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Le blog de Jean-Marie Allain

L'impôt vert, faux-nez d'une politique d'inégalités

9 Septembre 2009 , Rédigé par Jean-Marie Allain Publié dans #ECOLOGIE - DVLPT DURABLE

Nicolas HULOT, dont je continue a soutenir la démarche, se trompe néanmoins lorsqu’il prend pour modèle la Suède et la taxe carbone à 100 euros progressive dans le temps.

 

La Suède n’est pas la France, les inégalités sociales y sont infiniment moindres.

Ce qui se fait en Suède n’est pas transposable en France, le pays le plus inégalitaire d’Europe.

 

D'autre part, les consommateurs n’ont pas à payer le résultat de l’imprévoyance des pouvoirs publics qui n’ont pas voulu réguler les prix du foncier (la loi du marché produit l’étalement péri-urbain) , ni anticiper sur la reconversion de l’industrie automobile.

 

Ils ont seulement eu le courage de mettre la pression sur les normes de logement.

Il faut dire que là, on met directement la pression sur les habitants, c’est autre chose que de s’attaquer aux constructeurs automobiles.

 

Dans le contexte environnemental que nous connaissons depuis plusieurs décennies, il aurait été logique, plutôt que de privatiser Renault, de nationaliser l’industrie automobile comme Mendes France avait proposé la nationalisation de l’industrie du bâtiment après la guerre.

 

C’eût été le moyen pour réfléchir sur la longue durée, sans attendre d’être au pied du mur et de demander au consommateur de payer.

D'autant plus que cette taxe n'aura aucun effet sur le transit international de produits  de consommation courante.
Impact de la taxe carbone sur le coût de transport des prunes du Chili ou des fraises d'Espagne ? aucun.

Enfin, si la taxe carbone est redistribuée intéralement aux ménages modestes, et pondérée selon la distance domicile-travail, on peut s'attendre à une usige à gaz.
Son coût de gestion pourrait bien être disproportionnée avec son impact : en effet, psychologiquement, celui qui va retoucher tout ou partie de son impôt, n'aura pas de raison de changer quoi que soit à son comportement.
Quant aux autres, ceux qui ne retoucheront rien parce qu'ayant des revenus  trop élévés, ils auront les moyens de ne rien changer.
Il restera les salariés moyens, imposables sans être pour autant  fortunés.
Ils seront les grands perdants de ce nouvel impôt parce qu'ils n'auront pas forcément les moyens de faire autrement que d'habiter loin de la ville ou de prendre leur véhicule pour aller au travail.

Aujourd’hui, avant de mettre en place la taxe carbone, nous avons besoin :

 

-         d’engager une politique de réduction des inégalités (revenu maximal) alors que notre gouvernement a fait l’inverse,

-         de nationaliser l’industrie automobile (ou de réglementer plus sévèrement les normes des véhicules produits) ;

 

A ces deux conditions, on peut se rallier à la taxe carbone pour peu qu’elle soit votée à l’échelle européenne.

 

Une autre attitude serait un ralliement à la pensée unique de Nicolas Sarkosy qui a compris qu’il pouvait rajouter de l’impôt, pourvu de le peindre en vert.
C'est ce que sont en train  de faire les écolos tendance " bobos " et ceux des socialistes qui, en voulant surfer sur le bon score d'Europe Ecologie, en ont oublié les intérêts des couches les plus modestes, quitte à rajouter maintenant à chaque fin de phrase qu'il y aura redistribution de la taxe aux plus faibles.
Ceux-là croient Sarkosy mais tombent dans le panneau comme ils l'avaient déjà fait avec la vignette et la CSG.

Aucune politique saine contre le réchauffement climatique ne sera possible sans que l'on pose la question des inégalités.

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