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Le blog de Jean-Marie Allain

Pompiers, des dépenses qui flambent

1 Septembre 2009 , Rédigé par Jean-Marie Allain Publié dans #SOCIETE

Depuis 2001, les pompiers ne dépendent plus des communes mais du Service Départemental d’Incendie et de Secours, un établissement public autonome dans lequel siègent des représentants du Conseil Général (ils sont majoritaires), et des élus de communes et des intercommunalités.

 

Sous l’égide du député UMP du Var Georges Ginesta, le rapport spécial sur la sécurité civile pour la loi de finances 2009 est à la fois accablant et alarmant.

 

Depuis 2001, les dépenses des SDIS ont augmenté de 45,8 % alors que leurs interventions n’augmentaient que de 8,4 %.

Les dépenses des SDIS correspondent à 79 euros par habitant et par an.

Chaque composante ( Département et collectivités locales) doit payer la contribution que lui présente le SDIS.

Marpent, avec ses 2600 habitants, payait en 2008 45 000 euros pour le SDIS…

 

Mais si la dépense pour cette contribution est obligatoire, rappelons toutefois que c’est bien le conseil d’administration (donc des élus) qui vote le budget du SDIS !

 

Comment expliquer cette inflation des dépenses ?

 

-         Remise à niveau du matériel et des casernes certes,

-         Embauche (au niveau national) de 10 000 sapeurs pompiers professionnels (disproportionnée eu égard à l’évolution des interventions)

-         Baisse du nombre de gardes obligatoires : de 135 à 95 ou  90 par an

-         Déconnexion entre celui qui amène la recette et celui qui la dépense (c’est ce que j’appelle « le symptôme Sécu »).

 

De surcroît, depuis peu, les communes transfèrent à leurs intercommunalités la compétence contribution incendie mais ce transfert, s’il a un intérêt local (on augmente le coefficient d’intégration fiscale, donc la dotation de l’Etat à l’intercommunalité), risque d’atténuer psychologiquement l’impact de la contribution.

Un conseil municipal directement responsable devant l’électeur est en effet généralement plus sourcilleux de la dépense qu’une intercommunalité élue au second degré.

 

L’idée qui est dans l’air depuis quelque temps, c’est de scinder l’impôt départemental en deux colonnes (Département et SDIS) pour montrer au contribuable ce que cela coûte.

 

Mais comme cela ne suffira pas à comprimer les dépenses, il faut trouver d’autres pistes :

 

-         Optimiser les dépenses d’investissement en mutualisant entre centres, voire entre deux départements (centres de formation par exemple).

-         Eviter les doublons avec les SAMU

-         Revoir les modalités d’intervention des sapeurs pompiers

-         (j’ai moi-même constaté récemment, lors d’un match de foot sur la commune une situation curieuse : un problème à la cheville d’un joueur, le club appelle les pompiers qui arrivent en camion. Dix minutes plus tard, un autre petit problème et le club doit appeler un second camion car il semblerait qu’on ne peut pas soigner deux joueurs dans le même camion !)

 

Il convient aussi que les élus qui siègent dans les SDIS retrouvent un peu de courage politique, reprennent la main et cessent d’avaliser des budgets inutilement boursouflés.

Cela s’est fait dans certains départements où l’évolution annuelle des dépenses, grâce à un bon contrôle de gestion, a été diminuée par quatre, sans réduire la qualité de service.

Le Conseil Général d’Indre et Loire, présidé par  Mme Claude Roiron (PS) est, de ce point de vue, un exemple à suivre.

 

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