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Le blog de Jean-Marie Allain

La cloche de Marguerite

26 Juillet 2017 , Rédigé par Jean-Marie Allain

La cloche de notre église, pesant 1200 kilos, est un don fait en 1629 par la comtesse Marguerite de Lalaing, épouse du comte Florent de Berlaimont.

La famille Lalaing avait des attaches avec la commune de Marpent depuis le mariage en 1395, d’Othon, seigneur de Lalaing  (aujourd’hui Lallaing, près de Douai) et grand bailli du Hainaut  avec Yolande de Barbençon (famille dont dépendait Marpent).

Comme indiqué sur la cloche, cette dernière a été fondue par Florent de Lecourt de Douai.

 

En France, en raison du vandalisme opéré à leur égard pendant la Révolution Française, toutes les cloches antérieures à 1789 sont, d'office, classées Monuments Historiques, en raison du petit nombre d'entre elles qui ont survécu au régime de la Terreur.

L’église de Marpent comptait trois cloches dont deux ont probablement été détruites à la révolution.

Il reste donc la principale, classée depuis le 1er décembre 1913.

 

Marpent est l’une des rares communes à avoir gardé une cloche ancienne parce que probablement cachée on ne sait où pendant la seconde guerre mondiale pour échapper aux soldats allemands qui réquisitionnaient les cloches pour les fondre et en faire du matériel de guerre.

 

Par contre, elle fut ensuite ré-installée de manière stupide.

En effet, une cloche est toujours posée dans un habitable en bois autonome nommé «  beffroi » (que l’on peut l’enlever avec la cloche), pour amortir le choc de la cloche.

Or, à Marpent, le beffroi réinstallé après-guerre est une structure fixe en béton, ce qui a pour incidence de fragiliser les murs qui sont à surveiller régulièrement.

Tous les cent  ans environ et plus, en fonction de l’utilisation, la cloche est tournée d’un quart de tour afin  que le battant ne frappe toujours au même endroit.

Avant le Concordat de 1801, la sonnerie était exclusivement religieuse.

Les sonneries religieuses restent liées aux rites ecclésiastiques tels que les obsèques, les mariages et l’angelus, à sept heures, midi et dix-neuf heures.

Depuis 1801, le marteau de la cloche (aujourd’hui programmée de manière électronique), marque les heures (autant de coups que d’heures) et les demi-heures (1 coup).

L’angelus, lui, est précédé de trois coups de marteau avant que le battant de la cloche ne prenne le relais.

 

Lors de moments graves, pour rassembler la population, la commune peut sonner le tocsin, un tintement  à coups pressés et redoublés au rythme de 90 à 120 coups par minute.

C’est ce qui a été fait en mars 1974, lors de l’appel au rassemblement de la population à la suite de l’annonce de la première vague de licenciements de 500 personnes de l’entreprise HK Porter.

 

Notre clocher est entretenu par la société Lepers, une des vingt-huit sociétés campanistes françaises et basée à Dompierre sur-Helpe. Tous mes remerciements à Bernard et Olivier Lepers pour leurs échanges passionnés sur l’art campanaire et la visite du clocher !

 

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