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Le blog de Jean-Marie Allain
Articles récents

Le moulin de la Parapette

26 Octobre 2011 , Rédigé par Jean-Marie Allain Publié dans #Histoire locale

Les démarches pour obtenir des subventions ne sont jamais des longs fleuves tranquilles.

Pour remettre les ailes de notre bon vieux moulin de la Parapette, la Région nous a accordé une subvention au titre des crédits Pays Sambre Avesnois.

Pour le Conseil Général, c’est plus compliqué.

Toute subvention sur le patrimoine doit préalablement recevoir l’avis favorable de l’architecte des Bâtiments de France.

Dans le cas présent, l’avis n’a pas été obtenu pour la raison suivante : ne respecte pas le patrimoine !

En fait, l’ABF ne disposant d’aucun élément historique sur  l’histoire de ce moulin très ancien (bien avant 1789), il doute qu’il puisse avoir eu des ailes … alors que les vieux marpentois se souviennent qu’elles ont été démontées et entreposées durant des décennies dans la ferme de la Parapette.

Mais la mémoire orale ne compte pas….

Il est donc pour l’architecte non conseillé de remettre des ailes  au moulin par souci du respect du patrimoine.

Le seul élément que nous possédions, c’est cette carte postale que m’avait envoyée un passionné des moulins de la région de Lens, achetée sur une brocante.

Mais cette pièce à conviction n’a pas suffi.

Il est vrai que notre historiographe marpentois, sur la base de l’analyse du tampon de la poste, affirme que cette carte est un montage  et il a sans aucun doute raison.

Qu’à cela ne tienne, le moulin retrouvera bien ses ailles, n’en déplaise aux Bâtiments de France.

photo-moulin.jpg

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Faire de la nationalisation de l'eau un enjeu du débat présidentiel

25 Octobre 2011 , Rédigé par Jean-Marie Allain Publié dans #SOCIETE

L’agglomération avait organisé un débat sur l’eau.

La Loi sur l’eau du 30/12/2006 donne  compétence exclusive aux communes tant pour la production que pour la distribution.

L’enjeu de la PRODUCTION , c’est la protection de la nappe pour qualité de l’eau.

Or, curieusement, depuis un quart de  siècle, on constate une meilleure qualité des eaux de surface mais une moins bonne qualité des eaux souterraines : plusieurs communes sambriennes ont une  eau robinet certes potable mais non conforme en termes de pesticides  (> 1 microgramme / litre)…..

Le diagnostic multi-pression lancé par l’agglomération sera suivi de mesures de protection des captages (boisement, agri bio…) si on veut éviter à terme de puiser l’eau potable dans des eaux de surface qu’il conviendrait alors de traiter au préalable.

L’enjeu de la DISTRIBUTION , c’est le prix de l’eau

On est  passé de la pompette au robinet, de l’abondance gratuite à la rareté relative et à la disparité des prix.

On peut concevoir une différence dans le prix entre les territoires qui ne partagent pas les mêmes caractéristiques géographiques (profondeur le nappe), techniques (traitement), urbaines (densité de l’habitat),  

Mais la disparité des prix n’est pas acceptable sur un même territoire puisque les eaux proviennent du même champ captant.
Il serait juste d’avoir :

-           un prix homogène sur toutes les communes de la même intercommunalité : ce n’est pas le cas aujourd’hui et ce le sera encore moins demain.

-          et une tarification  progressive comme le suggère le Collectif contre la Misère : supprimer la part fixe et tarifs progressifs par strate de consommation… c’est l’inverse aujourd’hui avec la formule dégressive par strate.

(En revanche, l’idée d’installer des points d’accès gratuits un peu partout n’est pas recevable tant il est vrai que la gratuité sera synonyme de gaspillage et que l’éducation citoyenne, si elle est encore possible, prendra des décennies).

Faut-il homogénéiser les prix  en laissant en place les opérateurs actuels ou viser une régie intercommunale ?

Considérant que l’eau est un enjeu national,…  on peut poser autrement les termes du débat.

et considérer qu’il devrait y avoir encore plus de solidarité territoriale et donc un prix unique de l’eau en France (comme le timbre).

Ceci passe par la nationalisation de l’eau.

Il n’y a là aucune posture idéologique.

Souvenons-nous que Pierre Mendes-France préconisait la nationalisation du bâtiment au moment de la reconstruction parce qu’elle était devenue un enjeu de premier plan.

L’eau, aux yeux de l’Union Européenne, est certes un Service Economique d’Intérêt Général (SIEG) mais elle échappe à ce jour, pour des raisons liées aux disparités des régimes entre les Etats, à l’obligation de l’ouverture du marché à la concurrence.

Rien ne s’oppose par conséquent à la nationalisation de l’Eau, d’autant plus aisé que les opérateurs privés sont peu nombreux et que les opérateurs publics (syndicats d’eau potable) pullulent au détriment de la transparence et de la cohérence.

On peut donc concevoir une grande régie Nationale de l’Eau qui fonctionnerait de manière déconcentrée à l’échelle des bassins hydrographiques, par exemple celle des comités de bassins qui pourraient devenir des comités de bassins citoyens.

Un bon sujet pour nos futurs candidats à la présidentielle.

DSCN0533.JPGDans l’attente, l’agglomération pourrait créer une aide incitative pour faciliter l’achat de récupérateurs d’eau de pluie, sur le modèle de ce qui se pratique pour les composteurs.

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Le mode de gouvernance,clef du développement local.

24 Octobre 2011 , Rédigé par Jean-Marie Allain Publié dans #EMPLOI ET DVLPT ECONOMIQUE

L’enclavement relatif de notre avesnois explique- t-il ses problèmes de développement ?

Un article de Cécile Boutelet dans le Monde des 23/24 octobre apporte une partie de la réponse.

En Allemagne, la pauvreté du Bade-Wurtemberg (pas de ressources minières, terres agricoles peu rentables) l’a poussé à innover au point d’être devenue la première région allemande pour les brevets déposés.

Le village de Künzelsau ,15 000 âmes, abrite 11000 emplois !!

Il est pourtant situé à six heures de train de Berlin et une heure trente de voiture de Stuttgart.

L’explication d’un des patrons du secteur : un lien particulier avec les salariés, pas de baronnie patronale, une faible hiérarchie, encouragement des meilleurs salariés à créer leur entreprise…

Le mode de gouvernance , clef du développement local.

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Coup de gueule à propos des chiens en divagation

2 Octobre 2011 , Rédigé par Jean-Marie Allain Publié dans #SOCIETE

Je l’ai souligné lors du dernier Conseil Communautaire, la convention passée entre l’agglo et les vétérinaires pour les service de week-end ne règle rien.

A ce jour, les communes ont délégué à l’AMVS la compétence fourrière-chenil. L’AMVS délègue à la SPA la mise en œuvre de cette compétence.

Problème posé à l’agglo : la SPA n’assura pas de garde le week-end. Il faut donc passer une convention avec les vétérinaires qui assureront le service d’astreinte.

Or, j’ai bien dit que cela ne règle rien puisque le problème essentiel, la semaine comme le week-end d’ailleurs, c’est l’absence d’un véritable service de capture des chiens en divagation.

Le service de garde ne sert à rien si le service capture, en amont, n’est pas assuré.

Il est impératif de revoir le contenu de la convention avec la SPA, qui doit normalement assurer  ce service mais ne semble pas être en capacité de le faire.

Il y a pourtant des situations à risques.

Un dogue allemand a tué plus de cinquante poules en une journée à Marpent.

On a bien verbalisé (police et mairie) le propriétaire mais personne n’a pris le risque d’attraper le chien, pourtant potentiellement dangereux.

Il y a donc urgence à revoir tout cela.

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MCA, quarante ans... déjà

23 Septembre 2011 , Rédigé par Jean-Marie Allain

Peu d’élus pour célébrer le 10e anniversaire de MCA.

Hormis Mme le député, les élus de Maubeuge et de Feignies, dont la présence allait de soi, je me suis retrouvé un peu seul.

La Sambre était pourtant soulagée en 1971 lorsque  Chausson, fabricant de la Régie Renault, vint s’installer sur la zone de Grévaux-les-Guides.

A l’époque, c’était le début du grand naufrage de la sidérurgie et Chausson ,c'était un peu comme un canot de sauvetage attendu par tous.

Hélas, il n’y avait qu’un canot là où il en aurait fallu dix fois plus.

L’usine a fait son chemin depuis en devenant MCA et  en sortant une multitude de modèles dont les plus populaires  resteront la Renault-express et  sa version moderne, le Kangoo  qui sortira à plus de 200 000 exemplaires certaines années.

Aujourd’hui, avec le Kangoo 100 % électrique, MCA aborde avec audace et sérénité la nouvelle ère, celle de la fin du pétrole et du réchauffement climatique.

Il faut dire que MCA fait la course en tête et a eu l’intelligence collective de sortir un véhicule électrique qui garde le même process, ce qui bien entendu permet de sortir le véhicule à des prix abordables.

Et comme pour devancer les détracteurs de l’électro-mobilité, MCA couvre son immense  parking de plusieurs milliers de mètres carrés de panneaux photovoltaïques.Exemple à suivre.

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Enjeu climatique, enjeu institutionnel

22 Septembre 2011 , Rédigé par Jean-Marie Allain Publié dans #développment durable

Lors d’une réunion récente sur le changement climatique, un expert considérait que la lutte contre les gaz à effet de serre imposait que l’on décentralise au maximum afin que chaque niveau de décision puisse mettre en œuvre des actions appropriées.

Le raisonnement a sa logique incontestablement.

Mais, on peut aussi se demander si, décentralisation oblige, tous les niveaux vont aller dans le même sens et au même rythme et si, au final, cela n’aboutit pas à une implication différenciée selon les territoires et donc à une inégalité territoriale.

Personnellement, je m’interroge sur le principe de la décentralisation appliquée tous azimuts.

Tant en matière de production énergétique qu’en matière de lutte contre le réchauffement climatique, je me demande si l’ampleur de l’enjeu n’exige pas au contraire une centralisation des politiques et des moyens.

Sans dépenser plus, on gagnerait en temps et en équité territoriale.

 

Prenons un exemple.

Actuellement, les Régions co-pilotent avec l’Etat des Plans Climat régionaux et, dans ce cadre, mettent en oeuvre des politiques de subvention aux économies d’énergie, différentes selon les territoires régiuonaux.

Or, de son côté, l’Etat pourrait très bien fixer par la loi un abattement sur la taxe foncière pour les mêmes travaux et pour les mêmes montants.

Certes, cet abattement priverait les communes d’une recette mais celle-ci serait compensée par l’Etat.

Il s’agirait en quelque sorte de sanctuariser une niche fiscale écologique.

Le terme de « niche »  peut provoquer quelques états d’âme mais accorder une subvention ou se priver d’une recette, cela revient d’un point de vue comptable, strictement à la même chose.

Enfin, j’ai conscience que toute aide au logement (qu’elle soit sous forme de subvention ou d’exonération fiscale) sera une aide au propriétaire et donc socialement injuste.

 Même si le propriétaire est modeste, lui accorder une exonération, c’est l’avantager par rapport au locataire modeste….

Certes, ce dernier verra diminuer après travaux ses charges de chauffage mais il ne faudrait pas que, du même coup, cela incite le propriétaire à augmenter les loyers (sous prétexte justement qu’ il a fait des travaux).

D’où la nécessité d’aborder la question globalement et de ne jamais oublier que « l ’obsession climatique » peut parfois faire l’impasse sur le social, c’est-à-dire sur le développement durable.

 

 

 

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Dépoussiérer le Code électoral

14 Septembre 2011 , Rédigé par Jean-Marie Allain Publié dans #SOCIETE

Le 25 septembre, nous serons plusieurs milliers de «  grands électeurs » issus des conseils municipaux à voter pour les sénatoriales et donc à se rendre notre le lieu de vote.

Pour le Nord, ce sera Hellemmes.

En vertu du Code électoral, l’Etat rembourse à cette occasion des frais aux votants.

D’un côté une indemnité forfaitaire de 15,25 € pour les frais (de repas).

Curieux puisque dans les départements comme le Nord, il n’y a qu’un tour et pas besoin a priori de se bloquer la journée mais, on peut encore se dire qu’après avoir fait une heure de route et attendu autant pour voter, on peut casser la croûte avec les collègues (encore que notre indemnité est faite aussi pour cela mais tous les grands électeurs ne sont pas, il est vrai, maires ou adjoints).

De l’autre côté, les remboursements de frais de déplacement… et là tenez-vous bien, on nage dans l’anti-Grenelle.

Si l’élu part en train, il est remboursé sur la base du tarif SNCF 2e classe. Normal.

Si une ou plusieurs communes affrètent un bus, l’Etat ne rembourse rien alors que le but est bien  de mutualiser les moyens et de limiter les rejets inutiles de gaz carbonique,

Si 7 élus d’une même commune prennent chacun leur véhicule, l’Etat rembourse les 7 trajets aller-retour !

Ne parlons pas des 7 élus qui partent avec une ou deux voitures et qui seront tous de même tous les 7 remboursés s’ils se munissent de leur carte grise !

On nage dans l’absurde que le législateur, donc que nos parlementaires ont instauré par la loi .

On aurait pu penser que le Grenelle étant passé par là, seules deux options  auraient été remboursées : le trajet SNCF ou  le co-voiturage par un forfait équivalent.

On pourrait même suggérer à l’Etat d’organiser un ramassage par bus, cela coûterait nettement moins cher, serait moins polluant et même plus convivial…

Alors que l’Etat cesse d’organiser de grandes messes autour des Plans Climat.

On sait que le Code civil de notre cher Portalis a évolué au fil des décennies sous la pression du mouvement social, en particulier féministe.

Il serait temps de dépoussiérer le Code électoral et le mettre en conformité avec les impératifs écologiques.

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L'envers et l'endroit

13 Septembre 2011 , Rédigé par Jean-Marie Allain Publié dans #LE PLURALISME POLITIQUE

Très bonne idée d’avoir choisi l’espace Nelson Mandela à Fourmies pour présenter notre liste.

C’est en effet une  grande satisfaction que de se retrouver dans cette salle attenante à l’écomusée de Fourmies, ce haut-lieu de la mémoire collective, de cette condition ouvrière dont la philosophe Simone Weil disait qu’elle était doublement inhumaine : par manque d’argent d’abord, par les conditions de travail indignes ensuite.

Le monde a certes changé depuis mais la double peine est toujours là…

Alain Berteaux accueille le public, Frank Berton , avocat au Barreau de Lille, explique avec  simplicité et une émouvante sincérité  pourquoi il s’engage pour la première fois en faveur d’un homme politique, un  homme estimé de tous, y compris de ses adversaires.

Je rappelle de mon côté que j’aime le côté rebelle de cette liste, rebelle par rapport à un système générateur d’inégalités sociales inacceptables et rebelle à l’endroit des appareils politiques.

Que si nous avons besoin de doctrine comme support à notre engagement, cette doctrine ne doit pas être incorporée et formatée par ces appareils, sauf à prendre le risque que cette doctrine écrase toute le reste et produise du dogmatisme, du sectarisme, du totalitarisme, du doctrinaire… ou encore que, paradoxalement, elle  se dilue, au travers de l’expérience du pouvoir, dans le népotisme, le favoritisme, le clientélisme, l’affairisme, bref qu’elle ne soit qu’une façade.

L’engagement politique  doit se prémunir de cette double dérive par une farouche volonté de ne pas être assujetti , ni inféodé aux organisations et aux appareils.

Il faut faire preuve d’audace et parfois de courage pour  se donner indépendance et  liberté.

Cela n’interdit pas d’être «  unioniste », c’est-à-dire de travailler avec les partenaires qui se retrouvent dans le combat de l’émancipation en faveur de la dignité de l’homme et du  respect de l’environnement, ni même d’être ouvert au dialogue avec les autres.

J’ai pour ma part cessé de juger les gens sur ce qu’ils disent, ce qu’ils écrivent ou sur ce qu’ils prétendent combattre.

Il y a, pour reprendre un titre de Camus, « l’envers et l’endroit » dans  la vie politique.

Se limiter à regarder l’endroit ne m’intéresse guère.

Il faut aussi jeter un œil sur l’envers, apprécier les gens pour ce qu’ils sont dans la vie, au quotidien.

Cela revient à ne pas séparer pas la vie publique de la vie privée.

L’homme est indissociable et ce serait un subterfuge que de clamer le contraire.

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Le tabou de certaines niches fiscales

4 Septembre 2011 , Rédigé par Jean-Marie Allain Publié dans #fiscalité

A l’heure où ceux qui ont les moyens doivent être mis à contribution,

Il convient d’extirper de la filière environnementale (éolienne et photovoltaïque notamment) les logiques de niche fiscale.

Et puisqu'on parle de niche fiscale, rappelons que l'une des plus scandaleuses est la Zone Franche Urbaine (chouchoutée par la gauche et par la droite) et qui permet à des chefs d'entreprise peu scrupuleux de gagner beaucoup d'argent sans même créer d'emplois.

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Remettre le partage du travail au centre du débat

3 Septembre 2011 , Rédigé par Jean-Marie Allain Publié dans #EMPLOI ET DVLPT ECONOMIQUE

Pierre Larrouturou a eu la gentillesse de m’envoyer son dernier bouquin, «  Pour éviter le krach ultime » publié chez Nova Editions.

Il y développe dans une forme pédagogique ses analyses dont on, sait qu’elles sont souvent prémonitoires. Il fut en effet l’un des rares à prévoir la crise financière.

Il expose les différences qui séparent la dette publique de la dette privée.

La dette publique

La baisse des impôts des plus riches aggrave la dette publique.

Cette baisse des impôts sur les plus riches s’avère d’autant plus stérile sur le plan de l’emploi que même en faisant huit repas par jour et en achetant une voiture neuve tous les six mois, les super-riches ne peuvent dépenser tout ce qu’ils gagnent.

Les gouvernements dépensent malheureusement de l’argent qu’ils n’ont pas mais qu’ils empruntent, prenant le risque d’aggraver  leur dette publique déjà faramineuse.

En l’absence d’une croissance susceptible de ramener des recettes suffisantes (la croissance amène des recettes fiscales mais elle aggrave aussi le déficit si elle est dopée par des investissements publics), il reste le levier de la réduction drastique des dépenses publiques ou l’accroissement des recettes fiscales (voir ci-dessous)

La dette privée

Le chômage et la baisse du pouvoir d’achat  aggravent la dette privée (passée de 75 à 145 % du PIB en 10 ans) alors que l’inverse permettrait de relancer la consommation car  la propension à consommer des pauvres est importante.

C’est sur cet endettement des ménages que repose la croissance de la zone euro.

Le chômage, de même que le recul constant du pouvoir d’achat au profit des dividendes, c’est moins d’achats pour le consommateur (donc moins de croissance), mais c’est aussi moins de rentrées de cotisation pour la Sécurité Sociale.

Ce qui fait dire à Larrouturou  que le chômage n’est pas seulement l’une des conséquences de la crise mais qu’il en est surtout l’une des causes premières.

D’où son attachement à l’idée d’un partage du travail, qui n’a rien à voir avec les 35 heures façon Aubry, très coûteuses et pas toujours créatrices d’emplois (puisque pas obligatoires malgré les exonérations accordées).

Sans partage du travail, et compte-tenu de l’impossibilité de reculer sans cesse l’âge de départ à la retraite, c’est le niveau des pensions qui va baisser.

Le sauvetage des retraites passe par la baisse du chômage.

Mais pour baisser du chômage, deux alternatives :

-          Le retour à la croissance que certains (droite, PS et PC) pensent encore rehausser à 3 ou 4 % (il est vrai qu’ils ont tous passé par le même moule des mêmes grandes écoles)), dont la part est devenue marginale dans la baisse du chômage (le gain de productivité peut se traduire par des pertes d’emplois, plus importantes que les délocalisations) et qui se heurterait de toute façon à la raréfaction des ressources énergétiques. En misant sur un retour d’une croissance à 2,5 % en 2013, « le PS n’est pas sérieux » assène l’économiste des Verts.

 

-          La prospérité sans croissance, ce qui passe par :

1°) la fin d’un système financier parasitaire en interdisant aux banques d’être à la fois banque de dépôt et banque d’affaires (dont les gains sont captées par quelques - uns et les pertes sont partagées par tous lorsqu’elles font les deux métiers, ce qui empêche de les laisser faire faillite car on pénaliserait les petits épargnants).

2°) une fiscalité progressive sur les revenus

3°)  La création d’un impôt européen sur les bénéfices (actuellement de 25 % en moyenne en Europe, il a baissé d’un tiers en 20 ans, contre 40 % aux Etats-Unis)

afin d’alléger le déficit public (ce qui n’est pas aujourd’hui levé par cet impôt est versé par les Etats, soit 20 milliers par an pour la France) et de limiter la concurrence entre Etats de l’Union Européenne

4°) Le partage équitable du travail (pas une ligne dans le projet du PS pour 2012) : aujourd’hui, le partage se fait entre ceux qui travaillent et ceux qui ne trouvent pas d’emplois. Or, une baisse du chiffre d’affaires de 20 % peut se traduire par les licenciements de 20 % des effectifs (option française) …. ou par une réduction de 20 % du travail pour tous.

C’est ce que l’Allemagne a fait en 2009, ce qui lui a permis, avec une récession double de la nôtre, de voir son chômage augmenter 5 fois moins  et sa consommation intérieure  mieux résister.

« Il faut passer à 32 heures, sans étape intermédiaire » disait déjà Antoine Riboud, le patron de BSN Danone en 1993, reprenant la thèse d’Albert Einstein qui écrivait en 1934 «  ce même progrès technique qui pourrait libérer les hommes d’une grande partie du travail nécessaire à leur vie est le responsable de la catastrophe actuelle » .

Selon l’Association Nationale des docteurs  en sciences économiques, la semaine de quatre jours créerait 1 600 000 emplois sans augmenter les coûts de production ! et sans baisse de revenus en-dessous de 1500 euros.

5°) Que l’Europe oblige la Chine à respecter les 22 conventions sociales qu’elle a signées avant d’adhérer à l’OMC mais quelle ne respecte pas.

6°) Négociation d’un Traité social européen pour tirer vers le haut en matière sociale

(projet bloqué par Giscard qui présidait les travaux de la Convention sur l’avenir de l’Europe)

7°) Donner à l’Etat le pouvoir de bloquer certaines décisions lorsqu’il détient une part de capital, même minoritaire, dans l’entreprise («  les golden share » ou «  actions en or »).

 

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