Articles récents
Le verre de la discorde
Jacques Bleuze, en charge des déchets à l’agglo, a commencé son périple pour expliquer et convaincre les habitants dans les trois communes ayant accepté l’expérimentation de l’intérêt de l’apport volontaire du verre à la collecte à domicile.
Son argument principal s’appuie sur le fait que le verre collecté par habitant (ici 27,7 kilos par an) est nettement inférieur à la moyenne départementale (35,4 kg par an).
cette différence étant liée, selon lui, au fait que l’apport volontaire serait plus efficace que la collecte à domicile.
Un exercice impartial consisterait à comparer la moyenne du niveau de collecte pour les communes pratiquant l’apport volontaire avec la moyenne du verre collecté pour les communes restées à la collecte à domicile.
Or, nous ne connaissons pas, pour la moyenne départementale, les parts respectives occupées par l’un ou l’autre mode de collecte.
Faute de partir sur ces bases saines, M.Bleuze met la conclusion qu’il souhaite depuis le début comme explication. C’est lumineux comme une nuit sans lune.
A supposer même que l’on constate un meilleur niveau de collecte sur les territoires en apport volontaire (ce qui n’est pas prouvé aujourd’hui), des facteurs explicatifs devraient être testés comme le niveau socio-culturel de la population (dont on sait qu’il est corrélé avec le geste écologique), la moyenne d’âge de celle-ci ou encore la nature des consommations différentielles selon chaque territoire.
Selon l’Ademe, si l'on considère les quantités totales collectées, la performance du porte-à-porte est aujourd'hui supérieure d'environ 20% à celle de l'apport volontaire.
Bertrand Bohain, délégué général du Cercle national du recyclage (CNR), insiste sur le fait que "bien souvent, les points d'apport volontaires deviennent des dépotoirs".
Deuxième argument : le coût de la collecte en porte à porte serait de 108 € la tonne contre 34 € pour l’apport volontaire.
Si d’ailleurs l’on passait à l’apport volontaire, il serait logique de demander à l’agglomération, si elle fait vraiment des économies, de rembourser les communes sur la base de 108 – 34 , soit 74 euros par tonne collectée sur la commune !!
Cela étant dit, le chiffre de 108 € est inexact puisque basé sur des collectes en bi-flux et non en tri-flux (trois compartiments) comme chez nous.
En effet, aujourd’hui, le verre est collecté en même temps que les autres recyclables. Enlevons le compartiment verre, il faudra toujours vider la poubelle chaque semaine, le coût du ramassage à domicile ne baissera pas. Il serait moins faux de dire que la collecte du verre aujourd’hui ne coûte rien.
S’il convient de supprimer le compartiment verre pour laisser de la place aux autres recyclables, le dépôt dans une petite poubelle à verre qui serait collectée en même temps que les deux autres ferait parfaitement l’affaire.
Publicité
Le grumeau dans le millefeuille
Afin de les distinguer des établissements publics, les collectivités territoriales bénéficient d’une compétence générale leur permettant de prendre en charge toute affaire d’intérêt local.
Les communes détiennent cette prérogative depuis la loi de 1884.
La loi de 2015 portant Nouvelle organisation territoriale de la République (NOTRe) a supprimé la clause générale de compétence pour les départements et les régions, ceux-ci se voyant ramenées à des rôles de « chef de file » sur des compétences préalablement déterminées.
La gestion des collectivités territoriales est par ailleurs assurée par des assemblées délibérantes élues au suffrage universel direct
Les intercommunalités, dont les compétences sont très spécifiques (principe d’exclusivité) et dont les assemblées ne sont pas élues au suffrage universel direct ne sont donc pas des collectivités territoriales mais de simples collectivités locales.
Le niveau intercommunal n’aurais donc pas dû figurer dans la question.
La commune et la souveraineté numérique
Attaché à notre souveraineté numérique, j’ai souhaité que nos agents soient équipés, par défaut, du moteur de recherche « Qwant »sur leur ordinateur d’ici le mois de juin (cela prend trois minutes).
Cette décision s’appuie sur trois raisons : éthique, défense de notre souveraineté et protection des données.
RAISON ETHIQUE
Aucun historique de recherche conservé, aucun cookie enregistré , ces fichiers qui recueillent des informations personnelles sur vous dès que vous naviguez sur un site et qui sont revendues de manière irresponsable, contrairement à toute éthique, à des géants monopolistiques qui les monétisent auprès des annonceurs publicitaires avec les dérives bien connues à grandes échelle de ce capitalisme de surveillance qui menace notre démocratie.
SOUVERAINETE NUMERIQUE
Les Russes (avec Yandex), les chinois (avec Baidu) et les américains (avec Google) ont leur moteur de recherche.
Ne devenons pas une colonie numérique !
« Qwant » est un moteur de recherche européen made in France (détenu à 80 % % par la Caisse des dépôts), installé depuis plusieurs années sur les ordinateurs de nos parlementaires. C’ est le seul moteur de recherche qui possède les technologies lui permettant, contrairement à d’autres moteurs alternatifs, de ne pas être le passe-plat vers des moteurs étrangers.
PROTECTION DES DONNEES
« Qwant », c’est le moteur de recherche le plus pertinent et le plus performant pour une sécurité numérique accrue. Le Ministère des armées l’a d’ailleurs adopté.
Bien sûr, personne ne pourra empêcher un(e) agent (e) de taper un autre moteur de recherche dans la barre d’adresse et de zapper Qwant.
Mais je compte sur l’esprit civique de nos agents pour se retrouver sur la voie du patriotisme économique !!
La novlangue de la CAF
Un ressortissant étranger de l’Union Européenne, en France depuis cinq ans et affichant des périodes d’activité professionnelle, fait sa demande de RSA et se voit demander par la CAF, dans une novlangue propre à nos services publics, d’attester qu’il perçoit bien des ressources suffisantes !
N’est-il pas contradictoire de demander à une personne qui ne perçoit rien d’attester qu’elle a des ressources suffisantes ?
Les restos du Cœur procèdent de la même manière : il convient de prouver que l’on perçoit une indemnité quelconque pour être bénéficiaire !
Bref, la logique de notre administration , outre qu’elle est absurde, ignore que nous laissons ainsi sur le bord de la route des voisins et amis de la France.
Même les migrants tomberaient des nues…
Publicité
L'approche des grandes marées

L’approche des élections municipales annonce les grandes marées des promesses déversées à gros bouillons dans les conférences de presse.
Je lis dans notre quotidien local qu’une liste prévoit que le maire, ses adjoints et délégués s’engagent à reverser mensuellement 20% de leurs indemnités, ce qui en fin d’année rassemblera 25 000 euros.
Intention louable, mais le communiqué ne dit pas si cet argent sera versé à la commune, auquel cas les actes portant donation ayant en principe lieu devant notaire, celui-ci est tenu d'en donner avis aussitôt au receveur de la commune (article R.2242-3 du CGCT), et il appartient au préfet de réclamer la production de l'acte notarié constatant la donation. A renouveler chaque mois bien entendu.
L’alternative, c’est le don au CCAS, beaucoup plus simple.
Mais il y a encore plus simple : il suffit en début de mandat de ne pas voter l’indemnité maximale mais de la baisser de 20 % (ce que nous avons fait sur la commune).
L’économie pour la collectivité est du même montant, même si cela reste plus discret pour les administrés.
Autre avantage : impossible pour l’élu versatile de revenir sur la décision sans l’accord du conseil municipal.
Rousseau et Simmel , toujours d'actualité
Lorsque Rousseau parlait de l’Etat idéal (« Du Contrat social : Livre II, chapitre IX) , il voulait qu’il ne soit ni trop grand pour pouvoir être bien gouverné, ni trop petit pour pouvoir se maintenir par lui-même.
Un Etat, en effet, doit être suffisamment vaste et donc se « donner une certaine base pour avoir de la solidité, pour résister aux secousses qu’il ne manquera pas d’éprouver et aux efforts qu’il sera contraint de faire pour se soutenir ».
Mais, s’il est trop grand, il souffre d’une administration « plus onéreuse » et « le peuple a moins d’affection pour ses chefs qu’il ne voit jamais » (on comprend pourquoi les ministres veulent redevenir maires !), moins d’affection également « pour la patrie qui est à ses yeux comme le monde », et moins d’affection « pour ses concitoyens dont la plupart lui sont étrangers ».
« Un petit Etat est proportionnellement plus fort qu’un grand » concluait Rousseau, qui n’avait pas tort puisqu’on avait d’ailleurs remarqué que les paradis fiscaux étaient tous des confettis minuscules sur la planisphère et qu’on vit mieux en Suisse ou au Luxembourg qu’en Russie ou aux Etats-Unis.
Mais ce qu’il écrit fait irrésistiblement penser aux thèses de Georg Simmel qui, un siècle plus tard, expliquait que la quantité introduisait des modifications dans les rapports humains, prenant comme exemple le communisme qui ne s’est jamais réalisé que dans les peuplades communautaires (mais fut un désastre à l’échelle d’un pays) ou dans la communauté des premiers chrétiens.
Pour Simmel, lorsqu’un groupe devient plus nombreux, l’Etat doit se doter d’un appareil administratif, multipliant les postes au sein de l’organisation, les relations devenant plus impersonnelles et le coût de la gestion plus lourd.
Rousseau et Simmel auraient probablement écrit la même chose à propos de la création des grandes régions et des grandes intercommunalités.
Le monde qu'ils nous préparent
Le dernier Observatoire de l’Habitat publié par la Communauté d’Agglomération donne à voir l’évolution comparée des différentes communes à la lumières des projets en cours.
Comme l’illustre la carte (extraite de ce document), le déséquilibre en matière de logement social, déjà important entre les communes, va s’accroître et conforter plusieurs d’entre elles dans leur rôle d’aspirateur social,
une dynamique qui va à l’encontre des discours que l’on nous ressasse depuis 1981 sur les bienfaits de l’équilibre du peuplement.
Le réflexe obsessionnel des maires qui ne veulent pas que leur commune passe sous le seuil des 10 000 habitants les amène à programmer du logement social partout où il y a de la place, à la manière des gamins qui étalent leur nutella jusque dans les trous de la tartine.
Pourtant, cette frénésie de logements sociaux, outre qu’elle contredit le Programme Local de l’Habitat que ces mêmes élus ont approuvé, aura à terme des incidences sur d’autres registres que la démographie : baisse des valeurs immobilières, gestion des populations fragilisées par la crise ..
Les pôles gares sont devenus des prétextes pour mobiliser toute la programmation de logements.
Mais qui a dit que les pôles gares devaient devenir des pôles d’habitat social ? Ce n’est pas dans l’intérêt des populations qui y vivront, ni dans celui des autres habitants.
Concert du Nouvel An
Comme le veut la tradition et pour clore en quelque sorte l’enchaînement des cérémonies de vœux de la nouvelle année, le concert du nouvel an a eu lieu ce dimanche, une occasion pour notre Harmonie Communale, suivie par celle de Leers-et-Fosteau, de confirmer son niveau d’excellence.
Il n'était pas trop tard. Après tout, le nouvel an de notre calendrier chrétien n’a pas toujours eu lieu en janvier, d’autant plus que la naissance de Jésus avait eu lieu le 25 décembre et qu’on aurait pu, en toute logique, choisir cette date pour marquer le démarrage de l’ère chrétienne.
Alors, pourquoi en fut-il autrement ?
Résumé en trois actes :
Acte 1 : C’est en réalité le moine « roumain » Denys le Petit (6e siècle) qui a fixé, par de savants calculs, la naissance de Jésus au 25 décembre et, le jour de l’an, huit jours plus tard… jour supposé de la circoncision de Jésus.
C’est donc grâce à ce Denys le Petit (ou à cause de lui) que nous bénéficions de fêtes rapprochées à cette période de l’année.
Acte 2 : Ensuite, au Moyen –Age, les féodaux n’en font qu’à leur tête, suivant les pratiques dites «païennes » et fêtant le jour de l’an à des dates différentes selon leur Province mais toujours à des périodes de renouveau saisonnier (équinoxes et solstices), en lien avec les pratiques agraires.
Encore aujourd’hui, cette culture a laissé ses marques sur certaines traditions : l’harmonie a d’ailleurs des concerts pratiquement à chaque changement de saison (concert de printemps et celui de Ste Cécile en automne, Fête de la musique pour le solstice d’été).
C’était bien pratique pour les fêtards qui pouvaient se déplacer et fêter le nouvel an plusieurs fois dans l’année mais moins pratique pour la famille royale qui avait pour mission d’unifier le royaume par-delà les particularismes provinciaux.
Acte 3 : C’est en fait un gamin de quatorze ans, le jeune Charles IX, fils d’Henri II et de Catherine de Médicis, qui va changer les choses.
En dépit de son jeune âge et probablement influencé par sa régente mère qui ne supportait plus un tel "foutoire", Charles IX s’inspira en 1564 de ce qui se faisait dans l’empire de Charles Quint (dont nous faisions partie), pour fixer le nouvel an au 1er janvier, date reprise peu après par le Pape pour l’ensemble des territoires adhérant à la chrétienté.
Le pauvre Charles IX mourut malheureusement très jeune (24 ans), son épouse, Elisabeth d’Autriche, choisissant de mener une vie pieuse et solitaire jusqu’à sa mort.
Publicité