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Le blog de Jean-Marie Allain

RALENTIR LE MOUVEMENT, PAS INVERSER LA TENDANCE

30 Avril 2009 , Rédigé par Jean-Marie Allain

"ON PEUT RALENTIR LE MOUVEMENT, PAS INVERSER LA TENDANCE "
Je retrouvais hier ce propos du député Umberto Battist tenu à un journaliste
du Nouvel Observateur en juillet 1988.
Il y avait quelque chose de prémonitoire dans cette phrase.

A l'époque, ce type de propos relevait du politiquement incorrect (on
pourrait aussi dire du courage politique).
C'est encore la même chose aujourd'hui.

Et pourtant Umberto BATTIST avait raison.
L'histoire lui a donné raison.

Le Val de Sambre n'a cessé de voir baisser sa population pour être
aujourdhui sous le seuil des 100 000 habitants avec un nombre de ménages en
baisse pour la première fois de son histoire.

En 2020, le Val de Sambre comptera 80 000 personnes et ainsi de suite...
Ce n'est pas faire du défaitisme que de l'affirmer.
C'est être lucide et s'appuyer sur cette lucidité pour prendre des décisions
à la lumière de cette réalité.

Je me souviens qu'Umberto BATTIST parlait de " gestion de la décroissance "
à l'époque où d'autres attendaient encore des hauts fourneaux sur leurs
friches et étalaient leurs zones à urbaniser comme s'ils allaient devenir
l'eldorado du rêve pavillonnaire.

Ces zones sont restées vides car la décroissance était déjà là et qu'elle
n'est jamais repartie.
Cela nous a évité, au passage que le bocage soit complètement mité par les
constructions,même si le plus grand prédateur du bocage reste encore
l'agriculture elle-même.

C'est ainsi, la géographie n'est pas figée.
Des territoires peuvent porter le développement à certaines époques et pas à
d'autres.
Le politique, face à cela, doit être humble.
Sa marge de maneuvre existe mais elle est réduite.

Il peut penser l'avenir (c'est même un devoir), il est là aussi pour
panser les plaies des naufragés de la logique effroyable et mondialisée du
profit (ou de la rationalisation industrielle si on veut utiliser les
euphémismes).
Il peut aussi impulser et accompagner des projets de développement.
Car la décroissance n'est pas incompatible avec le développement.
 
L'histoire peut aussi se retourner, parfoif brutalement.
 
Après tout, notre développement industriel est né d'une simple mesure
protectionniste au XIXe siècle (un argument vous me direz en faveur des
souverainistes mais l'économie n'était pas mondialisée à ce point !) et
aurait pu ne pas être.
 
Demain, une problématique environnementale ou sanitaire peut fait imploser
le schéma du développement métropolitain qui repose sur
l'hyper-accessibilité, l'hyper-densité, l'hyper-profit mais aussi
l'hyper-fragilité.
Le schéma du développement héliotropique (ruée vers le soleil) peut lui
aussi se fissurer un jour avec le changement climatique, les problèmes d'eau
ou les risques sismiques.
Même les empires s'écroulent et eux plus souvent que les autres...

Ici, notre territoire, on l'aime tel qu'il est, on essaie d'enrayer la
décroissance et de le gérer au mieux.
C'est certainement moins facile certes que d'être dans un territoire où le
développement se fait spontanément.
Mais c'est tellement plus passionnant.








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