?

 

S’ils n’avaient pas le droit, cela relève de la justice.

On va encore dire que le maire de Marpent est procédurier mais, comme Ségolène, je pense qu’il ne faut pas tout accepter, ni laisser dire n’importe quoi.

 

Considérant que la reconnaissance de la dignité inhérente à tous les membres de la famille humaine et de leurs droits égaux et inaliénables constitue le fondement de la liberté, de la justice et de la paix dans le monde (préambule la Déclaration universelle des droits de l'homme), ce droit à la dignité de la personne humaine contre toute forme d'asservissement ou de dégradation est un principe à valeur constitutionnelle en France, repris à l'article 16 du Code civil : « la loi assure la primauté de la personne, interdit toute atteinte à la dignité de celle-ci et garantit le respect de l'être humain dès le commencement de sa vie «.

Le droit à la dignité humaine est également assuré par le Code pénal qui réprime les atteintes à la dignité de la personne.

 

Le procédé de TF1, parce qu’on peut prouver qu’il est malhonnête et parce qu’il porte atteinte à la dignité d’un quartier et plus largement d’une ville, mériterait que la justice soit saisie.

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L'ultimatum climatique : signez l'appel!

18 Novembre 2009 , Rédigé par Jean-Marie Allain Publié dans #ECOLOGIE - DVLPT DURABLE

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  • L'ultimatum climatique, l'appel pour la conférence de Copenhague

ultimatum climatique

Monsieur le Président,

Au mois de décembre de cette année se tiendra à Copenhague le Sommet de l’ONU sur le climat. Confrontés au péril climatique, les dirigeants du monde entier devront parvenir à surmonter leurs divergences d’intérêts de court terme pour se rassembler autour d’un projet politique mondial fondé sur un constat scientifique objectif et ainsi donner une suite au protocole de Kyoto qui soit à la hauteur des enjeux que nous allons devoir tous ensemble affronter dans les décennies à venir. Le résultat de cette conférence dessinera l’avenir climatique de l’humanité. Or comme le rappelait il y a un an le secrétaire général des Nations Unies Ban Ki-Moon, « nous sommes au bord d’une catastrophe si nous n’agissons pas ».

Acteurs reconnus de la protection de l’environnement, des droits humains et de la solidarité internationale, conscients des responsabilités qui sont les nôtres, nous avons décidé pour la première fois de parler d’une seule voix pour vous exprimer publiquement notre préoccupation et vous appeler à agir avec ambition et détermination lors de la Conférence de Copenhague. Au regard de l’ultimatum climatique auquel l’humanité est confrontée aujourd’hui, Monsieur le Président, vous aurez rendez-vous avec l’Histoire en décembre 2009.

Le réchauffement du système climatique est sans équivoque. L’activité humaine en est la cause. Ses impacts se font déjà ressentir en différents points du globe, notamment par la multiplication des catastrophes climatiques. Si nous n’agissons pas maintenant, ils seront sans aucun doute encore plus dévastateurs. C’est le constat sans appel de 2 500 scientifiques du monde entier qui ont reçu collectivement le Prix Nobel de la Paix en 2007 pour leurs travaux sur le phénomène des changements climatiques. Depuis, de nouveaux éléments scientifiques montrent, chaque jour, que le climat se dérègle au-delà des prévisions les plus pessimistes, avec des conséquences bien plus précoces que prévues et d’ores et déjà visibles.

S’il est encore difficile d’évaluer avec précision l’amplitude des impacts, le danger est en revanche déjà certain. Ecosystèmes ravagés, variabilité climatique extrême, hausse du niveau des océans… : les premières victimes de ces catastrophes en chaîne sont les populations déjà vulnérables en Afrique subsaharienne, en Asie centrale, du Sud Est ou dans de nombreux pays insulaires. La sécurité alimentaire, l’accès à l’eau ou à la terre sont gravement menacés et des centaines de millions de personnes risquent d’être poussées à l’exode, grossissant les rangs de ceux que l’on nomme les « réfugiés climatiques ». Dans un monde de crises, nous craignons que la guerre, l’autoritarisme, les inégalités, la misère  et la souffrance humaine prennent encore un peu plus le pas sur la paix, la dignité humaine et la démocratie.

L’urgence climatique nous commande donc d’agir à la hauteur des périls qui sont devant nous. Nous maîtrisons déjà la plupart des technologies nécessaires pour relever le défi d’un mode de développement qui intègrerait à sa juste mesure l’impératif climatique. De plus, cette rupture avec un modèle de développement hérité d’un passé révolu recèle des opportunités d’économies, d’emplois et d’innovations considérables. Encore faut-il que nous prenions la décision politique de le faire.

Tout d’abord, il faut impérativement parvenir à stopper la croissance des émissions mondiales de gaz à effet de serre d’ici à 2015 avant de les faire décroitre. C’est la seule voie pour limiter le réchauffement des températures bien en-dessous de 2°C, seuil au-delà duquel la capacité à s’adapter de nos sociétés et des écosystèmes est menacée. Pour ce faire, Les pays industrialisés, dont la France, doivent s’engager collectivement à réduire leurs émissions de gaz à effet de serre d’au moins 40% d’ici à 2020 par rapport à 1990.

Mais cela ne sera pas suffisant. Les pays en développement doivent, eux aussi, mettre en place les politiques industrielles, énergétiques et agricoles qui limiteront la croissance de leurs émissions avant de les réduire, sans compromettre leur légitime aspiration au développement économique et social. L’accord de Copenhague devra permettre à ces pays d’évoluer vers des modèles sobres en carbone. Il devra aussi leur permettre de s’adapter aux conséquences inévitables du changement climatique.

Pour nombre d’entre eux, en particulier les plus vulnérables, ces actions ne pourront se faire sans le soutien financier et technique des pays industrialisés. Les besoins d’ici à 2020 sont évalués à plus de 100 milliards d’euros par an. C’est moins de 10% des dépenses militaires mondiales.

Responsables de la majorité des émissions de gaz à effet de serre aujourd’hui dans l’atmosphère, munis de capacités d’action plus fortes, les pays industrialisés portent la responsabilité morale, légale et économique de mener le combat contre le dérèglement du climat. Monsieur le Président, vous vous devez de prendre la tête de ce combat qui est sans aucun doute l’enjeu de ce siècle. Notre avenir commun dépendra dans deux cents jours des choix politiques qui seront faits.

Serge Orru, WWF-France
Pascal Husting, Greenpeace France
François Danel, Action contre la Faim
Olivier Braunsteffer, Care France
Souhayr Belhassen, FIDH
Nicolas Hulot, Fondation Nicolas Hulot
Anne Bringault, Les amis de la terre
Michel Bruguière, Médecins du Monde
Luc Lamprière, Oxfam France Agir Ici
Sandrine Mathy, Réseau Action Climat
Michel Roy, Secours Catholique


Plus de 300 000 citoyens ont déjà signé l'Appel sur www.copenhague-2009.com
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Transports : intox maximum pour service minimum

15 Novembre 2009 , Rédigé par Jean-Marie Allain Publié dans #TRANSPORTS

La grande réforme annoncée par N.Sarkosy sur le service minimum des transports se révèle une supercherie et ce ne sont pas les aplombs de Xavier Bertrand qui pourront la dissiper.
En cas de grève, la SNCF s'engage à faire au mieux avec le personnel en place.
Cela ne garantit aucun niveau de trafic.
Il faut donc un toupet extraordinaire pour affirmer le contraire.
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Hold-up sur le 1 % logement

15 Novembre 2009 , Rédigé par Jean-Marie Allain

On a souvent accusé l'Etat de reprendre la manne du 1% logement pour financer ses propres politiques publiques , notamment la politique de la ville.
Et bien l'on se dit aujourd'hui, quand on voit les dérives scandaleuses des salaires des dirigeants des CIL (250 000 euros par an pour certains), que l'Etat aurait dû tout reprendre.

Ce n'est pas la mise en place de comités de rémunérations au sein de ces organismes paritaires qui va régler le problème.

Les CIL, nés dans le Nord grâce à une certaine philosophie du patronat chrétien,ont joué un rôle déterminant dans la politique du logement.

Ce n'est pas une raison suffisante pour les maintenir aujourd'hui si la plupart sont corrompus.
L'Etat pourrait encaisser directement cet argent sans passer par des intermédiaires coûteux, voire obliger l'employeur à le mettre sur la fiche de paie des salariés puisque cet argent est d'abord le leur.

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