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Le blog de Jean-Marie Allain

Articles récents

Le recensement oublie le développement durable

26 Janvier 2010 , Rédigé par Jean-Marie Allain Publié dans #SOCIETE

Le recensement INSSE a démarré et mobilise dans nos mairies le personnel et même au-delà. Nous attendons les résultats de cette vaste enquête, exhaustive dans nos petites communes, comme un élève attend les résultats d’un examen.
Car le recensement apporte avec lui des éléments chiffrés dont certains serviront d’indicateurs de nos politiques publiques locales.
Ce moment est donc particulièrement important, presque solennel.
L’élu reste en admiration devant la puissance de l’appareillage statistique, entendons- par là sa rigueur et sa fiabilité.
Cela étant, on peut regretter que le recensement, dans les questions qu’il pose, garde un aspect désuet, voire anachronique.
Le questionnaire de l’INSEE fait totalement abstraction des évolutions sociétales. Exemple du développement durable et du bilan carbone.
L’INSEE nous demande notre mode de chauffage mais restitue ses tableaux en distinguant le chauffage électrique, au fioul, au gaz de ville, au gaz bouteille, tous les autres modes de chauffage étant regroupés dans la rubrique « autre chauffage » !
Autrement dit, ne cherchons pas à savoir combien de ménages se chauffent encore au charbon…(gros émetteurs de CO2), ils sont mélangés avec les ménages qui se chauffent au bois ! Dommage de rater une telle occasion.
Certes, l’INSEE peut toujours faire une exploitation spécifique sur demande… mais, comme tout service public passé sous les fourches caudines de la rationalité budgétaire, fera payer sa prestation.

Il n’en demeure pas moins regrettable et incompréhensible, à l’heure où l’Etat oblige les agglomérations à élaborer des plans climat territoriaux, que ses services n’aient pas intégré cette préoccupation du développement durable dans les questions posées.
Si l’on veut appuyer nos politiques publiques sur des objectifs clairs et évaluables, c’est finalement le recensement lui-même qu’il est temps de repenser complètement à la lumière de ces nouvelles préoccupations sociétales : puissance des véhicules, type de carburant, pompe à chaleur ou pas etc….

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Foncier pas cher, foncier dilapidé

26 Janvier 2010 , Rédigé par Jean-Marie Allain Publié dans #EVENEMENTS

Il est souvent dit à propos du foncier dans notre arrondissement que son bas prix, eu égard à d'autres régions, est un  potentiel d'attractivité économique et résidentielle.
Il est vrai que ce potentiel existe mais le prix abordable du foncier a pesé lourd dans notre aménagement : on a gaspillé les terres et laissé partir logements et commerces sur des plateaux agricoles alors qu'il eût important de les retenir dans le tissu urbain.

Encore aujourd'hui, les documents d'urbanisme affichent souvent des zones à urbaniser dans les terres agricoles alors qu'il existe, au sein de nos zones urbanines, des terrains potentiellement mobilisables.

Si nous n'avons pas bien géré le foncier, c'est justement parce qu'il n'était pas cher.
Les régions viticoles comme la Champagne ou l'Alsace, qui ont toujours eu un foncier très cher, offrent des modèles de dévelopement urbain axés sur le confortement du tissu plutôt que sur sa dilatation.
Ce n'est pas un hasard si de petites communes rurales champenoises ont été les premières en France à créer des associations foncières urbaines, spécialisées dans le remembrement urbain.
Elle n'avaient pas trop le choix étant donné la sacralisation des terres à champagne.
Ce que ces petites communes ont été contraintes de faire pour des raisons économiques, il y a lieu de le faire aujourd'hui pour économiser l'espace.

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Population totale ou population municipale ?

26 Janvier 2010 , Rédigé par Jean-Marie Allain Publié dans #SOCIETE

Alors que le Val de Sambre découvre les dernières données du recensement, il est bon de s'interroger pour les communes sur le chiffre à prendre en compte pour déterminer la population : population municipale ou population totale ?

La population municipale comprend les personnes ayant leur résidence habituelle  sur le territoire de la commune (y compris les étudiants mineurs aynt leur logement à l'extérieur), les personnes détenues dans les prisons de la commune, les personnes sans-abri recensées sur le territoire de la commune et les personnes résidant habituellement dans une habitation mobile recensée sur le territoire de la commune;
Par contre les étudiants majeurs sont comptabilisés dans la commune où ils étudient et les militaires dans la commune de leur base militaire.
 
La population totale ne tient pas compte de ces subtilités statistiques et comporte des doubles comptes.

C'est la raison pour laquelle c'est le chiffre de la population municipale qui correspond désormais à la notion de population utilisée usuellement en statistique.
C'est le chiffre qu'utilise l'Etat pour octroyer les éventuelles dotations, basées sur un critère démographique.

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Un mode de développement suicidaire et stupide

21 Janvier 2010 , Rédigé par Jean-Marie Allain Publié dans #EMPLOI ET DVLPT ECONOMIQUE

La prime à la casse pour nous inciter à nous débarrasser de notre voiture encore en bon état ou presque peut retarder l’échéance mais pas la contourner.

Outre son côté surréaliste et grotesque à une époque où l’on parle de développement durable (et donc de la nécessité d’en finir avec le tout jetable très vite), cette prime n’empêche pas le déclin de l’industrie automobile, fut-elle reconvertie au bio - carburant ou à l’électricité.

La logique motrice du système a poussé à produire plus et plus vite…pour baisser les coûts et être concurrentiel, quitte à se délocaliser.

Aujourd’hui, les capacités de production sont telles que les entreprises produisent plus que de besoin.

Et à moins de changer de voiture aussi souvent qu’on change chaussures, la filière est condamnée à de profondes reconversions, de la mêle ampleur que la crise sidérurgique des années 70.

Les milliers de licenciements annoncés chez General Motors à Anvers annoncent les nuages noirs pour ce secteur économique qui nous interpelle sur un mode développement suicidaire et stupide.

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Albert Camus et la guerre d'Algérie

13 Janvier 2010 , Rédigé par Jean-Marie Allain Publié dans #EVENEMENTS

 

Le cinquantième anniversaire de la mort d’Albert Camus offre des opportunités pour découvrir ou redécouvrir celui qui fut à la fois romancier, philosophe,  journaliste et homme de théâtre.

 

C’est aussi l’occasion pour certains de revenir sur la difficile question de la position de Camus pendant la guerre d’Algérie.

 

L’écrivain ne s’est pas engagé aux côtés des militants nationalistes algériens qui réclamaient l’indépendance.

Si Camus ne l’a pas fait, c’est d’abord parce qu’il condamnait la violence et les méthodes des ultras.

C’est ensuite parce qu’il est né en Algérie, que sa mère y vivait encore et qu’il aimait ce pays au point d’imaginer qu’il aurait été possible d’y faire vivre deux peuples si la France coloniale n’avait pas humilié les indigènes et avait réalisé des réformes en temps voulu.

Cet amour de l’Algérie va pour Camus, et cela peut choquer, jusqu’à refuser de nommer ces indigènes «  les algériens » (terme qu’il destine à la population née dans le pays et qui englobe les pieds noirs) pour les appeler « les arabes ».

 

Mais cet amour de l’Algérie ne vas pas jusqu’à amener Camus, l’homme de gauche, à épouser le mot d’ordre de l’indépendance.

Cette posture ambiguë est confirmée par l’attitude de Camus lorsque, apostrophé lors d'une conférence à Stockholm sur son silence durant la guerre par un jeune algérien alors qu’il venait de recevoir le Nobel, il lui répond « je crois à la justice, mais je défendrai ma mère avant la justice», comme si la protection de sa mère (et plus largement le rêve maintes fois caressé d’un Etat à deux peuples) valait bien la colonisation d’un peuple.
Encore que le Président Bouteflika reconnaissait en 2006 qu'une telle réplique traduisait finalement un sentiment profondément algérien.
 

Moi qui ai milité jeune au PSU (j'avais 20 ans), le parti qui s’était créé en 1960 en faveur de l’indépendance de l’Algérie  à la suite des égarements de la gauche socialiste et communiste (ils votèrent l’un et l’autre en 1956 les pouvoirs spéciaux à Guy Mollet, l’homme de la répression en Algérie),je n’aurais pas partagé la position de Camus et j’en aurais même été probablement révolté.

 

Peut-on dire pour autant que Camus a trahi les valeurs dont il se réclamait ?

Outre le fait que ceux qui ne sont pas nés en Algérie, ne pouvaient pas se mettre à sa place, la trahison est toujours « aussi fuyante que lâche » pour reprendre l’expression de l’écrivain espagnol Javier Marias tandis que Camus a complètement et avec courage assumé ses propos.

Comme il les assumés publiquement lorsqu’il

a dénoncé courageusement la liberté bafouée dans les camps soviétiques.

 

Enfin, sa condamnation de la violence dans l’action politique reste sans aucun doute un point marquant de la morale politique qu’il entendait fonder et qui fait encore aujourd’hui la force et la modernité d’Albert Camus.
De ce point de vue, entre Sartre et Camus, j'aime bien Sartre mais je choisis Camus.
Et je rends hommage à mon équipe municipale d'avoir accepté de baptiser, après accord avec Catherine Camus, sa fille, une rue Albert Camus dans notre commune.

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Les quotas d'entrée aux grandes écoles, symbole de l'échec d'une politique d'égalité

12 Janvier 2010 , Rédigé par Jean-Marie Allain Publié dans #ECOLE-EGALITE DES CHANCES

L’injonction faite par l’Etat  aux grande écoles d’accueillir 30 % d’élèves boursiers révèle l’incapacité de notre système politique et social, à réduire les inégalités sociales
 
Impuissant à réduire les inégalités socio - culturelles ( il suffit de regarder l’éventail des revenus en France) et à modifier les mécanismes de la reproduction sociale décryptées par Bourdieu, l’Etat se résout à fixer des objectifs de quotas dans les recrutement des grandes écoles, au risque de fragiliser le principe de l’égalité républicaine.

C’est une façon de renier le combat pour une société plus égalitaire, qui n’a d’ailleurs pas besoin de ces grandes écoles, exception française qui coûte très cher à l’Etat (au moins 35 000 euros par an et par étudiant, soit plus de trois fois ce que coûte un étudiant en sciences) et destinée à reproduire une micro - élite plus apte à siéger dans conseils d’administration qu’à développer la création d’entreprises.

Les travaux de Michel Crozier sur le mode de fabrication de l’élite française et la société bloquée que cela entraîne restent d’une brûlante actualité.

Les grandes écoles publiques, il faut le rappeler, sont pratiquement gratuites, contrairement à l’université.
Ce qui fait dire à  Thomas Lebègue et Emmanuelle Walter, auteur de «  Grandes écoles, la fin d’une exception française » , que les classes moyennes, dont les enfants étudient à l’université, payent avec leurs impôts une scolarité confortable à des jeunes gens bien nés
.

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Il pleut des peaux de banane, gardons le sourire...

12 Janvier 2010 , Rédigé par Jean-Marie Allain Publié dans #AGGLO INTERCOMMUNALITE

On le sent bien, le climat se détériore, à l'approche des régionales et l'organisation de la cérémonie des voeux de l'aggglomération n'échappe pas au refroidissement climatique.Dommage.
J'aurais prochainement l'occasion de revenir sur le Pacte Territorial dont j'ai moi-même été étonné qu'il fasse l'objet de cette cérémonie puisqu'il n'a pas été validé par les élus , ne serait-ce que dans ses grandes lignes.Encore dommage.
Il suffit de voir ce qui est prévu pour les communes péri-urbaines pour comprendre que ce document est, en l'état, inacceptable.

Mais attendons, car ce n'est peut-être après tout qu'un débat introductif où seuls des esprits mal intentionnés verraient une manoeuvre destinée à nous faire avaler ce Pacte tout cru et en public
D'ailleurs, lorsque Mme Mathigello reproche à la commune centre de nous mettre sous pression avec ses projets, elle n'est pas forcément la mieux placée pour dire cela avec le projet de centre aquatique.
Et le fait de citer Marpent, avec Leval et Boussois, me laisse dubitatif...Nous ne sommes pas dupes et ne supportons pas d'être utilisés à des fins que nous ne partegeons pas.

Enfin, pour couronner le tout, chose qui a dû déclencher l'ire du maire de Louvroil, je vois que Bernard Baudoux, le camarade de parti d'Annick Mathiggello, est l'invité d'une table ronde sur ce fameux Pacte ! (le Front de gauche est déjà fissuré sur la ligne de départ !).

Cherchez les peaux de banane...
Pour peu que le maire de Marpent débarque avec un projet de " Marpent Métropole "... et ce sera la patinoire à la Luna !

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Démographie : nos amis belges à la rescousse

6 Janvier 2010 , Rédigé par Jean-Marie Allain Publié dans #EVENEMENTS

L’hécatombe démographique de la Vallée de la Sambre continue.

L’agglomération qui dépassait en 1975 les 106 000 habitants est aujourd’hui passée sous la barre des 100 000 avec 99 161 habitants selon l’INSEE.

 

Jeumont passe de son côté  sous la barre des 10 000 habitants (9956).

Marpent n’a pas échappé à ce déclin :

3155 habitants en 1975 , 2825 en 1982, 2717 en 1990, 2649 en 1999, 2595 en 2006…pour remonter à 2619 en 2007, soit une très légère hausse après 35 années de baisse continue.

 

L’hypothèse première serait d’invoquer les nouvelles méthodes du recensement dont les résultats ne sont plus simplement issus de la collecte au porte à porte mais de croisement entre les données collectées sur le terrain et une diversité de fichiers émanant de la CAF ou du service des impôts.

Pas de doute sur la fiabilité des résultats.

 

Dans l’agglomération, 5 communes sur 22 voient leur population augmenter depuis 2006 : Feignies, Rousies, Elesmes, Obrechies et Marpent.

 

Feignies reste sur une pente ascendante depuis plusieurs années pour les raisons que l’on connaît : très grandes étendues constructibles situées à proximité immédiate de Maubeuge (zone de services), de la zone de Grévaux (zone d’emplois) et du Bavaisis (zone de tourisme).

Rousies, après une baisse régulière, bénéficie également de la proximité de Maubeuge.

Elesmes et Obrechies bénéficient d’une attractivité propre au secteur rural proche de la ville-centre.

 

Quant à Marpent, commune au territoire minuscule, cela peut paraître surprenant mais s’explique selon nous pour trois raisons.


La première tient sans aucun doute au travail d’une part mené pour libérer du foncier (les parcelles libérées ont fait l’objet d’une majoration de la taxe sur le foncier non bâti), aux efforts déployés d’autre part pour réinvestir le parc insalubre ou vacant, enfin à l’arrivée de ménages belges en nombre assez impressionnant.


Cette dernière explication mérite quelques précisions tant il est vrai qu’elle n’est pas forcément durable dans le temps.

Pourquoi tant de belges viennent s’installer à Marpent où ils sont d’ailleurs les bienvenus ?

 

La règle coutumière dans les pays de l’Union Européenne, c’est que les salariés paient leurs impôts dans le pays où ils travaillent.

Toutefois, une convention signée le 10 mars 1964 entre la France et la Belgique prévoit que les frontaliers puissent s’acquitter de leurs impôts dans le pays de résidence.

 

A cette époque où les belges venaient travailler par train entier chaque matin dans les usines sambriennes, la Belgique réalisait une bonne opération puisque, en vertu de cette convention, les travailleurs belges frontaliers qui exerçaient en France, allaient être imposés en Belgique…

Tant mieux pour les recettes de la Belgique

 

Sauf qu’ensuite la situation s’est inversée.

Avec la crise, de nombreux sambriens se sont retrouvés à faire du co-voiturage pour aller travailler chaque matin en Belgique.
Et, avec la fameuse convention de 1964, pour peu que leur lieu de travail se situe dans une zone située à moins de vingt kilomètres de la frontière, ils continuaient à payer leurs impôts en France… nettement moins élevés qu’en Belgique.

Tellement moins élevés qu’un certain nombre de belges, en s’installant en Val de Sambre pour payer moins d’impôts, aggravait les pertes financières de la Belgique.

 

Ce déséquilibre amena la signature le 12 décembre 2008 d’un avenant entre les deux Etats.

Cet avenant prévoit que l’assujettissement des travailleurs frontaliers belges aux impôts sur le revenu français sera maintenu jusqu’en 2034 s’ils habitent côté français avant la fin 2011.

La France versera chaque année 25 millions d’euros à la Belgique pour compenser cette fuite fiscale.


Il existe donc encore un  fort potentiel que nous devons nous préparer à exploiter au maximum


Certes, cela ne signifie pas l’arrêt de l’immigration résidentielle après 2011 car les prix de l’immobilier sont plus élevés en Belgique (et la situation politique beaucoup plus instable comme le faisait remarquer un ressortissant wallon travaillant à Charleroi et venu habiter à Marpent).

 

Mais il est clair qu’elle n’aura plus l’effet de masse qu’elle a aujourd’hui.

Cela doit nous conduire à la modestie, même si l’on peut constater que d’autres communes ne captent pas autant cette dynamique résidentielle venue de Belgique.

 

Nos efforts doivent être maintenus sur le parc ancien et accrus sur le neuf.

Nous nous y employons.

Cela passe par une politique offensive sur le plan foncier.

Un stagiaire de master de droit immobilier de l’Université de Valenciennes sera d’ailleurs parmi nous au printemps pour s’atteler à cette mission.

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L'actualité de Proudhon

5 Janvier 2010 , Rédigé par Jean-Marie Allain Publié dans #SOCIETE

Né en 1809 à Besançon, Pierre Joseph Proudhon est le fils d’un tonnelier brasseur et d’une cuisinière.
Il sera contraint de vendre ses livres pour s’inscrire aux examens et deviendra une figure très populaire du paysage politique au milieu du XIXe siècle.

 

LE PERE DU SOCIALISME COMMUNAUTAIRE

 

Son « socialisme communautaire » cherche une voie médiane entre matérialisme et idéalisme

 
Allergique au principe d’autorité, Proudhon soupçonne Marx de se vouloir le chef d’une nouvelle religion et estime qu’une autorité supérieure ne peut être autre chose qu’une usurpation de la volonté du peuple.

Certes, en imaginant une société émancipée de l’Etat dans laquelle l’ordre se dégage spontanément des relations économiques et sociales, Proudhon se montre aussi optimiste (à vari dire utopiste) que ces libéraux qui pensent que la loi du marché génère un ordre naturel.

 

Mais cela ne doit pas obérer certains traits de la pensée de Proudhon qui, par certains aspects, reste actuel.

 
Actuel lorsque, hostile à l’égard de l’Etat, Proudhon estime que les classes laborieuses peuvent gérer elle-même (autogestion) plutôt que de s’en remettre systématiquement à l’Etat.

Actuel lorsque, fédéraliste enthousiaste, il pense que ce mode d’organisation préserve les citoyens d’une omnipotence de l’Etat et permet d’unir les groupes humains sans les absorber, et donc de respecter les nationalités.

Actuel lorsque, décentralisateur farouche, Proudhon considère que la commune joue un rôle central parce qu’elle est le lieu du développement d’une solidarité naturelle.

Actuel encore lorsqu’il dénonce la politique distributive fondée sur la répartition proportionnée au mérite de chacun tandis que selon lui tout le monde doit travailler, y compris les médiocres et les handicapés, chacun à son rythme, le salaire étant fonction non pas de la productivité mais du devoir accompli.

 

L’ANTI- PARLEMENTARISME DE PROUDHON

 

Actuel encore lorsque, soupçonneux à l’égard d’un système parlementaire où domine le carrièrisme, Proudhon constate que les députés votent des textes pour lesquels le peuple ne les a pas mandatés.

Actuel encore lorsqu'il constate que les réformes politiques du parlementarisme ne mènent à rien si elles font l’impasse sur les changements économiques et les  fondements de la société inégalitaire.


Actuel toujours lorsqu'il estime, avec d'autres, comme Victor Considérant ou Alexandre Ledru-Rollin, que les partis se servent des idéaux et des valeurs pour jouer sur les sentiments , arriver aux affaires, sans volonté pour autant de changer la société.

 
Cette vision radicale d’un socialisme communautaire, sans illusion sur l’utilité d’une opposition parlementaire, par opposition  un socialisme étatiste, alliée à un penchant pour  les outrages envers les autorités, y compris de l’Empereur, l’éloignera des socialistes et lui vaudra des blâmes à l’assemblée avant de le conduire en prison.

 
PROUDHON ET LA STRATEGIE MODERNE DES ALLIANCES ET DES MOYENS D’ACTION 

 

Sa posture première est celle d’une réticence à l’égard des mouvements de masse qu’il considère souvent manipulés dans la mesure où le peuple se conduit plus par des sentiments que par des idées.

 Adversaire non pas de la lutte de classes mais du dogme de la lutte des classes et de leur opposition systématique, Proudhon prône une alliance entre le monde travail et la bourgeoisie laborieuse.
Allergique à la violence parce que « nos prolétaires ont si grand soif de science qu’on serait fort mal accueillis d’eux si on n’avait à leur présenter à boire que du sang », il refuse les méthodes insurrectionnelles et invite les citoyens à ne plus payer leurs impôts.

Il préconise également le vote blanc plutôt que l’abstention parce que celui-ci est la forme la plus expressive de l’opposition

 

PROUDHON ET LA VISION PREMONITOIRE DE LA GOUVERNANCE MONDIALE

 

Méfiant (tout comme Marx) à l’égard des soi- disantes vertus magiques d’un suffrage universel qui permet par la démagogie de jouer avec l’opinion versatile du peuple et de tromper les masses non éduquées politiquement pour mieux  les soumettre à une autorité à laquelle il est allergique, Proudhon défend la démocratie directe.
C'est à cette époque qu'une certaine gauche verrait bien siéger un échantillon de citoyens représentatifs  tirés au sort pour remplacer un corps législatif non représentatif de la société.

Proudhon  sortira d’ailleurs sans illusion de son expérience de député de la Seine en 1948 et écrira : « il faut avoir vécu dans cet isoloir qu’on appelle une Assemblée Nationale pour concevoir comment les hommes qui ignorent le plus complètement l’état d’un pays sont presque toujours ceux qui le représentent ».

 

Apôtre du pluralisme social, Proudhon rêve (sans être hélas suffisamment précis) de voir les instances décisionnelles refléter les grandes fonctions économiques et sociales pour contrecarrer les tendances clientélistes de la démocratie par délégation.

 

Cette vision prémonitoire sera certainement partagée par le philosophe Michel Serres qui reconnaissait récemment, après l’échec du sommet de Copenhague, les limites du politique et la nécessité de reconfigurer les modalités de gouvernance pour mieux équilibrer les pouvoirs entre ceux qui sont élus mais ne savent pas tout et ceux qui savent mais ne sont pas forcément élus.

Pas étonnant que Marx, qui pourtant le méprisait,  voyait néanmoins en Proudhon « l’écrivain socialiste le plus logique et le plus pénétrant » (1842).

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Cartes de voeux

1 Janvier 2010 , Rédigé par Jean-Marie Allain

C’est la période des grandes marées….de cartes de vœux.
Et comme les grandes marées découvrent les rochers et les grands fonds marins, la grande marée annuelle des cartes de vœux découvre des stratégies, des postures et des personnalités comme une véritable psychanalyse.

 

Il a d’abord ces cartes grandes et brillantes comme les enseignes de luxe…envoyées à toutes les communes d’une région ou d’un département et souvent au nom d’un notable qui ne sait même pas à qui il a envoyé ces cartes car elles ont été mises sous pli par des armées de chargée de mission… c’est le rituel…parfaitement inutile et coûteux.

 

Il y a les mêmes mais sur lesquelles l’expéditeur a pris la peine de rajouter (de sa main car il y a  aussi les vrais-faux manuscrits ») un petit  mot sympa « personnalisé ».

 

Il y a celles (de plus en plus anachroniques….) où l’expéditeur ne peut s’empêcher, héritage (jacobin, monarchique ou stalinien…) d’afficher d’année en année son portait.

La carte a d’abord  pour première finalité de rappeler que l’expéditeur a du pouvoir, qu’il faudra compter sur lui et que si vous n’avez pas envie de mettre sa photo dans votre chambre, vous serez au moins tenu de vous la prendre dans la tronche en ouvrant la carte… qui file néanmoins à la poubelle dans la seconde qui suit.

 

Il a celles qui n’en sont pascomme ces vœux par « mails groupés », c’est tellement plus pratique, plus économe, moins polluant ! mais tellement triste et impersonnel…

 

Il y a enfin ces cartes achetées, fabriquées ou recyclées avec  les moyens du bord mais où l’on trouve toujours le petit mot chaleureux et amical.

 

Merci à cette amie d’enfance habitant Marpent et qui chaque année achète une carte à la sortie des restos du cœur et vient la déposer en mairie avec son petit mot amical et ses souhaits oh combien sincères écrits de sa plus belle plume.

 

Merci à cet ami ecclésiastique d’une commune sambrienne qui nous souhaite une année 2010  qui « nous permette de valoriser tous les talents des gens d’ici, qui sont sans doute plus habiles que bien des stars pour goûter les simples bonheurs de l’existence, et de trouver à cette vie un sens, bien plus proche de nous que ce qu’on imagine : affaire de cœur, de tendresse, de respect, d’amitié : toutes ces attitudes premières qu’on porte au fond de nous et qui n’apparaissent que quand on les a oubliés. Le lien social, n’est-ce pas l’élémentaire de toute existence ? ».

 

Merci enfin aux  marpentois et amis de Marpent, aux agents communaux, aux représentants associatifs et aux élus présents lors de la cérémonie des vœux du maire, présence qui nous met toujours du baume au cœur et montre qu’il y a encore des gens qui ont envie de partager un moment avec leur communauté villageoise.

Et tant que les habitants d’un territoire éprouvent le besoin d’être ensemble, c’est plutôt le signe, sur cette planète devenue un peu folle, qu’il y a encore des raisons d’espérer.

 

Bonne année à tous !

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