Europe Ecologie, le nourrisson trébuche
La création d’ Europe Ecologie (en réalité mariage du Parti Vert et du Réseau d’Europe Ecologie) a donné de l'espoir aux sympathisants écologistes de voir enfin se dessiner une alternative crédible.
A peine sorti du berceau, le nourrisson trébuche déjà dans le tapis posé par les vieux politicards.
Sur le plan national, c’est le maire de Sevran qui ramène 400 adhérents tamouls, de quoi faire basculer une majorité dans une assemblée…
Sur le plan local, Nadir Saïfi, venu de Génération Ecologie, va devoir cohabiter avec les militants du petit parti Vert, animé par Nasser Achour qui y milite depuis des décennies.
Nasser s’était déjà fait voler la vedette aux régionales alors que sa candidature et son éligibilité étaient plus que légitimes.
C’était pour les Verts le prix de l’ouverture mais tout de même….
Aujourd’hui, mon petit doigt me dit que Génération Ecologie dispose de toutes les cartes pour faire une O.P.A sur les Verts Sambre Avesnois, et apporter sa marque de fabrique à la nouvelle stratégie des écologistes sur le territoire.
On connait l’indépendance de Nasser Achour, y compris à l’égard du Parti Vert dont il n’avait pas toujours suivi les consignes ou les recommandations, comme lors des municipales où il avait fait le choix d’une liste autonome (ce qui explique que les Verts n'aient pas eu ensuite d'état d'âme à lui glisser une peau de banane pour les régionales ).
Cet esprit d’indépendance et d’insoumission fait que j’ai toujours apprécié Nasser Achour avec qui j'ai toujours gardé d'excellents contacts.
Qu’en sera-t-il demain avec celui qui est en train de rebattre les cartes et dont les réseaux familiaux, couvrent une bonne partie de l’arc-en-ciel de la vie politique française ?
Bref, tout cela ne donne pas envie d'y aller
L'opposition parlementaire et la burqa
Satisfaction de constater que le député de la 24e circonscription,Jean-Puc Pérat a voté pour le projet de loi contre le port de la burqa, avec notamment Aurélie Félipetti (PS), Manuels Valls (PS), François Bayrou (Modem) et André Gérin (PCF).
Ce n'est pas parce qu'une loi est proposée par le camp adverse qu'elle doit être systématiquement rejetée.
Encore que celui qui a voté contre (député villepiniste) a manifesté plus de clarté que ceux qui se sont abstenus ou qui ont quitté la salle.
Les principes du féminisme et de la laïcité ne sont pas négociables et j'ai du mal à admettre que certains, à gauche, n'en sont pas convaincus.
Ségolène me donne des frissons
« Les efforts doivent être partagés et nous acceptons donc le principe d’un allongement de la durée de cotisations jusqu’à 41,5 années. Mais la contrepartie, c’est la mise à contribution des revenus tirés du capital ».
Ségolène Royal, en disant cela, résume tout le débat sur les retraites.
Le gouvernement (et Ségolène Royal) prennent prétexte de l'allongement de l'espérance de ie comme s'il fallait regretter le temps où les salariés mouraient plus tôt.
En augmentant la durée de cotisation, ne fait-on pas fait payer aux salariés le gain d’espérance de vie alors que la sécurité Sociale avait été créée pour cela !
Avec ce type de raisonnement, un gouvernement pourrait justifier la baisse du revenu minimum sous prétexte qu’il existe les restos du cœur ou des sociétés de secours mutuel …
« Quand dans une société le gouvernement en arrive à considérer l’augmentation de l’espérance de vie comme une charge, alors la barbarie commence » écrivent les lambertistes dans « Informations Ouvrières ».
Ils n’ont pas tort.
Mais quand c’est une ancienne candidate de gauche à la présidentielle qui le dit, çà me donne des frissons ...d'horreur !
Le trou de mémoire sur le trou de la Sécu
L’Etat creuserait le trou de la sécu en accordant des cadeaux au grand patronat.
Sous le titre « L’Etat exonère, Besancenot exagère », Besancenot est épinglé ce jour par Cédric Mathiot de Libé pour avoir déformé la réalité.
Ce n’est pas dans l’ habitude du leader de NPA mais cela méritait néanmoins d’être rectifié.
Le trou de la sécu causé par les 32 milliards d’exonérations de charges sur les entreprises est compensé à hauteur de 29 milliards par l’Etat et ces exonérations profitent plutôt aux petites entreprises qu’aux grosses tout simplement parce que les petits salaires (ceux qui sont exonérés) se situent plutôt dans ces petites entreprises.
Hamon, le réac...
Benoît Hamon déclare au Vieux Boucau dans les Landes qu’il faut "une augmentation générale de tous les salaires".
Non seulement sa proposition est complètement démagogique mais de surcroît réactionnaire car en disant cela, il défend l’augmentation des très hauts salaires, c’est indécent quand on se dit de gauche.
Fallait oser quand même .
Les artistes,victimes de la double peine
C’est en discutant avec une artiste verrière de ma commune que nous avons abordé, un peu par hasard, la question du 1 % artistique.
Instituée en 1951 pour les constructions scolaires, le 1 % s’applique désormais à toutes les constructions publiques.
Le décret du 29 avril 2002 –et la circulaire du 16 août 2006) imposent en effet à tout maître d’ouvrage public, pour une construction nouvelle, une extension ou une restauration, à passer commande d’une œuvre d’art pour un montant au moins équivalent à 1 % du budget prévisionnel des travaux.
Si l’Etat, la Région et le Département respectent cette règle, je m’aperçois qu’un certain nombre de maires (ou d’intercommunalités) ne la connaissent pas ou l’oublient fréquemment.
Il suffit de regarder autour de nous, localement, pour constater que la majorité des constructions publiques n’a pas fait l’objet de cette commande à caractère décoratif.
C'est une perte de qualité pour le territoire.
C'est aussi une opportunité manquée pour les artistes de s'exprimer et en même temps une perte de revenus pour les artistes.Bref, une double perte qui ressemble fort à une double peine.
Moi-même, je dois dire, je l’aurais probablement oublié pour notre projet de bibliothèque si notre artiste verrière, ne m’en avait pas parlé.
La question est donc bien de savoir comment améliorer la pris en compte de cette obligation.
Les associations d’artistes professionnels suggèrent que les délégués aux arts plastiques informent les élus. Certes, mais ces délégués ne sont pas informés des projets des communes lorsque ceux-ci ne mobilisent pas de subventions de la DRAC.
Sur le plan technique, l’idéal est d’intervenir en amont.
C’est donc les financeurs (Etat, Région, Département) qui pourraient informer les maîtres d’ouvrage.
Au moment du permis de construire, c’est le contrôle de légalité (service de la Préfecture) qui a les moyens de vérifier si la réglementation est respectée.
Plus en amont, je pense que sur un territoire les artistes auraient un intérêt direct à se regrouper en association ou à travailler en réseau pour diffuser régulièrement l’information et prendre connaissance des appels d’offres dans les marchés publics.
Il est regrettable que des créateurs, dont on connait la fréquente situation précaire en dépit des talents qui sont les leurs, perdent ainsi des opportunités de mettre en œuvre des projets, au risque de retirer aux constructions publiques le supplément d’âme que peut leur apporter une œuvre d’art.
Travailler moins pour préserver sa santé et la planète
Le mode de financement des retraites est dans l’impasse si on ne refonde pas complètement notre système de solidarité.
Le gouvernement ne joue que sur les dépenses (diminuer le nombre des retraités) alors que seule une redistribution des richesses par le biais de la fiscalité est à même de solutionner le problème.
Faute de prendre le sujet dans sa globalité, il faudra se résoudre dans 20 ans (peut-être même avant) à reculer de nouveau l’âge de la retraite et le nombre de trimestres de cotisation.
Bref, à continuer ce qui n'est qu'un vaste simulacre quand on voit que la moitié des 55-59 ans n’est plus en activité et que les jeunes ont du mal à trouver un emploi.
Travailler moins pour vivre mieux et préserver la planète, c’est possible au vu du niveau de productivité et de notre niveau de vie.
J’avais donc choisi de manifester hier à l’appel des organisations syndicales.
Quelle agriculture durable pour l'avesnois ?
L’activité agricole aujourd'hui en sambre - avesnois , c’est :
- 96 000 ha sur l’arrondissement (près de 60 % du territoire).
- 1042 exploitations de 40 ha en moyenne
- Près de 3000 emplois
- Plus de la moitié de la surface agricole utile est herbacée.
(mais perte de 13 000 ha de prairies depuis 1979)
L’agriculture contribue à hauteur de 10 % au rejet de gaz à effet de serre (GES) :
- méthane produit par les animaux d’élevage,
- CO2 produit par les engins agricoles
- et protoxyde d’azote (N2O), issu de la fertilisation par engrais.
-
Or, le réchauffement climatique auquel participent ces GES aura lui-même de plus en plus des incidences négatives sur l’agriculture, en particulier sur le plan des modifications pluviométriques avec l’apparition plus fréquente de phénomènes météo extrêmes, menaçant les récoltes.
Le Grenelle entend donc faire contribuer l’agriculture à la lutte contre le réchauffement et encourage à prendre quelques mesures techniques :
- Installer dans récupérateurs de chaleur de lait dans les exploitations laitières
- Développer les bâtiments agricoles économes en énergie ;
Il semble toutefois que le problème essentiel soit celui des rejets de gaz.
En effet, si l’on ne considère que le CO2 (50 % des Gaz à effet de serre mais 5 % seulement imputable aux activités humaines), la contribution de l’élevage au réchauffement climatique est plus importante que celle des transports.
Si l’on considère le méthane (CH4), la contribution de l’élevage au réchauffement climatique (75 millions de tonnes) est plus importante que celle de l’industrie (65 millions).
Cette production de méthane (originaire à 70 % de la production bovine) est issue d’une part de la digestion et d’autre part des déjections.
Une vache laitière de l’avesnois nourrie avec des aliments composés produira plus de méthane « digestif » qu’une vache laitière nourrie 100 % à l’herbe ou avec des rations plus importante de légumineuses et beaucoup plus qu’une vache laitière de pays pauvre (90 kgs par an contre 35 kgs).
Dans l’avesnois, on compte environ 145 300 bovins, soit une production annuelle de 13 000 tonnes de méthane par an.
Quant aux déjections, leur stockage produira d’autant plus de méthane qu’il sera prolongé.
Qu’en conclure si ce n’est :
- qu’on ne peut empêcher les ruminants de ruminer (sauf à imaginer la vache génétiquement modifiée avec des gènes de porc !)
- qu’il faut encourager et accompagner les agriculteurs à créer des unités de production de méthane pour créer une filière bio - gaz (mesure du Grenelle), capable de valoriser ce gaz à effet de serre.
La France a pris sur ce sujet beaucoup de retard si on la compare avec l’Allemagne où les agriculteurs ont trouvé (grâce à l’aide des fonds européens !) un vecteur de ressource complémentaire, ce qui leur permet au final de baisser le prix de leur lait et de nous tailler des croupières.
- qu’il vaut mieux nourrir les vaches à l’herbe et aux légumineuses qu’avec des aliments composés (à tout le moins rééquilibrer les rations en faveur de l’herbe, celle-ci ayant l’avantage de stocker le carbone au même titre que les espaces boisés)
- qu’il faut rééquilibrer les filières d’élevage et notamment la filière ovine
- qu’il faut privilégier la prairie fourragère à vocation énergétique
- qu’il faut sensibiliser le public en faveur d’une baisse de la consommation de viande (objectif environnemental et sanitaire) et faciliter l’implantation ou le développement des agriculteurs qui se détournent de la filière «élevage »industriel et de la culture céréalière industrielle (fertilisation azotée, créatrice de CO2 et polluante pour les eaux).
Solidarité avec les indiens mapuches
Au Chili, 34 indiens de ce peuple pré-hispanique qui tente de récupérer les terres ancestrales font grève de la faim depuis 70 jours pour protester contre le fait qu’ils vont être jugés selon la loi anti-terroriste de l’ancien dictateur Pinochet.
Souhaitons que les 33 mineurs chiliens bloqués sous terre puissent revoir la lumière de même que ces 34 indiens qui mènent un combat légitime pour récupérer leurs terres.
Les chardons du désert
Lorsque j’ai voté contre la subvention à AREVA lors d’un Conseil Communautaire (avec mon ami Pierre Roche, maire de Rousies), j’avais expliqué que la politique d’AREVA au Niger avait pour conséquence de déstructurer complètement la société touarègue.
Que les islamistes radicaux aient pu bénéficier d’une complaisance, voire d’un relais opérationnel au sein de ce peuple n’est donc pas une surprise.
La politique néo - coloniale menée au Niger par les grandes sociétés françaises (pour nous permettre de continuer un développement stupide et lui aussi destructeur) alimente les ressentiments des populations locales qui trouvent en Al-Qaeda un exutoire à leur révolte.
L’islamisme radical est donc bel et bien un enfant de l’affairisme dominateur et méprisant les plus pauvres de la planète comme l'extrême-droite en France a été le produit de la montée de l'exclusion dans les années quatre-vingt.
Que les chauffeurs de taxi au Niger et au Mali affichent ostensiblement le portrait de Ben Laden dans leur véhicule en dit long sur le message que ces populations veulent faire passer au monde occidental, malheureusement autiste.
Se débarrasser de Ben Laden et des siens, certes mais cela reviendrait à couper les chardons sans couper leur racine.
La recherche d'une paix durable passe aussi et peut-être d'abord par une remise en cause de notre mode de développement.
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