Inauguration de la "Plage Verte Jean-Marie ALLAIN" ce dimanche 30 août 2026
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Je suis heureux que cette nomination honorifiques se déroule dans le cadre de « Sambre en Fête » tant il est vrai que mon rapport à la Sambre et mon engagement pour cette rivière s’inscrivent dans une logique intercommunale qui remonte à 1983.
Tout commence en 1983 avec un appel à projets du Ministère de
l’Equipement sur le thème : Quelle stratégie pour les bassins en reconversion ?
Chargé d’études à l’Agence d’Urbanisme, je dépose un projet autour de l’idée que la rivière, qui a pris progressivement le visage désaffecté des nombreuses usines qui la bordent, reste paradoxalement porteuse de diverses potentialités et pourrait devenir un élément fédérateur de notre intercommunalité.
J’associe à ce projet un étudiant en architecture de Paris- Belleville, Dominique Maison, qui imaginait une agglomération qui ne tournerait plus le dos à la Sambre, à commencer par la ville d’Hautmont dont il deviendra ultérieurement l’architecte avec notamment le projet de port de plaisance, déjà dessiné dans sa thèse.
Le projet retenu et financé, nous engageons en 1984 des travaux historiques, cartographiques, sociologiques et urbanistiques qui seront restitués à la population dans le cadre d’une exposition fluviale itinérante via deux bateaux loués à « la batellerie buissonnière », une association de passionnés de Conflans Ste Honorine : le premier bateau est une péniche Freyssinet de 38, 50 m, le second est une péniche dite « sabot » (hollandaise) qui, à chaque commune, emmènera les scolaires du 1er degré avec la collaboration de Stibus.
L’enthousiasme est unanime pour cet évènement va marquer un tournant dans le regard porté sur la rivière, sous l’œil averti et satisfait de notre interlocutrice en charge de la recherche expérimentation au Ministère de l’Equipement, Isabelle Billiard.
Il est suivi en 1986 par des articles dans des revues spécialisées comme celle du Ministère de l’Equipement « Les annales de la Recherche urbaine » ou des présentations lors de colloques traitant du sujet de l’eau dans la ville, comme à Nantes, Lyon , Strasbourg…
Localement, Le Syndicat Intercommunal présidé par Michel Lo Giaco soutient fortement la démarche et demande à l’Agence de préparer le « Contrat de rivière » avec VNF, la Région, l’Agence de l’Eau, afin d’engager un programme d’assainissement, de remise en état du chemin de halage, et des actions de sensibilisation qui seront mises en œuvre en régie comme le Rallye Stevenson en canoës ou confiées à l’Agence d’urbanisme comme la confection de 12 valises pédagogiques pour les scolaires, un film la Sambre et l’ étude de faisabilité d’un bateau à passagers.
Le SIVS, pour porter ce contrat, crée une commission Voie d’eau animée par M.Deboosère, adjoint de Berlaimont au sein du SIVS.
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Ce contextuel historique étant rappelé, je vous présente maintenant à une rapide rétrospective du projet Plage Verte.
Point d’embarquement 2001 : mairie de Marpent où notre équipe est arrivée en mars.
Première escale : cérémonie des vœux du maire 2004 : la plage pointe son nez et Christophe Le Couteux, journaliste attentif de « la Voix du Nord » rapportait mes propos annonçant l’acquisition du club nautique avec l’idée d’y développer à terme « un lieu de détente ouvert à tous, avec un parc à bateaux, un terrain de volley, des places de camping-car, un site champêtre de promenade ».
2006 : suite à l’effrondrement d’un ouvrage sur le canal de la Sambre à l’Oise, à Vadencourt, dans l’Aisne, la Sambre est fermée à la navigation mais cela ne remet pas en cause notre projet, encore au stade embryonnaire.
Seconde escale : friche HK Porter
En 2009, la commission Environnement de l’Agglomération, présidée par Michel Lo Giaco, intègre la délégation « Trame Verte et Bleue » dont j’aurais la charge.
La première action Trame Verte et bleue fut la requalification par l’EPF de la friche HK Porter (financée intégralement par la Région, l’Etat et l’Union Européenne), suivie par l’aménagement du Cœur de Nature des Marpiniaux, opération subventionnée par la Communauté d’Agglomération, la Région, l’Etat et l’Agence de l’Eau.
Troisième escale : direction rue Henri Barbusse.
A l’approche des municipales de 2020, le Club nautique, anticipant la fin du bail et le renouvellement possible de tout ou partie de l’équipe en place, demanda la signature d’un bail emphytéotique sur longue durée pour se garantir le temps d’amortir ses investissements. Les échanges seront nombreux.
Lors d'une ultime réunion avec le Club, nous proposâmes de diviser le site en deux parties, y compris le quai et les accès, l'une ouverte au public et l'autre restant à l'usage privé du club dans le cadre d'un bail emphytéotique. Ce scénario de compromis convenait aux responsables du club mais fut rejeté quelques jours plus tard par l'assemblée de leurs adhérents.
Les échanges se poursuivront néanmoins, y compris après les municipales.
Parallèlement, avec mon collègue Pascal Delplanche, ancien collaborateur d’architecte, nous étions « plongés », c’est le cas de le dire, dans la finalisation de notre projet, à savoir ouvrir un nouvel équipement public, la plage verte, garantissant un partage équitable et subtil dans l’usage du lieu entre les visiteurs à la recherche d’une halte (nautique, cycliste ou piétons) et la population locale.
2021, c’est la réouverture de la navigation sur la Sambre, après 15 années de fermeture.
Bernard Hutin, nouveau conseiller, pensait que c’était le moment opportun pour hisser le pavillon de la Plage Verte.
David PETIT de l’OTSA et Evelyne SCHILLER de l’Agglomération nous encouragèrent à déposer ce dossier qui recevra le soutien d’un dispositif régional, le Contrat de Rayonnement Touristique Avesnois -Thiérache.
De son côté, Madame BOVAY, chargée du développement dans l’arrondissement pour le Département, instruisit favorablement notre demande d’aide au projet au même titre qu’Audrey DERUE à l’Agglomération où il sera voté à l’unanimité.
Aux uns et aux autres, je renouvelle nos sincères et chaleureux remerciements.
4e et dernière escale, celle de la mise en œuvre
Les travaux furent engagés en 2023 et la plage put accueillir le public à partir de juillet 2024.
Cette première saison, avec 2000 visiteurs sur les mois de juillet - août, s’avérait prometteuse et sera amplifiée en 2025.
Qui vient sur la plage verte ? Pour les bateaux électriques, le mini-golf, le canoë, les vélos électriques et le beach - volley, le public réside majoritairement dans l’arrondissement.
Par contre, on constate une attraction forte du site pour les visiteurs extérieurs en ce qui concerne la location de la roulotte, cotée parmi les 5 % des hébergements insolites les plus appréciés chez Rbnb, les haltes de camping car, et le bivouac des cyclo-randonneurs de la scandibérique « euro vélo 3 ».
C’est la raison pour laquelle, pour ce dernier public, durant 2025, la plage a été dotée d’un bloc sanitaire et s’est vue octroyée le label « accueil vélos ».
Parallèlement, une plantation de haies sur le site fut organisée par Ludovic avec les enfants des écoles dans le cadre de l’action « aux arbres citoyens » portée par le service Environnement de l’Agglomération, tandis que la commune s’est investie dans le programme « Escale Sambre », partie intégrante de la démarche transfrontalière du programme Interreg.
Enfin, nous avons mis en place, avec le Centre Permanent d’Initiation à l’Environnement de l’Authie et de la Canche, une formation au BPJEPS APT permettant de former sur place des jeunes à l’un des diplômes requis par l’Etat pour l’encadrement des pratiques nautiques non motorisées sur la Sambre.
Pour clore cette petite croisière, le jury du premier concours lancé par l’Office de Tourisme Sambre-Avesnois pour récompenser les initiatives touristiques viendra nous gratifier du trophée gagnant dans la catégorie « jeune pousses ».
Reconnaissons qu’à notre âge (je dis « notre » car j’associe Pascal Delplanche à ce trophée), ce n’est pas désagréable de se retrouver dans une telle catégorie !
Encore merci à Monsieur Le Maire et à son équipe d’avoir pris l’initiative de m’honorer de la sorte.
C’est une fierté, je n’en doute pas, pour tous les membres de notre équipe et les financeurs, et en même temps le sentiment, pour nous, que ce projet « un peu fou » pour une commune de 2750 habitants, comme disait mon 1er adjoint Bruno Legros, valait la peine d’être tenté.
Après tout, la réflexion qu’André Gide formula dans son journal reste d’actualité : « les choses les plus belles sont celles que souffle la folie et qu’écrit la raison ».