régimes spéciaux : se taire au nom des valeurs de gauche ?
Parce qu'il était de gauche, il aurait dû se taire devant les impératifs supérieurs de la défense du prolétariat.
Camus, l'homme révolté, en quête d'un nouvel humanisme, ne s'est pas tu et l'histoire lui a donné raison.
Jean-Marie Allain, le 27 octobre 2007
régimes spéciaux de retraite : équité contre corporatisme ?
Rien ne justifie cette disparité dans le traitement des français, si ce n'est la situation de monopole des secteurs en question.
Comme l'explique Pascal Gobry (membre de l'Institut des actuaires) dans un article lumineux publié dans "Le Monde" du 19 octobre, ce n'est pas la pénibilité des salariés de la Banque de France qui explique leur régime encore plus favorable que celui des cheminots, c'est leur situation de monopole.
Celle-ci a permis de faire financer des avantages par les usagers, y compris les plus modestes et les plus exposés au travail pénible.
Lorsque j'achète un billet de train ou lorsque je paie mes impôts , je contribue à payer une partie de ces retraites qui ne sont en rien financées par les soit-disant cotisations prélevées sur les salaires et qui à ce titre sont qualifiées par les comptables de «cotisations fictives».
Il ne s'agit pas ici d'être de gauche ou de droite, ni de désigner des boucs-émissaires mais de savoir si on se place du côté des corporatismes ou de l¹équité.
Je suis fils et petit-fils de cheminot et très attaché à la culture du rail que je vénère.
Mais c'est ma conscience et mon attachement aux valeurs d¹équité et de justice qui guident en l'occurrence mes positions dans ce débat, pas mes traditions familiales, encore moins mon appartenance au MODEM.
Affirmer que l'on devrait tout remettre à plat et tenir compte de l'espérance de vie, bien sûr mais cela ne doit pas être un prétexte à engager la réforme, d'autant plus que ceux qui s'arc-boutent sur leurs privilèges pourraient bien, en termes d'espérance de vie, crier encore plus fort.
Jean-Marie Allain, le 24 octobre 2007
le corps médical prend enfin position contre les incinérateurs
toxiques qui s'échappent dans l'atmosphère » et demande un moratoire concernant les futurs incinérateurs.
Ils seraient pourtant «aux normes» comme on dit en Avesnois.
Certes, mais on sait aujourd¹hui que ces normes ne veulent rien dire car elles n'ont de sens que sur ce qu'elles mesurent, pas sur ce qu'elles ne mesurent pas.
Le professeur Dominique Belpomme, cancérologue à l¹hôpital Georges Pompidou à Paris, assure que les médecins ne lâcheront pas le morceau et qu'il n¹était pas question refaire le coup de l¹amiante.
L'entrée en scène du corps médical vient enfin donner raison à mes appels lancés dès 2006, à la suite du rapport de l'institut de veille sanitaire.
Jean-Marie Allain, le 24 octobre 2007
Attali-Borloo : le choc ?
C'est en tout cas ce que pensent un certain nombre d'analystes.
Prôner la mobilité des personnes et des biens, est-ce forcément incompatible avec la limitation des transports ?
Tout dépend des distances de déplacement, des motivations de celui-ci et surtout des modes de déplacement.
Lorsque la Commission Départementale d'Urbanisme Commercial (CDEC) bloque un projet de supermarché Leclerc à La Longueville, le fait-elle pour protéger l'environnement ou pour protéger le monopole d'Auchan ?
Les habitants du Bavaisis ont le droit de prétendre à un supermarché, ce qui limiterait leurs déplacements et raviverait une concurrence qu'ont mis à mal les grandes surfaces.
Toute la question est de savoir où, si une telle implantation sera respectueuse de l'environnement et d'une bonne intégration paysagère, bref des enjeux pour lesquels la CDEC n'a aucune légitimité, ni aucune compétence.
Jean-Marie Allain, le 24 octobre 2007
l'urgence d'un comité de rivière !
Je dis «dépôt» pour reprendre le vocabulaire de VNF ? mais on pourrait aussi dire aussi dire «décharge» puisqu'une boue de dragage ou de curage est un déchet et que le stockage de déchets pour une durée supérieure à un an constitue une décharge.
Une telle perspective interpelle naturellement les élus puisque les boues de la Sambre peuvent contenir des polluants très toxiques en raison de l'histoire industrielle de la vallée, de la densité de son habitat, de l'évolution de son agriculture, sans oublier son histoire militaire.
Se pose même au préalable la question toute simple : pourquoi curer ?
Le curage est présenté comme ayant deux objectifs :
- 1er objectif : Augmenter le tirant d¹eau pour les bateaux mais tout le monde sait que le tirant d¹eau des bateaux de la plaisance n'est pas celui d'une péniche ou d'un bateau à passagers et que ces types d¹embarquation sont désormais des espèces disparues de notre cours d¹eau.
- 2e objectif : Diminuer le risque d'inondations, mais une étude du Ministère des Transports wallon réalisée en 2002 explique je cite «que ces travaux ne représentent qu'une mesure de protection de faible efficacité contre les inondations et qu'en aval, qu¹elles n¹ont pratiquement aucun effet en période de crues».
Faisons toutefois abstraction de ces deux réserves pour l'instant et admettons qu'il faille effectivement draguer et curer la Sambre.
Créer des lieux de dépôts représente, au-delà de la nuisance olfactive, un certain nombre de risques pour l'environnement, à tel point qu'en Belgique les communes qui reçoivent des boues de curage sont indemnisées sur la base de 2,50 euros par m3 de boue.
Ces risques justifieraient par ailleurs que la sélection des sites soit étudiée sur la totalité du linéaire, entre la forêt de Mormal et la Belgique, en fonction de critères environnementaux par un cabinet indépendant, non rémunéré par le maître d'ouvrage et de manière concertée avec les communes concernées et leurs riverains.
On retrouve là une carence que j¹ai maintes fois soulignée : l'absence de gouvernance de la rivière, pourtant utilisée par une multiplicité d'acteurs dont les intérêts peuvent parfois s'avérer antinomiques.
A quand un Comité de rivière ?
Jean-Marie Allain, le 24 octobre 2007
santé publique
Une lecture rapide pourrait laisser penser que notre santé est plus mauvaise dans le Nord parce qu'il y a moins de médecins, raccourci rapide qui oublie que l'état de santé d'une population ne dépend pas seulement du nombre de médecins mais d'une multitude de paramètres environnementaux.
Une analyse faite par Gérard Salem, géographe à l'université de Nanterre, postule en fait que c'est l'inverse.
C'est parce que l'état de santé des gens du Nord est dégradé que les médecins ne viennent pas s'y installer.
On peut aussi penser que les médecins préfèrent la mer, le soleil et la clientèle aisée,ce qui est humain.
Sans porter atteinte à la liberté d'installation des médecins, il est possible de mettre en place des incitations financières substantielles pour que les médecins qui s'installeraient dans les régions en déficit ou qui
acceptent d'y rester.
Jean-Marie Allain, le 18 octobre 2007
Vers la suppression des Maisons de l'Emploi ?
L'Etat entend mettre un coup de frein à ce concept fumeux et technocratique, typique de l'esprit tordu qui alimente la politique de l'emploi en France depuis 25 ans.
Le problème n'en reste pas moins posé pour les 180 Maisons de l'Emploi existantes, lieu de partenariat financé par l'argent public et dont l'effet sur l'emploi est bien entendu proche de zéro.
Jean-Marie Allain, le 17 octobre 2007
FUSION DES CCI ...Un exemple à méditer
Lorsque j'ai proposé, voilà plus de dix ans, en accord avec le sous-préfet Faure, de créer une Conférence Permanente des élus à l'échelle du Hainaut-Cambrésis, la majorité des responsables politiques de l'Avesnois, par frilosité, ont freiné des quatre fers alors Jean-Louis Borloo était partant et les élus de Cambrai également.
Je dois dire que Bernard Baudoux (PC) et Jean-Yves Herbeuval (UMP) se retrouvaient également sur cette ligne de mettre en place un Grand Sud.
Aujourd'hui, d'ailleurs, c'est le député communiste Alain Bocquet qui impulse fort opportunément la création d'une association des élus du Hainaut, à laquelle j'ai bien entendu donné de suite mon adhésion. Les divergences politiques ne doivent pas polluer la recherche de l'intérêt du territoire.
La question de la pénalisation fiscale des travailleurs frontaliers est un bon exemple à traiter à cette échelle.
Nos structures d'organisation territoriale en sambre-avesnois semblent bien obsolètes au regard de ces évolutions.
Les CCI donnent l'exemple après l'Etat... applaudissons.... espérons que la Sambre-Avesnois aura l'audace et surtout la lucidité d'aller en ce sens.
Nous avons besoin d'une instance d'échange et de travail pour le Grand-Sud, et même d'une instance transfrontalière.
Jean-Marie Allain, le 5 octobre 2007
Sécu : chronique d'une mort annoncée
Les vrais faux plans de redressement finiront par avoir raison de cet outil pourtant remarquable dans son principe de solidarité.
La Suède, pays jadis dépensier, a la plus longue espérance de vie en Europe et ne consacre aux soins que 9 % de son PIB contre 11 % en France.
La consultation chez un médecin néerlandais va se conclure par une prescription dans 60 % des cas seulement contre 90 % en France.
L’état de santé d’une population n’est pas proportionnel aux dépenses de santé.
Les hommes politiques ont trop longtemps fermé les yeux sur les dysfonctionnements entre les mécanismes de recettes et des dépenses de la sécu.
Les plans de redressement ne sont que des rustines qui ne font que différer le problème et l’aggraver.
C’est le mode financement qu’il faut revoir, y compris le mode de rétribution des médecins et l'assujettissement des stocks options aux cotisations sociales.
La France, honteuse de ses pauvres
Quand on parle de pauvreté, ce ne sont plus les britanniques qui se distinguent mais les français.
En effet, sont pauvres aux yeux de la statistique européenne les ménages qui perçoivent moins de 60 % du revenu médian.
Or,notre pays ne reprend dans ses statistiques de la pauvreté que les ménages dont les revenus sont inférieurs à 50 % du revenu médian.
Autrement dit, si la France adoptait le critère européen, son nombre de pauvres passerait de 4 millions à plus de 7 millions.
On comprend que l'INSEE ne soit pas pressée de se mettre en harmonie avec les critères européens.
Jean-Marie Allain, le 11 septembre 2007