Faut-il refuser l'accueil des cirques présentant des animaux sauvages ?
4 Février 2017 , Rédigé par Jean-Marie Allain
Le passage du cirque Romane Ritz dans la région a suscité des commentaires acerbes sur les réseaux sociaux et des demandes auprès des maires pour refuser d’accueillir ce cirque parce qu’il présente des animaux sauvages.
Vrai sujet de réflexion pour les élus avec la difficulté d’y répondre dans la précipitation.
Les défenseurs des animaux mettent en avant les conditions de dressage, détention et de transport, dont la précarité génèrerait de la souffrance animale.
Face à eux, les amoureux du cirque rétorquent que la réglementation est respectée et que les bêtes sont saisies lorsque ce n’est pas le cas.
Sur le dressage, c’est encore plus compliqué.
Je me souviens, alors que j’étais parti à Brest chez Médrano pour travailler sur un projet lié au devenir du zoo de Maubeuge (projet « Animaparc » que j’imaginais en co-gérance avec un cirque, et sans commune mesure avec le projet ultérieur de « Parc de la bio-diversité puisque nous étions sur un estimatif cinq fois moins élevé et financé à 90 % par l’Objectif 1 européen), que M.Raoul Gibault, le directeur qui avait adhéré avec enthousiasme à mon idée, ne parlait pas de dressage, langage contraire à la relation
qui existe entre le dompteur et ses animaux.
J’étais revenu de ce déplacement avec une certitude : il fallait construire dans le zoo de Maubeuge un « cirque stable » ou cirque d’hiver, idée soufflée par M.Gibault dans la grande tradition du Nord (cf le cirque de la place Poterne à Valenciennes) et permettre au public d’assister à ce que j’appelais alors les exercices de « chorégraphie animalière ».
Et Médrano s’engageait à se délocaliser de Valence (lieu de répétition estival avant de partir en tournée) à Maubeuge !
M Gibault, lui-même originaire du Nord, est même venu sur place visiter le parc zoologique de Maubeuge.
Ce détour par Médrano peut sembler éloigné du sujet mais pas du tout.
La création de cirques d’hiver est une condition pour les cirques qui n’ont pas les moyens, dans leur itinérance, d’accueillir des animaux sauvages.
D’autant plus que sans animaux sauvages, le cirque perd de son imaginaire et de son chiffre d’affaires (la visite du zoo d’un cirque équivaut à un tiers de son chiffre d’affaires si mes souvenirs sont bons).
Et s’il faut interdire les animaux sauvages dans les cirques d’hiver, alors autant aussi fermer les parcs zoologiques et emmener nos enfants découvrir les animaux sauvages dans la réalité virtuelle des écrans de nos tablettes tactiles.
Je pense donc qu’une solution de compromis existe à la question posée.
Il convient d’encourager la création de cirques d’hiver si l’on veut sauver LE cirque !
Mon projet « AnimaParc » est toujours consultable à l’Agence d’urbanisme.
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