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Le blog de Jean-Marie Allain
Articles récents

Vote des villes et vote des champs

25 Mars 2010 , Rédigé par Jean-Marie Allain Publié dans #SOCIETE

 

Le vote du FN dans les campagnes en a surpris plus d’un.
Et les maires, interrogés hier par La Voix du Nord, restent bien dubitatifs sur cette poussée de l’extrême- droite.

 

Il ne faut pourtant pas oublier que les Régions sont des institutions conçues pour tenir compte des villes et de l’urbanisation à une époque où la taille des départements ne correspondait plus aux enjeux de l’aménagement du territoire.

 

Les Régions, dans leurs compétence, sont donc d’abord des institutions conçues pour les villes : lycées, formation, TER avec ses pôle gares notamment.

 

Le mode de scrutin a par ailleurs mis en adéquation les élus régionaux avec la philosophie de cette institution.

Les élus régionaux sont en effet majoritairement des élus des villes, non pas par le fait du hasard mais parce que le scrutin proportionnel favorise l’élection des militants qui ont plus de facilité pour s’impliquer dans la vie des partis, c’est-à-dire les militants des grandes villes.

 

Le profil très urbain des élus régionaux accentue donc ce marquage d’une Région qui oublie la ruralité.

 

La Région ne porte pas de manière équilibrée la thématique de l’aire métropolitaine et celle des campagnes.

Les SCOT sont élaborés par des syndicats souvent présidés par des urbains  et où les ruraux ont du mal à se reconnaître.

 

Les Zone Franches sont  réservées aux villes, mais interdites aux campagnes,

Les Zones commerciales de la périphérie des villes font mourir les commerces ruraux,

La « modernisation » des services publics se fait au détriment de la ruralité,

La politique de la Ville illustre l’absence d’une politique de la ruralité et plus globalement l’absence d’une politique d’Aménagement du Territoire.


Quand on voit les subventions régionales pour les manifestations culturelles des villes, les bénévoles des Fêtes du Terroir ou les élus des petites communes  ne peuvent qu’être abasourdis par l’inégalité de traitement.

 

Les milieux régionaux, largement issus des villes, ont ainsi oublié que la France rurale d’aujourd’hui est beaucoup moins une France paysanne et agricole qu’une France d’ouvriers et d’employés et surtout une France des oubliés.

 

Mais le silence est une forme de mépris.

La Région Nord-Pas-de-Calais  a par exemple abandonné les Contrats de Développement Ruraux au profit des Pays, c’est-à-dire de territoires plus larges (chez nous l’arrondissement) où les élus des villes ont repris le pouvoir.
Elle a aussi abandonné les aides aux communes de moins de 2000 habitants pour le patrimoine.

 

Le vote FN, c’est la manifestation électorale d’une société rurale sur la défensive face à l’hégémonie des villes .

Alors que la carte de ce vote est le négatif du vote écolo, on peut y voir l’expression d’un clivage profond urbain/rural.

 

On peut ainsi voir dans le vote FN (comme dans celui en faveur de CPNT à la présidentielle), l’expression d’une réaction du « peuple » des campagnes contre les « élites » des villes.

 

L’émergence d’une liste jeunes agriculteurs a sans aucun doute été un autre symptôme de ce malaise mais il aurait été probablement plus percutant si son intitulé avait été la ruralité plutôt que l’agriculture.

 

Ce qui est sûr, c’est que la gauche et les écologistes (encore moins le Modem) n’ont pas pris la mesure de ce qui était en train de se passer et que, s’ils continuent à faire l’autruche,on pourrait avoir des surprises aux présidentielles…

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La question des transports en Val de sambre

24 Mars 2010 , Rédigé par Jean-Marie Allain Publié dans #TRANSPORTS

REMARQUES SUR LE BUDGET ANNEXE TRANSPORT du SMVS

 

200 000 euros de dégâts sur Viavil que nous avons inauguré il y a un peu plus d’un an, c’est beaucoup.

J’ai le sentiment que la pose de la vidéo surveillance , si elle avait dès le départ suggéré par les nombreux cabinets qui ont travaillé sur le projet, aurait pu permettre d’économiser 200 000 euros.

 

Etude de satisfaction : 70 000 euros
La création de comités de lignes permettrait de trouver des espaces d'expression des usagers ou usagers potentiels, quitte à ce que, sur la base de ces échanges, on définisse le besoin de telle ou telle étude.


Plan de Déplacements Urbains :

Pour mémoire, nous avons déjà eu :

 

- Etudes du schéma Directeur d’Intermodalité du Val de Sambre : plus de 300 pages excellentes par le Cabinet

EUROTRANS CONSEIL en 2000

 - Document d’orientation Stratégique réalisé par le cabinet CIRCAM

 - 2002 : Plan de déplacement Urbains sous maîtrise  d’œuvre du cabinet Yan Le Gall

 - Déclinaisons des prescriptions et des actions du PDU à l’échelle des pôles :

-         Pôle d’Aulnoye  par Yan Le Gall consultants (2003)…,

-          Pôle de Jeumont par le cabinet Altermodal, groupe Indigo  (2004)…

-         Louvroil : réalisation d’un Schéma Directeur des déplacements en 2003 par le Cabinet Kinergos, étude par le Cabinet Kinergos sur les déplacements en coeur de ville janvier 2004, étude de définition de la zone 30 en cœur de ville en mai 2004 (même cabinet)

-         Etude des déplacements sur Neuf-Mesnil (2005) par le Cabinet Kinergos de Philippe Lernould…

- 2003 : étude Kinergos sur les déplacements sur la commune de Rousies
 
- Enquêtes Origine Destinations réaliséees par le CETE Nord Picardie en 2004… sans traduction concrète sur le terrain

 - Etude de la desserte marchandises en septembre 2004 par Kinergos Conseil… sans traduction sur le terrain

Etude payée au cabinet de Dominique Maison (Tracés Urbains), jamais rendue.

 - Etude «  sécurité routière dans le cadre de la mise en place du PDU » réalisée par Kinergos Conseil en 2004

 - Réalisation des Plans de Mobilité réalisés par Kinergos en 2004 et 2005,

Etude sur les enjeux environnemantaux et la question du stationnement / Kinergos en 2004/2005

 - 2005 : Enquête Sondage BVA sur le déplacement des Ménages (enquête cordon), en partenariat avec la DDEet le CETE

 - 2005 toujours, étude DDE sur les principaux flux d’échanges et de transit routier sur l’agglomération de Maubeuge.

 

En dehors de Viavil, ces études n’ont donné lieu à aucune concrétisation sur le terrain.

Elles ont été faites et financées (pour plus d’un million d’euros) parce que l’Etat imposait qu’il y ait un PDU pour financer un site Propre.
Lorsque le gouvernement Raffarin a décidé de se désengager du financement des TCSP, le SMVS a laissé tomber le PDU, je l’ai dit, c’est regrettable, comme si, en dehors des autobus, la question du stationnement,  des piétons et des deux roues n’avait pas d’importance.

 

Aujourd’hui, le PDU refait surface…. avec une nouvelle dépense.

 

Je demande que les conseillers communautaires disposent d’une note de synthèse de l’ensemble de ces études, une note qui mettrait en exergue les points sur lesquels la réflexion doit être approfondie ou actualisée et qui pourrait cadrer et cibler le PDU dont nous avons besoin.

Elle servirait de matrice au futur cahier des charges mais serait au moins validée politiquement par les élus du SMVS.

Pour le pôle frontalier, la suggestion qui ma été faite par un utiisateur quotiden de Stibus : mettre en place une navette de ramassage dans les quartiers de Jeumont qui opèrerait un rabattement sur la ligne 51.
A étudier bien sûr.


TRANSFERT DU DEPOT DE BUS (lié au projet EuraSambre)

Il faut certes trouver un lieu pour le dépôt central.
Mais on peut aussi en profiter pour créer sur Jeumont et Aulnoye deux micro-dépôts où les bus du matin seraient garés la veille (aujourd'hui, les bus viennent à vide du dépôt central).
On pourrait lier cette réflexion à la nécessaire création, sur chaque pôle, d'une plate-forme d'accueil pour le stationnement la nuit et le week-end des poids lourds qui encombrent les voies communales (problème de sécurité), les détériorent et créent des nuisances sonores tôt le matin.
Enfin, comme le suggère Didier Pol, élu de Leval au SMVS, cette réflexion (dans le cadre du PDU) pourrait intégrer la question des futurs pôles techniques de la voirie désormais intercommunale.
De tout cela il faut débattre bien sûr mais ce sont des pistes de travail.

 

 

 

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L'appel du 22 mars

23 Mars 2010 , Rédigé par Jean-Marie Allain Publié dans #ECOLOGIE - DVLPT DURABLE

La journée du CEAS l’a encore montré.

Le divorce est profond entre le monde politique et la société active et créative.

Toutes les initiatives originales sont nées de la société civile.

Parfois, elle sont impulsées par les institutions, c’est le cas des CIGALES, ces réseaux de collecte et d’épargne solidaire (impulsées par la Région, en particulier sous le mandat de MC Blandin).

Mais rien ne se fait sans l’implication des acteurs de la société civile.

 

Face à ce terreau d’initiatives, le mode politique fonctionne comme des écuries de Formule 1 clame Daniel Cohn Bendit.
 « Ces belles mécaniques politiques peuvent être très sophistiquées et faire de belles courses entre elles, mais elles tournent en rond toujours sur le même circuit, avec de moins en moins de spectateurs ».

Sortir de la stérilité des jeux de pouvoir et de la tempête des egos pour trouver une forme politique inédite, tel est le pari de Daniel Cohn Bendit, qui estime que l’important est moins de savoir d’où nous venons (le principe de la double appartenance est reconnu) que de savoir où nous voulons aller ensemble.

 

Il lance un appel pour transcender les vieilles cultures et repenser la forme même du politique.

Dépasser « la forme- parti » comme nous disions au PSU avec Bernard Ravenel au début des années 80.

C’est un pari auquel on veut (encore) croire.

Ne pas hésiter à lire l'appel, un grand crû comme il n'en sort que tous les 42 ans.
www.europeecologie22mars.org
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Un ciel bleu... et des nuages chargés de dioxine et de furane

23 Mars 2010 , Rédigé par Jean-Marie Allain Publié dans #SANTE

Chouette, v'là le printemps et le ciel enfin passé du gris au bleu... sauf que ce bleu pourrait bien cacher des choses désagréables.


Le centre de valorisation énergétique du SMIAA a fait l'objet les 22 et 23 septembre d'un contrôle inopiné par la SERECO, un organisme indépendant accrédité et diligenté par l'Etat.
Ce contrôle a duré six heures.
Un dépassement significatif (80 %) sur le paramètre dioxines/furannes a été constaté.

 

Très stables et extrêmement bio-accumulables, la dioxine et le furane sont des polluants redoutables, extrêmement persistants, qui s'accumulent dans l'environnement et le long des chaînes alimentaires, jusqu'à l'homme.

  A la différence des autres polluants organiques persistants, les dioxines et les furanes ne sont pas des molécules synthétisées dans un but particulier mais des composés non désirés, qui se forment sous certaines conditions.

 

Ce dépassement serait dû à un dysfonctionnement électrique du ventilateur d'air de transport.
L'Inspection des Installations classées préconise des mesures en semi-continu pour le 1er septembre 2010.

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Vol au-dessus d'un nid de cocus

23 Mars 2010 , Rédigé par Jean-Marie Allain Publié dans #EVENEMENTS

Le Nord compte six arrondissements.
Logiquement, une liste qui a six élus devrait avoir un représentant de l'avesnois.
Le PS a 23 élus dans le Nord dont 1 seul pour l'avesnois.

L'UMP a 11 élus dans le Nord dont 0 de l'avesnois

Le Front de Gauche a 11 élus dans le Nord dont 1 de l'avesnois
Europe-Ecologie a 10 élus dans le Nord dont 0 pour l'avesnois
Le FN a 13 élus dans le Nord dont 0 pour l'avesnois.

Notre arrondissement a bel et bien été cocufié

par les métropoliateurs, de gauche comme de droite.

Les têtes pensantes des appareils ont utilisé les candidats de l’avesnois pour faire bien sur la photo de famille.

Avant de les faire passer à la trappe.
A force de dénigrer ou de spolier un territoire, on lui donne des raisons
de s'exprimer autrement.
A quand un mouvement de la Sambre-Avesnois ?
On n'est jamais aussi bien servi que par soi-même.

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Régionales et métrospoliation

23 Mars 2010 , Rédigé par Jean-Marie Allain Publié dans #REFORME DES INSTITUTIONS

Une nouvelle fois, les élections régionales ressemblent à un jeu de pocker menteur.
Au départ, tout le monde est sur la ligne, chaque sensibilité, chaque secteur géographique.
A la fin, il reste essentiellement les candidats de la métropole.
Le Val de Sambre ne pèse certes que 3 % dans la Région Nord Pas de Calais.
Avec une seule représentante, cela nous donne moins de 1 %.
Notre vallée sera une fois de plus sous-représentée.
Les cocufiés permanents sont les territoires excentrés.
Non seulement, l'assemblée souffre d'une légitimité évidente avec l'abstention.
Mais cette faible légitimité se fragilise encore lorsqu'on regarde la représentation géographique.
L'élection à la proportionnelle, pour être encore crédible, devrait intégrer une exigence de parité homme/femme et de représentatitvité géographique.
Faute de cela, on attend avec impatience les conseillers territoriaux.
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Les chevaliers de l'espoir

20 Mars 2010 , Rédigé par Jean-Marie Allain Publié dans #EVENEMENTS

J’étais Invité ce samedi après-midi, à l’occasion des Assises du territoire organisées par le Centre d’Etudes et d’Action Sociale de l’Avesnois (Apostolat des Laïcs) à faire part de mon regard sur l’évolution et le devenir de notre arrondissement, à partir de mon itinéraire (à la fois militant, professionnel, associatif et politique)

Cette manifestation a été un véritable succès : du monde, un accueil chaleureux, des exposants du terroir, un public attentionné..

J’ai souhaité rappeler la spirale du déclin que nous connaissions dans les années 70.

Dans un territoire peu prédisposé à susciter l’initiative endogène (à force de toute recevoir de l’extérieur, on attend tout de l’extérieur), la Sambre-Avesnois comptait une poignée de chevaliers de l’espoir qui allaient s’arracher au sommeil de la démission et expérimenter ce que l’on appellera plus tard la résilience, cette capacité du métal rétracté à reprendre forme et vie.

Ces chevaliers de l’espoir venaient exclusivement de la société civile et partageaient la même passion charnelle au territoire, une conviction prémonitoire sur les nécessaires changements de mentalités et une mystique dans l’efficacité de leurs actions.

Ils s’appelaient Maurice Cauchies, fondateur d’Accueil et Promotion, Marc Goujard, créateur de l’Ecomusée de Fourmies, Francine Auger, directrice de Radio-Canal Sambre et Didier Fusillier, animateur du Théâtre Six, puis du Manège.

Le premier souhaitait mettre en place une offre d’hébergement pour les victimes de la crise,

Le second fit tout pour sauver les machines textiles de la Fagne avesnoise, non pas par nostalgie mais pour entretenir la culture du travail et des savoir faire auprès des jeunes générations,

La troisième a compris que les populations locales, y compris celles issues de l’immigration, avaient besoin de s’exprimer, d’échanger sur leur drame, leur histoire et leurs attentes,

Le quatrième a saisi la mutation culturelle qui allait balayer la vieille Kermesse de la bière, usée par le temps et l’alcool, au profit d’un lien plus fort (et inattendu) entre l’urbain et la culture.

Leur lucidité fut à maints égards prophétique :

-          Accueil et Promotion s’est développé et remplit toujours une mission sociale d’urgence, complétée par Habitat Pour Tous.

-          L’Ecomusée a essaimé avec ses antennes autour de la pierre, du verre, du bocage et du patrimoine. D’autres petits musées de Pays sont nés dans la foulée.

-          Radio-Canal Sambre, devenue Canal FM, est un outil culturel reconnu et apprécié.

-          Maubeuge est devenue scène nationale et a troqué les Inattendus pour les Folies, qui assurent à Maubeuge une partie de sa notoriété, alors que d’autres manifestations festives et urbaines comme Les Nuits Secrètes y ont puisé une part de leur imagination.

 

Cette échange était pour moi l’opportunité de rappeler que la société civile a toute sa place dans le développement local et qu’elle a souvent été le fer de lance des initiatives les plus originales.

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ZFU : près de 85 emplois par an

18 Mars 2010 , Rédigé par Jean-Marie Allain Publié dans #EMPLOI ET DVLPT ECONOMIQUE

Depuis 2004, il s’est créé sur la zone Franche 851 emplois.
Il s'agit bien de créations et non de transferts.
 

Sur ces 851 emplois, 422 emplois (CDI et CDD de plus de 12 mois) ont été créés par des entreprises éligibles aux avantages de la ZFU.

 

La ZFU a donc permis la création de 422 emplois, soit près de 85 emplois par an depuis 2004.

 

On pourra dire que c’est mieux que rien d’autant plus que la moitié sont occupés par des habitants des quartiers sensibles.

 

On pourra aussi dire que les entreprises auraient peut-être de toute façon créé une partie de ces emplois ou encore que, au regard du nombre d’emplois créés, le coût pour l’Etat est extrêmement lourd puisque les aides fiscales ne sont pas conditionnées par de la création d’emplois.

 

En tout état de cause, le système de la ZFU mériterait d’être corrigé pour que seules les véritables créations d’emplois donnent droit aux aides fiscales.

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Le bonapartisme, nouvelle pensée unique ?

17 Mars 2010 , Rédigé par Jean-Marie Allain Publié dans #REFORME DES INSTITUTIONS

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Le projet de réforme des collectivités territoriales suscite une opposition des associations d’élus telle, qu’on se demande si une pensée unique n’est pas train de s’installer sur le sujet.

Si l’Etat avait réuni le Congrès pour modifier la Constitution et supprimer les départements, nous aurions eu droit aux mêmes cris d’orfraie.

Pourtant, force est bien d’admettre que le découpage départemental est l’héritage de la période révolutionnaire, puis bonapartiste et que, s’il avait un sens à cette époque, il s’agissait alors de quadriller le territoire sur la base de la circulation hippomobile, des réseaux de communication d’alors, en tenant compte des frontières.

Ce qui explique au passage l’étendue et la forme rectiligne de notre département du Nord, bande de sécurité militaire mais ne reposant sur aucune culture commune, malgré le mythe d’une culture "chti", issue de la mine et irriguant dans l’imaginaire social, l’ensemble des nordistes.

Il est frappant de constater que la tradition républicaine de la gauche traditionnelle n’a jamais été en mesure d’appréhender ce problème de l’inadaptation des structures administratives et d’en faire un axe de combat politique.

Certes, JP Chevènement a bien tenté de réorganiser le paysage des intercommunalités mais en laissant se créer des regroupements circonstanciels, pas toujours cohérents sur le plan géographique, sans aucun projet et uniquement motivés par la majoration de la dotation de fonctionnement.

Curieusement, en créant le découpage régional, le pouvoir gaulliste, que par certains côtés on pourrait voir comme un conservateur, tentait d’inventer une échelle à la taille de la civilisation automobile, une échelle censée supplanter ultérieurement celle des départements.

Le gaullisme avait donc senti cette évolution.

La "deuxième gauche" autour de Rocard et du PSU (et d’une partie du PS)  l’avait parfaitement intégré.

La gauche traditionnelle, probablement parce qu’elle comptait un grand nombre de conseillers généraux (alors que le PSU n’en comptait guère !) est restée campée sur l’archaïsme d’un découpage administratif bi- centenaire, prenant même le risque de donner du grain à moudre à nos régionalistes et à les pousser dans les bras d’autres courants idéologiques.

Peut-être faute d’avoir eu le courage d’affronter les conservateurs pour supprimer un niveau supplémentaire ou peut-être parce que la Région, de par son mode dé désignation de ses élus, reste éloignée de nos concitoyens, il a fallu faire un exercice d’équilibriste pour inventer ce nouveau et curieux personnage qui s’appellera «  le conseiller territorial », appelé à représenter à l’échelle départementale un canton élargi et à siéger en même temps au Conseil Régional.

Malgré ce compromis (plus complexe il faut le dire que la suppression pure et simple des départements…), c’est la levée de boucliers de toutes les associations des élus.

Je suis par nature méfiant sur les engouements de masse.

Un peu comme les phénomènes de foule, il existe dans les meetings, congrès et colloques des effets d’entraînement et de mimétisme réels qui font passer l'émotionnel au détriment du rationnel.

Qu’entend  t- on à propos de ces futurs conseillers territoriaux ?


Le travail du conseiller général représente déjà une belle somme de travail auquel on veut rajouter le travail d’élu régional

Cet argument ne tient pas lorsqu’on voit les cumulards qui siègent dans les conseils généraux.

Le fait de diminuer le nombre d’élus et de leur donner une double mission sera surtout un excellent moyen de limiter le cumul des mandats.

Les territoires urbains vont être sur- représentés alors que leur superficie est moindre

Certes, mais jusqu’à nouvel ordre, dans  la démocratie, on compte les voix humaines, pas les surfaces cultivées ou le nombre de têtes de bétail.

Reconnaissons la réalité : le découpage communal et cantonal est resté identique alors que la proportion entre population rurale et population  urbaine s’est inversée.

On peut être un défenseur de la ruralité en ayant l’honnêteté de reconnaître que les populations urbaines étaient sous- représentées dans les conseils généraux.

La proportionnalité démographique n’est pas la solution idéale mais reste, comme la délégation parlementaire, le moins mauvais système que l’on ait trouvé jusqu’alors.

Ma commune est minuscule en superficie mais je ne vois en quoi la commune voisine, dix fois plus vaste mais deux fois moins peuplée que la mienne, pourrait se prévaloir de peser autant dans les instances intercommunales.

Si l’on estime que les conseillers territoriaux ne prennent pas suffisamment en compte les intérêts des petites communes, il reviendra à celles-ci de se regrouper (l’AMRF est là pour çà !), de travailler en réseau et de peser sur le choix des élus.

Le rôle des maires ruraux se trouverait affaibli

Arrêtons les fantasmes !

On ne voit pas en quoi la création d’un conseiller territorial va affaiblir le rôle du maire.

Le conseiller territorial aura simplement plus de maires comme interlocuteurs mais cet élargissement géographique coïncide mieux avec l’échelle des problématiques et des enjeux réels de la gestion de l’espace.

Que le conseiller général ne vienne plus remettre la coupe au vainqueur du tournoi de football ,c’est pas grave si en contrepartie il passe par exemple plus de temps à aborder avec les élus les questions de la desserte routière départementale.

La ruralité ne doit pas être synonyme de conservatisme.

Tout concourt à éloigner les lieux de décision des habitants

Ceux qui parlent ainsi s’accrochent au canton.

Qu’on ne compte pas sur moi pour défendre un découpage arbitraire qui n’a aucune cohérence géographique.

La question n’est pas de savoir si tel ou tel type d’élu va voir son rôle ou son pouvoir amoindri.

La question est de savoir quelle est l’échelle territoriale pertinente pour traiter d’un domaine de compétence et de gestion publique.

De ce point de vue, c'est sur le découpage des futurs "nouveaux cantons" que les élus devraient consacrer leur énergie plutôt que de défendre le maintien     d'un découpage obsolète.
 Notre destin d’élu est secondaire par apport à l’intérêt des citoyens.

Certes, le département s’éloigne un peu, mais la Région se rapproche.

Qui connaît les conseillers régionaux de son secteur?  Qui sont ces conseillers régionaux, sinon souvent des militants placés par les partis et pas toujours ancrés sur leur territoire ?

L’abstention record aux élections régionales démontre de manière éclatante la nécessité de rapprocher la Région des citoyens.

Les départements perdent leur liberté fiscale et deviennent des agences de l’Etat

J’ai toujours considéré anormal de me voir prélever sur ma feuille de contribution locale un impôt sachant que pour  les administrés, ce sont « les impôts du maire ».

Pourquoi les départements n’ont-ils jamais demandé un prélèvement séparé et lisible ?

L’élection à un seul tour renforcerait le bi- partisme et donc la politisation du scrutin.

De toute façon, aujourd’hui, l’élection cantonale à deux tours ne laisse passer qu’une part infime de candidats « sans étiquette ».

Dans un département comme le Nord, les candidats sans étiquette (ou qui ne veulent pas l’afficher) se comptaient sur les doigts d’une main et finissaient souvent par rejoindre un groupe.

Cela étant, il est vrai par contre que l’élargissement du découpage cantonal rendra plus coûteux l’élection et éliminera souvent  les candidats sans étiquette.

Une élection à deux tours serait donc plus juste.

On le voit, il n’y a donc pas le noir d’un côté et le blanc de l’autre.

Je souhaite que l’on puisse, dans un débat dépassionné et objectif, admettre les limites du système actuel  et reconnaître qu’il a besoin d’être modernisé dans l’intérêt général des citoyens.

Mais qu’en pensent après tout ces derniers ?

Rien car tout cela semble bien compliqué.

La redéfinition du cadre territorial de l’action publique les concerne pourtant au premier chef.

Mais qu’en penseraient-ils si on leur expliquait et s’ils pouvaient s’exprimer ?

Et si ensuite, ils étaient consultés par référendum, ne serait-ce pas plus démocratique ?

Le débat politique est parasité par le campanilisme de ceux qui sont juge et partie.

Il serait temps de donner la parole à ceux qui ne l’ont pas encore prise.

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La claque annoncée du Modem

14 Mars 2010 , Rédigé par Jean-Marie Allain

Difficile, avec une liste fortement marquée UDF, donc à droite, de se réclamer du centre.
Difficile, avec une tête de liste imposée par Bayrou, de se réclamer d'une autre manière de faire de la politique
Difficile, avec une liste qui ignore une partie des territoires de sa région, de faire autre chose qu'une liste de copains
Difficile, quand on igtnore la base et mêle ses rares élus, d'espérer exister politiquement,

Difficile avec des mots d'ordre du style "nous sommes sympathiques" de prendre les électeurs pour des imbéciles
Difficile, en faisant la confusion entre congrés et spectacle, de faire croire qu'on est autre chose qu'une écurie présidentielle,

Corinne Lepage a raison sur toute la ligne.

J'avais gardé le silence pendant la campagne par respect pour les candidats.
Aujourd'hui, je peux le clamer :
Le MODEM paie une stratégie suicidaire et, dans le Nord, prend une claque annoncée et je dirais même plus méritée.


 

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