25 années de mandat et la passion, toujours au coeur de l'action (1)
Le préalable qui fut le nôtre tout au long de ces 25 années est simple et très souvent partagé par les petites communes : c’est l’impératif de gestion, c’est-à-dire « ne pas vivre au-dessus de ses moyens», sachant qu' il existe des petites communes riches mais qu'
il y en a aussi, comme la nôtre, disposant de ressources plus modestes.
La première explication, c’est l’absence d’une grosse entreprise sur la commune car même si cette fiscalité a été transférée à l’intercommunalité, les communes récupèrent une partie de ce qu’elles ont transféré à l’Agglo au travers de son attribution de compensation.
La seconde explication, c’est le produit du foncier bâti, d’autant plus faible que le parc immobilier est globalement très modeste, héritage également de la période industrielle.
Ces deux éléments expliquent que nos produits financiers soient plus faibles que la moyenne des communes nordistes de même taille (913 € /ht contre seulement 673 € / ht pour Marpent), une différence qui pèse bien entendu sur notre capacité d’autofinancement.
Alors, certes, les élus peuvent jouer sur les recettes en augmentant le foncier bâti communal. Nous ne l’avons pas fait. Depuis 2001, nous n’avons pas augmenté les taux communaux mais, au contraire, nous avons, à l’unanimité, baissé de 3 points le foncier bâti depuis 2020.
Le choix privilégié fut, pour les dépenses, de rester sur des projets raisonnables tout en maîtrisant nos charges de fonctionnement et, pour les recettes, d’aller chercher les financements à tous les niveaux : Agglomération, Département, Région, Etat et même Europe.
Globalement, cela a permis de garder une situation saine sur le plan financier avec un niveau très modéré de la dette et une série de réalisations dont nous pouvons être fiers, malgré nos ressources limitées.
Pour bien comprendre les actions menées, il faut rappeler l’importance de l’enjeu démographique.
Marpent, 1975 : 3155 habitants
L’équipe de Marpent Passionnément arrive à la mairie en 2001 : la commune ne compte plus que 2630 habitants, elle a perdu avec la crise sidérurgique plus de 525 personnes, soit 17 % de sa population !
J'ai toujours dit que Marpent ne devait pas descendre en - dessous des 2500 habitants, ce qui aurait des conséquences dommageables en termes de dotations de l'Etat, de dynamique commerciale et de maintien de certains équipements et services municipaux.
Le cap fixé était clair, écrit dans notre PLU : enrayer la chute démographique et augmenter la population …ce fut notre fil conducteur tout au long de ces quatre mandats.
Ce cap exigeait d’adopter une stratégie foncière pour construire des logements, chose pas évidente en raison du territoire exigu de la commune et de la protection rigoureuse des espaces agricoles inscrite dans notre document d’urbanisme ainsi que des zones inconstructibles le long de la voie d’eau.
Malgré ces handicaps, nous avons initié ou réalisé une série d’opérations qui ont marqué l’image de la commune :
-La reconversion de la friche de la fonderie Fontaine, suite à mes interventions auprès du liquidateur judiciaire pour en accélérer la vente qui m’a permis ensuite d’aller à la Préfecture du Nord pour obtenir le feu vert d’ouverture de l’EHPAD SAMARA et ses 84 lits (Médica France), suivi, côté Marpent, par la réalisation du béguinage de 15 logements et des 12 logements individuels de PARTENORD.,
-Le réinvestissement de l’ancienne Brasserie avenue Jouhaux , une plaie ouverte dans le centre bourg sur laquelle nous avions lancé une procédure d’expropriation pour inciter la propriétaire à vendre son bien, ce qui a été fait. Mme Lescot a réalisé la belle Résidence des marronniers et entretenu depuis d’excellentes relations avec la municipalité.
-Le Clos Simone Schwartz, après expropriation d’une ancienne bâtisse incendiée, puis désamiantage et démolition, enfin cession à Promocil pour construire 6 logements et réalisation d’une allée permettant la liaison piétonne vers le quartier de la Fraternité.
- L’opération Pierre Mendes-France, de même que les pavillons construits le long de la rue de Grand –Reng et de la rue du long fossé où la vente des terrains s’est faite grâce à l’utilisation de l’article 1396 du Code Général des impôts,
- La colocation séniors d’Ages et Vie, sur un foncier communal désaffecté de la rue JB LEBAS, vendu à cette association de Besançon dont ce fut la première réalisation dans l’agglomération.
-Le lotissement communal « Le Pré » Fleuri » et ses huit lots en accession à la propriété.
Toutes ces opérations ont permis non seulement d'enrayer la spirale du déclin mais d'augmenter la population comme le montrent les chiffres.
Rappel : 2630 hbts en 2001… fin du 1er mandat 2652… fin du 2e mandat : 2739…fin du 3e mandat : 2779.
Retenons toutefois que ce triangle « démographie - foncier -logements », auquel aucune commune n’échappe, peut vite devenir « le triangle des Bermudes » dans la mesure où le résultat en termes de population n’est jamais à la hauteur du nombre de logements construits.
La raison en est simple : la décohabitation liée aux divorces mobilise une majorité de logements neufs. Lorsqu’un couple se sépare, vous avez besoin de deux logements au lieu d’un mais la population reste la même.
D’ailleurs, dès 2021 (début du 4e mandat), le voyant orange clignote : nous sommes redescendus à 2751, avec une baisse régulière pour arriver au 1er janvier 2026 à 2674 !! soit légèrement au-dessus du chiffre de 2001.
Vous allez me dire ; « mince, tout çà pour ça ! » mais il faut bien comprendre que sans ces nouveaux logements, la commune serait aujourd’hui descendue sous la barre fatidique des 2500 habitants.
Par ailleurs, la résorption des six logements vides du coron de l’église dont la démolition est actée avec revente prévue à Promocil pour une petite résidence de 6 logements
Et surtout les 72 logements de la rue Albert CAMUS permettront de redresser la courbe et de remonter vers les 2800 habitants d’ici 2030.
On comprend au travers de ces chiffres que les efforts d’une commune pour faire du logement sont tributaires de la maîtrise des terrains et ne se concrétisent bien souvent que sur le mandat suivant, contrairement à un projet d’équipement. Notre projet de 72 logements, ce fut plus de 10 ans entre l’idée et la concrétisation.
Cette démarche sur l’habitat est vitale sur plusieurs points : pour l'école, qui doit garder ses effectifs mais aussi pour les commerçants, les artisans et les professions libérales en termes de clientèle et bien entendu pour la commune, au travers des recettes du foncier bâti.
Le logement étant un marché concurrentiel, cette démarche devait s’accompagner d’une offre de services à plusieurs niveaux afin que les marpentois et les nouveaux habitants apprécient notre commune et choisissent d’y rester ou d’y venir.
Publicité
Partager cet article
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :