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Le blog de Jean-Marie Allain

Les saints patrons dans la tradition ouvrière

30 Novembre 2025 , Rédigé par Jean-Marie Allain

La cérémonie de la Ste Cécile est toujours un moment important pour les musiciennes et musiciens.

Pour les élus aussi d’ailleurs, même si leur présence à la cérémonie et même à la messe, peut légitimement poser quelques questions, voire sembler incongrue.

L’élu qui fait le choix de sa présence, ce n’est pas parce que Cécile était chrétienne, ou fut martyrisée, ni même canonisée mais parce qu’en chantant la gloire de dieu quelques secondes avant d’être décapitée, elle a payé de sa vie son refus de l'apostasie, son droit à la liberté de croyance qui sera, plusieurs siècles plus tard, un des fondements de la démocratie.

Sainte Cécile, que l’on soit chrétien ou pas, fait donc partie de notre héritage culturel européen au même titre que Saint Eloi, autre apparente incongruité dans notre salle d’honneur.

Ce n'est pas un mort héroïque que l’église honore avec lui mais une vie de dévotion (évêque de Noyon) et un grand maître orfèvre et trésorier du roi Dagobert.

Sa statue de 1955 est l’œuvre d’un jeune artiste cousolrézien Jacques POUILLON (qui sera ensuite Grand Prix de Rome) et fut moulée par René Vroonhove, ancien maire communiste de Boussois.

Devenu le Saint patron des forgerons et des métallurgistes… c’est symbole puissant dans notre territoire et lui aussi figure notre héritage culturel sambrien.

Il y a d’ailleurs un point commun entre Ste Cécile et Saint Eloi, entre celle qui incarne la musique et celui qui incarne le façonnage du métal par la maîtrise du feu.

C’est que la musique et le feu ont toujours été mobilisés au Moyen-Age par les confréries de forgerons ou de musiciens dans les moments de grande détresse collective, notamment la peste,

Et que leur point commun, finalement, c’est le lien immatériel entre le terrestre et le céleste, un atout qui fait d’eux des ingrédients « sacrés » incontournables de toutes les cérémonies funéraires religieuses.

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Le "deux poids , deux mesures" dans l'accès à la culture

23 Novembre 2025 , Rédigé par Jean-Marie Allain

L’agglomération dispose deux équipements culturels d’intérêt communautaire : Le Pôle des Cultures Actuelles situé à Aulnoye -Aymeries et la Gare numérique de Jeumont.

Le conseil communautaire a voté le lundi 17 novembre le principe d’une réduction tarifaire de 20% pour l’accès à ces équipements en faveur des salariés dont les entreprises disposent d’un Comité Social Economique (CSE), instance obligatoire pour les entreprises d’au moins 11 salariés.

Or, outre que plusieurs entreprises de l’agglomération dépassant ce seuil, parfois très importantes (plusieurs centaines de salariés), n’ont pas mis en place ce CSE, j’ai soulevé le problème des salariés des entreprises de moins de 11 salariés, victimes de ce mode tarification, que le juge pourrait qualifier de « discriminatoire ».

Cette délibération part certes d’une intention louable (raison pour laquelle je n’ai pas souhaité voter contre) mais si la règlementation autorise la modulation des tarifs suivant les usagers, cette possibilité, comme le rappelle toute la jurisprudence, doit être appréciée au regard du principe d’égalité des usagers, c'est-à-dire qu’il faut des différences de situations objectives entres les usagers ou qu’une nécessité d’intérêt général le justifie.

Dans le cas précis, ces critères ne sont pas réunis et la délibération rompt le principe d’égalité des usagers, pilier de l'action publique. 

Il signifie que toutes les personnes qui se trouvent dans une situation identique doivent être traitées de la même manière par le service public. 

Ce principe, issu de la Déclaration des Droits de l'Homme et du Citoyen de 1789, a désormais valeur constitutionnelle, et assure que l'administration ne peut pas faire de distinctions arbitraires entre les usagers.

Je viens donc de solliciter que, lors de la prochaine séance du conseil communautaire, la réparation de cet oubli soit faite par le vote d’une délibération accordant la même réduction tarifaire pour l’ensemble des salariés des entreprises du territoire de moins de 11 salariés ou mieux, si la précédente est abrogée, pour l’ensemble des salariés des entreprises du territoire, ce qui permettrait aux salariés des grosses entreprises sans CSE, de ne pas être pénalisés.

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Sécurisation de nos églises

16 Novembre 2025 , Rédigé par Jean-Marie Allain

Les églises sont les plus beaux musées, les plus proches du peuple et ils sont gratuits et libres d’accès… au point d’être les plus vulnérables

Mais cette question de la sécurisation des églises vient nous rappeler que les rapports entre les églises et les municipalités ne sont pas clairement définis par la loi.

Certes, les municipalités, depuis la loi de 1905, sont propriétaires des églises construites avant cette date et de ce qu’elles contiennent (statues, mobilier, reliques)

Les paroisses assurent l’administration de ce mobilier, conformément à la loi du 2 janvier 1907, c’est-à-dire leur disposition et leur usage.
Au propriétaire le soin d’entretenir les édifices et de les assurer.

A la paroisse le soin de disposer le mobilier et les objets liturgiques, d’en faire bon usage, de prendre soin de leur conservation mais aussi de chauffer les églises et de les éclairer.

Force est de constater que ce partage des responsabilités ne repose pas toujours sur un cadre juridique très clair à tel point que certaines municipalités font le choix de prendre en charge le chauffage de l’église pour permettre un maintien en bon état de la structure et des oeuvres qu’elle contient.

En ce qui concerne la conservation et la surveillance du mobilier, si le prêtre est responsable de cette conservation (faire les poussières, empêcher tout usage inapproprié… ) et la commune responsable des réparations (chaises cassée), à qui relève la charge de changer les ampoules ou de repeindre des bancs qui ont perdu leur éclat ?

Faute de cadre juridique clair, c’est la jurisprudence qui fait foi, même si elle est très ancienne et un peu dépassée.

Par exemple, la jurisprudence qui stipule que seul le prêtre est habilité à détenir les clefs de l’église, c’est une décision du Conseil d’Etat en date du 2 février 1912 (!).

Or, une telle jurisprudence est contraire, dans l’esprit, à la loi du 30 juin 1881 qui considère que les prêtres doivent respecter la possibilité pour les fidèles et les autorités publiques d’entrer librement dans l’église !

Cette règle de la clef unique détenue par le prêtre est par ailleurs déconnectée de l’évolution du contexte (le prêtre officie aujourd’hui sur plusieurs églises et ne réside plus au presbytère) au point, dans la réalité, que les maires, en concertation avec la paroisse, disposent très souvent d’une clef de l’église.

En effet,

-Si la commune accepte de chauffer et d’éclairer l’église, il est normal qu’elle puisse y accéder, ne serait- ce que si on lui signale que l’éclairage n’a pas été éteint.

-Si le prêtre n’est pas responsable de la sécurité en cas d’accident, il importe que le maire puisse avoir accès à l’église (puisque classée ERP) pour vérifier la qualité de l’éclairage, la solidité des chaises et bancs, des calvaires suspendus etc…sauf à considérer qu’une chute d’un fidèle à cause de l’obscurité soit imputée à sa propre imprudence (Cour de Cassation 19 juillet 1966) ou que la chute d’un enfant faisant de la gymnastique sur un bénitier ne soit pas imputable au maire (Conseil d’Etat du 1 juin 1921/ N°45681/ commune de Montségur).

Souvent, même si rien ne les y autorise, la paroisse et le maire se partagent les clefs, l’essentiel étant d’avoir la traçabilité des détenteurs.

Aujourd’hui, pour des raisons liées au terrorisme, aux vols, aux risques liées au vieillissement des églises, cet enjeu mériterait une actualisation du cadre juridique.

Le législateur a manifestement pris du retard, la sensibilité du sujet y étant peut- être pour quelque chose.

Dans l’attente, il paraîtrait judicieux, autour d’un groupe de travail élus et paroisse,  d’élaborer dans chacune de nos communes, un Plan de Protection et de Sécurisation de l’Eglise (PPSE) qui indique la liste des détenteurs des clefs église et des barrières (et leurs coordonnées), l’inventaire intégral du mobilier et des reliques (indispensable pour les assurances en cas de vol ou incendie),  leur classement éventuel (cf base Palissy), leur lieu de dépôt, le nom du propriétaire si ce n’est pas la commune (un propriétaire d’une relique pouvant la mettre à disposition de l’église) et les modes d’accès s’ils ne sont pas dans l’église, ainsi que la hiérarchisation des interventions de sécurisation.

Le recollement étant obligatoire tous les 5 ans, ce PPSE pourrait être actualisé tous les 5 ans.

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