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Le blog de Jean-Marie Allain

Plaisirs des villes et bonheur des champs

25 Janvier 2026 , Rédigé par Jean-Marie Allain

Samedi soir, la commune de Marpent, à mi-chemin entre la campagne et la ville, a fait quelques détours par l’une et par l’autre.

Une façon de s’inscrire pleinement dans le thème retenu cette année par les instances nationales de la Nuit de la Lecture, à savoir « Villes et campagnes ».

Côté Ville, symbolisé par un décor de panneaux de signalisation routière et de maquettes suspendues de maisons fabriquées par les enfants du groupe scolaire, Nacéra lut le texte de la chanson de Pierre Perrin, composée en 1961, « Le clair de lune à Maubeuge », prétexte à une petite balade dans quelques villes du Plat Pays alors que Monique s’appuya sur un extrait du livre de Louis Aragon, « Les beaux quartiers », pour suivre avec le public  les déambulations des deux frères Edmond et Edgar, en quête de plaisirs inavouables, dans plusieurs rues de Paris à la découverte de l’architecture des bâtiments, des parcs et jardins, de la Tour Eiffel, du Trocadéro, des Champs Elysées et de l’Arc de Triomphe.

Côté Campagne, et devant un décor de ballots de paille et de lapins, Lucia puisa dans l’almanach 2012 une mine de dictons liés à l’observation de la faune et de la flore, que ce soit à l’œil nu, à la jumelle ou à la loupe, dont le rôle était de dévoiler le ciel du lendemain.

Lucie fit partager un extrait du roman de Georges SAND « La mare au diable » qui décrit, dans le détail, la scène du labour, image ordinaire d’un métier extraordinaire tandis que Jean-Marie invita le public dans « les rêveries du promeneur solitaire » de Jean-Jacques Rousseau, rappelant pour conclure sa lettre à Mirabeau dans laquelle il confie que si la dure nécessité  devait le rappeler à jamais au séjour des villes, ce ne serait que pour s’y faire enterrer.

De leur côté, Laure et Marie-Odile lurent en duo deux extraits du livre « Mes nuits avec Emma.B » de Rafaëla Da Fonseca, lauréate 2025 du « prix L’oiseau-lyre » attribué par la médiathèque marpentoise et emmenèrent pour quelques minutes le public en balade au cœur du bocage normand, là où Flaubert imagina le décor de son roman « Madame Bovary ».

Avec Angélique, c’est Racine qui fut mis à l’honneur dans la lecture de sa lettre « Le soleil est toujours riant » dans laquelle l’auteur utilise la beauté de la campagne pour imager le bonheur de vivre.

Quant à Alexandre, vêtu de son béret et de sa veste de berger, il nous conta « La Montagne » de Jean Ferrat dont les vers expriment le regret de voir les jeunes fuir la campagne ardéchoise pour rejoindre la ville et son prétendu progrès.

Bourg urbain ou bourg rural, les élèves de Mme Marie-Odile Froment avaient choisi un texte à plusieurs voix pour présenter les différentes rues de la commune et faire du même coup mieux connaissance avec la géographie de Marpent et avec son histoire.

L’exercice était périlleux mais s’est remarquablement bien passé, sous le regard ému des parents et l’œil satisfait du directeur Eric Painchart.

Comme on dit en sport, « l’essentiel est de participer », et si l’on peut être admiratif devant un enfant dont la diction est parfaite, on peut non moins admirer avec une pointe d’émotion celui dont l’élocution est moins performante mais dont le visage s’emplit de bonheur d’avoir réussi à surmonter ses difficultés.

Bravo donc à Lola, Gabriel, Héloïse, Ylona, Assya, Isaac, Joy, Alonzo, Saïd, Marvin, Zoé, Sophie, Marion, Victoire, Camille, Paryss, Rayan, Luana, Axelle, Dargann, William et Emmanuel !

Comme pour dépasser l’opposition, « ville- campagne », Simon récita la fable de La Fontaine « Le rat des villes et le rat des champs », où le premier invite le second à festoyer en ville.

Les villes offrent, il est vrai, des services plus sophistiqués et plus abondants que la campagne. Mais ces services marchands, s’ils procurent du plaisir, sont  souvent fugitifs et superficiels et n’amènent pas forcément le bonheur, qui requiert l'union de l’homme et de la nature.

D’ailleurs, pour trouver le calme, le rat de la fable admet que la campagne s’avère au final comme le lieu idéal pour se restaurer tout à loisir entre les urbains et les ruraux, ce que ne manqua pas de faire, plus modestement, le public, venu en nombre, en partageant la traditionnelle soupe à l’oignon.

Plaisirs des villes et bonheur des champs, les rats de La Fontaine gardent étonnamment leur grande vertu démonstrative.

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