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Le blog de Jean-Marie Allain

La sainte famille

13 Octobre 2026 , Rédigé par Jean-Marie Allain

MARPENT AU TEMPS DES MÉROVINGIENS

 La sainte famille

La principale source écrite relative à cette période est celle des « Annales de la province et du Hainaut » du prêtre hennuyer François Vinchant (né à Mons en 1580).

Le démembrement de l’empire de Clovis s’était traduit par la création au VIe siècle  de deux royaumes francs mérovingiens : à l’ouest, le royaume franc occidental de la Neustrie et à l’est le royaume d’Austrasie, qui correspond aujourd’hui à la Belgique, au nord-est de la France et à tout le sud de l’Allemagne.

Le village de Merchpen (ancien nom celte de Marpent) faisait donc partie du royaume d’Austrasie, et Amalberge,  dame seigneuriale qui possédait le château de Marpynas, édifié sur le promontoire rocheux qui surplombe le lieu-dit  « la barque »,  n’était autre que la  fille du comte mérovingien Walbert III, issu de la lignée de Clovis, roi des francs, et marié en effet avec la sœur de Pépin de Landen, gouverneur du palais de Sigebert III, fils de Dagobert Ier et roi d’Austrasie.

Le couple avait eu quatre enfants parmi lesquels Amalberge et Walbert IV. Ce dernier fut châtelain de Cousolre et gouverneur du comté du Hainaut.Il était le père de Ste Waudru (Ste patronne d’Hautmont, fondatrice du chapitre de Mons) et de  Ste Aldegonde (Ste patronne de Maubeuge).

Amalberge épousa le comte Witger.

De cette union naquirent plusieurs enfants dont un garçon, Émébert  et deux filles, Reynelde et Gudule.
Il était coutume de voir cette famille sortir du château pour se rendre à la petite église de la commune  en empruntant la ruelle à cailloux (aujourd’hui impasse Victor Hugo), rejoignant dans le bas du coteau le chemin dit « dessous la ville » arrivant dans l’actuelle rue Barbusse et qui menait au pont de Sambre.

Cette petite église était construite dans l’angle formé à l’est par la rue de la Folie d’En - Bas (devenue rue de l’aciérie) et la rue des Hayons, autrement dit derrière l’actuelle résidence Jouhaux, en contrebas du pont.
Dans sa notice de 1870 sur le pèlerinage de Marpent et sa confrérie, rédigée d’après les Annales de Vinchant, l’abbé Boniface, curé de la paroisse, note que l’on pouvait trouver des "restes de constructions très importantes" et dont l'emprise  reste effectivement visible sur le cadastre de 1845.

Curieusement, personne ne s’est posé la question de savoir à quoi correspondait cette « rue des Hayons », inexistante sur les cadastres.

Le terme « hayon » désignant à cette époque des étals sur lesquels les paysans vendaient leurs produits, on peut penser que la rue des hayons était par conséquent une rue plutôt passante, à proximité de cette humble église, cette dernière drainant les fidèles de l’époque.

Il serait donc vraisemblable qu’il s’agisse de la rue qui, au croisement de la rue de la Folie d’En-Bas, se dirigeait en courbe et sur un court linéaire vers le pont en passant devant l’église.

Cette voie perdra provisoirement cette fonction à partir du 25 août 1914 avec la destruction du pont qui avait été miné par les soldats français du général Fournier, en charge du camp retranché de Maubeuge, pour contrer l’arrivée des allemands.

Reconstruit, ce pont sera à nouveau détruit le 16 mai 1940 par les français pour enrailler l’avancée allemande.

Le nouveau pont (celui que nous connaissons) sera construit un peu plus en aval, en 1943, ce qui explique la légère courbe de la voie entre le pont et la rue de la place.

Émébert deviendra évêque d’Arras et de Cambrai, et fit don de ses biens marpentois à ce diocèse.

Reynelde  entreprit de faire le pélerinage jusqu’à Rome et, revenue sept ans plus tard, s’installa à Saintes, ville du duché du Brabant, où elle s’adonna à des œuvres charitables, avant d’être assassinée vers 680 avec ses deux serviteurs par des Frisons, peuplade germanique réfractaire à l’évangélisation.

Quant à Gudule, dévouée aux pauvres et reconnue pour leur apporter une protection contre les maladies, elle devint la patronne de Bruxelles et mourut en 710.

De leur côté, les parents se séparèrent d’un accord mutuel pour embrasser la vie religieuse.

Le comte Witger entra à l’abbaye de Lobbes tandis que la comtesse Amalberge rejoignit le monastère de sa nièce Aldegonde à Maubeuge, où elle mourut vers le milieu du VIIe siècle.

Comme Waudru et Aldegonde, Amalberge, Gudule, Reneylde et Émébert furent sanctifiés par l’église : une vraie sainte famille !

La vie spirituelle de l’époque révèle ainsi des liens intercommunaux et transfrontaliers anciens entre des communes telles que Maubeuge, Mons, Hautmont, Cousolre, Marpent. témoignage évident d’une réalité intercommunale et transfrontalière, et au-delà, de l’ancrage plus que millénaire d’une entité culturelle hennuyère en gestation.

                                                                                                    à suivre....
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