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Le blog de Jean-Marie Allain

Les masques et le système débrouille...comment on redécouvre l'autogestion

18 Avril 2020 , Rédigé par Jean-Marie Allain

Le 6 avril à 16 h 52, je propose à quelques élus de lancer un appel pour récupérer du tissu et mobiliser des couturières volontaires  qui confectionneraient chez elles ces masques.

L’épouse d’un élu relaie mon appel sur les réseaux sociaux et trois agents de l’école maternelle se proposent d’ouvrir un atelier à l’école. Je trouve l’idée excellente tout en proposant la salle des Fêtes, plus vaste et donc pus adaptée pour respecter les gestes barrières.

Un appel est lancé sur les réseaux sociaux pour collecter du tissu et les premiers dons arrivent à la salle des fêtes où les couturières s’installent avec leur machine à coudre personnelle.

Autour d’elles se met en place, sans encadrement pré-défini, une auto-organisation  de la chaîne de production :

Collecte, tri et hiérarchisation des tissus – conception des patrons – découpe à domicile – couture à l’atelier et à domicile –logistique des locaux -  référent réparation (surchauffe des machines) – gestion de l’information auprès des habitants et des commandes -  gestion de la distribution des masques.

COLLECTE, TRI ET HIERARCHISATION DES TISSUS

Les personnes viennent déposer dans le hall de la salle des Fêtes ou le maire va chercher à domicile

CONCEPTION DES PATRONS

 Les masques fabriqués à Marpent s’inspirent pour les uns du modèle AFNOR et pour les autres du modèle du CHU de Grenoble (modèle « tortue »).

DECOUPE

Hormis trois  agents et une élu qui découpent à l’atelier, ce sont les élus qui assurent le découpage à leur domicile

COUTURE A L’ATELIER ET A DOMICILE 

Les deux modèles ont été fabriqués dans notre atelier et les couturières de l’atelier ont unanimement préféré le second modèle (dit «  tortue »).

Le filtre est, dans les deux cas, constitué d’un tissu, alèse jetable type polypropil (90 % des masques) ou morceau de drap en molleton.

Pour les quinze couturières à domicile, elles  peuvent soit emprunter un patron à l’atelier, soit concevoir des masques selon leur propre méthode. Et force est de constater que les innovations et astuces sont au rendez-vous, ne serait-ce que sur les techniques de fixation des élastiques ou pour les économiser ou même s’en passer…

LOGISTIQUE

Le 1er adjoint gère l’ouverture et la fermeture du local.

Son épouse, adjointe, prépare le café avant que les couturières n’arrivent.

Un conseiller délégué, gère le mobilier, la disposition (espacement)  et l’alimentation électrique.

Un autre élu assure la maintenance et la réparation des machines, toutes soumises à rude épreuve.

COMMANDES ET DISTRIBUTION 

L’information  de l’offre gratuite a été mise sur notre page Facebook « Vivre à Marpent » et a fait l’objet d’un flyer distribué dans toutes les boîtes aux lettres de la commune.

A ce jour, et après élimination des doublons (certains commandent sur internet et via le coupon du flyer), des anomalies (commande d’un nombre de masques supérieur au nombre de personnes vivant au foyer) ou des demandes insolites (masque pour un bébé de quatre mois !), nous enregistrons 500 commandes pour un total de plus de 1450 masques !

La distribution se fera par nos soins à domicile début mai.

Cette organisation draine aujourd’hui plus de cinquante personnes (agents, élus, habitants), toutes immergées dans une effervescence aux accents autogestionnaires  qui, autant que le virus du Covid, marquera durablement nos pratiques municipales.

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