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Le blog de Jean-Marie Allain
Articles récents

Le droit de retrait civique, signal d'alerte dans le rural, après le faible taux de participation aux municipales

5 Avril 2026 , Rédigé par Jean-Marie Allain

La baisse de la participation électorale dans les communes rurales,  enregistrée à l'occasion des récentes élections municipales, d’autant plus importante que la population est jeune, résulte de plusieurs facteurs, bien circonscrits dans étude pour la Fondation Jean Jaurès par le politologue Jérôme Fourquet, tels que la fin du panachage, le moindre ancrage des néo-ruraux, mais surtout la diminution du nombre de listes et la perte de proximité provoquée par la montée en puissance des communautés d’agglomération qui détiennent aujourd’hui l’essentiel des compétences et décident du quotidien des habitants.

Concernant la diminution du nombre de listes, la règle se confirme dans notre arrondissement avec toutefois une exception pour les villes : Fourmies, 44,95 % d’abstention avec 2 listes -  Aulnoye, 45, 83 % d’abstention avec 3 listes – Maubeuge, 54,20  % d’abstention avec 4 listes ! mais l’absence dans ces villes de listes déclarées RN peut expliquer que les électeurs de ce parti , arrivant généralement en tête aux autres élections, aient préféré ne pas aller voter, alors que dans les villages, bien que néanmoins en hausse, l’abstention plus visible, puisque tout le monde ou presque se connait, se traduit peut-être par l’alternative du vote blanc ou nul (à étudier…).

Concernant la perte de proximité provoquée par la montée en puissance des communautés d’agglomération, elle remet au centre de l’actualité le débat sur l’élection au suffrage universel des exécutifs de ces intercommunalités, aujourd’hui élus au deuxième degré puisque les électrices et les électeurs votent, pour des représentants à l’intercommunalité (communauté de communes ou communauté d’agglomération), ces représentants élisant ensuite le Président et les vice-présidents qui vont constituer le Bureau.

Ce système amène donc les électrices et les électeurs à remettre aux élus municipaux qui siègeront dans les intercommunalités, le choix de voter pour ces prétendants à la Présidence et au Bureau, alors que durant la campagne électorale cette question ne pouvait être abordée puisque personne ne connait à ce stade la composition de la future intercommunalité.

Ils votent donc en faveur d'une liste pour la gestion de la commune et, à leur corps défendant, en même temps pour les candidats fléchés pour l’intercommunalité sans connaître la plupart du temps leurs intentions sur leur choix quant à la désignation du Président et des membres du Bureau.

Et puis, on peut après tout aussi considérer qu’un prétendant « fléché » peut rassembler toutes les qualités pour siéger au conseil municipal mais pas pour autant à l’intercommunalité (ou l’inverse), au point que ce type de raisonnement peut justifier un vote « blanc » ou « nul ».

Il y a donc quelque chose de peu lisible mais aussi de malsain dans ce système qui éloigne le corps électoral de la démarche démocratique au point de justifier un « droit de retrait civique », ce qui n’en rend que plus salutaire de replacer au centre du débat la question de l’élection au suffrage universel des exécutifs intercommunaux.
Malheureusement, il n’y a pas de consensus sur le sujet, nombreux maires et tout particulièrement de communes rurales, via l’Association des Maires Ruraux de France (AMRF), craignant qu’une telle mesure donne une légitimité plus forte à ces exécutifs et n’enlève aux maires des petites communes les quelques prérogatives qu’ils détiennent encore.

Pourtant, ces exécutifs intercommunaux n’attendent pas de recevoir cette légitimité démocratique pour prendre des engagements importants dans le cadre des délégations de dépenses ou de dossier stratégiques pour le territoire. C’est la raison pour laquelle, et bien que fondateur de l’Association des Maires Ruraux du Nord, j’ai toujours fait part à l’AMRF de mon désaccord avec eux sur ce point.

L’impressionnante chute de la participation dans les communes rurales depuis trente ans est synonyme d’érosion de la vitalité démocratique pour reprendre les termes de Jérôme Fourquet et menace à terme la légitimité des maires élus avec une part de plus en plus infime des inscrits sur les listes électorales.

L’élection au suffrage universel des exécutifs des intercommunalités est devenue un enjeu majeur pour la démocratie locale.

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Grandeur et Misère de la morale en politique

1 Avril 2026 , Rédigé par Jean-Marie Allain

Dans sa Chronique du "Figaro" du 26 mars 2026, Luc Ferry s'appuie sur les " accords de la honte" conclus pour le second tour des élections municipales pour souligner le lien indéfectible entre morale et politique, celle-ci pouvant basculer à tout moment dans les profondeurs les plus nauséabondes si elle se coupe du socle des valeurs dites "non négociables" de l'universalisme humaniste, valeurs héritées de la rationalité rayonnante du XVIIIe siècle et incarnées selon lui par quelques évènements fondateurs comme la Déclaration d’Indépendance de l’Amérique de 1776  ou la Déclaration des Droits de l’Homme et du citoyen de 1789.

Cette victoire de la rationalité, acquise plus souvent d’ailleurs par la violence que par le raisonnement, s’est prolongée par une volonté d'émancipation à vocation universelle dont nous devons aussi reconnaître qu'elle passa souvent par la maltraitance d’êtres humains en raison de la couleur de leur peau comme  le maintien de l’esclavage en Amérique après  l'indépendance (la démocratie grecque s’était déjà parfaitement accommodée de l’esclavage, rappelait Luc Ferry dans « Vaincre les peurs » chez Odile Jacob) , par la terreur jacobine de 1789 à 1794 à l’encontre des récalcitrants à la révolution, par le massacre génocidaire vendéen  entre 1793 et 1796, par la colonisation de territoires dont les peuples continuaient à être considérés comme inférieurs, à l’image de l’occupation par la France de l’Algérie à partir de 1830.

Il convient, à ce propos, de souligner le rôle positif de l'anthropologie par les ethnologues, révolution silencieuse et pacifique venue enrichir de façon décisive, par la démarche rationnelle, la connaissance des peuples autochtones et de leurs cultures, comme l'a compris et intégré l'Unesco dans ses programmes d’actions.

A cet égard,  la critique du relativisme reprise par Luc Ferry, bien que moins excessive que celle d’Alain Finkielkraut à l’encontre de Lévi-Strauss dans on ouvrage "La défaite de la pensée", reste une critique à mauvais escient dans la mesure où la découverte de la diversité des cultures sur la planète, intervenue malheureusement trop tardivement pour les indiens d’Amérique, permit un pas en avant décisif vers la compréhension du monde et la défense de ces peuples, valeurs elles aussi universelles et non négociables.

D’autres conquêtes sont venues ultérieurement s’ajouter à ces réussites, comme ce fut le cas en France contre la maltraitance longtemps légale à l’égard des femmes puisqu’elles durent attendre 1944 pour obtenir, au nom de la valeur de l’égalité, le droit de vote et plus tard encore l’égalité civique avec la notion d’autorité parentale et non plus du « chef de famille » dans le Code civil.

Mais, encore aujourd’hui, certaines des valeurs promues par ces grands textes ne sont pas respectées et l’on ne peut s’empêcher de penser à la distinction qu’opérait Michel Foucault entre la morale comme système de valeurs et l’éthique qui décline ce système de valeurs au niveau des actes.

A titre d’exemple, la liberté en France de refuser en toute lucidité une transfusion sanguine parce qu’un tel choix ne porte pas atteinte à l’intérêt général, relève d’une  valeur morale, en l’occurrence la liberté fondamentale du patient. Et pourtant, dans une ordonnance du 16 août 2002, le Conseil d'État a considéré que si « le droit pour le patient majeur de donner, lorsqu'il se trouve en état de l'exprimer, son consentement à un traitement médical revêt le caractère d'une liberté fondamentale », les médecins ne portent pas pour autant une atteinte grave et manifestement illégale à celle-ci  lorsque, au nom de leur éthique médicale,  « avoir tout mis en œuvre pour convaincre un patient d'accepter les soins indispensables, ils accomplissent, dans le but de tenter de le sauver, un acte indispensable à sa survie et proportionné à son état ».

En d’autres termes, l’éthique peut amener à faire l’inverse de ce que promeut la morale.

En ce sens, les accords sulfureux qui ont occupé le champ médiatique entre les deux tours des élections municipales, au-delà des arguments politiques censés s’appuyer sur des valeurs, ont révélé chez les cocontractants une absence totale d’éthique de l’action politique.

Les français qui, en majorité, ont désapprouvé ces accords du déshonneur ne s'y sont pas trompés : ils ont essentiellement mobilisé leur conscience morale, celle dont est doté tout être normalement constitué, pour peu qu'il ne l'ait pas perdue en politique, celle-ci faisant hélas rarement bon ménage avec celle-là.

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Les obscurantismes idéologiques

11 Mars 2026 , Rédigé par Jean-Marie Allain

Il faut relire sur cette thématique un ouvrage d’Alain FINKIELKRAUT, dont j’apprécie par ailleurs la brillance intellectuelle et l’esprit critique, intitulé « La défaite de la pensée », publié chez Gallimard en 1987.

Ce livre met toutefois le lecteur très mal à l’aise dans le chapitre consacré à « la trahison généreuse ».

Comme point de départ de sa réflexion, le philosophe affirme à juste titre l’importance de la lutte contre les obscurantismes idéologiques et nous renvoie au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, dans le contexte d’un monde encore ébranlé par l’idéologie fasciste, à la création de l’Unesco pour développer l’éducation et la culture afin d’en finir avec tout obscurantisme, projet qui trouverait, ses fondements, selon l’auteur, dans la résurgence de l’esprit de la philosophie des Lumières du XVIIIe siècle, qui se donnait pour mission universelle d’avoir des hommes « libres et éclairés ».

Mais les Lumières avaient aussi leur zone d’ombre. Au nom du principes de liberté, cette philosophie a certes eu le mérite de condamner l’esclavage, mais elle n’a pas pour autant remis en cause la logique coloniale qui portait en elle l’accaparement des richesses et le développement du commerce, bien davantage que l’émancipation culturelle des territoires occupés par des populations que l’affranchissement de l’esclavage ne rendait pas pour autant égales aux autres aux yeux des colons.

L’histoire montrera que ce postulat occidental pouvait se traduire par une version brutale et obscurantiste (« ils sont affranchis mais restent inférieurs ») ou une version « progressiste », celle des Lumières, dont la préoccupation fut de leur faire rattraper leur retard en les éduquant à notre image, celle-ci pouvant parfois inclure les croyances religieuses.

Or, pour Finkielkraut, ce projet émancipateur et civilisationnel des Lumières et de l’Unesco sera perturbé après-guerre par l’irruption, somme toute involontaire, de l’ethnologie, en particulier par Lévi-Strauss dont l’étude des peuples indigènes a démontré qu’elles fonctionnaient sur la base d’une cosmogonie complexe, illustrant ainsi la pluralité des modèles de société et faisant émerger la notion de « cultures » au pluriel et de « relativisme culturel ».

Finkielkraut considère que cette approche, toute "généreuse" qu’elle fut dans ses intentions,  a remis en cause les prétentions universalistes de l’Occident en se substituant à la représentation hiérarchique qui prédominait jusqu’alors dans le monde culturel occidental, y compris celui des Lumières, qui formalisait l’évolution humaine comme le passage du stade « sauvage » » vers la civilisation : « l’enjeu n’est plus d’ouvrir ces peuples à la raison mais d’ouvrir l’homme occidental à la raison des autres » accuse Finkielkraut.

Un tel doute aurait entrainé, selon l’académicien, la « défaite de la pensée » rationnelle , au point que le terme de « société primitive », qui désignait jusque- là ces peuples indigènes, deviendra ainsi, par un curieux retour des choses, une forme d’ignorance que les ethnologues appellent l’ethnocentrisme.
Cette notion signifie une façon de tout ramener à sa culture par une incompréhension basée sur la méconnaissance de l’autre ,sans tomber dans la condescendance ou le sentiment de supériorité culturelle.

La tentation est grande, convenons-en, d’associer l’effritement de la vision émancipatrice au succès du relativisme culturel mais une telle tentation ne serait pas fondée sur une base rationnelle, puisque, comme le savent les statisticiens, le constat d’une corrélation entre deux phénomènes ne prouve en rien qu’il y ait une relation causale.

Rien ne permet davantage d’affirmer que l’effritement de la vision émancipatrice, à supposer qu’il soit lié causalement au succès du relativisme culturel, serait exclusivement induit par ce facteur. La capacité de résilience de l’idéologie fasciste pourrait être un second facteur, auquel cas cela exigerait une réflexion sur les raisons d’une telle résilience….

Cela étant, si l’on souhaite ne pas mettre la charrue avant les bœufs, revenons - en à la thèse initiale d’A. Finkielkraut : qui peut prouver aujourd’hui que la pensée anti-obscurantiste a perdu le combat contre l’idéologie fasciste ? Tout laisse en effet penser le contraire lorsqu’on constate que cette idéologie n’est revendiquée que par quelques minuscules groupes néofascistes. Cette réussite est justement à mettre à l’actif des démarches éducatives de multiples acteurs tout au long des huit décennies qui nous séparent de la fin de la guerre.

Dans son ressentiment, le philosophe  rend coupable la philosophie des Lumières de ce qu'il considère comme « défaite » (mais coupable de quoi ?) et règle ses comptes avec Lévi-Strauss en lui reprochant un « travail de sape opéré par les enquêtes sur les lointaines tribus d’Amazonie ». En précisant « lointaines », notons qu’il renforce le caractère « étranger » de ces tribus alors que le structuralisme montre que ces sociétés, bien que « lointaines », partagent certains invariants culturels avec la culture occidentale. Les ouvrages de François Laplantine sur l’anthropologie de la santé abondent à ce sujet d’exemples passionnants.

La condamnation de Lévi-Strauss par Alain Finkielkraut surprend par sa sévérité excessive parce qu’injustifiée.

En effet, l’ethnologie, en découvrant la réalité et la richesse des diversités culturelles, a permis d’enrichir une pensée rationnelle parfois prétentieuse, il est vrai, dans ses visées planétaires. C’est la raison pour laquelle nous devons nous féliciter que l’Unesco en ait tenu compte dans ses programmes pour la défense des peuples autochtones et leur environnement, démontrant que la lutte contre l’obscurantisme idéologique est tout - à - fait compatible avec le relativisme culturel.

« Les peuples autochtones jouent un rôle essentiel dans la préservation de la diversité culturelle et biologique de notre planète. Pourtant, nombre d'entre eux sont encore confrontés à la marginalisation, à une pauvreté extrême et à de graves violations de leurs droits. L'UNESCO s'engage à relever ces défis en promouvant une éducation inclusive, en préservant les langues autochtones, en valorisant les savoirs traditionnels et en soutenant leur participation pleine et entière aux processus de décision. Grâce à ses partenariats et à des initiatives telles que la Décennie internationales des langues autochtones (2022-2032), l'UNESCO place les besoins et les droits des peuples autochtones au cœur de son action ».

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Assainissement des eaux usées... et des règles de police concernant les raccordements

18 Février 2026 , Rédigé par Jean-Marie Allain

La question du non raccordement des eaux usées au réseau collectif d’assainissement est un problème qui n’a jamais été résolu, pour le grand dommage de la qualité de nos eaux souterraines ou de surface.
Le constat est manifeste : le pouvoir de police, qu’il soit communal ou transféré à l’intercommunalité, n‘est jamais utilisé en France car sa mise en oeuvre s’avère impossible compte-tenu de ses modalités d’application.
En effet, les textes précisent que si le propriétaire n’a pas raccordé son bien à l’issue des deux ans de pose du réseau collectif, il devra « s’acquitter d’une astreinte du montant de la redevance d’assainissement payée par les propriétaires raccordés avec une majoration de 100 % maximum » selon la décision de la collectivité compétente (article L1331-8 du Code de la santé publique).

De plus, après mise en demeure, la collectivité peut réaliser ou faire réaliser d’office les travaux à la charge du propriétaire. 

Ecrire un texte est une chose. La mettre en oeuvre en est une autre.

Tout d’abord, en cas de location, c’est le locataire qui reçoit les factures d’eau, pas le propriétaire qui devra demander à son locataire les factures pour que la collectivité puisse calculer le montant de son astreinte. Bon courage puisque la consommation d’eau relève de la vie privée et que le locataire est donc libre de ne pas lui fournir.

Ensuite, le terme d’astreinte est ambigu mais on peut penser qu’il signifie qu’après mis en demeure accompagné d’un délai, l’inexécution des travaux entraîne le paiement d’une pénalité, le cas échéant couplé avec un malus par jour de retard.

Par ailleurs, le Code précise, avec ce caractère énigmatique du vocabulaire de l’administration, toujours encline, pour rester dans l’univers aquatique, à faire une baignoire de mousse avec un gramme de savon, que le montant de l’astreinte se base sur celui de la redevance d’assainissement payée par les propriétaires raccordés… sauf que les propriétaires raccordés ne paient pas la même redevance puisqu’ils ne consomment les mêmes quantités d’eau… à moins de faire une moyenne dans un périmètre donné… ou de prendre un échantillon de logements de même type… et on en arrive vite à construire une usine gaz digne du « made in France » car ce n’est pas fini :  « montant de la redevance d’assainissement payée par les propriétaires raccordés » certes mais à quel moment ? Le semestre précédent ? L’année précédente ? En, effet doubler la taxe suppose d’en connaître le montant mais comme le montant varie à chaque facture….

Enfin, « après mise en demeure, la collectivité peut réaliser ou faire réaliser d’office les travaux à la charge du propriétaire ». Cette fois, on plonge dans un océan d’absurdité.

Réaliser des travaux d’office de raccordement nécessite souvent des travaux à l’intérieur du logement comme la casse du carrelage pour relier les toilettes au réseau extérieur, raison pour laquelle d’ailleurs certains propriétaires modestes renoncent à se raccorder.

Tout pourrait pourtant être plus simple : la redevance se composant actuellement de deux parties, l’une variable et calculée sur la consommation d'eau et l’autre fixe calculée sur l’amortissement des frais fixes d’infrastructures, pourquoi ne pas baser la pénalité sur cette seconde composante ?

Ne revient-il pas au législateur de mettre en place une règle claire afin que le pouvoir de police puisse enfin être mis en œuvre ?

Dans l’attente, les logements non raccordés au réseau d’assainissement collectif restent en l’état et c’est la qualité des eaux qui en pâtit.

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Plaisirs des villes et bonheur des champs

25 Janvier 2026 , Rédigé par Jean-Marie Allain

Samedi soir, la commune de Marpent, à mi-chemin entre la campagne et la ville, a fait quelques détours par l’une et par l’autre.

Une façon de s’inscrire pleinement dans le thème retenu cette année par les instances nationales de la Nuit de la Lecture, à savoir « Villes et campagnes ».

Côté Ville, symbolisé par un décor de panneaux de signalisation routière et de maquettes suspendues de maisons fabriquées par les enfants du groupe scolaire, Nacéra lut le texte de la chanson de Pierre Perrin, composée en 1961, « Le clair de lune à Maubeuge », prétexte à une petite balade dans quelques villes du Plat Pays alors que Monique s’appuya sur un extrait du livre de Louis Aragon, « Les beaux quartiers », pour suivre avec le public  les déambulations des deux frères Edmond et Edgar, en quête de plaisirs inavouables, dans plusieurs rues de Paris à la découverte de l’architecture des bâtiments, des parcs et jardins, de la Tour Eiffel, du Trocadéro, des Champs Elysées et de l’Arc de Triomphe.

Côté Campagne, et devant un décor de ballots de paille et de lapins, Lucia puisa dans l’almanach 2012 une mine de dictons liés à l’observation de la faune et de la flore, que ce soit à l’œil nu, à la jumelle ou à la loupe, dont le rôle était de dévoiler le ciel du lendemain.

Lucie fit partager un extrait du roman de Georges SAND « La mare au diable » qui décrit, dans le détail, la scène du labour, image ordinaire d’un métier extraordinaire tandis que Jean-Marie invita le public dans « les rêveries du promeneur solitaire » de Jean-Jacques Rousseau, rappelant pour conclure sa lettre à Mirabeau dans laquelle il confie que si la dure nécessité  devait le rappeler à jamais au séjour des villes, ce ne serait que pour s’y faire enterrer.

De leur côté, Laure et Marie-Odile lurent en duo deux extraits du livre « Mes nuits avec Emma.B » de Rafaëla Da Fonseca, lauréate 2025 du « prix L’oiseau-lyre » attribué par la médiathèque marpentoise et emmenèrent pour quelques minutes le public en balade au cœur du bocage normand, là où Flaubert imagina le décor de son roman « Madame Bovary ».

Avec Angélique, c’est Racine qui fut mis à l’honneur dans la lecture de sa lettre « Le soleil est toujours riant » dans laquelle l’auteur utilise la beauté de la campagne pour imager le bonheur de vivre.

Quant à Alexandre, vêtu de son béret et de sa veste de berger, il nous conta « La Montagne » de Jean Ferrat dont les vers expriment le regret de voir les jeunes fuir la campagne ardéchoise pour rejoindre la ville et son prétendu progrès.

Bourg urbain ou bourg rural, les élèves de Mme Marie-Odile Froment avaient choisi un texte à plusieurs voix pour présenter les différentes rues de la commune et faire du même coup mieux connaissance avec la géographie de Marpent et avec son histoire.

L’exercice était périlleux mais s’est remarquablement bien passé, sous le regard ému des parents et l’œil satisfait du directeur Eric Painchart.

Comme on dit en sport, « l’essentiel est de participer », et si l’on peut être admiratif devant un enfant dont la diction est parfaite, on peut non moins admirer avec une pointe d’émotion celui dont l’élocution est moins performante mais dont le visage s’emplit de bonheur d’avoir réussi à surmonter ses difficultés.

Bravo donc à Lola, Gabriel, Héloïse, Ylona, Assya, Isaac, Joy, Alonzo, Saïd, Marvin, Zoé, Sophie, Marion, Victoire, Camille, Paryss, Rayan, Luana, Axelle, Dargann, William et Emmanuel !

Comme pour dépasser l’opposition, « ville- campagne », Simon récita la fable de La Fontaine « Le rat des villes et le rat des champs », où le premier invite le second à festoyer en ville.

Les villes offrent, il est vrai, des services plus sophistiqués et plus abondants que la campagne. Mais ces services marchands, s’ils procurent du plaisir, sont  souvent fugitifs et superficiels et n’amènent pas forcément le bonheur, qui requiert l'union de l’homme et de la nature.

D’ailleurs, pour trouver le calme, le rat de la fable admet que la campagne s’avère au final comme le lieu idéal pour se restaurer tout à loisir entre les urbains et les ruraux, ce que ne manqua pas de faire, plus modestement, le public, venu en nombre, en partageant la traditionnelle soupe à l’oignon.

Plaisirs des villes et bonheur des champs, les rats de La Fontaine gardent étonnamment leur grande vertu démonstrative.

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25 années de mandat, et la passion toujours au coeur de l'action (5 et fin)

24 Janvier 2026 , Rédigé par Jean-Marie Allain

Parmi ces actions singulières d’Appellation marpentoise Protégée, toutes uniques en leur genre, il y en a SEPT que je n’ai pas encore véritablement présentées parce qu’elles occupent pour moi une place à part : ce sont les 7 merveilles coups de cœur, des petites folies au sens « d’extravagances » que ce mot avait au 17e siècle, véritables marqueurs de la commune qui participent fortement à notre singularité.

-1èr coup de cœur « Le moulin de la Folie », situé à la Parapette, au lieu-dit « la folie d’en haut », sans doute parce qu’il était un peu audacieux, voire un peu foldingue à l’époque d’aller construire un moulin à vent dans un territoire plus traditionnellement habitué aux moulins à eau.
Et il nous a fallu nous aussi un grain de folie pour nous lancer dans la rénovation étalée sur deux mandats de ce bel édifice, le plus vieux  moulin à vent de l’arrondissement et seul moulin Berton au nord de Paris, aventure qui a commencé en 2003 et le concours du magazine Le Pèlerin pour le trophée « Patrimoine de Pays » qui a été remis au Musée Carnavalet à Paris, par le Ministre de la culture, M. DONNEDIEU DE VABRE au maire de Marpent.

De quoi stimuler durant les dix années qui ont suivi les bénévoles des Amis du moulin et des Bribeux pour organiser  la « Fête de Mon moulin » jusqu'à l’achèvement des travaux, la gestion de l’équipement étant ensuite assurée par la précieuse équipe du Moulin d’antan et ses meuniers.

-2e coup de cœur : «Une oasis de poésie», qui n’est autre que cette sympathique gloriette située au croisement des rues les plus fréquentées de la commune, rachetée sur un coup de cœur pour une bouchée de pain chez un brocanteur où elle périssait sous la rouille, restaurée par nos agents techniques et qui rayonne de fraîcheur, de délicatesse et de poésie pour donner au carrefour le charme discret qu’on lui connaît.

-3e coup de cœur : « le fabuleux trésor retrouvé » : un trésor qui n’est pas de l’or mais qui  vaut plus que de l’or, je veux parler de la statue de Saint Eloi,  coulée à l’aciérie de Baume Marpent par l’ancien maire de Boussois, René Vronhoove, et dont le moule qui se trouve à l’église, fut sculpté par Jacques POUILLON, devenu Grand Prix de Rome et créateur au début des années 60, à la demande du gouvernement, du mémorial de Malpasset, dans le Var, suite à la rupture du barrage de Fréjus qui avait fait 423 morts.

C’est un marpentois aujourd’hui décédé, qui m’informa que cette statue avait été vendue aux enchères à un  collectionneur privé, M DESPIEGHEL de Louvroil.

Le lendemain, j’écrivais une lettre à ce collectionneur qui, en réponse, et avec une noblesse de coeur admirable, accepta de la déposer « in eternam » dans notre commune. Chapeau M.DESPIEGHEL !

C’était pour la commune, un don exceptionnel, tant que le plan artistique que patrimonial.

-4e coup de cœur : « Le corridor d’Hector », encore appelé le passage de la place, qui a consisté, pour apporter sécurité et confort aux piétons, à transformer le sordide passage souterrain de la voie ferrée.

Celles et ceux qui l’empruntent étant souvent des gens très modestes, il était important qu’ils échappent à ce que Camus appelait « la double humiliation de la pauvreté et de la laideur ». En réalisant un passage lumineux dans le style « Art nouveau » des bouches de métro parisien d’Hector Guimard, nous ne les avons pas rendus moins pauvres mais nous avons remplacé la laideur du décor par la lumière.

-5e coup de cœur : «Le joyau culturel marpentois », je veux parler de l’auditorium. Ancien cinéma, il était menacé de fermeture définitive, d’abord pour des raisons de sécurité, ensuite pour une question d’accessibilité PMR.

Soucieux de garder un équipement pour développer l’accès à la culture musicale et artistique, nous avons acheté les fauteuils anti-feu et les rideaux anti-feu (1er mandat) et pour l’accessibilité, nous avons profité des travaux de la mairie durant le 2e mandat pour que l’ascenseur soit installé dans l’ancien escalier de secours du cinéma et desserve ainsi les deux bâtiments, mairie et auditorium.

Depuis quelques semaines, l’installation des équipements scéniques permet d’accueillir des artistes professionnels, par exemple dans le cadre de la scène nationale du Manège.

Cet auditorium de 200 places est un joyau culturel de notre arrondissement.

-6e coup de cœur : « La halte du bonheur », avec la création de la Plage Verte, seul projet sur l’Agglomération qui s’est vu soutenu par la Région dans le Contrat de Rayonnement Touristique Avesnois Thiérache et seul site de loisirs labellisé « accueil vélos » sur le linéaire de la Sambre française.

Cette idée originale a suscité l’adhésion des collègues qui ont mis la main à la pâte.

Le projet a dès le départ suscité l’engouement des financeurs et partenaires (Département, Agglomération, OTA, VNF…) et de celles et ceux venus découvrir ce lieu avenant où se croisent à la belle saison, des marpentois, des habitants de l’avesnois, des familles de la métropole , du Pas de Calais, des camping caristes, des cyclotouristes, bref, plus de 3000 visiteurs français, belges, néerlandais allemands, britanniques, italiens qui trouvent chez nous et vous le disent «  la halte du bonheur ».

-7e coup de cœur : « Le boulanger que le village attendait ».Après le rachat d’un immeuble face à la mairie, la conception des plans par Pascal, la mobilisation d’une subvention régionale et d’un fonds de concours de l’Agglomération,  puis la consultation des entreprises, la création de la boulangerie et de son logement, l’acquisition et l’installation du matériel, nous sommes partis à la recherche du boulanger et nous nous sommes heurtés à une série de difficultés jusqu’au jour où sont arrivés de Normandie Eric et Emilie MELLET dont la motivation, l’expérience et la qualité des produits n’ont pas tardé à séduire les clients qui sont venus ou revenus plus vite que nous ne pensions.

Ce fut pour nous un chemin escarpé et semé d’embûches, pénible même par moments mais au final nous y sommes parvenus et c’est aussi grâce à eux.

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25 années de mandat, et la passion toujours au coeur de l'action (4)

23 Janvier 2026 , Rédigé par Jean-Marie Allain

A côté des actions facultatives et que l’on peut retrouver dans d’autres communes confrontées à des problématiques semblables, il existe une 3ecatégorie, ce sont les actions singulières.

N’oublions pas que Marpent, comme son nom l’indique, « mar pen », fut un village celte il y a plus de 2000 ans, et que les guerriers celtes avaient donné du fil à retordre aux soldats de César à la fois par leur bravoure mais aussi parce qu’ils avaient une panoplie guerrière, notamment la côte de maille, innovation celte, qui leur donnaient davantage de souplesse que les lourdes armures des légionnaires romains.

Il en va de même pour un territoire : moins il dispose de moyens, plus il doit sortir du mimétisme et des sentiers battus et se distinguer par l’ingéniosité, la créativité, l’originalité pour faire émerger des initiatives innovantes et singulières, qui en font des actions uniques en leur genre sur le territoire et parfois au-delà.

Ces initiatives, ce sont un peu nos Appellations Marpentoises d’Origine Protégée et couvrent des domaines très divers :

Le développement économique

-L’aménagement de locaux pour 12 micro-entreprises de services : une onglerie, un tatoueur, un restaurateur (local de stockage),un transporteur pour livraison rapides, une orthophoniste, quatre infirmiers, un hypnothérapeute, un psychologue, un concepteur fabricant de mobilier pour les parcours des personnes âgées dépendantes

-La création d’une boulangerie,

-La défense de notre pharmacie avec mon intervention prise en compte par l’ARS pour que les marpentois entrant à l’EHPAD puissent garder le choix de leur officine.

Le lien social

-L’offre d’un petit cadeau à chaque naissance remis à domicile.

-La WIFI gratuite sur une quinzaine d’équipements publics (financé à 100 % par le Programme européen wifi 4 E et dossier porté par Bruno).

-La présence d’un élu lors de chaque intervention d’une entreprise de pompes funèbres dans le cimetière.

-L’initiative, au moment du Covid, d’un atelier de fabrication de masques dans la salle des fêtes, sur proposition de nos agents ATSEM, initiative qui a nous a valu une page dans Paris-Match.

-La mise à disposition gratuite des marpentois de plusieurs livrets ciblés comme le livret des séniors, celui de la Petite Enfance, celui des nouveaux arrivants ou encore celui de la rentrée scolaire.

-La consultation citoyenne sur la Salmagne, démarche citée en exemple par un parlementaire à l’assemblée nationale.

-L’habitat, avec la réalisation du lotissement « le Pré Fleuri », une réalisation entièrement communale avec l’acquisition du terrain, son aménagement, la revente des lots et le suivi financier, les déclarations  de TVA calculée selon la méthode dite « à la marge ».

La jeunesse

-Le cadeau du Père Noël à chaque enfant de la maternelle.

-La mise en place des ateliers théâtre pour enfants.

-La création d’une garderie le matin et de l’aide aux devoirs le soir.

-La remise d’un livre cadeau pour les enfants qui partent au CP d’une calculette pour ceux qui partent en 6e.

-La création d’un Pass -loisirs pour les jeunes de 6 à 18 ans d’une valeur de 48 € / an

-L’échange de jeunes avec l’Albanie (financés à 100 % par l’Europe / Erasmus +)

- La mise en place, en lien avec la plage verte, d’une formation au Brevet Professionnel de la Jeunesse, de l’Education populaire et Sportive APT (BP JEPS), par le Centre Permanent d’Initiatives pour l’Environnement de la Canche et de l’Authie.

Les personnes âgées

-L’installation de 26 bancs dans la commune (financés à 100 %  par le Réseau des Villes amies des aînés)

-Les ateliers numériques des séniors (financés à 100 %  par le Département au titre de la lutte contre l’isolement des personnes âgées), -L’organisation d’un repas mensuel pour les aînés au prix de 3,50  € (transport compris) et servi par les élus.

-La création d’une brigade vermeil emmenée par ces mêmes élus et intégrant des personnes de la société civile. Cette brigade fait des visites à domicile des personnes seules qui le souhaitent et permet de répondre avec rapidité à des demandes urgentes.

-Le ciné des aînés, avec transport possible pour un prix de 2 € au lieu de 3 € 50.

-Le colis de Noël des aînés, préparé et distribué par les élus, et qui serait, selon une enquête de la Voix du Nord en 2024, l’un des plus remarquables du Département,

-Le repas annuel des aînés (c’est banal) mais servi par les élus (c’est assez original).

Le cadre de vie

-La création d’un programme d’aide à la rénovation des façades

-L’installation du totem du moulin au square de la Parapette           

Les économies d’énergie

-Depuis 2009, l’exonération durant trois ans de 50% de la part communale du foncier bâti pour les gros travaux d’économie d’énergie (unique dans l’arrondissement)

La santé

-L’ouverture d’un cabinet municipal de télé - consultation médicale : on y vient de Marpent mais plus largement d’un rayon de 15 kilomètres…c’est bien pour la santé… et le commerce local.

L’art et la culture

-La réalisation d’une fresque murale « le coq et le renard »

-L’organisation chaque année du prix littéraire L’oiseau lyre

-L’organisation de « la nuit de la lecture », sans aucune sous - traitance et en lien cette année avec le groupe scolaire.

-La création d’un pôle artistique et musical (avec Salut l’Artiste, Rock in Progress, Loisirs et Culture et l’Harmonie communale),

L’innovation technologique

-L’installation avec ICE, d’une station météo sur le toit de la mairie, d’une girouette électronique au moulin, la réparation en cours de l’orgue de l’église.

-Le PV électronique, rarissime pour une commune de notre taille et installée sans passer par un prestataire.

-Pour le CCAS, quelques produits également spécifiques comme les prêts d’honneur aux jeunes pour passer le BAFA ou le permis de conduire, la prise en charge partielle sur le tarif des repas séniors à domicile, la création du Foyer Victor Vannoppen , en souvenir de ce marpentois qui a fait don de 954 000 €, et qui sera dès le mois prochain un lieu où les personnes devront se sentir bien, un point de rencontre pour discuter autour d’un café, lire le journal, faire une partie de cartes ou de scrabble.

La configuration de ce lieu lui permet d’accueillir une multitude d’activités au gré des circonstances : expositions, réunions d’initiatives citoyennes, réunion de quartier, réunion d’une association qui ne dispose pas de local, permanences sociales, rencontres pour jeux de société, halte - garderie durant les spectacles de l’auditorium, rencontres post funérailles, locations modiques pour commerces éphémères  …Toute autre utilisation qui va dans le sens du renforcement de la fraternité et de la solidarité.

Vous allez dire, c’est notre travail et c’est ainsi que je l’entends mais avec la particularité que la voie de démarcation que nous avons choisie n’est pas toujours la plus facile, ni la moins exposée à la critique.

J’en profite pour remercier les collègues qui nous ont permis de relever collectivement ces défis.

Pour toutes ces actions, je souligne également la contribution de notre personnel dont, pour la plupart, le savoir -faire et la disponibilité honore le service public,

  • qu’il s’agisse des missions d’entretien et de maintenance assurés par nos agents des ateliers pour les espaces publics sous la responsabilité de Philippe ARCICASA et par nos agents de nettoyage féminins pour les bâtiments municipaux.

  • ou qu’il s’agisse de la qualité de l’accueil dans nos services administratifs comme en attestent les retours fréquents de même que les services liés aux accueils de loisirs, aux activités scolaires (ATSEM) et péri- scolaires.

 

 

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25 années de mandat , et la passion toujours au coeur de l'action (3)

20 Janvier 2026 , Rédigé par Jean-Marie Allain

A côté de ces actions incontournables qui ne sont pas exhaustives, on trouve la seconde catégorie, celle des actions facultatives, donc délibérément choisies par les élus, compte-tenu des besoins identifiés et des possibilités budgétaires. Je les cite :

- La valorisation de l’image de la commune et le renforcement de son attractivité : ce fut le cas pour la requalification dès le 1er mandat de la friche HK Porter qui a été financée à 100 % par l’Europe, la Région, l’Etat et l’Agglomération.

-L’amélioration des conditions d’accueil et d’utilisation de plusieurs équipements comme le terrain synthétique, la requalification du Parc Vannoppen), l’aménagement de l’esplanade du cimetière, la construction de la médiathèque.

-La contribution à la défense de l’environnement : démarche qui a permis d’obtenir le label « cimetière nature » de l’Agglo, mais aussi l’obtention de la mention « encouragements », et cette année  mention « assez bien » de la part du jury départemental des Villes et Villages fleuris, jury qui a notamment apprécié  les plantations de haies par les scolaires au chemin du Séru, au square de la cité des cheminots et à la Plage Verte.

-Le renforcement de la sécurité des usagers de la voirie ou des riverains par des aménagements de chaussée ou de trottoirs, avec le ralentisseur de la rue JB Lebas, les trottoirs de la rue Delmotte, le ralentisseur rue de la mairie, les trottoirs de la rue Sadi-Carnot, la réfection de la rue Delbreil, de la rue Albert Camus,  du haut de la rue Roger Salengro,

puis avec la création d’une continuité piétonne entre le groupe scolaire et la mairie, les trottoirs de la rue de l’énergie, la réfection du bas de l’impasse Delmotte, du haut de la rue Marceau et la rue de Merbes.

- La création des conditions d’un épanouissement des jeunes : avec la présence en maternelle de trois agents municipaux à temps plein pour seconder les enseignants, le financement d’espaces numériques à l’école, le financement des voyages de fin d’année scolaire, les cours d’informatique donnés à la médiathèque par un agent municipal, l’acquisition d’un kit de sécurité routière, la création d’une aire de saut en longueur synthétique au stade du Bel Air, la réfection de la piste d’athlétisme, l’extension de l’école maternelle et la création d’un nouveau préau, l’ouverture de la Maison de la Petite Enfance avec depuis 2020, l’ouverture d’un centre de loisirs le mercredi et aux petites vacances, la possibilité pour le centre de juillet de rester le midi à la cantine et l’organisation d’une semaine à la mer en août pour les ados.

-La préservation du patrimoine bâti à caractère culturel avec la remise à neuf des vitraux de l’église, la restauration du moulin, la rénovation de la chapelle Notre Dame de la Délivrance  et celle du kiosque à musique.

-Le renforcement de la sécurité publique avec la mise en place de l’installation de l’alarme anti-intrusion à l’école et de 19 caméras de vidéo protection sur les points stratégiques de la commune et dont les images sont redirigées, via un pont radio, vers le poste central de la mairie.

- L’organisation d’évènements festifs fédérateurs soit réguliers comme Festi-kiosque, la fête des lampions, Sambre en Fête, la journée du patrimoine, la brocante d’automne, soit exceptionnels comme la représentation de MUSIQUES FIESTA par l’Harmonie communale dans le cadre de Lille 3000 ou encore le spectacle de « Gabor et les chapeaux rouillés » qui ont fait un triomphe.

-La numérisation de 2000 délibérations à laquelle nous avons procédé aux fins de conservation mais aussi d’accès plus rapide aux documents., qui ont suivi la numérisation des 10 000 actes d’état civil.

-La lutte contre la vacance des logements, qui nous a amenés à déployer une variété d’outils tels que la taxe sur les logements vacants, les procédures d’abandon manifeste ( rue de la république pour plusieurs logements, rue du 8 mai, rue Pasteur, rue Sadi-Carnot, rue Victor Hugo prolongée), la procédure de biens en déshérence (rue Delmotte et rue du 8 mai) ainsi que les procédures de biens vacants et sans maître (rue de Grand -Reng, rue de la mairie).

- Et puis tout simplement l’écoute des administrés dont certains ont seulement besoin de parler, de se confier. Cela leur fait un bien immense. Je me souviens qu’un jour, à l’issue d’un rendez-vous, un marpentois en sortant m’a dit « au revoir Docteur ».

-Enfin, la communication de nos actions sur le site internet de la commune, notre page facebook, sur l’application panneau- Pocket, sur l’écran électronique et dans le Marpiniot.

 

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25 années de mandat, et la passion toujours au coeur de l'action (2)

18 Janvier 2026 , Rédigé par Jean-Marie Allain

Le logement étant un marché concurrentiel, cette démarche devait s’accompagner d’une offre de services à plusieurs niveaux afin que les marpentois et les nouveaux habitants apprécient notre commune et choisissent d’y rester ou d’y venir.

En ce sens, nous avons eu, pour chaque mandat, des actions que l’on peut classer en trois catégories :

Première catégorie : les actions obligatoires, celles qui nous étaient en quelque sorte imposées par la règlementation ou la continuité du service public, par exemple :

-Lors du premier mandat, il y a eu la nouvelle toiture du restaurant scolaire et le gros dossier de l’église, avec la mise en sécurité complète de la charpente, le changement du mode de chauffage ainsi que de son l’installation électrique.

-Lors du second mandat, ce fut, toujours pour les raisons de sécurité, le changement du mode de chauffage de la salle des Fêtes.

- Ensuite, il y eut, enjeu central du 3e mandat, l’accessibilité des bâtiments aux PMR avec l’adoption en 2016 de notre Agenda d’Accessibilité Programmée et les travaux qui ont suivi sur l’ensemble des bâtiments municipaux dont la mairie, la salle des Fêtes, la salle de spectacles, le groupe scolaire et notre Bureau de Poste.

-Il y eut également, dans le 4e mandat, les dossiers qui concernent l’obligation de travaux d’amélioration de la performance énergétique des bâtiments municipaux  suite au  décret tertiaire issu de la Loi de Transition Energétique de 2015 et qui ont concerné à ce jour le renouvellement des menuiseries de la Salle Hannequart, de la salle S.Schwartz, la nouvelle chaudière de l’Auditorium, celle de l’Ecole Fostier et celle de la salle des sports

-Je peux citer également la protection de la santé au niveau du logement sur la base du règlement sanitaire départemental, compétence obligatoire du maire, avec plus d’une centaine de visites suivies d’effet dans 95 % des cas, de plusieurs démarches auprès de l’ARS suivies de déclarations préfectorales d’insalubrité avec interdiction d’habiter (rue de la marbrerie, rue Victor Hugo, rue de la place, rue de la république, rue des frères Roucheau) et même d’une désinfection d’office rue de la république.

-La lutte contre le bruit, également compétence du maire, avec des actions fréquentes des administrés au niveau des chiens, de la musique nocturne, du chant du coq, du stand de tir et même des ronronnements nocturnes des trains stationnés à  la gare là ce fut compliqué plus car les bruits venaient de la gare de Jeumont. Or, comme la nuisance ne trouvait pas son origine sur la commune, l’intervention du préfet fut nécessaire pour déplacer les trains concernés sur Aulnoye.

-Les actions concernant nos obligations à l’égard des animaux : outre les obligations municipales d’enregistrer ou de faire enregistrer certaines espèces prévues par la loi, parfois après mise en demeure du maire, la lutte contre les chats errants en est une autre mais plus chronophage et qui a un coût non négligeable, sous oublier les risques de blessures !

L’errance ne concerne pas que les chats puisqu’au gré de mes mandats, j’ai vu aussi un bouquillon égaré dans les rues de Marpent (qui a terminé sa balade dans le coffre de ma C3), un paon (qui fut déposé au zoo de Maubeuge) et un cheval en divagation qu’il a fallu attraper à 5 h 30 pour l’emmener sur notre plage verte avant de retrouver le propriétaire avec le lecteur de puces.

- Autre compétence obligatoire du maire, l’enlèvement des épaves automobiles sur le domaine public, voire dans certains cas sur le domaine privé au titre du Code de l’Environnement. Nous avons fait enlever une dizaine de voitures.

- Obligations bien sûr à l’égard de l’école au travers de la mise à disposition de locaux , l’achat des fournitures scolaires et le transport piscine des écoliers.

- La mise en place des paiements en ligne ; il s’agit d’une injonction de l’Etat pour faciliter les modes de paiement pour les familles et en même temps diminuer la circulation d’argent liquide dans les régies communales. Nous l’avons fait pour le restaurant scolaire et les activités péri- scolaires

-Et enfin cinq obligations communales administratives, à commencer par le classement en 2023 de nos archives, très utile pour faciliter nos recherches, et les 4 autres que sont l’organisation du recensement tous les cinq ans, l’organisation des élections, la mise à jour du Plan Communal de Sauvegarde et la refonte cette année de l’adressage postal. 

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25 années de mandat et la passion, toujours au coeur de l'action (1)

17 Janvier 2026 , Rédigé par Jean-Marie Allain

Le préalable qui fut le nôtre tout au long de ces 25 années est simple et très souvent partagé par les petites communes : c’est l’impératif  de gestion, c’est-à-dire « ne pas vivre au-dessus de ses moyens», sachant qu' il existe des petites communes riches mais qu'

il y en a aussi, comme la nôtre, disposant de ressources plus modestes.

La première explication, c’est l’absence d’une grosse entreprise sur la commune car même si cette fiscalité a été transférée à l’intercommunalité, les communes  récupèrent une partie de ce qu’elles ont transféré à l’Agglo au travers de son attribution de compensation.
La seconde explication, c’est le produit du foncier bâti, d’autant plus faible que le parc immobilier est globalement très modeste, héritage également de la période industrielle.

Ces deux éléments expliquent que nos produits financiers soient plus faibles que la moyenne des communes nordistes de même taille (913 € /ht contre seulement 673 € / ht pour Marpent), une différence qui pèse bien entendu sur notre capacité d’autofinancement.

Alors, certes, les élus peuvent jouer sur les recettes en augmentant le foncier bâti communal. Nous ne l’avons pas fait. Depuis 2001, nous n’avons pas augmenté les taux communaux mais, au contraire, nous avons, à l’unanimité, baissé de 3 points le foncier bâti depuis 2020.

Le choix privilégié fut, pour les dépenses,  de rester sur des projets raisonnables tout en maîtrisant nos charges de fonctionnement et, pour les recettes, d’aller chercher les financements à tous les niveaux : Agglomération, Département, Région, Etat et même Europe.

Globalement, cela a permis de garder une situation saine sur le plan financier avec un niveau très modéré de la dette et une série de réalisations dont nous pouvons être fiers, malgré nos ressources limitées.

Pour bien comprendre les actions menées, il faut rappeler l’importance de l’enjeu démographique.

Marpent, 1975 : 3155 habitants

L’équipe de Marpent Passionnément arrive à la mairie en 2001 : la commune ne compte plus que 2630 habitants, elle a perdu avec la crise sidérurgique plus de 525 personnes, soit 17 % de sa population !

J'ai toujours dit que Marpent ne devait pas descendre en - dessous des 2500 habitants, ce qui aurait des conséquences dommageables en termes de dotations de l'Etat, de dynamique commerciale et de maintien de certains équipements et services municipaux.

Le cap fixé était clair, écrit dans notre PLU : enrayer la chute démographique et augmenter la population …ce fut notre fil conducteur tout au long de ces quatre mandats.

Ce cap exigeait d’adopter une stratégie foncière pour construire des logements, chose pas évidente en raison du territoire exigu de la commune et de la protection rigoureuse des espaces agricoles inscrite dans notre document d’urbanisme ainsi que des zones inconstructibles le long de la voie d’eau.

Malgré ces handicaps, nous avons initié ou réalisé une série d’opérations qui ont marqué l’image de la commune : 

-La reconversion de la friche de la fonderie Fontaine, suite à mes interventions auprès du liquidateur judiciaire pour en accélérer la vente qui m’a permis ensuite d’aller à la Préfecture du Nord pour obtenir le feu vert d’ouverture de l’EHPAD SAMARA et ses 84 lits (Médica France), suivi, côté Marpent, par la réalisation du béguinage de 15 logements et des 12 logements individuels de PARTENORD.,

-Le réinvestissement  de l’ancienne  Brasserie  avenue Jouhaux , une plaie ouverte dans le centre bourg sur laquelle nous avions lancé  une procédure d’expropriation pour inciter la propriétaire à vendre son bien, ce qui a été fait. Mme Lescot a réalisé la belle Résidence  des marronniers et entretenu depuis d’excellentes relations avec la municipalité.
-Le Clos Simone Schwartz, après expropriation d’une ancienne bâtisse incendiée, puis désamiantage et démolition, enfin cession à Promocil pour construire 6 logements et réalisation d’une allée permettant  la liaison piétonne vers le quartier de la Fraternité.

- L’opération Pierre Mendes-France, de même que les pavillons construits le long de la rue de Grand –Reng et de la rue du long fossé où la vente des terrains s’est faite grâce à l’utilisation de l’article 1396 du Code Général des impôts,

- La colocation séniors d’Ages et Vie, sur un foncier communal désaffecté de la rue JB LEBAS, vendu à cette association de Besançon dont ce fut la première réalisation dans l’agglomération.

-Le lotissement communal « Le Pré » Fleuri » et ses huit lots en accession à la propriété.

Toutes ces opérations ont permis non seulement d'enrayer la spirale du déclin mais d'augmenter la population comme le montrent les chiffres.

Rappel : 2630 hbts en 2001…  fin du 1er mandat 2652… fin du 2e mandat : 2739…fin du 3e mandat : 2779.

Retenons toutefois que ce triangle « démographie - foncier -logements », auquel aucune commune  n’échappe, peut vite devenir « le triangle des Bermudes » dans la mesure où le résultat en termes de population n’est jamais à la hauteur du nombre de logements construits.

La raison en est simple : la décohabitation liée aux divorces mobilise une majorité de logements neufs. Lorsqu’un couple se sépare, vous avez besoin de deux logements au lieu d’un mais la population reste la même.

D’ailleurs, dès 2021 (début du 4e mandat), le voyant orange clignote : nous sommes redescendus à 2751, avec une baisse régulière pour arriver au 1er janvier 2026 à 2674 !! soit légèrement au-dessus du chiffre de 2001.

Vous allez me dire ; « mince, tout çà pour ça ! » mais il faut bien comprendre que sans ces nouveaux logements, la commune serait aujourd’hui descendue sous la barre fatidique des 2500 habitants.

Par ailleurs, la résorption des six logements vides du coron de l’église dont la démolition est actée avec revente prévue à Promocil pour une petite résidence de 6 logements

Et surtout les 72 logements de la rue Albert CAMUS permettront de redresser la courbe et de remonter vers les 2800 habitants d’ici 2030.

On comprend au travers de ces chiffres que les efforts d’une commune pour faire du logement sont tributaires de la maîtrise des terrains et ne se concrétisent bien souvent que sur le mandat suivant, contrairement à un projet d’équipement. Notre projet de 72 logements, ce fut plus de 10 ans entre l’idée et la concrétisation.

Cette démarche sur l’habitat est vitale sur plusieurs points : pour l'école, qui doit garder ses effectifs mais aussi pour les commerçants, les artisans et les professions libérales en termes de clientèle et bien entendu pour la commune, au travers des recettes du foncier bâti.

Le logement étant un marché concurrentiel, cette démarche devait s’accompagner d’une offre de services à plusieurs niveaux afin que les marpentois et les nouveaux habitants apprécient notre commune et choisissent d’y rester ou d’y venir.

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